04.01.2012

(Bilan) Mon année sériephile 2011 au Japon

Double post en ce premier mercredi asiatique de 2012 ! Après un bilan de mon année 2011 devant le petit écran sud-coréen, j'ai envie de revenir sur un autre pays asiatique phare en terme de productions télévisées, le Japon. Car cette année aura été celle d'une redécouverte et réconciliation avec les j-dramas. Je n'en avais jamais regardé autant qu'en 2011. Il y a certes l'avantage d'un format plus court que les séries sud-coréennes ; mais surtout, ils sont un certain nombre à m'avoir vraiment marqué. Si j'ai toujours des difficultés avec plusieurs genres (notamment l'humour), je commence à mieux cerner ce qui peut me plaire (ou non) à la télévision japonaise et à trouver mes repères.

Par conséquent, même si le bilan qui suit est très incomplet (pour vous faire une meilleure idée sur ce sujet, je vous invite à consulter les références en la matière que sont les blogs respectifs de Katzina et de Kerydwen), il s'agit surtout de marquer le coup : en Asie, mon année 2011 aura quand même donné une part belle au Japon. Et c'est une très bonne nouvelle !

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Ils ont marqué 2011 : le top 3 des incontournables

Il faudra un jour que je prenne le temps de lui rédiger la review pleine de superlatifs qu'il mérite, mais JIN reste vraiment le grand drama de l'année. Par la richesse des thématiques abordées, la reconstitution historique d'une époque qu'il a permis, la solidité de ses intrigues et la consistance de son écriture, il s'impose avec cette deuxième saison une des séries incontournables de 2011.

Le second drama que je retiendrai a battu des records d'audience cet automne au Japon, franchissant la barre des 40% de part de marché pour son final. Kaseifu no Mita est une série qui m'a beaucoup surprise. En ouvrant la voie à une réflexion sur la famille, elle aura su habilement saupoudrer l'ensemble d'une pointe de mystère grâce à un personnage central très troublant. Un mélange des genres qui lui aura permis de se démarquer de manière très convaincante.

Enfin, le troisième drama qui mérite d'être cité, dans un genre encore une fois très différent, sera Shinya Shokudou. Plus qu'un simple food-drama, c'est une série qui relate avec justesse et sobriété, tout en laissant parfois place à beaucoup d'émotion, des tranches de vie ordinaires. Il s'adresse aux papilles gustatives, mais aussi à l'affectif d'un téléspectateur qui adopte vraiment ce restaurant de minuit dont il souhaiterait lui aussi pousser la porte.

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Les chaînes qui me parlent : NHK et WOWOW

S'il faut toujours se garder de faire des généralités dans les grilles des programmes, je me rends compte que malgré tout, si le synopsis compte, la chaîne de diffusion aussi. J'ai tendance à aller plus naturellement vers une série de NHK ou de WOWOW. Pour la première, c'est Gaiji Keisatsu, puis Hagetaka qui avaient initié ce mouvement l'an passé. Cette année, Kurumi no Heya ou encore Last Money ~ Ai no Nedan n'ont fait que confirmer que cet éclairage toujours très sobre du Japon, avec une dimension souvent sociale, était ce que je recherchais. Sur le câble, c'est ce chef d'oeuvre qu'est Soratobu Taiya, rattrapé en mai, qui aura été sans doute le j-drama contemporain le plus marquant visionné en 2011 (il date de 2008). Puis Marks no Yama m'aura pareillement prouvé que WOWOW maîtrise les codes du thriller, avec toujours une volonté de dépeindre un certain versant de la société japonaise. Mais je vous rassure : j'ai bien conscience que l'on trouve des oeuvres tout aussi intéressantes sur les autres chaînes, un tanpatsu comme Hei no Naka no Chuugakkou, sur l'enseignement en milieu carcéral l'a bien prouvé.

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Les genres avec lesquels j'entretiens des rapports ambivalents : les high school dramas et les comédies

La télévision japonaise s'intéresse toujours beaucoup au lycée, et n'aime rien tant que d'y parachuter des enseignants, à la profession parfois sans rapport, et aux méthodes plus ou moins expérimentales. Après avoir été initiée aux séries asiatiques avec les high school dramas japonais, j'ai longtemps été allergique à ce genre, refusant de remettre un pied dans un établissement scolaire. Et puis, cette année, c'est l'affiche d'un drama qui a retenu mon attention : celle de Suzuki Sensei. En me renseignant, j'ai vu que le scénariste était celui de Gaiji Keisatsu. Il ne m'en a pas fallu plus pour me lancer. Je me suis retrouvée devant un j-drama intéressant, très peu fantaisiste ou idéaliste, avec une volonté de réalisme tant du côté des enseignants que des élèves. Les sous-titres ne semblent malheureusement pas vouloir sortir au-delà du cinquième épisode, mais gardons foi !

Un autre genre qui ne manque pas à la télévision japonaise et avec lequel j'ai souvent des difficultés, ce sont les comédies. Mon incapacité à adhérer à Don Quixote l'aura encore une fois prouvé. Mais cette année, j'ai eu aussi une bien belle surprise devant Yuusha Yushihiko to Maou no Shiro : il s'agit d'une parodie délirante dans l'univers des jeux de rôle qui m'aura fait rire comme rarement. Et puis, dans un autre registre, les comédies policières auront également su faire mouche : BOSS a été un divertissement dynamique et sympathique que j'ai beaucoup aimé, tandis que Meitantei no Okite et son approche décalée du genre policier a aussi été une bien belle découverte.

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Le genre que j'aime toujours, peu importe le pays : l'historique

Les dramas historiques japonais restent pour moi une terre inexplorée. A l'exception notable de JIN, c'est surtout au XXe siècle que je me suis intéressée en 2011. Fumou Chitai, qui dépeint le redressement du Japon et de son héros après la Seconde Guerre Mondiale, aura été, par sa richesse et sa qualité, une vraie claque téléphagique. Une révélation. Des tanpatsu comme Hotaru no Haka (Le tombeau des lucioles) ou encore Ryuuten no Ouchi - Saigo no Koutei (Princess Hiro) auront permis de compléter cette plongée dans le milieu du XXe siècle.

La prochaine étape, logique, serait de remonter encore le temps : je caresse le projet depuis longtemps de me lancer dans un taïga, Ryomaden étant tout indiqué, mais le nombre d'épisodes, pour l'instant, me fait toujours hésiter.

 

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QUELQUES INSTANTANES CHOISIS

Les effets spéciaux les plus marquants de l'année :

Quand vous ne disposez d'aucun budget et que vous devez faire une série de fantasy, il y a plusieurs solutions. Soit vous bricolez malgré tout des FX chancelants, soit vous prenez parti de votre manque de moyens et décider de l'exploiter... C'est ce qu'a réussi Yuusha Yushihiko to Maou no Shiro.

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Il y a de nombreuses raisons qui expliquent pourquoi ce drama a su me faire littéralement pleurer de rire devant mon petit écran.


Le drama le plus goûteux :

Vous avez déjà senti vos papilles frétiller devant un plat montré à l'écran, presque pu sentir l'odeur embaumant la pièce où cette viande et ces légumes cuisent, ressenti une irrésistible envie de vous mettre au fourneau pour exécuter la recette de cuisine sur laquelle l'épisode se conclut ? Et bien Shinya Shokudou, c'est tout ça, et beaucoup plus encore !

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Le drama avec les plus beaux paysages :

On peut sans doute adresser un certain nombre de reproches à Nankyoku Tairiku (je n'ai vu que le pilote à ce jour, donc je me garderai de tout jugement définitif), mais certainement pas le dépaysement occasionné dans cet espace enneigé qu'est l'Antarctique.

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Le professeur de l'année :

Il est une des raisons pour laquelle Suzuki Sensei a retenu mon attention. Certes, vous allez objecter qu'Akira Suzuki développe quand même des fantasmes très suggestifs sur une de ses élèves, qu'il soigne si bien sa popularité auprès des lycéens qu'il écoeure certains de ses collègues qui ne peuvent rivaliser... Mais malgré tout, il reste un prof sincèrement attentionné. Peut-être est-ce d'ailleurs son humanité, et la faillibilité qu'on perçoit, qui font justement sa force.

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Jusqu'au mois d'octobre, je n'avais jamais entendu parler de Hasegawa Hiroki (aussi à l'affiche de Kaseifu no Mita). A l'avenir, je surveillerai d'un oeil plus attentif sa filmographie.


La guest-star sud-coréenne de l'année :

Parce que je ne changerais quand même jamais complètement...

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Lee Byung Hun, dans Gaikoukan Kuroda Kousaku


MON TOP 3 des meilleures chansons utilisées en ending :

Si je suis longtemps restée assez réservée face aux OST des j-dramas, disons-le sans détour, 2011 aura été l'année des révélations ! C'est donc l'heure de faire amende honorable pour leur rendre hommage. En terme de composition uniquement instrumentale, des dramas comme Kurumi no Heya se sont révélés très originaux. Mais, surtout, les coups de coeur se sont vraiment enchaînés sur les chansons utilisées en générique d'ouverture ou de clôture. Les dramas ont toujours été mon vecteur principal de découvertures musicales, mais, cette année, dans mon lecteur mp3, les artistes nouvellement découverts furent principalement issus de séries japonaises.

En fait, assez logiquement si on suit mes goûts musicaux généraux, ce que j'ai exploré, c'est le j-rock. Les albums de Superfly auront tourné en boucle grâce aux deux saisons de BOSS, ceux de ROCK'A'TRENCH grâce au générique d'ouverture de Suzuki Sensei... C'est donc avec beaucoup de difficultés que j'ai sélectionné 3 chansons parmi toutes celles qui ont marqué 2011.

3. "Beautiful Days", par SpyAir (Don Quixote)


2. "Ginga no Hoshikuzu", par Keisuke Kuwata (Control ~ Hanzai Shinri Sousa)


1. "Yasashiku Naritai", par Kazuyoshi Saito (Kaseifu no Mita)

 
 
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Les perspectives pour 2012 :

La bonne nouvelle, c'est que je n'ai jamais eu autant envie de m'investir dans des j-dramas qu'en 2011, et 2012 semble destinée à s'inscrire dans cette continuité. S'il est certain que je n'aurais jamais la même fascination que je peux éprouver pour la Corée du Sud et ses productions culturelles au sens large, sur un plan strictement télévisuel (et même un peu musical apparemment), le petit écran japonais propose des fictions qui peuvent me correspondre, dans des genres très différents. Donc au programme de 2012, j'ai envie de poursuivre ces découvertes, aussi bien de fictions récentes que de dramas plus anciens. En espérant y trouver le même bonheur qu'a été pour moi cette année 2011 au Japon !

(Bilan) Mon année sériephile 2011 en Corée du Sud

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En ce mercredi asiatique, développons quelque peu le bilan de mon année sériephile en Corée du Sud, c'est-à-dire qu'il s'agit d'évoquer ce que j'ai vu durant l'année en provenance de ce pays, que les séries aient été diffusées durant cette période ou qu'elles soient plus anciennes. Par rapport à 2010, le premier constat à faire, c'est que j'ai moins regardé de k-dramas. Il y a plusieurs causes : un temps libre qui a diminué, parallèlement une consommation de séries japonaises qui a augmenté. Les k-dramas conservent cependant ma préférence au sein du petit écran asiatique. L'attrait culturel plus général exercé par la Corée du Sud n'y est pas étranger (dépassant les seules séries, avec le cinéma, la littérature, la musique), mais c'est aussi le savoir-faire télévisuel que j'apprécie : l'émotion, l'attachement aux personnages, autant d'éléments qui font la force des k-dramas réussis.

Au niveau de l'offre, l'année 2011 a été un tournant important dans la télévision sud-coréenne. Elle a vu l'arrivée de nouveaux acteurs sur le marché des k-dramas : les chaînes du câble. A terme, la concurrence permise et le souffle d'air frais occasionné ne pourront qu'être positifs, les trois chaînes principales ayant jusqu'à présent exercé un monopole qui pouvait finir par se scléroser. Pour le moment, la première conséquence pour le téléspectateur aura été encore plus d'arbitrages à faire et surtout plus de séries qui restent sans sous-titres, donc inaccessibles. Si cette évolution du paysage télévisuel engage surtout le futur, que reste-t-il de mon année sériephile en Corée du Sud ?

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Ils m'ont marqué : le top 3 des incontournables

Chacun à leur façon, dans des genres très différents, trois dramas se démarquent au sein de la production de 2011. Il faut tout d'abord citer White Christmas : il est ce que j'appelle un otni (objet télévisuel non identifié) qui a admirablement su jouer avec mes nerfs pour proposer un drama court (8 épisodes) sortant des canons traditionnels du petit écran sud-coréen. Ce thriller psychologique s'est distingué aussi bien par son histoire intense et déroutante, que par son esthétique glacé avec une réalisation parfaitement maîtrisée.

Dans un autre registre, mon second coup de coeur de l'année est un k-drama passé injustement inaperçu au sein de la blogosphère : President. Portée par un excellent casting, cette série a su faire siens les codes narratifs les plus classiques du petit écran sud-coréen pour les entremêler avec un enjeu d'une autre dimension : la quête du pouvoir. Sans être exempt de défaut, President est un drama très solide et consistant qui, sans excès et avec un savoir-faire rodé, s'est admirablement imposé dans sa thématique politique.

Enfin, le troisième drama que je retiendrai est un divertissement d'action enthousiasmant et plaisant à suivre : City Hunter. A priori l'idée d'adapter de façon très libre le manga éponyme pouvait laisser perplexe, mais ce drama m'aura agréablement surprise : il a su trouver le juste équilibre entre tous les genres et les tonalités qu'il aura alternés, oscillant entre vengeance et romance, pour présenter finalement un cocktail très appréciable.

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Au paradis des rom-coms : des séries sympathiques, mais un ingrédient manquant

La Corée du Sud est le paradis des comédies romantiques. 2011 n'aura pas remis en cause ce fait, proposant une offre riche en variantes et autres déclinaisons du genre. Les rom-coms restent ce petit bol d'air frais qui sait me mettre du baume au coeur lorsque la vie est trop grise. Une heure durant laquelle il est possible de s'évader, de rire de bon coeur devant les déboirs improbables des protagonistes ou de fondre littéralement devant une scène romantique écrite avec une justesse troublante. Elles font partie des rares à avoir une clé vers mon coeur. Cinq ont su retenir mon attention cette année.

Le divertissement décomplexé : Flower Boy Ramyun Shop
La romance plus mature : Can't Lose
Le drama le plus excessif : The Greatest Love
Le drama le plus rafraîchissant : Protect the boss
Le drama le plus old school : Lie to me

Si, quantitativement, 2011 n'a pas dépareillé, je dois bien avouer qu'il a cependant manqué un ingrédient à chacune des séries précédemment citées pour véritablement me conquérir. Elles ont été plaisantes à suivre, avec leur lot de scènes réussies, même si ces dernières étaient parfois un peu perdues dans l'inégalité qualitative de la série (le cola kiss de Lie to me en étant l'exemple le plus éclatant). Mais, au-delà de leurs forces et de leurs faiblesses, aucune n'a suscité de coup de foudre irrationnel et démesuré, comme avaient su le faire Coffee House ou Secret Garden l'an dernier. C'est très subjectif, mais je n'ai ressenti cette magie que de façon trop intermittente, Flower Boy Ramyun Shop restant sans doute celui qui s'est le plus rapproché de ce graal si précieux.

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Au paradis des historiques : les sageuks

L'autre grand genre phare en Corée du Sud, ce sont bien sûr les sageuk. Sur ce plan, 2011 fut surtout une année crève-coeur en ce qui me concerne : les dramas historiques sont rarement courts, et j'ai limité au maximum mon investissement dans de trop longues séries. Une seule exception notable, Gye Baek. Ce drama rassemble tous les ingrédients d'une tragédie épique (la chute de Baekje). Il est extrêmement classique. Mais il est surtout parcouru par un souffle qui représente l'âme de ce genre et pourquoi je l'apprécie. Gye Baek n'est certainement pas un incontournable, mais il m'aura apporté ce que j'en demandais : me faire vibrer en m'attachant vraiment à ses personnages.

A côté, je me serais investie, pas toujours jusqu'au bout, dans divers autres sageuk : Warrior Baek Dong Soo a été un drama d'action divertissant, soignant l'art de la mise en scène, et qui a eu ses bons moments ; Tree with deep roots aura manqué d'un lead-in convaincant, mais a développé des thèmes très intéressants autour du règne du roi SeJong et ses réflexions sur le pouvoir. Enfin, Yacha n'a pas démérité dans un genre action sanguinolant très sombre. Beaucoup de dramas historiques figurent cependant sur ma liste à rattraper, à commencer par The Princess Man

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Les grands rattrapages :

Si nombre de dramas de 2011 m'ont laissé sur une impression un peu mitigée, en revanche, les rattrapages auront permis de revitaliser ma passion durant les périodes de doute. Il y a tout d'abord eu le visionnage de dramas historiques courts (ce qui est assez rare) qui ont su allier solidité du scénario et reconstitution historique minutieuse et captivante : Conspiracy in the court, tout particulièrement, est un petit bijou que je recommande à tout amateur de série historique ; et Eight Days Mystery of Jeong Jo Assassination a aussi été une belle découverte.

Enfin, j'ai surtout eu l'occasion de terminer l'année en beauté, puisque le dernier k-drama visionné fut un classique (de 1995) qui mêle émotionnel et politique avec une maîtrise rare : The Sandglass est un des meilleurs et des plus intéressants dramas qu'il m'ait été donné de voir, passionnant du fait de tout ce qu'il représente et des évènements historiques qu'il relate, en nous plongeant dans la tourmente politique de la Corée du Sud des années 70 et 80.

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QUELQUES INSTANTANES CHOISIS

La coupe de cheveux la plus attentatoire à la dignité humaine de l'année :

Toute production télévisée a dans son staff des stylistes plus ou moins expérimentaux. Parmi eux, il y en a qui sont prêts à tout pour faire en sorte que certains personnages détonnent ou se démarquent devant la caméra. Parfois l'initiative apporte un vent de fraîcheur aux acteurs qui en bénéficient, d'autres fois le résultat laisse plus... perplexe ?

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Birdie Buddy


Les choix stylistiques de l'année :

Le milieu du showbizz a ses propres codes vestimentaires. Vu de l'extérieur, il n'est pas rare que l'on s'interroge sur les choix de nos stars : sur telles robes ou tels costumes, voire sur l'opportunité de certains accessoires auxquels elles semblent irrationnellement attachés. Et c'est peu dire que The Greatest Love aura pleinement assumé, et même encouragé, l'image renvoyée par ce milieu.

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Tenue discrète pour une "mission" d'infiltration dans un hôpital...


Le prix du drama le plus hémoglobineux de l'année rassemble deux ex-aequos :

Pour bien montrer aux téléspectateurs qu'ils sont sur le câble, non sur les grandes chaînes, la recette est relativement universelle (demandez à HBO et Showtime). Les réalisateurs des dramas diffusées par les premières ont à leur disposition deux grands moyens, auxquels ils ne vont pas hésiter à recourir : le sexe et l'hémoglobine. Cela permet dans certains cas une libéralisation des moeurs rafraîchissante (comme dans I need romance). Dans d'autres cas, le tableau rendu est un peu plus excessif. Surtout du point de vue de l'hémoglobine. Mais cela a le mérite de donner des dramas d'action sacrément mouvementés !

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Yacha (1er) et Little Girl K (Killer K) (2e)


Le prix des combats les mieux chorégraphiés :

Il y a plusieurs façons d'aborder les combats dans un sageuk. Il y a les tenants d'une approche réaliste, les artistiques qui tendent vers un style volant très wuxia, ceux qui exaltent la force physique, ceux qui ont les moyens d'embaucher des cascadeurs pour réaliser les figures les plus improbables, ceux qui ont un budget effets spéciaux conséquent à exploiter... Les dramas historiques de l'année auront chacun reflété une école particulière, mais c'est Warrior Baek Dong Soo qui aura le mieux tiré son épingle du jeu, en réservant à ses téléspectateurs les confrontations aux chorégraphies les plus enthousiasmantes.

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Le prix du  drama le plus musicalement convaincant de l'année :

L'année 2011 a été musicale : Dream High, Heartstrings, The Musical, voire What's up (même sans sous-titres). Sauf qu'il faut bien l'avouer, le seul à réellement avoir su parler à mes goûts musicaux a, sans surprise, été un drama special de KBS, Rock Rock Rock, un biopic sur le guitariste-compositeur du groupe Boowhal (avec No Min Woo dans le rôle principal). Musicalement, ça donne ça par exemple. Je ne vous cache pas que ces chansons n'ont pas quitté mon lecteur mp3 de l'année.

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Le drama le plus VDM :

Commencer l'année en étudiante dans une université prestigieuse. Se faire harceler sexuellement par son professeur. Être considérée comme une menteuse une fois les accusations portées à la police. Se faire exclure de son université. Retrouver sa mère qui, dans une confrontation avec les hommes de main d'une entreprise de construction, est grièvement blessée. S'endetter pour payer l'opération chirurgicale qui peut la sauver. La voir malgré tout mourir sur la table d'opération. Se retrouver conduite de force dans un bar à hôtesse pour y rembourser ses dettes. Tout ça en deux épisodes. VDM.

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The Empress


La créature fantastique de l'année :

Si l'an dernier avait été placé sous le signe du gumiho, en 2011, il fallait bien que la Corée du Sud soit à son tour gagné par l'attrait exercé par ces créatures aux dents trop longues et à la faim dangereuse. Les k-dramas n'auront donc pas échappé à la vague vampirique. Si j'ai eu l'occasion de rattraper une série plus ancienne sur ce thème, très poétique et contemplative, Freeze, il me reste à progresser dans celui qui représente vraiment ce genre : Vampire Prosecutor.

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Le baiser de l'année :

Le baiser dans une comédie romantique est une des étapes clés par excellence. Plus encore que la première rencontre (celle-ci ayant, sans vouloir faire de généralisation excessive, invariablement lieu de la plus explosive des façons sur un qui pro quo improbable), le ou les baisers du couple principal doivent être une des scènes qui restera associée au drama dans la mémoire du téléspectateur. Les scénaristes et réalisateurs rivalisent ici d'imagination pour marquer durablement. L'an dernier, c'était le baiser dans la cabine téléphonique de Coffee House qui m'avait fait fondre devant mon petit écran. Cette année, c'est un drama qui n'aura sans doute pas tenu toutes ses promesses faites sur le papier, mais dont la scène du baiser sera certainement restée : Lie to me (non, je ne fais pas mon choix dans cette catégorie uniquement en fonction des participants au baiser en question).


Le "cola kiss" de
Lie to me


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Les perspectives pour 2012 :

2011 aura été satisfaisante, mais assez frustrante en raison des arbitrages si nombreux qu'il a fallu faire. J'ai l'impression de m'être trop dispersée en testant un certain nombre de dramas qui ne méritaient pas les 5/6 heures que j'ai bloquées pour eux. Ces derniers mois, vous avez dû vous en rendre compte, j'ai pris du recul avec le visionnage "en direct de diffusion". Pour avoir moins de déceptions et surtout pouvoir pleinement en profiter, j'ai envie de plus sélectionner en amont. Dans les faits, cela ne veut pas dire que les reviews avec les premières impressions sur un drama vont cesser (je ne peux pas regarder un drama par semaine), mais elles seront moins nombreuses et éventuellement interviendront après un visionnage plus avancé dans le drama. Par ailleurs, je veux aussi prendre le temps de rattraper des dramas plus anciens disponibles, The Sandglass m'ayant confirmé qu'il y avait beaucoup à explorer sur cette voie. Un des projets auxquels j'ai envie de consacrer les prochains mois, c'est Eyes of Dawn dont le sous-titrage est en cours. J'ai aussi entamé un cycle de revenge drama avec Resurrection, et The Devil devrait suivre. J'aimerais aussi prendre mon courage à deux mains et essayer de me réconcilier avec les mélodramas.

03.01.2012

(UK) Sherlock, saison 2, épisode 1 : A Scandal in Belgravia

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Pour commencer l'année de la meilleure des façons, BBC1 proposait dimanche soir un bien beau cadeau pour conclure les fêtes, avec le retour du détective qu'elle a fait revivre dans le courant de l'été 2010 : Sherlock Holmes. Cette deuxième saison longtemps attendue - coincée entre l'agenda surchargé de Steven Moffat et le tournage à l'autre bout du monde de The Hobbit - porte logiquement de hautes espérances tant la première avait agréablement surpris et marqué.

La dernière fois que j'ai évoqué Sherlock sur ce blog, c'était à la fin du mois de juillet 2010. Le pilote venait d'être diffusé dans la torpeur estivale, j'étais complètement sous le charme et ma review croulait sous les superlatifs. Un an et demi plus tard, au milieu de l'hiver cette fois, ce premier épisode de la saison 2 a suscité chez moi un enthousiasme similaire. Si bien que je ne résiste pas à l'envie de vous en parler.

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A Scandal in Belgravia débute logiquement par la résolution du cliffhanger sur lequel la série nous avait laissé il y a deux ans. Cette première confrontation directe avec l'extravagant et versatile Moriarty, pendant criminel de Sherlock, n'aura pas été de tout repos pour nos deux héros, mais l'humeur changeante de leur ennemi leur aura permis de se sortir de ce mauvais pas en évitant tout drame. La suite de l'épisode est l'occasion de nous réintroduire dans le quotidien de Sherlock Holmes, dont la popularité et la reconnaissance grandissent grâce au blog tenu par John Watson qui y détaille les affaires élucidées (ou non) à ses lecteurs.

C'est Mycroft qui va, une nouvelle fois, venir solliciter son frère et propulser notre duo dans l'aventure de l'épisode. Holmes et Watson sont en effet convoqués à rien moins que Buckingham Palace pour se voir confier la mission de récupérer des photos compromettantes prises par une femme fatale du nom d'Irene Adler. Mais l'affaire se révèle rapidement bien plus complexe qu'une simple histoire de moeurs et de chantage, et lorsqu'elle se change en une question de sécurité nationale, cette partie d'échecs prend un tournant fort dangereux...

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A Scandal in Belgravia renoue avec le souffle et l'élan jubilatoire de A study in pink qui avait ouvert la première saison. L'écriture y est très dense, toujours extrêmement rythmée. L'histoire, volontairement complexe, multiplie les ruptures de rythme et autres retournements de situation. A tout moment, on a l'impression que le scénariste pourrait perdre le contrôle de ce récit construit en escaliers dont on ne sait trop où il nous conduit, si ce n'est qu'il nous y conduit vite et de manière fort savoureuse. Mais Steven Moffat maîtrise parfaitement son sujet. Cette surenchère d'effets narratifs reste jusqu'au bout un vrai délice à l'écran et se conclut par un ultime twist où perce une pointe de démesure qui lui permet de s'inscrire parfaitement dans la continuité de l'épisode.

La richesse de l'épisode doit beaucoup à sa tonalité tonalité aussi enlevée que versatile. A Scandal in Belgravia peut ainsi se permettre de commencer en dépeignant la monotone routine de notre duo de détectives, avec un Sherlock rongé par l'ennui, pour se changer ensuite en affaire de moeurs tout aussi banale mais avec un employeur prestigieux. Puis, peu à peu, elle se complexifie pour introduire de nouveaux enjeux autrement plus importants, liés à des actes de terrorisme, et faisant intervenir les services secrets mais aussi la figure de Moriarty en arrière-plan qui tire dans l'ombre certaines obscures ficelles. L'ensemble est construit comme un toutélié distendu, multipliant les faux-semblants ; si on y perd parfois le fil, on se laisse toujours emporter avec enthousiasme dans cette affaire.

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Au-delà de son histoire prenante, A Scandal in Belgravia doit beaucoup à la caractérisation de ses personnages, et à la dynamique d'ensemble qui marque leurs relations. L'entourage qui gravite autour de Sherlock éclaire les différentes facettes de ce personnage central, l'épisode réservant son lot de passages marquants : la complicité avec Mrs Hudson, les échanges toujours provocateurs et fraternels avec Mycroft... Et puis, bien entendu, le plus important, John Watson, flegmatique et posé, qui incarne le pendant parfait à l'hyperactivité de Sherlock. Tous ces rapports sont mis en valeur grâce à des dialogues admirablement ciselés, riches en tirades inspirées, mais aussi en réparties qui font toujours mouche.

Outre ces soutiens traditionnels, A Scandal in Belgravia introduit face à Sherlock Holmes une figure féminine qui est un adversaire de choix. Si la série fait d'elle une dominatrix qui semble cette fois s'être attaquée à plus forte qu'elle, Irene Adler vient surtout brouiller la distribution des rôles, et se glisser avec assurance dans le quotidien bien agencé de notre détective. Elle est "LA femme", celle qui trouble notre détective, sans que l'on sache précisément qui manipule vraiment qui dans les joutes verbales constantes auxquelles se livrent Irene et Sherlock. L'ambiguïté du personnage rend ses rapports avec le détective assez fascinants, la confrontation se changeant peu à peu en une complicité où chacun a conscience que l'un des deux se brûlera fatalement les ailes tant leurs intérêts divergent. Pour incarner une telle opposante, Laura Pulver est superbe à l'écran.

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Bilan : Bénéficiant d'une écriture enlevée, marquée par des dialogues savoureux et une histoire complexe où les retournements de situation sont incessants, A Scandal in Belgravia est une aventure vraiment jubilatoire et captivante. Portée par une dynamique exaltante, elle marque un retour en très grande forme de Sherlock. Le téléspectateur prend un plaisir rare à suivre cette surenchère narrative maîtrisée, l'heure et demie passant sans s'en rendre compte. En résumé, c'est une bien belle façon de commencer l'année 2012 !

Dimanche prochain, Sherlock adapte un des récits les plus célèbres du détective, Le chien des Baskerville.


NOTE : 9/10


La bande-annonce de l'épisode :

01.01.2012

(Mini-série UK) Great Expectations : l'histoire d'une leçon de vie

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La période des fêtes de fin d'année est toujours riche outre-Manche. Au-delà des épisodes spéciaux de leurs séries habituelles (Doctor Who, Downton Abbey...), les chaînes ont aussi l'habitude de programmer quelques fictions de prestige s'inscrivant dans la tradition des adaptations littéraires qu'affectionnent les Anglais. A ce sujet, si vous en avez l'occasion (et comme je ne suis pas certaine d'avoir le temps de vous en parler), n'hésitez pas à jeter un oeil sur ce beau téléfilm, diffusé lundi dernier, qu'est The Borrowers (avec un casting de choix, Christopher Eccleston, Stephen Fry, Robert Sheehan...).

Puis, toujours la semaine dernière, de mardi à jeudi soir, BBC1 s'est attachée à revisiter un classique, en proposant une nouvelle version de Great Expectations, d'après un roman de Charles Dickens. Mini-série comportant trois épisodes d'une heure chacun, elle rassemble un solide casting, avec notamment une Gillian Anderson fort troublante en Miss Havisham. Si Great Expectations pèche sans doute par un certain excès d'académisme l'empêchant de prendre toute la mesure de l'histoire qu'elle relate, elle n'en demeure pas moins une adaptation plaisante à suivre, à l'esthétique fort soigné.

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Great Expectations se déroule au XIXe siècle. C'est l'histoire d'un jeune orphelin, Pip, recueilli par sa soeur et son mari, un forgeron. Un jour, il croise dans la campagne un prisonnier, Magwitch, qui s'est évadé et tente d'échapper aux soldats qui le poursuivent dans ces marés brumeux. Le fugitif effraie le garçon pour qu'il lui ramène un outil afin qu'il puisse se débarasser de ses fers. Si Pip s'exécute, faisant même du zèle en ramenant à l'affamé une part de tarte, le prisonnier sera malgré tout re-capturé peu après, ramené de force sur le bâteau qui le déporte vers l'Océanie.

Cette même journée est riche en émotions. En effet, leur oncle annonce peu de temps après que la mystérieuse et recluse Miss Havisham, une dame très fortunée, requiert la présence d'un garçon, sans en préciser la raison. La soeur de Pip, espérant une récompense, l'envoie rencontrer cette étrange dame, dont l'apparence tout de blanc vêtue, pieds nus, est presque semblable à un fantôme. L'orphelin fait à cette occasion connaissance avec l'entourage de Miss Havisham, et notamment sa fille, jeune adolescente adoptée par la richissime dame. Pip découvre aussi dans cette maison luxueuse, mais laissée à l'abandon, un autre milieu social et surtout... une certaine ambition : cela pourrait-il être la porte ouverte à une ascension sociale loin de la forge et de son quotidien actuel ? 

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Great Expectations relate la rencontre entre différentes classes sociales qui n'auraient pas dû normalement se croiser. C'est l'histoire d'un orphelin que rien ne prédisposait à s'imaginer au-delà de son coin de campagne, mais auquel les évènements vont offrir des opportunités aux apparences souvent trompeuses. En entrouvrant, pour la première fois sur l'invitation de Miss Havisham, la porte de ce milieu bourgeois favorisé, Pip va soudain se mettre à espérer dépasser sa condition sociale pour gagner un rang de véritable gentleman. D'abord longtemps rêve inaccessible, lorsque cette voie s'ouvre finalement devant lui, cette chance se révèle à double tranchant. Balloté au gré de bienfaiteurs qui taisent leurs motifs, mais aussi pour certains leur identité, Pip s'égare, perdant son sens des priorités. Great Expectations apparaît ainsi comme l'histoire d'une leçon de vie, avec sa part de désillusion et de cruauté face à un destin qui semble toujours finir par reprendre ce qu'il a offert.

Si la mini-série maîtrise globalement bien le thème du choc des milieux sociaux, elle reste inaboutie sur un second plan pourtant tout aussi déterminant à l'histoire : celui lié aux sentiments. En effet, l'ambition de Pip puise sa source dans son amour pour cette beauté glacée qu'est Estella. Great Expectations éclaire en effet à quel point les sentiments peuvent transporter, mais aussi égarer chacun. C'est la passion qui a détruit Miss Havisham, cette dernière hantant désormais sa propre maison, ayant cessé de vivre. En réaction, c'est dans l'absence de tout sentiment qu'a été élevée Estella, instrument d'une obsessionnelle vengeance entre les mains de Miss Havisham : faire souffrir, détruire les hommes sans se blesser soi-même, telle est la tâche pour laquelle sa mère adoptive l'a élevée. Et c'est donc aussi l'amour qui consumme Pip, obscurcit son jugement et, plus que l'attrait pour l'argent, le fait mûrir par les déceptions qu'il occasionne. C'est sans doute ici que Great Expectations fait preuve de ses plus grandes limites : elle reste trop rigide et en retrait, ne parvenant pas à susciter d'empathie, ni à capturer à l'écran les sentiments et contradictions que l'on devine pourtant dans ces personnages.

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Manquant de nuances et d'épaisseur sur le fond, Great Expectations est en revanche à la hauteur des attentes du téléspectateur sur un plan formel. La mini-série s'offre une reconstitution d'époque soignée, avec des décors souvent froids, comme glacés, bien mis en valeur par une esthétique travaillée. En parfait écho au contenu de l'histoire, la teinte dominante est le gris. Et si certains passages, notamment en intérieur, paraissent presque trop sombres, cette photographie contribue à donner une identité de la fiction. Les pièces de la maison de Miss Havisham, représentant un instantané suspendu dans le temps, représentent sans aucun doute une des mises en scène les plus marquantes de la mini-série.

Enfin, Great Expectations bénéficie d'un casting globalement solide. Les acteurs qui entourent Oscar Kennedy, puis Douglas Booth (Les Piliers de la Terre) dans leur rôle de Pip (enfant, puis jeune homme) parviennent vraiment à imposer leur présence à l'écran. Gillian Anderson (X-Files, Bleak House, The Crimson Petal and the White) notamment délivre une performance vraiment fascinante et troublante pour incarner cette femme brisée qui a développé une rancoeur obsessionnelle envers les hommes. Ray Winstone (Vincent) est également impressionnant en Abel Magwitch, figure ambivalente, à la fois inquiétant et bienfaiteur. A leurs côtés, on retrouve également David Suchet (Agatha Christie's Poirot), Mark Addy (Game of Thrones), Frances Barber, Tom Burke, Vanessa Kirby ou encore Shaun Dooley.

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Bilan : Adaptation presque trop académique d'un classique de la littérature anglaise, Great Expectations est fidèle, sur la forme, au savoir-faire de la BBC, offrant une reconstitution méticuleuse d'une époque et disposant d'une identité visuelle et d'une ambiance intrigantes. Cependant, la mini-série peine à introduire du relief dans son histoire et à impliquer le téléspectateur, ayant trop tendance à aller à l'essentiel sans prendre le temps de retranscrire émotions et nuances. Cette limite tient peut-être à son format trop condensé. En résumé, si elle se suit sans déplaisir, on ne peut s'empêcher de penser que le résultat laisse un arrière-goût d'inachevé et reste perfectible.


NOTE : 6,5/10


La bande-annonce de la mini-série :

(Blog) Meilleurs voeux pour 2012

En ce 1er janvier, je vous souhaite à tous une bonne et heureuse année 2012.

Tous mes voeux de bonheur, de santé et de réussite dans vos projets !

En espérant que vous l'avez débutée de belle façon en passant un agréable réveillon.

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Comme l'an dernier, je vous propose de refermer le chapitre de 2011 en s'intéressant à vous, chers lecteurs. C'est-à-dire en jetant un oeil aux statistiques du blog, et plus précisément aux séries qui vous ont conduit sur My Télé is Rich! durant l'année écoulée : quelles sont les fictions qui ont retenu votre attention ?

Top 20 des séries ayant engendré le plus de visiteurs en 2011 :

1. Downton Abbey (Angleterre)
2. Being Human (Angleterre)
3. The Promise (Le Serment) (mini) (Angleterre)
4. Forbrydelsen (Danemark)
5. Doctor Who (Angleterre)
6. Secret Garden (Corée du Sud)
7. City Hunter (Corée du Sud)
8. Heartstrings (You've fallen for me) (Corée du Sud)
9. I need romance (Corée du Sud)
10. Athena : Goddess of war (Corée du Sud)
11. Spooks (MI-5) (Angleterre)
12. White Christmas (Corée du Sud)
13. The Greatest Love (Corée du Sud)
14. Midas (Corée du Sud)
15. Lie to me (Corée du Sud)
16. Warrior Baek Dong Soo (Corée du Sud)
17. The Borgias (Etats-Unis)
18. Marry me Mary (Corée du Sud)
19. Queen of reversals (Corée du Sud)
20. Game of thrones (Etats-Unis)

Soit : 12 séries sud-coréennes, 5 séries anglaises, 2 séries américaines et 1 série danoise.

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Il s'agit d'un top moins diversifié que l'an passé, qui reflète bien l'importance des deux pays majoritairement traités sur ce blog, la Corée du Sud et l'Angleterre ; avec une nouvelle fois, une sur-représentation de la première dont la part dans les statistiques s'est encore accrue. Pas de Japon (le j-drama le plus consulté, BOSS, n'arrive qu'en 33e position). Peu de séries américaines. Et une série danoise qui fait une entrée fracassante : une diffusion sur Arte en France, mais aussi le remake de AMC, auront attiré quelques curieux vers Forbrydelsen.

Sinon, notons que la première série de ce classement a été la plus consultée en 2011 avec une marge d'avance considérable ; et il est intéressant de préciser que c'est dans les toutes dernières semaines de décembre qu'elle a réalisé son score. La diffusion de Downton Abbey en France, sur TMC, à défaut d'avoir marqué les audiences télévisées, aura fait explosé les statistiques du blog. De manière générale, les cinq premières séries du classement ont bénéficié d'une programmation sur une chaîne française. Tandis qu'à l'opposé, les séries sud-coréennes conservent leur public sur lequel je ne pense pas que les offres légales aient encore un réel impact. Il faut souligner que le k-drama qui a intéressé le plus de visiteurs en 2012 est un k-drama de fin 2011/début 2012 qui figurait déjà dans le top 5 du classement de l'an passé : cela montre l'impact de Secret Garden, mais aussi le fait qu'en 2012, peu ou pas de k-dramas avec une telle aura se sont imposés. 

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Après tout cet exposé, il est donc temps de se tourner vers 2012. Il ne reste quà souhaiter que l'année sériephile soit riche en découvertes, confirmations et révélations. Il est des projets dont j'attends beaucoup (Newsroom par exemple), d'autres qui sauront sans nul doute surprendre. Et je compte bien poursuivre un certain nombre de rattrapages de séries plus ou moins anciennes. Eyes of Dawn devrait ainsi devenir le plus ancien drama que j'aurais visionné.

Mais 2012 sera aussi une année de changement dans ma "vraie" vie (ou du moins je l'espère) : enfin terminer certains projets qui n'ont que trop durer, redéfinir et faire des choix professionnels que je n'ai que trop longtemps remis au lendemain. Je ne sais pas ce qu'il adviendra de My Télé is Rich! avec les changements à venir dans ma vie. Si je ne me vois pas cesser d'écrire sur les séries, le format à publication régulière du blog tel qu'il existe à ce jour sera sans doute difficile à assurer. Nous verrons bien, en attendant, sachez que je compte mettre à profit cette troisième année d'existence pour poursuivre mes explorations téléphagiques, et surtout les partager avec vous.

Je vous remercie d'être là : vos visites comme vos commentaires (mais aussi vos réactions ou RT sur twitter) restent une source d'encouragement inébranlable lorsque la motivation du blogueur vacille. Donc tout simplement merci.

Bonne et heureuse année 2012 !

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28.12.2011

(Bilan) Les tops et flops (éclectiques) de mon année sériephile 2011

Aujourd'hui, petite entorse au rendez-vous du mercredi asiatique pour terminer le mois de décembre. La période est en effet propice à toutes sortes de bilans ; et, comme l'an dernier, je veux saisir l'occasion pour revenir sur les séries qui ont marqué, en bien comme en mal, mon année 2011.

Cette dernière m'aura permis de poursuivre des explorations sériephiles dans des contrées téléphagiques insoupçonnées. La part de mes visionnages consacrés au "reste du monde" (en dehors des quatre pays principaux que sont l'Angleterre, les Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon) a ainsi considérablement augmenté. J'ai entamé un passionnant et très excitant tour européen (Danemark, Islande) qui aura apporté son lot de révélations en séries non anglophones. L'Océanie n'aura pas été en reste, et mon affection pour la Nouvelle-Zélande se sera confirmée. Et j'ai même craqué pour une série de Hong Kong, ce qui est plutôt rare pour moi ! Et puis, j'ai aussi pu prendre le temps de rattraper des séries plus anciennes (comprendre : non diffusées dans leur pays d'origine en 2011). La conséquence, c'est qu'il a fallu arbitrer de manière encore plus drastique et crève-coeur les séries que j'ai suivies en direct. J'ai tant de fictions intéressantes et dont j'ai lu du bien qui restent sur ma liste "à rattraper" (Enlightened, The Princess Man, The Crimson Petal and the White...).

Le bilan qui suit reprend le modèle de l'année dernière. Ne prétendant à aucune exhaustivité (avec toutes les limites de mes visionnages et retards), il s'agit juste de revenir sur les séries qui ont construit et fait mon année 2011. Le principe demeure inchangé : il y a différentes catégories, et un seul élu par nationalité (avec des choix discrétionnaires) ; le but est d'esquisser imparfaitement une rétrospective assez large des fictions du petit écran.

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LES TOPS des séries diffusées en 2011

S'il ne devait en rester qu'une :
Angleterre : The Promise (Le Serment) (mini)
Corée du Sud : White Christmas
Etats-Unis : Game of Thrones, saison 1
Japon : JIN, saison 2
Reste du monde :
The Yard, saison 1 (Canada)

Les (bonnes) surprises du chef :
Angleterre : The Shadow Line (mini)
Corée du Sud : President
Etats-Unis : Boss, saison 1
Japon : Kaseifu no Mita
Reste du monde : The Slap, saison 1 (Australie)

Le top des confirmations :
Angleterre : Rev., saison 2
Corée du Sud : -
Etats-Unis : Justified, saison 2
Japon : Shinya Shokudou, saison 2
Reste du monde : Borgen, saison 2 (Danemark)

Le top des séries en costumes :
Angleterre : The Hour, saison 1
Corée du Sud : Gye Baek
Etats-Unis : Mildred Pierce (mini)
Japon : JIN, saison 2
Europe autre : Les Mystères de Lisbonne (Brésil/France/Portugal)
Océanie : Cloudstreet (Australie)

Le top des séries WTF?! de l'année :
Angleterre : -
Corée du Sud : The Greatest Love
Etats-Unis : Once upon a time, saison 1
Japon :
Yuusha Yoshihiko to Maou no Shiro
Reste du monde : The Almighty Johnsons, saison 1 (Nouvelle-Zélande)

Le top des comédies que j'ai aimées (parce que oui, cela arrive !) :
Angleterre : The Café, saison 1
Corée du Sud : Protect the boss
Etats-Unis : -
Japon : Boss, saison 2
Reste du monde : 7 days in life (Hong Kong)

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LES FLOPS des séries diffusées en 2011

Le flop des nouveautés au concept intéressant qui n'ont pas tenu leurs promesses :
Angleterre : Mad Dogs, saison 1
Corée du Sud :
Myung wol the spy
Etats-Unis : Terra Nova, saison 1 / The Kennedys (mini)
Japon : -
Europe autre : Rani (France)
Océanie : Wild Boys, saison 1 (Australie)

Les déceptions dont j'attendais plus :
Angleterre : Silk, saison 1
Corée du Sud :
Midas
Etats-Unis : Hell on wheels, saison 1
Japon : -
Europe autre : Den som Draeber, saison 1 (Danemark)
Océanie : Crownies, saison 1 (Australie)

Le flop des comédies pas drôles (que j'ai testées et qui ne m'ont pas fait sourire) :
Angleterre : Life's too short, saison 1 / Spy, saison 1
Corée du Sud : -
Etats-Unis : Suburgatory, saison 1
Japon : Don Quixote
Reste du monde : At home with Julia (Australie)

Le flop des remakes inutiles dont on se serait passé :
Angleterre : -
Corée du Sud : The Empress (remake de
Jotei Kaoruko)
Etats-Unis : The Killing (remake de Forbrydelsen)
Japon : Ikimen Desu Ne (remake de You're Beautiful)
Reste du monde : -

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LES AWARDS en tout genre

Le top de mes personnages masculins préférés :
Angleterre : William Garrow, interprété par Andrew Buchan (Garrow's Law, saison 3)
Etats-Unis : Raylan Givens, interprété par Timothy Olyphant (Justified, saison 2)
Corée du Sud : Lee Youn Sung, interprété par Lee Min Ho (City Hunter)
Japon : Akira Suzuki, interprété par Hiroki Hasegawa (Suzuki Sensei)
Reste du monde : Kasper Juul, interprété par Johan Philip Asbæk(Borgen, saisons 1 & 2)

Le top de mes personnages féminins préférés :
Angleterre : Bel Rowley, interprétée par Romola Garai (The Hour, saison 1)
Etats-Unis : -
Corée du Sud :
Yang Eun Bi, interprétée par Lee Chung Ah (Flower Boy Ramyun Shop)
Japon :
Mitamura Momoko, interprétée par Matsushita Nao (Kurumi no Heya)
Reste du monde : Sarah Lund, interprétée par Sofie Gråbøl (Forbrydelsen, saisons 1 & 2)


Les traumatismes / Le top mémoriel des animaux sacrifiés sur l'autel du divertissement. RIP :

Angleterre : Le chat, The Shadow Line
Etats-Unis : Le cheval, Luck
Corée du Sud : -
Japon : Les chiens, Nankyoku Tairiki
Reste du monde : -

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BONUS : LE TOP en retard (des séries rattrapées en 2011)

Elles n'ont pas été diffusées cette année dans leur pays d'origine, je les ai regardées en 2011... Et vu leur qualité, elles méritent un top !

1. Borgen, saison 1 (Danemark)
2. Fumou Chitai (Japon)
3. The Lost Prince (mini) (Angleterre)
4. The Sandglass (Corée du Sud)
5. Forbrydelsen, saisons 1 et 2 (Danemark)
6. Soratobu Taiya (Japon)
7. Edge of Darkness (mini) (Angleterre)
8. Naeturvaktin (The Night Shift), saison 1 (Islande)
9. Shinya Shokudou, saison 1 (Japon)
10. Conspiracy in the Court (Corée du Sud)

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L'année 2011 aura donc été une nouvelle fois une année très riche. Je crois que ma principale frustration tient surtout à tous ces arbitrages que j'ai été contrainte de faire au sein de cette programmation ; trouver un équilibre et ne pas non plus tomber dans une sur-consommation qui ferait perdre leur saveur à toutes ces découvertes. Je crois que je me suis fait une raison : je ne peux plus essayer de couvrir quasiment toutes les fictions d'un pays donné (même si l'Angleterre continue de bénéficier d'un passe-droit).

Moins de spécialisation, mais plus de curiosité et de diversité, cela aura été ma ligne de conduite pour 2011... Une décision que je ne regrette pas. Ma passion pour le petit écran demeure intacte, c'est bien le principal. Et j'ai pris beaucoup de plaisir à partager cette année avec vous.

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27.12.2011

(UK) Downton Abbey, Christmas special episode : un passage réussi de 1919 à 1920

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Au pied du sapin cette année, les chaînes anglaises gâtaient tout particulièrement leurs téléspectateurs, apportant chacune leurs cadeaux afin de parfaitement conclure Noël le soir du 25 décembre. A 21 heures, sur ITV1, un christmas special de Downton Abbey était ainsi offert, proposant de nous faire vivre les fêtes au sein de cette grande maisonnée.

Après la saison 2 mitigée diffusée cet automne, marquée par des choix scénaristiques discutables, j'attendais ce double épisode avec un mélange de curiosité (parce que mon attachement à la série demeure toujours aussi fort), mais aussi une certaine crainte (ne souhaitant pas assister à la répétition des mêmes erreurs).

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L'objet de ce christmas special était double : il fallait offrir une transition à une saison 2 mélodramatique et éprouvante, avec un certain nombre de storylines en cours à préciser, tout en posant les orientations à venir pour la future saison 3. L'épisode va remplir ses objectifs en nous faisant vivre les fêtes de fin d'année 1919 à Downton Abbey, et le passage en 1920.

C'est l'occasion de découvrir quelles sont les traditions de la maisonnée, et comment les rapports entre maîtres de maison et serviteurs s'organisent durant cette période d'exceptions. Mais en dépit de la paix désormais revenue, les fêtes n'en demeurent pas moins obscurcies par le procès de Bates, accusé du meurtre de sa femme. Il risque la peine capitale s'il est reconnu coupable. Si l'ombre de ce drame potentiel plane sur les lieux, au sein même de la demeure, la réunion familiale exacerbe également les tensions, mais aussi les sentiments... Tandis que Rosamund se voit courtisée par un chasseur de fortune qu'elle considère comme un mari acceptable par défaut, les relations entre Mary et Richard se dégradent. 

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Downton Abbey retrouve indéniablement des couleurs au cours d'un christmas special qui renoue avec la magie des heures les plus fastes de la série. S'inscrivant dans la continuité directe de la saison 2, tout en ambitionnant de liquider certains éléments du passé qui n'ont que trop durer, l'épisode adopte cette construction chorale, rythmée et parfaitement huilée, qui était la grande marque de la série. La densité des storylines n'occulte ainsi pas la cohérence d'ensemble de leur développement. L'histoire est parfaitement mise en valeur par des dialogues, souvent savoureux et ciselés avec soin, qui trouvent le juste équilibre entre passages dramatiques et quelques piques légères qui font mouches.

Un des grands atouts de Downton Abbey demeure cette faculté à susciter l'empathie du téléspectateur, faisant vibrer son coeur comme rarement devant le petit écran. Ce christmas special est en effet un cocktail d'émotions plus intenses les unes que les autres. Avec ses hauts et ses bas, ses espoirs et ses désillusions, l'épisode fournit son lot d'instants poignants, mais aussi de scènes de vrai bonheur qui déposent un sourire béat sur nos lèvres. Fidèle à l'esprit des fêtes de fin d'année, sa structure est rapidement identifiable et relativement prévisible : il débute de manière plutôt pessimiste, pour finalement ensuite renouer avec l'espoir, que ce dernier se concrétise pour certains ou reste seulement au stade de l'esquisse pour d'autres.

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La réussite de cette heure et demie, que l'on ne voit pas passer, est en fait de répondre admirablement bien à toutes les attentes légitimes du téléspectateur. A défaut de surprises, l'épisode est rythmé - de façon très soutenue - par des évènements et autres rebondissements qui s'enchaînent de manière logique. Fidèle à l'esprit de Downton Abbey, Julian Fellowes redistribue efficacement les cartes entre les protagonistes, sans chercher à prendre des détours ou des raccourcis inutiles qui accentueraient artificiellement les effets. L'impression d'une certaine transition et d'un retour aux sources est renforcé par le fait que le thème central de l'épisode semble être celui de la solidarité entre les maîtres et leurs serviteurs au sein d'une maisonnée unie par les difficultés, mais aussi par les célébrations.

Par contraste, toutes les pièces rapportées à l'occasion de ces festivités vont se retrouver en porte à faux par rapport à cet instant de communion. L'évènement clôturant la période, le bal des domestiques, est à ce titre hautement symbolique, représentant parfaitement ce moment. Downton Abbey apparaît alors comme un refuge contre les attaques à venir. Ce parti pris narratif est habile, car il ne fait qu'accroître l'attachement du téléspectateur à toute cette galerie de personnages. C'est à leurs côtés que l'on souhaite affronter la tempête médiatique future - sur Bates comme sur le scandale du diplomate turc -, laquelle ne fait que resserrer les liens entre les personnages. D'ailleurs, Mrs O'Brien continue de voir sa personnalité se nuancer, Thomas restant le seul toujours dépeint aussi négativement.

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Enfin, c'est tout un paragraphe qu'il faut sans doute consacrer à la superbe scène finale qui vient conclure l'épisode. Elle est pour moi, sans conteste, le plus beau cadeau de Noël envisageable. Au cours de ces dernières années, Mary et Matthew ont été un des rares couples (potentiels) du petit écran, dont les échanges et la torture sentimentale vécue ont su littéralement me faire fondre. Ils éveillent mes plus primaires instincts shippers, et c'est donc avec une saveur toute particulière que j'ai visionné (et re(x3)visionné depuis) cette dernière scène qui nous fait quitter Downton Abbey sur la note la plus positive qui soit.

Oubliées les errances de la saison 2, Lavinia et Richard enfin derrière eux, l'éternel manque de synchronisation entre Mary et Matthew semble n'être, au moins pour cette nuit magique, plus qu'un mauvais souvenir. Tout au long de l'épisode, leurs vraies retrouvailles se sont imposées comme une évidence imminente. Mais la mise en scène du moment qui devait parachever cette évolution est vraiment réussie et confère à ce passage une magie supplémentaire : en extérieur, sur un manteau neigeux, entourés de flocons qui virevoltent autour d'eux, cette scène, quasi-féérique, est tout simplement magnifique.

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Bilan : Episode de transition efficace posant des bases intéressantes pour la suite, qu'il s'agisse de la bonne nouvelle envoyée par Sybil à ses parents ou de la révision du procès de Bates qu'il va falloir obtenir, ce christmas special permet à Downton Abbey de renouer avec la magie originelle de ce superbe period drama, avec des dialogues ciselés et une construction narrative chorale bien maîtrisée. Offrant une heure et demie riche en émotions les plus contradictoires, l'épisode respecte à la perfection l'esprit des fêtes de fin d'année en se terminant sur une scène finale qui fait chavirer les coeurs et nous permet de dire au revoir à la série les yeux brillants de satisfaction.

Après cet épisode de réconciliation, le mot de la fin sera donc : vivement la saison 3 !


NOTE : 9/10


La bande-annonce de l'épisode :


(EDIT) Bonus : la scène finale entre Matthew et Mary :

24.12.2011

(Blog) Joyeux Noël !

 Je vous souhaite à tous un joyeux Noël.

 Qu'il soit gourmand, sériephile, avec tout le bonheur qui convient. 

 

Pour accompagner mes voeux, cette année, une scène chantée issue de Ally McBeal :

River, chanté par Larry (Robert Downey Jr, dans Ally McBeal)

 

Cette année, c'est un double cadeau que proposent les chaînes anglaises aux sériephiles. Non seulement le traditionnel épisode spécial de Doctor Who est diffusé le 25 au soir à 19h sur BBC1, mais en plus ITV1 s'est également parée de ses plus beaux atours festifs pour nous offrir un épisode spécial de Downton Abbey demain soir à 21h. A savourer !


La bande-annonce de l'épisode de Doctor Who :


La bande-annonce de l'épisode de Downton Abbey :



Merry Christmas ! 메리 크리스마스 !

Bon week-end de fêtes !