04.04.2012
(K-Drama / Pilote) The Rooftop Prince : une comédie temporelle attachante

Poursuivons l'exploration des nouvelles séries des mercredi et jeudi soirs en Corée du Sud ! Après King 2 Hearts, cette semaine, je me suis tournée vers Rooftop Prince (ou Rooftop Boy). S'il ne s'agissait pas forcément du drama dont j'attendais le plus en cette saison printanière, j'avoue que le synopsis éveillait quand même ma curiosité. Car, sur le papier, ce drama mettant en scène un improbable voyage temporel semblait proposer un mélange des genres intrigants, même si tout allait dépendre de l'équilibre qui serait trouvé dans la tonalité.
Diffusée sur SBS, depuis le 21 mars 2012, envisagée pour le moment pour 20 épisodes, Rooftop Prince est diffusé à 22h les mercredi et jeudi soir. De ce coktail mêlant fantastique, comédie, romance et drame, j'ai bien failli ne pas dépasser le premier épisode : peut-être était-ce parce que je ne m'attendais pas à ce qu'il fasse vibrer avec tant de force la corde mélodramatique, mais il m'a semblé trop pesant pour une première découverte de l'univers... Le déclic est cependant venu du deuxième épisode, immédiatement plus convaincant en basculant dans un registre léger. Si bien qu'avec le recul, je me dis que le pilote introduisait sans doute des bases nécessaires à la construction future d'une histoire pour le moins compliquée (Jugez-en par vous-même dans les paragraphes qui suivent !).

Entremêlant les lignes temporelles, Rooftop Prince compile plusieurs histoires en cours, dans le passé et le présent, avec des protagonistes différents présentant les mêmes traits, il y a 300 ans et en 2012.
A l'époque de Joseon, le prince Lee Gak a épousé la belle Hwa Yong. Le mariage arrangé concernait initialement la jeune soeur de la princesse, Bu Yong. Mais, alors qu'elles étaient encore enfants, dans un excès de jalousie, Hwa Yong provoqua un accident qui défigura sa soeur. Or une des exigences du jeune prince Lee Gak avait été que son épouse soit belle. C'est donc Hwa Yong qui lui fut présentée ; tandis que Bu Yong, reléguée derrière un masque dans l'entourage de sa soeur, se fait cependant remarquer pour ses traits d'esprit et ses qualités artistiques. Cependant, un jour, le prince se réveille en sursaut, seul alors qu'il a passé la soirée avec son aimée. Pris d'un mauvais pressentiment, il se précipite dehors pour se voir annoncer que le corps de sa princesse a été retrouvé, elle s'est noyée. S'il s'agit de la thèse officielle, Lee Gak ne croit pas à un accident.
Parallèlement, dans le présent, le pilote de Rooftop Prince nous introduit auprès d'autres destinées difficiles. Suite au remariage de son père, Park Ha (qui ressemble à s'y méprendre à Bu Yong) s'est vue adjoindre une grande soeur qui n'a aucune affection pour elle, au contraire. Prête à tout pour s'en débarasser, Se Na (reflet présent de Hwa Yong) la laissera se perdre et finalement grandir loin de leur famille. Ce n'est qu'adulte, suite au décès de son père, que Park Ha retrouvera sa belle-mère et sa soeur. Très ambitieuse, Se Na sort désormais avec Yong Tae Moo, le cousin d'un riche héritier, Tae Yong (semblable au prince Lee Gak). Au cours d'une sortie en yatch, suite à un accrochage, Tae Yong bascule par-dessus bord. Tae Moo ne fera rien pour tenter de le sauver, y voyant une chance de s'imposer comme l'héritier du groupe.
Les évènements vont conduire les timelines à s'entrecroiser. Dans le passé, le prince Lee Gak refuse d'admettre que la mort de sa princesse ne soit pas un assassinat. Rassemblant sous ses ordres trois serviteurs aux qualités complémentaires, il entend mener l'enquête. Mais le groupe est surpris loin du palais par des assassins. Pour leur échapper, ils tentent le tout pour le tout en essayant de franchir un précipice à cheval. Seuls leurs chevaux parviennent de l'autre côté du ravin. Les quatre jeunes hommes ont disparu. Ils réapparaissent 300 ans plus tard, dans le salon d'une petite maisonnée surplombant Séoul, sous les yeux ébahis de Park Ha, qui habite là.

Si elle nous plonge dans un tourbillon de destinées guère joyeuses tout en mettant en scène des personnages qui n'en perdent pas pour autant leur volontarisme, le charme de Rooftop Prince tient en premier lieu à la manière dont, dès le deuxième épisode, la série s'épanouit dans un registre de comédie temporelle réjouissant. J'ai toujours eu un faible pour ces fictions mettant en scène l'arrivée impromptue d'individus issus d'une autre époque. Le choc des cultures, des moeurs, des technologies (les voitures, mais aussi les ascenseurs réservent bien des surprises !), offrent une palette sans fin de qui pro quo savoureux et de décalages pimentés pour des scénaristes habiles sachant les exploiter. Et ceux de Rooftop Prince appartiennent indéniablement à cette catégorie. Les premiers pas de nos quatre personnages de Joseon dans une Seoul moderne sont tout simplement hilarants, notamment la première nuit où, devant le palais désormais monument historique, ils essaient vainement d'entrer...
Au-delà de ces décalages sur lesquels la série n'hésite pas à insister, mais sans pour autant rompre la dynamique d'ensemble et en faire trop, Rooftop Prince présente une particularité par rapport aux simples comédies temporelles : c'est rien moins qu'un prince de Joseon qu'elle propulse en 2012. Habitué à être obéi sans discussion, autoritaire, n'utilisant jamais la moindre forme de politesse pour s'adresser aux gens, c'est peu dire que Lee Gak est celui qui subit de plein fouet le choc culturel. C'est d'autant plus difficile que le prince se retrouve confronté à Park Ha, jeune femme pragmatique, bien décidée à leur faire rembourser les dégâts causés à son appartement. Bien entouré et protégé par ses fidèles serviteurs, Lee Gak ne peut cependant rien contre les initiatives de Park Ha : non seulement cette dernière est leur seule clé pour comprendre ce monde hostile, mais, ne manquant pas d'aplomb, elle ne va pas hésiter à bousculer le prince, prenant même - il faut l'avouer - un malin plaisir à bouleverser ainsi les certitudes de ce rigide et arrogant jeune homme.
C'est dans la dynamique relationnelle en construction que réside le second atout de Rooftop Prince. Park Ha est une jeune femme pétillante qui, si elle n'a pas été épargnée par la vie, est ressortie plus forte des épreuves. Son personnage présente une ambivalence qui fait souvent mouche, oscillant entre une part d'innocence et de spontanéité chaleureuses et un versant adulte endurci et sans illusion. Ses rapports compliqués avec sa soeur sont représentatifs de cette ambiguïté, tout comme la relation qui s'installe entre elle et le prince. Car Park Ha va tant bien que mal parvenir à obtenir la coopération de son royal invité - toujours dans l'optique d'être remboursée grâce au travail que les quatre jeunes gens effectuent pour elle. Usant de sa position dominante, elle ruse, cède à certains chantages, n'hésite pas à remettre à sa place Lee Gak... Pourtant, dans le même temps, les deux personnages principaux apprennent aussi à se connaître, prenant conscience lors de ces brèves trêves qu'il y a plus en leur interlocuteur que le jugement hâtif que chacun a fait sur l'autre. Les rapports entre Park Ha et Lee Gak font donc office d'étincelles dans ce drama ; et le reste du show devrait s'en inspirer.
Car si Rooftop Prince a su peu à peu me charmer par son confus mélange loufoque et mélodramatique, cela ne signifie pas qu'il faut oublier certains problèmes ; lesquels expliquent en partie la réserve que je garde pour le moment. Au-delà des quelques excès du premier épisode, il faut bien avouer que la série ne fait guère dans la subtilité. Les deux personnages "opposants" à nos héros ne sont absolument pas nuancés, caricatures d'ambitions, dont les motivations - surtout celles de Se Na - ne sont pas explicitées. Trop binaire, trop manichéen, le drama court le risque de tendre vers un mélodrama superficiel qui raterait son objectif principal, celui de susciter de l'empathie auprès du téléspectateur, en simplifiant à outrance les oppositions. C'est précisément cette impression que les scénaristes en faisaient trop sans prendre le temps de se justifier et de nous faire connaître chaque point de vue qui m'a gêné dans le pilote. Je veux bien admettre qu'il s'agissait d'un épisode d'exposition nécessaire, mais je reste cependant méfiante sur la gestion future du volet dramatique.

Intéressant sur le fond, Rooftop Prince l'est également sur la forme. Il s'agit en effet d'un drama maîtrisé, classique dans le bon sens du terme. La photographie est belle, colorée comme il se doit. La caméra use de quelques effets bienvenus pour faire un peu plus vibrer la corde comique de certains passages, comme des accélérés qui provoqueront plus d'un sourire. Mais l'ensemble reste cependant relativement sobre. Et surtout, on retrouve en arrière-plan une jolie bande-son, avec des musiques correspondant bien aux différentes tonalités et utilisées à bon escient pour souligner la tonalité de l'instant. Sans apporter quoique ce soit de nouveau au petit écran, c'est donc un drama qui sait bien jouer sur tous les ingrédients formels qu'il a à disposition.
Enfin, le casting rassemblé par Rooftop Prince est très sympathique. J'ai beaucoup d'affection pour Han Ji Min (Resurrection, Capital Scandal) : non seulement c'est toujours un plaisir de la retrouver, mais en plus, elle prend très vite la mesure d'un personnage pétillant qu'il est difficile de ne pas immédiatement aimer. Face à elle, Micky Yoochun, que je connaissais surtout pour les premiers épisodes de Sungkyunkwan Scandal, m'a agréablement surprise dans un rôle de prince, forcément un peu rigide, mais qui trouve à s'exprimer de manière très démonstrative dans un registre de comédie un peu burlesque assez réjouissante. De plus, les scènes entre les deux acteurs fonctionnent très bien, avec une dynamique qui fait plaisir à voir. A leurs côtés, on retrouve également Jung Yoo Mi, Lee Tae Sung, Jung Suk Won, Choi Woo Shik et Lee Min Ho.

Bilan : Comédie temporelle décalée, ne négligeant pas pour autant une dimension plus mélodramatique qui pourra toucher le téléspectateur à condition qu'elle parvienne à se nuancer, Rooftop Prince se réapproprie avec une certaine fraîcheur des dynamiques relationnelles classiques du petit écran sud-coréen. Plaisante à suivre et même attachante lorsqu'elle investit un registre léger, la série est plus maladroite quand elle s'aventure sur des plate-bandes tragiques. Cependant, il ne tient qu'aux scénaristes de construire, à partir de ces intéressantes fondations, une fiction capable de mûrir au fil des épisodes. Evolution à suivre.
NOTE : 6,75/10
Le générique de la série :
La bande-annonce de la série :
Une chanson de l'OST (avec un MV comprenant des images des premiers épisodes) :
07:34 Publié dans (Séries asiatiques) | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : k-drama, sbs, the rooftop prince, the rooftop boy, micky yoochun, han ji min, jung yoo mi, lee tae sung, jung suk won, choi woo shik, lee min ho 2 |
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01.02.2012
(K-Drama / Pilote) History of the Salaryman : une enthousiasmante comédie noire dans le monde de l'entreprise

Poursuivons l'exploration des nouveautés du pays du Matin Calme en ce mercredi asiatique. Il semblerait en effet que l'année 2012 commence sous les meilleures auspices dans le petit écran sud-coréen. En ce mois de janvier, j'avais classé History of the Salaryman dans la catégorie des "curiosités à tester", tant les bandes-annonces et les affiches promos (quelque peu étranges/inclassables) m'intriguaient tout en me laissant circonspecte. C'était un peu le genre de drama dont on ne sait trop quoi attendre tant l'ensemble semble déroutant, et au fond, c'était peut-être ce trait spécifique qui était le plus excitant a priori : où allait-on mettre les pieds ?
Pour le savoir, il a fallu attendre la diffusion qui a commencé le 2 janvier 2012 sur SBS, les lundi et mardi soirs. La série devrait comprendre 20 épisodes au total. Il faut préciser que l'équipe à l'origine de ce drama n'est pas un duo inconnu, puisque c'est celle à qui l'on doit Giant. Si History of the Salaryman a débuté assez timidement et que ses audiences restent très moyennes et aléatoires, je ne vais pas faire durer le suspense : j'ai été très agréablement surprise par les premiers épisodes de ce drama, lequel s'impose comme mon premier coup de coeur de l'année. En espérant qu'il poursuive sur ces bases enthousiasmantes !

History of the Salaryman nous plonge dans le milieu ultraconcurrentiel de grands conglomérats industriels, notamment pharmaceutiques. C'est au sein du groupe Chunha que le drama se déroule principalement. S'il est dirigé d'une main de fer par le patriarche Jin Shi Hwang, ce dernier songe à sa succession : peu confiant dans les capacités de son ambitieux fils, il espère pouvoir compter sur sa petite-fille, Baek Yeo Chi. Mais cette dernière, excentrique jeune femme trop gâtée, se désintéresse complètement de ces affaires. Dans le même temps, cependant, en dépit des tensions internes, le groupe Chunha développe un nouveau médicament qui pourrait considérablement allonger l'espérance de vie. C'est au cours des essais cliniques du produit, dont la direction est confiée à Cha Woo Hee, que nos principaux protagonistes vont avoir l'occasion de se rencontrer pour la première fois.
Rêvant d'un emploi stable dans une grande entreprise, Oh Yoo Bang enchaîne pour le moment les petits boulots sans parvenir à trouver sa voie. Finalement, une éventuelle opportunité s'ouvre lorsqu'un cadre de Chunha lui donne pour mission d'infiltrer les essais cliniques afin d'extraire un échantillon du produit miracle inventé. Mais Yoo Bang n'est pas le seul à se trouver diligenté sur place avec une mission similaire : un directeur d'un groupe concurrent, Choi Hang Woo, se fait également admettre dans le même but. Finalement, les effets secondaires du médicament et la découverte (erronée) d'un autre espion industriel précipite la fin du programme (et de la carrière de Woo Hee). Une scène de fureur de Yeo Chi, et la révélation du déroulement du test, achèveront de faire échouer le lancement du produit.
Suite à tous ces évènements, Yoo Bang reçoit un soutien inattendu pour réussir l'examen d'entrée au sein du groupe Chunha. Il a la surprise de retrouver dans son service la caractérielle Yeo Chi, punie pour ses excès d'impertinence et devant désormais accepter le statut de simple salariée. Pendant ce temps, Hang Woo continue d'oeuvrer en coulisse pour la chute du groupe Chunha afin de venger la mort de son père, dont le suicide serait lié au président actuel de l'entreprise.

Le premier aspect marquant de History of the Salaryman tient à sa richesse de tons. Le drama se révèle en effet être un cocktail détonnant de différents genres, le tout porté par une écriture qui témoigne d'un vrai sens du rythme narratif, ne laissant jamais place à aucun temps mort. Il propose un mélange de thèmes classiques du petit écran sud-coréen, comme l'opposition des classes sociales, les liens personnels naissant peu à peu de premières rencontres antagonistes nourries de qui pro quo, mais aussi des thèmes d'héritage familial et de vengeance... Tout en empruntant ses codes à la comédie, sans hésiter à faire dans le burlesque, la série nous plonge également dans les coulisses de luttes de pouvoir internes et de concurrence, entre et au sein des grandes entreprises. Elle délivre alors des scènes au cours desquelles le drama semble plus emprunter son art des intrigues et des complots, des alliances et des retournements, à un sageuk. Et les confrontations ont les accents de véritables batailles ayant pour cadre l'entreprise. Le résultat, très dense, surprend dans le bon sens du terme.
Il faut dire que ce drama a une façon d'assumer certaines situations les plus farfelues avec un aplomb et un naturel qui s'avèrent très enthousiasmants. Dès les scènes d'ouverture - il débute sur un classique flashforward -, History of the Salaryman s'impose dans un registre prenant et rafraîchissant qui se complaît dans un certain humour noir assumé et qui sait exploiter toute la palette de tonalités à sa disposition. La série captive par sa capacité à manier l'absurde et l'auto-dérision, ne reculant devant aucun ridicule, ni excès théâtralisés, tout en pouvant basculer la minute d'après dans un passage autrement plus sérieux où l'émotionnel prédomine. Le soin apporté aux détails des mises en scène offre aussi son lot de moments proprement jubilatoires. Dans les premiers épisodes, le destin "exceptionnel et tragique" de la fameuse poule du président du groupe Chunha, cobaye du produit miracle, illustre parfaitement cette faculté à flirter avec les extrêmes, en repoussant les limites et en provoquant pour mieux capturer l'attention d'un téléspectateur surpris, sans pour autant jamais en faire trop.

Outre ces mélanges osés et dosés, la réussite de History of the Salaryman tient à ses personnages. Ils s'imposent très vite à l'écran, bien caractérisés, permettant d'impliquer émotionellement le téléspectateur dans le devenir de chacun. C'est qu'ils sonnent très humains, avec leurs failles, leurs préconceptions, leurs qualités comme leurs défauts. Aucun n'est unidimensionnel, et leurs personnalités se nuancent progressivement, esquissant une part de complexité et d'ambivalence dès les premiers épisodes. Aucun ne suscite une complète antipathie, même Hang Woo qui, derrière son machiavélisme, laisse entrevoir son lot de blessures. Yeo Chi aurait pu être une énième tête à claque d'héritière, elle est au contraire une jubilatoire explosion permanente de scandales les plus improbables. Les antagonismes et oppositions qui se forment entre les personnages, comme les rapprochements surprenants et associations inattendues qui s'opèrent, forgent des relations volatiles, assez pimentées, qui sont un plaisir à suivre.
De plus, ce qui permet d'être optimiste pour la suite, c'est que les personnages semblent tous disposer d'une marge de progression pour mûrir et véritablement se révéler. Le téléspectateur perçoit chez eux un réel potentiel, narratif et humain, à faire grandir. Comment ainsi ne pas s'attacher à Yoo Bang qui, en dépit de ses réactions parfois excessivement spontanées et assez naïves, n'en démontre pas moins un réel pragmatisme et un sens de la débrouillardise qui finiront par payer ? Fils prodigue ayant hérité du rêve d'ascension sociale de son défunt père, il s'est déjà considérablement endurci au contact de nombre de déceptions. Il apparaît vite comme bien plus complexe et solide que les premières images proposées par la série. De même, on devine que Yeo Chi a un long chemin à parcourir pour quitter ses airs d'enfant gâtée, mais que le caractère de la jeune femme ne l'handicapera pas toujours. Si elle semble si déconnectée de la réalité, elle n'a pas moins toutes les clés en main pour faire quelque chose de sa vie. C'est un tableau donc très vivant et évolutif que forment les personnages.

Solide sur le fond, History of the Salaryman est également un drama très soigné sur la forme. On y retrouve, avec la même réussite, ce cocktail surprenant qui s'impose comme la marque de la série. La réalisation est impeccable. Sobre quand il faut, elle reste toujours très dynamique, n'hésitant pas non plus à verser dans quelques excès de théâtralisation dans la mise en scène, lesquels, volontairement excessifs, déclencheront chez le téléspectateur plus d'un fou rire. La photographie est plutôt sombre, ce qui correspond parfaitement aux thèmes abordés. De manière générale, l'esthétique apparaît comme un écho parfait à la tonalité versatile du drama. Et l'utilisation de la bande-son est convaincante : cette dernière mêle admirablement les styles les plus divers, entre thèmes pop-culturels connus comme des musiques de films, des morceaux de musique classique au parfum faussement épique et des chansons récurrentes plus orientées k-pop, classiques d'un k-drama.
Enfin, History of a Salaryman ne serait pas aussi enthousiasmant s'il ne s'appuyait pas sur un casting excellent, à la hauteur du scénario. Je ne doutais pas un instant que Lee Bum Soo (On Air, Giant) serait parfait dans ce rôle de salarié a priori moyen qui trouve peu à peu ses marques et amorce son ascension ; j'aime beaucoup comment très vite le personnage s'affirme, sans jamais se départir d'une certaine innocence. J'ai par contre eu un gros coup de coeur pour Jung Ryu Won (Automn Shower, Ja Myung Go), qui était la seule que je ne connaissais pas au sein du casting principal. Alors même que le type de rôle qui lui est confié peut souvent avoir tendance à m'agacer, elle est ici extra en héritière excentrique dont la personnalité va, elle aussi, peu à peu se nuancer. Elle impose une sacrée présence à l'écran. De son côté, Jung Gyu Woon (Dr Champ, Sign) est également efficace dans un rôle assez sombre qu'il maîtrise bien. Enfin Hong Soo Hyun (Temptation of an Angel, Lie to me, The Princess Man) complète avec énergie ce quatuor.

Bilan : Comédie noire mêlant les genres, toujours très dynamique et souvent jubilatoire, History of the Salaryman est un drama abouti sur le monde des entreprises. Bénéficiant d'une écriture habile, il sait jouer sur tous les registres. Avec un certain sens de la provocation, ne reculant devant aucun excès, il réussit dans l'humour comme dans l'émotionnel, dans l'absurde comme dans les mises en scène plus nuancées et complexes. S'affirmant dans cette alternance des tonalités, la série trouve un équilibre rafraîchissant qui la démarque d'autres productions ayant perdu leur âme dans le sur-formatage.
Même si je ne veux pas trop m'emballer, et que seul le temps nous dira si History of the Salaryman saura préserver l'étincelle de ses débuts, au vu de la solidité de ces premiers épisodes, j'ai envie de faire confiance aux scénaristes pour poursuivre sur cette voie.
NOTE : 8/10
La bande-annonce de la série :
Une chanson de l'OST :
17:18 Publié dans (Séries asiatiques) | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : k-drama, sbs, history of the salaryman, lee bum soo, jung ryu won, jung gyu woon, hong soo hyun |
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21.12.2011
(K-Drama) The Sandglass : trois amis dans la tourmente politique sud-coréenne des années 70 et 80

C'est un mercredi asiatique consacré à un classique que je vous propose aujourd'hui ; un de ces classiques qui n'a pas usurpé la réputation qui le précède. Pour être honnête, j'ai longtemps attendu, secrètement espéré, avoir un jour l'occasion de regarder un drama comme The Sandglass, une série qui traite sans détour de l'Histoire récente de la Corée du Sud, mêlant politique, mafia et destinées personnelles. Cette fiction concentre en son sein tous les ingrédients et grandes dynamiques qui font la force du petit écran sud-coréen. C'est sans conteste un des meilleurs k-dramas qu'il m'ait été donné de voir jusqu'à présent, et indéniablement un des plus marquants.
Il faut croire que je n'avais sans doute pas cherché dans la bonne direction pour découvrir ce genre de fictions, puisque The Sandglass est aussi désormais le plus ancien drama que j'ai visionné. Il fut en effet diffusé sur SBS du 10 janvier au 16 février 1995, chaque semaine du lundi au jeudi soir. Comportant un total de 24 épisodes, il reste un de ces "national dramas" qui ont marqué tout un pays, et ses taux d'audience demeurent à ce jour parmi les plus élevés des séries sud-coréennes : son dernier épisode atteignit presque 65% de part de marché. Certes, l'aura qui entoure The Sandglass, notamment en raison des évènements qu'elle porta à l'écran, est imposante, mais c'est aussi un drama particulièrement abouti représentant tout un savoir-faire.

The Sandglass raconte la vie de trois jeunes gens, de leur adolescence jusqu'à l'âge adulte, plongés dans le tumulte politique sud-coréen des années 70 et de la première moitié des années 80.
Tae Soo et Woo Suk se sont connus sur les bancs du lycée. Rien ne semblait a priori les destiner à forger cette amitié qui résistera à toutes les épreuves : Tae Soo est le fils d'une courtisane, laissant le plus souvent ses poings s'exprimer pour lui, tandis que Woo Suk fait figure d'élève modèle, issu d'une famille de paysans austères, dont le père rigide entend bien le voir gravir les échelons de la hiérarchie sociale. Si pendant un temps, Woo Suk détournera Tae Soo de son inclinaison pour l'argent facile, les deux amis verront leurs chemins se séparer définitivement à la sortie du lycée. Le passé communiste du père de Tae Soo l'empêchera d'embrasser la carrière militaire dont il rêvait, le rejetant irrémédiablement dans la vie de gangster, tandis que dans le même temps, Woo Suk entre à l'université ambitionnant de devenir procureur.
C'est à la fac que le désormais étudiant en droit va croiser la route de Hye Rin, une jeune femme engagée politiquement dans toute cette agitation qui gagne alors les universités sud-coréennes. Ce qu'elle ne révèlera que plus tard, c'est qu'elle est aussi la fille d'un très riche propriétaire de casinos, bien introduit auprès des instances dirigeantes du régime. C'est grâce à Woo Suk que Hye Rin rencontre Tae Soo, au cours d'une visite de ce dernier à son ami. Le choix de carrière de Tae Soo, désormais arrêté dans le banditisme, déçoit par Woo Suk, cependant Hye Rin n'est pas insensible à ce jeune homme aux activités troubles, mais plein d'assurance. Les trois jeunes gens partageront ainsi quelques temps d'insouciance, vite rattrapés par la réalité d'une Corée du Sud en ébullition. Si les circonstances les précipiteront dans des camps opposés, ils ne perdront jamais de vue l'amitié qui les aura unis et qui restera toujours une constante de leurs vies.

The Sandglass se démarque tout d'abord par la richesse de son histoire et des thématiques que cette dernière va lui permettre d'aborder. Dans la première partie du drama, les vies des personnages principaux se confondent avec les remous de l'Histoire du pays, dressant un portrait détaillé et nuancé de la Corée du Sud durant sa dernière décennie d'autoritarisme. Du milieu des années 70 jusqu'au début des années 80, sous la dictature du général Park Chung Hee, puis du nouvel homme fort qui lui succède, Chun Doo Hwan, la série s'intéresse plus particulièrement aux mouvements de démocratisation qui parcourent la société et notamment le milieu universitaire, tout en mettant également en lumière la répression ferme dont ils font l'objet. Si l'agitation reste circonscrite jusqu'en 1979, l'assassinat du président Park par le directeur de la KCIA à la fin de l'année ouvre une période d'incertitude au cours de laquelle les aspirations démocratiques trouvent à s'exprimer. Elles ne seront que plus durement réprimés par le nouveau régime.
Durant ce printemps 1980, un des passages les plus marquants du drama reste sans conteste son récit du soulèvement et du massacre de Kwangju, en mai 1980. L'intervention militaire dans cette ville insurgée fit plusieurs centaines de morts, le bilan restant toujours incertain. Longtemps passés sous silence, la version officielle des évènements parlait alors de troubles causés par des sympathisants nord-coréens. Pour bien comprendre l'impact qu'a pu avoir la diffusion de The Sandglass, il faut se replacer à l'époque de sa diffusion : en 1995, la série permit aux téléspectateurs sud-coréens de découvrir dans leur petit écran la réalité de Kwangju, en proposant une reconstitution minutieuse basée sur des récits de témoins. Le drama quitte ici le cadre du simple divertissement pour restaurer une mémoire occultée. Contribuant à libérer la parole autour de ces blessures du passé, les sujets ainsi traités confère à cette oeuvre une dimension particulière.

S'il écrit avec ses personnages des pages d'Histoire qui interpellent, The Sandglass demeure un drama qui entremêle habilement la grande et les petites histoires. Sa réussite est justement d'être le récit de trois destinées personnelles, imbriquées dans un grand portrait plus vaste, à la fois social et politique, de la Corée du Sud de l'époque. Ainsi, si Woo Suk restera toujours concentré sur ses études, ne prenant pas part aux protestations, l'implication politique de Hye Rin nous permet de découvrir les réseaux étudiants de protestations, la série éclairant surtout leur répression par le régime dictatorial en place. Les arrestations, les tortures, mais aussi le fonctionnement des cercles de pouvoir et d'influence à cette époque, rien n'est passé sous silence. Il y a dans ce drama une volonté manifeste de réalisme qui donne une portée considérable à son propos.
Représentatifs du parti pris narratif des scénaristes, les épisodes 7 et 8, consacrés au soulèvement de Kwangju, sont ainsi d'une intensité dramatique aussi impressionnante que marquante. Les dynamiques de fond de la série y apparaissent déjà parfaitement maîtrisées. Les destinées de chacun se croisent et s'entre-choquent : tandis que Woo Suk effectue son service militaire dans les forces d'intervention qui sont envoyées sur place, Tae Soo se bat aux côtés des habitants, entraîné par un de ses amis, alors même qu'il avait jusqu'à présent oeuvré pour le parti au pouvoir dans des opérations commando contre l'opposition. En introduisant ses protagonistes de part et d'autre du champ de l'affrontement, le drama multiplie les points de vue et permet de ne jamais tomber dans le manichéisme. C'est une constante tout au long de la série : elle laisse les protagonistes seuls face à leur décision et à leur conscience ; aucun jugement n'est jamais exprimé. Toutes ces destinées reflètent avant tout les déchirements qu'ont vécu les habitants du pays. Et si le drama revêt souvent des accents tragiques, il semble aussi toujours parcouru par un véritable souffle épique qui captive le téléspectateur.

La seconde partie de The Sandglass quitte le devant de la scène, pour nous immerger dans les coulisses du pouvoir. Elle se réapproprie alors habilement les codes narratifs des fictions de gangsters. A l'action et à la spontanéité de la jeunesse succèdent des pourparlers et des négociations, toujours arbitrés par des rapports de force mouvants. La série scelle ainsi le passage à l'âge adulte des personnages : marqués par les évènements dont ils ont pu être les acteurs ou les témoins dans leur jeunesse, leur accession aux responsabilités s'opère dans le tourbillon des changements qu'occasionne la cinquième République. Dépeignant l'ouverture progressive et timide vers une démocratisation qui ne sera consacrée qu'à la fin des années 80, The Sandglass conserve intact son savoir-faire pour parvenir à nous impliquer dans le sort individuel de ses personnages, tout en éclairant plus largement la situation du pays.
Le portrait que la série dresse des élites reste très sombre et sans illusion, n'hésitant pas à détailler les systèmes de corruption généralisée qui ont cours pour se maintenir au pouvoir. A nouveau, une efficace distribution des rôles s'opère parmi les personnages, permettant d'aborder les différents sujets sous tous les angles : tandis que Hye Rin investit sib rôle d'héritière, ambitionnant de légaliser le commerce des casinos, Woo Suk devient procureur. Il souhaite s'attaquer à cette mafia institutionalisée par les liens qu'elle a noués avec les instances dirigeantes. Or Tae Soo s'est lui justement imposé au sein de cette pègre qui reste instrumentalisée par les cercles du pouvoir. Les choix qu'ils seront amenés à faire, dictés par leurs principes mais aussi leurs sentiments, les conduiront tous à se heurter à ce système dont l'opacité et l'influence semblent demeurer inébranlables.

Mais au-delà de toutes ces turbulences politiques, The Sandglass est une histoire d'amitié. Une loyauté indéfectible unira jusqu'au bout ces trois jeunes gens emportés par les mutations d'un pays, et qui resteront fidèles à eux-mêmes jusqu'au bout. Le souci de réalisme se retrouve dans la manière dont sont dépeintes leurs relations. C'est avec beaucoup de subtilités et de nuances que la série esquisse un triangle amoureux qui ne tombera jamais dans la caricature ; les expériences de vie éloigneront logiquement Woo Suk, tandis qu'un lien très fort se nouera entre Hye Rin et Tae Soo. Si le drama n'a pas son pareil pour nous faire partager leurs doutes, la force de ces histoires sentimentales tient au fait que les scénaristes ne cherchent pas à faire rêver de façon utopique : nous ne sommes pas dans une comédie romantique, leur affection réciproque n'occultera jamais les disparités sociales et les milieux différents que chacun incarne.
L'amour entre Hye Rin et Tae Soo, destiné à rester contrarié, rejoint la tonalité d'ensemble d'une série où le parfum de tragédie n'est jamais loin ; ce n'est pas la fatalité qui est ainsi soulignée, simplement les aléas d'une vie en ces périodes très tourmentées. Sachant constamment se renouveler, évoluant avec logique au gré des décisions prises et ne tombant jamais dans une répétition des mêmes schémas, les rapports entre les trois protagonistes se distendront, mais leur lien ne disparaîtra jamais. Respectant jusqu'au bout son parti pris de ne rien édulcorer, l'épisode final offrira la conclusion la plus logique et légitime, mais aussi la plus poignante et déchirante à ces amitiés. Le respect demeurera jusqu'au bout indéfectible, mais les choix de vies finiront logiquement par les opposer. La fin de The Sandglass marque durablement le téléspectateur, et apparaît vraiment à la hauteur de la qualité et de l'intensité d'un drama qui se vit aux côtés de ses personnages.

Solide sur le fond, The Sandglass l'est également sur la forme. La série bénéficie d'une réalisation impeccable qui se démarque tant par sa maîtrise d'ensemble, que par sa capacité à en dire beaucoup sans avoir besoin que les protagonistes prononcent la moindre parole. La caméra n'a pas son pareil pour jouer sur la symbolique des mises en scène : elle sait pleinement occuper l'espace de chaque scène, mais également vraiment bien mettre en valeur un simple échange de regards ou un silence qui sera aussi explicite et fort que bien des lignes de dialogues. La série emploie d'ailleurs opportunément toutes les techniques de narration, notamment certains montages en parallèle qui rendent plusieurs scènes vraiment marquantes.
De plus, le drama dispose d'une superbe bande-son. Outre un thème musical qui oscille entre mélancolie et déchirement, correspondant parfaitement à l'ambiance générale, retentit également, généralement une fois par épisode, une chanson phare un peu surprenante, puisqu'elle est russe : il s'agit de Zhuravli (Cranes), par Joseph Kobzon, dont les paroles originales sont dédiées aux soldats soviétiques tués. Se confondant complètement avec la tonalité de The Sandglass, elle apporte une dimension émotionnelle supplémentaire aux passages qu'elle accompagne et restera toujours associée à la série.

Enfin, ce drama rassemble un impressionnant casting qui va contribuer à donner une âme à toute cette galerie de personnages, principaux comme secondaires. Au sein du trio central, c'est sans doute Choi Min Soo (South of the Sun, The Legend, Warrior Baek Dong Soo), dans un rôle aux accents fatalistes, qui s'avère le plus impressionnant, incarnant un personnage plein d'assurance qui va grimper avec détermination les échelons de la hiérarchie mafieuse, tout en restant fidèle à lui-même et à son histoire jusqu'au bout. A ses côtés, Park Sang Won (Eyes of Dawn, The Legend, Dream) incarne avec sobriété, et tout autant de loyauté, ce jeune homme modèle, pour qui la réforme du système passera par l'intérieur des institutions. Enfin, complétant ce triangle, Ko Hyun Jung (What's Up Fox ?, Queen Seon Duk, Daemul) aura sans doute eu la figure la plus changeante de ce drama, perdant bien des illusions et un instant son âme dans son accès aux responsabilités ; mais l'actrice aura parfaitement su retranscrire la force de caractère constante de la jeune femme.
Cependant, The Sandglass ne serait pas complet sans ses acteurs secondaires, extrêmement solides, qui interviennent tout au long du drama. Ils sont à la hauteur de la qualité des rôles qui leur sont proposés : la série est en effet une de ces fictions où aucun protagoniste n'est manichéen, ni les principaux, ni les secondaires. Chacun est caractérisé avec sa part de nuances, apportant une consistance supplémentaire au récit proposé. Parmi les plus représentatifs, il faut citer Lee Jung Jae (Air City, Triple), figure forcément tragique à la loyauté inébranlable, qui marque de sa seule présence ses nombreuses scènes dans lesquelles il ne prononce pourtant quasiment aucune parole. On croise également Park Geun Hyung, Jung Sung Mo, Jo Min Soo, Lee Seung Yun, Kim Jong Gyul, Jo Kyung Hwan, Kim Byung Gi, Jo Hyung Ki, Lee Doo Il, Kim In Moon, Jang Hang Sun, Kim Young Ae, Im Hyun Sik ou encore Kim Jung Hyun.

Nothing has been solved yet.
...
And my friend asks me 'when?'..
And I answer, 'it's not done yet'..
Perhaps there's no end to this.
But that doesn't matter.
A friend of mine who's left earlier said to me,
'what is important is AFTER'..
'what matters is..'
'how you live AFTER that.'
'and don't you forget that.'

Bilan : Fresque épique passionnante, à la richesse et à la qualité narrative constantes, The Sandglass est une oeuvre ambitieuse et aboutie qui concentre parfaitement tout le savoir-faire du petit écran sud-coréen. Tout en impliquant émotionnellement le téléspectateur dans les destinées mouvementées de ses trois personnages principaux, la série esquisse un portrait nuancé et complet, à la fois social et politique, de la Corée du Sud et de ses habitants au cours des décennies charnières 70s-80s'. Au-delà de son très intéressant sujet, la dimension particulière de The Sandglass tient également à ce travail de mémoire qu'elle entreprend, symbolisé par l'image du sablier qui s'écoule, la série appelant à se tourner vers le futur et à faire la paix avec le passé.
Pour les amateurs de k-dramas, et plus généralement pour tous ceux qui s'intéressent à ce pays, ce drama est tout simplement incontournable... Que dis-je, indispensable ! A voir !
NOTE : 9/10
Le générique :
La chanson (russe !) phare de l'OST, Cranes :
07:11 Publié dans (Séries asiatiques) | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : k-drama, the sandglass, sbs, choi min soo, park sang won, ko hyun jung, lee jung jae, park geun hyung, jung sung mo, jo min soo, lee seung yun, kim jong gyul, jo kyung hwan, kim byung gi, jo hyung ki, lee doo il, kim in moon, jang hang sun, kim young ae, im hyun sik, kim jung hyun |
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26.10.2011
(K-Drama / Pilote) Tree With Deep Roots (Deep Rooted Tree) : un thriller historique sous le règne du fascinant roi SeJong

De retour en Corée du Sud en ce mercredi asiatique, pour se replonger dans un genre qui m'est très cher : les séries historiques. Cette semaine, j'ai mis à profit un peu de temps libre pour découvrir les sageuk actuellement diffusés au pays du Matin Calme. Si je me suis laissée emporter par le souffle épique de Gye Baek sur les conseils avisés de Mina (un drama dont on parlera sans doute prochainement), c'est d'une série qui a débuté plus récemment dont je vais vous parler aujourd'hui.
Diffusé depuis le 5 octobre 2011 sur SBS, Tree With Deep Roots devrait comprendre un total de 24 épisodes. Pour adapter ce roman de Lee Jeong Myeong, l'écriture a été confiée à l'équipe qui se trouvait derrière le succès de Queen Seon Deok, les scénaristes Kim Young Hyun et Park Sang Yun. Après des débuts inégaux, un peu poussifs mais loin d'être inintéressants, je dois dire que Tree With Deep Roots m'a progressivement conquise. Voici donc mes premières impressions sur une série où il y a beaucoup à dire, des thématiques abordées jusqu'à certaines interprétations marquantes (notamment de la part d'un Song Joong Ki qui m'a véritablement bluffé).
[La critique qui suit a été rédigée après visionnage du premier quart du drama (soit 6 épisodes).]

Tree With Deep Roots se déroule au début de l'ère Joseon, au XVe siècle, sous le règne d'un roi qui a marqué l'Histoire de la Corée, SeJong. Cependant, s'il réalisera effectivement de grandes choses pour son royaume, faisant notamment adopter un alphabet propre, l'hangeul, qui remplacera les signes chinois préalablement utilisés, le drama s'ouvre alors qu'il n'est encore qu'un jeune homme. S'il porte la couronne, il n'a pas encore l'exercice d'une charge dont son père conserve la responsabilité avec une main de fer. Le roi TaeJong savait en effet se montrer impitoyable avec tous ceux qu'il considérait comme des menaces potentielles contre son pouvoir. Une conception du gouvernement que SeJong ne partage pas, ce qui ne fait que compliquer les rapports tendus entre le père et le fils.

Craignant les complots, et notamment une organisation, Mil-Bon, qui prône une remise en cause de l'absolutisme et des principes pour contenir et encadrer le pouvoir du monarque au profit des nobles, TaeJong exécutera de nombreux dignitaires, dont certains parents de la reine. A l'époque, Kang Chae Yoon était un jeune esclave au service d'un de ces hommes, considérés comme traîtres, dont TaeJong ordonnera l'élimination. Dans le tournant dramatique que prirent les évènements, Chae Yoon perdra son père et tous ses amis : leur seul tort était d'appartenir au noble en question. Il s'est alors juré de se venger de celui qu'il considère comme responsable de ces morts, celui qui portait officiellement la couronne : SeJong.
Vingt ans plus tard, ce dernier gouverne désormais effectivement son royaume, son père étant décédé des années plus tôt. Il s'efforce de mettre en oeuvre une gouvernance éclairée par des préceptes néo-confucéens, rassemblant autour de lui des intellectuels. De son côté, Chae Yoon est devenu un soldat royal, assassin entraîné qui attend le bon moment pour frapper. Mais alors que l'un des plus importants projets de SeJong est en passe de se réaliser, une série de meurtres frappe ceux qui y sont associés. Par un concours de circonstances, Chae Yoon se voit confier officiellement l'enquête. Il va mettre le doigt dans l'engrenage d'une conspiration et toucher des enjeux qui dépassent de loin sa quête personnelle.

Mêlant aux codes traditionnels de la fiction historique un parfum de thriller intrigant, la seule lecture du synopsis avait fortement aiguisé ma curiosité. Cependant Tree With Deep Roots va connaître des débuts quelque peu poussifs. Afin de bien apprécier les enjeux des meurtres sur lesquels la série se concentrera ensuite, elle s'offre, après une séquence introductive trop grandiloquente, un long flashback de présentation, nous relatant les évènements qui ont modelé les différents protagonistes, à savoir SeJong et Chae Yoon. Le récit se révèle très inégal, principalement à cause de ce dernier. La tragédie personnelle de Chae Yoon emprunte des accents mélodramatiques forcés, versant dans un excès de pathos rédhibitoire. Si le téléspectateur comprend l'utilité narrative de ce prélude, il peine à se sentir impliqué.
Pourtant, en dépit de ces maladresses, Tree With Deep Roots retient l'attention et esquisse des promesses optimistes pour le futur. En effet, parallèlement, la série va dépeindre de façon absolument magistrale et fascinante la genèse du futur grand roi que sera SeJong. La vraie réussite de ces quatre premiers épisodes réside dans leur manière d'aborder les rapports du prince et de son père. C'est l'histoire de l'affirmation d'un jeune monarque et de son émancipation vis-à-vis d'une tutelle paternelle qui l'écrase. Admirable d'ambivalence, la relation du jeune roi couronné et de celui qui demeure le gouvernant effectif est dépeinte toute en nuances. Entre la figure du mentor et celle de l'oppresseur pouvant le détruire, TaeJong forge, à dessein ou non, le caractère de son fils. Les tueries qui vont briser la vie de Chae Yoon vont être un évènement catalyseur. Pour la première fois, SeJong trouvera le courage de s'opposer formellement à son père, même s'il n'en a encore pas les moyens. Ce fascinant portrait d'un prince, écrasé et tiraillé par la culpabilité qui pèse sur lui du fait des actions de son père, si différent de son aîné par son tempérament, captive le téléspectateur. Il permet ainsi de passer outre l'inégalité de ces débuts.

Lorsque Tree With Deep Roots bascule dans le présent, on aurait pu un instant craindre que la flamme entretenue grâce à SeJong ne vascille. Mais c'est alors que, enfin, le drama se décide à embrasser tout son potentiel. Il gagne rapidement aussi bien en consistance qu'en homogénéité. Certes, le personnage de Chae Yoon conserve quelques-uns de ses excès, mais le passage à l'âge adulte, et puis surtout son intégration dans des enjeux plus importants face aux meurtres qui se produisent à la cour, permettent à l'ensemble de s'équilibrer. Chaque protagoniste trouve sa place. SeJong garde son caractère atypique, cette sagesse détachée et calculatrice. Chae Yoon apporte son lot de scènes d'action qui viennent opportunément compléter un drama centré sur des jeux de pouvoirs très intellectualisés. Une fois lancé, le récit adopte un rythme soutenu, sans aucun temps mort. L'histoire progresse, les scénaristes préférant concrétiser les enjeux et ne pas faire traîner inutilement les choses. Le drama gagne si bien en intensité et en suspense qu'à la fin du cinquième épisode, j'ai pour la première fois directement enchaîné sur le sixième, incapable de m'arrêter.
Tree With Deep Roots s'affirme d'autant plus qu'il conserve sa spécificité initiale et les atouts qui faisaient son intérêt dès le début. En effet, il poursuit son exploration des diverses façons de concevoir le pouvoir. Le roi SeJong veut rompre avec les méthodes de son père : il n'entend pas gouverner par la terreur, mais réussir à initier la réflexion et le dialogue pour légitimer ses décisions. Nous sommes à une époque où Joseon doit encore s'enraciner sur les ruines de Goryeo ; il faut refonder les principes de gouvernement. La série prend le temps d'éclairer la démarche suivie par SeJong. Ce dernier s'entoure d'intellectuels, au sein du Jiphyeonjeon, et provoque les discussions autour des préceptes néo-confucéens censés constituer la base du régime. Cette façon de réfléchir sur le pouvoir, en recourant non aux armes, mais à une logique et à des préceptes philosophiques, est passionnante. Il s'agit d'un aspect qui apporte une vraie valeur ajoutée par rapport à des sageuk d'action/guerrier plus classiques.

Sur la forme, Tree With Deep Roots n'a pas la flambloyance de certaines fresques historiques où chaque scène est un portrait à l'esthétique marquant. Le drama reste relativement sobre, assez classique dans la mise en scène comme dans ses teintes : le contenu plutôt sombre de ce thriller historique semble ainsi se refléter sur sa photographie. Le seul reproche que j'adresserais à la réalisation concerne sa tendance aux ralentis, notamment dans les scènes d'action : c'est excessif et cela dessert la dramatisation recherchée. Du côté de la bande-son, cette dernière est globalement entraînante et, même si elle est parfois un peu envahissante, elle complète bien le récit.

Enfin, au casting, Tree With Deep Roots rassemble quelques valeurs sûres du petit écran sud-coréen. Il faut tout d'abord s'arrêter sur ceux qui vont nous familiariser avec les personnages dans leur jeunesse. Si le jeune Chae Sang Woo est vite agaçant dans sa façon de sur-jouer chacune des humeurs et des tragédies de l'enfance de Kang Chae Yoon (mais l'écriture du drama en est sans doute en partie ressponsable), en revanche, celui que les quatre premiers épisodes auront véritablement consacré, c'est Song Joong Ki. Ce dernier délivre une performance intense et nuancée, vraiment impressionnante, qu'il convient de saluer à sa juste valeur. Je n'avais pas accroché aux débuts de Sungkyunkwan Scandal l'an dernier, mais il m'a donné envie de redonner une chance à ce drama, en attendant d'autres projets futurs.
Du côté des adultes, Kang Chae Yoon est interprété par Jang Hyuk (Tazza, Chuno, Midas). J'ai souvent un rapport très ambivalent avec cet acteur. Pour le moment, il n'est pas parvenu à me débarasser des réserves nées dès les premières minutes du drama : il a tendance à en faire trop, peinant à humaniser son personnage. Cependant, ce dernier - et donc ses réactions - mûrissent au fil de l'histoire, ce qui devrait lui permettre de trouver un juste milieu. Face à lui, Han Suk Kyu (Hotel) interprète le roi SeJong, monarque étonnant qui déroute ses conseillers tout en faisant preuve d'une sagesse et d'une retenue inhabituelles. A leurs côtés, on retrouve notamment Shin Se Kyung (High Kick through the roof), Ahn Suk Hwan, Lee Jae Yong, Jo Jing Woong, Park Hyuk Kwon, Yoon Je Moon, Kim Ki Bang ou encore Shin Seung Hwan.

Bilan : Bénéficiant d'une histoire intrigante, dans laquelle s'entremêlent les ingrédients d'un sageuk traditionnel et ceux d'un thriller à suspense, Tree With Deep Roots est un drama qui va s'affirmer progressivement. Après des débuts inégaux, marqués par le troublant et ambivalent portrait du jeune roi SeJong, la série embrasse son plein potentiel lorsqu'elle aborde véritablement le coeur de son sujet, nous confrontant aux meurtres qui ont lieu à la cour et à des problématiques plus vastes liées au pouvoir.
Si les premiers épisodes laissaient une impression mitigée, entre moments de vraie réussite et passages dispensables, arrivée au quart de ce drama, je dois avouer que je suis désormais captivée. Tree With Deep Roots conservera sans doute une partie de ses défauts, notamment les limites du personnage de Chae Yoon, mais l'ensemble apparaît solide et surtout forme un tout consistant qui mérite l'investissement. Les scénaristes ont déjà démontré leur savoir-faire, j'ai donc envie d'être optimiste concernant la suite de la série.
NOTE : 7/10
La bande-annonce de la série :
Une chanson de l'OST :
11:37 Publié dans (Séries asiatiques) | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : k-drama, tree with deep roots, deep rooted tree, sbs, jang hyuk, chae sang woo, han suk kyu, song joong ki, kang san, shin se kyung, kim hyun soo, ahn suk hwan, lee jae yong, jo jin woong, park hyuk kwon, yoon je moon, kim ki bang |
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31.08.2011
(K-Drama / Pilote) Protect the Boss : une rom-com dynamique avec du caractère

En ce dernier mercredi asiatique d'août, c'est l'occasion de vous parler d'un drama qui aura sans doute été ma bonne surprise du mois. Initialement, je n'étais pourtant même pas certaine de donner sa chance à Protect the Boss. Rien ne me prédisposait à tomber sous le charme de cette série : un synopsis en apparence déjà vu et revu, un casting avec des acteurs que je connaissais peu et d'autres que je n'appréciais pas. Mais la magie des rom-com sud-coréennes opère souvent en suivant des voies impénétrables... Après quatre épisodes visionnés, me voilà en effet sous le charme.
Protect the Boss a débuté sur SBS le 3 août 2011. Diffusée les mercredi et jeudi soirs, elle devrait comporter en tout 16 épisodes. Ayant succédé à City Hunter, on peut dire qu'elle a su suivre le chemin de son prédécesseur en se stabilisant autour d'une audience à deux chiffres plutôt bonne. Au fond, si je me suis si bien laissée embarquer par cette histoire, c'est que Protect the Boss a réussi là où peu de séries parviennent : elle a su me faire rire aux éclats dès son premier épisode. Avec un duo principal attachant et un sens du burlesque drôlement bien maîtrisé, je suis conquise.

Protect the Boss, c'est l'histoire d'une association inattendue. No Eun Seol n'a jusqu'à présent guère eu de chance dans son parcours professionnel. Ne s'étant jamais pleinement consacrée à ses études, diplômée d'une université de seconde zone, la jeune et énergique femme ne manque certainement pas de qualités et d'un sens de la débrouillardise des plus développés, mais son CV suffit à effrayer tous les recruteurs potentiels. Elle échoue donc plus souvent dans des milieux douteux, où son caractère la place en porte-à-faux par rapport à des employeurs peu scrupuleux. Adepte des arts martiaux, elle n'hésite d'ailleurs pas à user de la force physique pour exposer ses vues. C'est dans le contexte d'une rixe qu'elle a provoquée qu'elle va ainsi croiser pour la première fois, de manière incidente, Cha Ji Heon.
Ce dernier est l'héritier d'une famille de chaebol. Aussi immature que caractériel, le jeune homme est très mal considéré au sein de l'entreprise de son père, dont il est pourtant le successeur présomptif, généralement catalogué comme étant un incompétent incapable de gérer la société. Il faut dire que son anxiété, qu'exacerbe tout contact avec une foule, le rend inopérent pour expliquer une simple présentation de projet en petit comité. Sans savoir qu'elle est la jeune femme qui a causé bien des problèmes à la compagnie du fait de la bataille rangée à laquelle elle a mêlé Ji Heon, Eun Sol est cependant embauchée comme secrétaire. Son profil atypique laisse espérer qu'elle réussira à supporter les caprices de Ji Heon et même peut-être à lui inculquer un peu de bon sens !
Les débuts de leur relation professionnelle sont aussi difficiles qu'explosifs. Cependant, à mesure qu'une forme de complémentarité et de compréhension se développent entre eux, d'autres problèmes les obligent à faire front, menaçant leur situation. En effet, tout le monde ne voit pas d'un bon oeil la volonté du patriarche de faire de Ji Heon son successeur, et derrière une apparence affable, le cousin de ce dernier, Cha Moo Won, nourrit des ambitions bien aiguisées par sa mère. Des prétentions que tous les défauts de Ji Heon paraissent presque légitimer...

Si l'histoire ne présente a priori guère d'originalité, installant les bases et reprenant les confrontations que l'on croise classiquement dans une rom-com sud-coréenne, Protect the Boss dispose de plusieurs atouts qui vont retenir l'attention du téléspectateur. Bénéficiant d'une écriture très vive et d'un rythme de narration qui ne laisse aucun temps mort, elle s'impose tout d'abord avec brio dans le registre de la vraie comédie. Cultivant les réactions les plus inattendues de la part de personnages dont elle s'amuse à brouiller, voire à inverser, les rôles, soignant les chutes inattendues, cédant quand il le faut à un comique de situation allant jusqu'à verser dans un burlesque assumé, le dynamisme et la bonne humeur qui émanent de ce drama, même lorsque les protagonistes broient du noir, collent ainsi un grand sourire au téléspectateur.
Dès le premier épisode, la série démarre de la plus efficace des façons. On y retrouve cette dose d'ambivalence caractéristique et nécessaire à toute bonne rom-com : la tonalité est volontairement versatile, capable de passer naturellement du drôle absurbe à un émotionnel authentique en un clin d'oeil. Le récit se construit en jouant sur une dualité constante qui transcende toute l'histoire : tandis que certaines scènes, par leur caractère improbable où se mêlent un aplomb et une spontanéité rafraîchissante, font franchement rire aux éclats, d'autres dévoilent des facettes intimes des personnages, plus touchantes, qui font prendre un tournant plus pesant, voire doux amer, à ces scènes. Car Protect the Boss est aussi un drama empreint d'une sourde incompréhension : celle d'un père face à un fils, le seul qui lui reste encore en vie et qui semble si loin de ses attentes. Incompréhension toujours pour ce fils, Ji Heon, qui non seulement ne se comprend pas lui-même, frustré de ses réactions, mais qui laisse aussi ses mécanismes de défense se charger de faire le vide autour de lui, comme une forme de fuite en avant permanente. C'est en développant cette dimension humaine que l'attachement du téléspectateur pour cette série va se forger irrémédiablement.

Au-delà d'une narration vive et efficace, qui cultive l'humour à bon escient, Protect the Boss charme en effet également grâce à ses personnages. C'est sur (et par) leurs ambiguïtés que l'histoire se bâtit de manière très intéressante. En effet, la série sait non seulement exploiter la recette classique découlant de la rencontre d'un jeune héritier chaebol arrogant et d'une employée spontanée venant bousculer l'ordonnancement de son monde, mais elle va aussi rapidement aller au-delà de cette trop simple caractérisation. No Eun Seol a beau ne pas être diplômée d'une université prestigieuse et ne pas avoir intégré tous les codes sociaux du milieu dans lequel son poste de secrétaire la propulse, elle conserve toujours une assurance inébranlable. A l'opposé, Cha Ji Heon a beau tout avoir sur le papier et être promis à un poste important, il a fini par se juger comme chacun le perçoit, un incapable paralysé par ses peurs et sa certitude d'échouer. Ses crises d'anxiété en public ne font qu'accentuer cette absence de confiance, mal dissimulée derrière des réflexes puérils d'un autre âge.
C'est dans l'association de ces deux êtres très différents que réside le coeur de la série. Confrontés aux exigences d'un quotidien professionnel avec sa dose d'adversité, les rapports de subordination et de dépendance s'inversent peu à peu. Si l'équilibre est tout d'abord très vacillant, un surprenant, presque hésitant, lien de confiance, mais aussi de compréhension, se noue entre Eun Seol, qui n'a jamais froid aux yeux, et Ji Heon, entravé par son naturel excessivement craintif. De plus, pour bien forcer les traits, à cette opposition de caractère, se sur-ajoute aussi un aspect tangible plus physique : tandis que Ji Heon blêmit dès qu'on lève simplement la main sur lui, Eun Sol pratique les arts martiaux et ne manque pas de répondant. La réussite de Protect the Boss va être ainsi de savoir insuffler une ambiguïté aussi bien dans ses personnages, à l'image de l'arrogance teintée de vulnérabilité de Ji Heon, que dans les situations auxquelles elle va les confronter.

Sur la forme, Protect the Boss est une de ces comédies colorées qui s'épanouit avec une photographie agrémentée de couleurs chatoyantes. La réalisation épouse et accompagne le dynamisme d'ensemble qui parcourt ce drama, la caméra restant plutôt nerveuse, sans jamais en faire trop. Pour accentuer les décalages humoristiques, mais aussi les passages plus émotionnels, la série fait très bon usage de sa bande-son musicale. Plus que les chansons qui sont assez plaisantes, ce sont ses interludes extrêmement rythmées, uniquement instrumentales (utilisant notamment le violon) qui se détachent : elles concluent une scène ou soulignent l'importance d'une confrontation avec un sens de la narration vraiment bien maîtrisé.
Enfin, le casting était sans doute ma plus grande incertitude avant d'entamer le drama. Or il n'y a rien de plus agréable que d'avoir la surprise de tomber complètement sous le charme du duo principal. Ma révélation personnelle, c'est certainement Ji Sung. C'est la première fois que je le croise dans une série qui me plaît (il jouait bien dans Royal Family en début d'année, mais les deux premiers épisodes m'avaient trop peu intéressé pour que je poursuive le visionnage). Dans Protect the Boss, il investit le registre de la comédie avec beaucoup d'aplomb, tellement expressif dans sa façon d'être effrayé d'un rien qu'il vous fera rire spontanément dans les situations les plus improbables. A ses côtés, la sobriété très terre à terre de Choi Kang Hee offre vraiment le pendant parfait, l'actrice trouvant le juste équilibre entre une force intérieure inébranlable et un naturel plus doux. Pour compléter le quatuor principal, on retrouve deux autres acteurs à l'égard desquels je savais que je serais plus mitigée. L'an dernier (certes, en japonais), Hero Jaejoong n'avait pas été très convaincant dans Sunao ni Narenakute, même si l'écriture de son personnage n'y était pas pour rien. Dans Protect the Boss, il est toujours assez limité en terme de jeu d'acteur, manquant singulièrement d'expressivité. Mais la caractérisation de son personnage fait que cela n'est pas rédhibitoire. Quant à Wang Ji Hye (President), elle reste dans son registre habituel, devant pour le moment jouer un personnage qui fait plus office de faire-valoir assez unidimensionnel.

Bilan : Toujours très dynamique, souvent franchement drôle, à l'occasion aussi désarmante qu'attachante, Protect the Boss est une de ces rom-coms qui fonctionne parfaitement en misant sur la dualité et les ambivalences de ses personnages et des situations auxquelles ils doivent faire face. Le téléspectateur se laisse ainsi charmer par un récit très vif et rythmé qui dispose d'un vrai sens de la comédie, tout en parvenant à rapidement nous impliquer sur le devenir de ses protagonistes. Pour les amateurs du genre.
NOTE : 7/10
La bande-annonce de la série :
Le générique :
Une chanson de l'OST :
06:31 Publié dans (Séries asiatiques) | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : k-drama, protect the boss, sbs, choi kang hee, ji sung, hero jaejoong, wang ji hye, lee hee won, park young kyu, cha hwa yun, kim young ok |
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27.07.2011
(K-Drama / Pilote) Warrior Baek Dong Soo : un fusion sageuk d'action au parfum de récit initiatique

Retour en Corée du Sud pour ce dernier mercredi asiatique de juillet ! Ce mois aura offert l'embarras du choix en terme de nouveautés en tout genre au pays du Matin Calme. Si Myung Wol the Spy est encore plus improbable et déjanté que je l'avais imaginée, quand il m'a fallu déterminer le drama du jour, cela ne vous surprendra sans doute pas, mon coeur a fatalement fini par pencher vers l'historique... Je vais donc commencer mon tour d'horizon des premières impressions sur ces nouveaux dramas avec Warrior Baek Dong Soo.
Diffusé sur SBS depuis le 4 juillet 2011, ce fusion sageuk d'action, qui nous replonge à l'époque troublée du prince Sado (cf. ma note sur Eight Days Mystery of Jeong Jo Assassination d'il y a 15 jours), se révèle plaisant à suivre, avec une histoire prenante. Certes, il ne m'a pas encore pleinement convaincue de sa dimension plus dramatico-épique, mais il a démontré un potentiel. Comme souvent dans ce genre de drama qui démarre durant l'enfance des personnages, j'ai préféré attendre le passage à l'âge adulte des héros - au cours de l'épisode 5 - avant d'en rédiger la première critique que voilà. Donc en guise de "pilote", la review qui suit a été rédigée au terme des six premiers épisodes.

Warrior Baek Dong Soo se déroule au XVIIIe siècle, relatant le destin d'un héros qui a révolutionné les arts martiaux au sein du royaume. Dans une Corée qui a été défaite au siècle précédent par la Chine, le prince héritier Sado ambitionne de restaurer la grandeur de Joseon. En 1743, il détruit un monument symbolique, donnant ainsi des munitions à ses opposants politiques - les Norons - pour l'attaquer. Si le roi en exercice n'en est pas (encore) à aller jusqu'à porter atteinte à son propre fils, l'exécution du garde personnel de ce dernier, Baek Sa King, est ordonnée. C'est toute sa lignée jusqu'à la troisième génération qui doit être passée par le fil de l'épée. Si la mort de Sa King ne peut être empêchée, en revanche, sa femme met au monde, après une grossesse longue et difficile, un fils, Dong Soo, que le plus grand guerrier du royaume, dénommé le Sword Saint, parvient à sauver au prix d'un sacrifice personnel important.
Dong Soo vivra, mais sa naissance a laissé des séquelles physiques qui semblent irréversibles, plus prisonnier que maître de son propre corps. Il est élevé par un ami de son père, fidèle lui-aussi à la bannière du prince Sado et au groupe qu'ils avaient formé des années auparavant. Doté d'une volonté de fer, Dong Soo va cependant réussir à dépasser son handicap initial, sans jamais devenir l'adolescent rompu à l'art du combat qu'il se rêverait. Il n'en demeure pas moins fanfaron et plein de vitalité. Tout le contraire d'un autre adolescent que recueille celui qui l'a élevé, également fils d'un ami, Yeo Woon. Déjà formé aux arts martiaux, ce dernier semble être un guerrier prometteur, même s'il conserve bien des secrets. Les deux garçons sont finalement envoyés dans un camp de formation, visant à fournir au prince Sado des guerriers confirmés et de confiance.
Car le prince n'a jamais renié ses vues politiques. Il s'est fait des ennemis mortels que son sang royal n'arrêtera pas. Et ce d'autant plus qu'il est sur la trace d'un livre de guerre très convoité, censé contenir les plans d'une expédition qui pourrait justement rendre possible ses desseins politiques et militaires.

Dans le créneau des fusion sageuk qu'il investit sans chercher à innover, il émane de Warrior Baek Dong Soo l'assurance de ces fictions qui savent qu'elles s'approprient des recettes classiques ayant fait leur preuve. Tout l'enjeu va être de bien doser chaque ingrédient. Drama résolument orienté vers l'action, comme en témoigne les premières scènes d'ouverture, c'est plus généralement tout le rythme de la narration qui fait preuve de beaucoup de dynamisme et ne souffre d'aucun temps mort. Si la série prend cependant son temps pour véritablement nous plonger dans les grands enjeux - notamment les ambitions guerrières du prince Sado -, la portée du récit n'en souffre pas : les cinq épisodes sur la genèse des conflits et sur l'adolescence des héros sont une introduction efficace, justifiée par l'éclairage et la compréhension qu'elle offre des différents personnages clés de l'histoire.
Avec de beaucoup de volontarisme, Warrior Baek Dong Soo fait tout pour impliquer le téléspectateur et ne pas le laisser indifférent. Alternant entre les passages submergés par l'émotion des divers drames qui sont vécus et les moments plus légers où un burlesque presque humoristique perce, naviguant entre une insouciance rafraîchissante et de durs rappels à la réalité, le drama couvre rapidement toute la palette d'émotions que l'on attend légitimement d'un k-drama. Cela fonctionne, et l'ensemble se suit sans déplaisir. Le seul bémol sera la relative frustration que laisse certaines scènes, ne faisant qu'effleurer un potentiel dont elles ne prennent pas pleinement la mesure. L'écriture, trop scolaire, manque parfois de subtilité, amoindrissant quelque peu les efforts des scénaristes. Mais il est probable que l'avancée du récit aidera à acquérir ce souffle supplémentaire.

Au-delà du cocktail alléchant d'aventures historiques, c'est par sa dimension initiatique que Warrior Baek Dong Soo va fidéliser le téléspectateur. C'est son humanité qui va lui pemettre d'exploiter de manière plus profonde qu'on aurait pu le croire a priori les relations mises en scène. Si le héros est une figure classique, un jeune homme initialement trop impulsif et immature que les épreuves feront grandir, son sort va toucher le téléspectateur. Car le premier obstacle qu'il doit surmonter, ce sont les limites de son propre corps. Sa mise au monde à problème l'avait laissé presque semi-infirme... Réussir cette deuxième naissance en ne faisant que normaliser ses capacités physiques est sa première victoire. Son tempérament difficile et ses exubérances se justifient finalement parfaitement au vu des années si frustrantes et limitées qu'il a vécues, comme une sorte de sur-compensation logique.
La dimension humaine de ce drama, si elle doit encore mûrir et reste pour le moment embryonnaire sur le plan sentimental, est prometteuse dans sa façon de mettre en scène les affrontements entre les différents camps. La série prend le temps de personnaliser les confrontations et les rivalités. Elle joue sur l'idée qui consiste à reconnaître la valeur de son adversaire malgré tout ce qui peut les séparer : ainsi, le chef des Assassins et le "Sword Saint" sont ennemis, mais pour autant, une forme de respect marque leurs combats. Engagés sur une voie similaire, les rapports entre Dong Soo et Yeo Woon reflètent une ambivalence très intéressante. Au-delà de la concurrence naturelle entre les deux jeunes gens et tout qui semble déjà les séparer, il y a aussi derrière ces bravades une forme de compréhension mutuelle, un lien d'amitié qui, malgré tout, se crée. Cette part d'ambiguïté permet d'éviter l'écueil d'une mise en scène trop manichéenne et suscite aussi la curiosité quant à l'évolution des rapports entre les deux jeunes hommes. Liés malgré eux, même si tout paraît destiné à les opposer.

Encore en phase de maturation sur le fond, Warrior Baek Dong Soo s'est en revanche imposé d'emblée sur la forme. Sans avoir les moyens de verser dans les effets (excès ?) de style de certains de ses prédécesseurs dans ce domaine de l'action historique, que cela soient les chorégraphies millimétrées de Chuno ou les éclats sanguinolants de Yaksha, ce drama fait preuve de beaucoup de maîtrise pour proposer une réalisation aboutie qui met en valeur, sans trop en faire, les scènes de combat. Sa relative sobriété n'empêche cependant pas la sére de disposer d'une très belle photographie, avec des images d'extérieur et un contraste au niveau des couleurs qui sont souvent un vrai plaisir pour les yeux. De plus, Warrior Baek Dong Soo bénéficie d'une bande-son de belle qualité, qui flirte parfois avec une tonalité tout droit issue d'un western et qui est agrémentée d'une chanson principale marquante, conférant une dimension à la fois épique et romanesque aux scènes qu'elle accompagne.
Enfin, la série dispose d'un casting où, à côté de valeurs sûres des k-dramas, les responsabilités sont confiées à un casting assez jeune qui doit trouver ses marques - même lorsque les personnages atteignent l'âge adulte. Les adolescents sont assez convaincants au cours des cinq premiers épisodes, jouant avec un aplomb et un dynamisme appréciables. On y retrouve Yeo Jin Goo en Dong Soo intenable, Park Gun Tae en Yeo Woon ténébreux, mais aussi Lee Hye In et Nam Ji Hyun. Le basculement dans l'âge adulte s'opérant sur le tard, je n'ai donc eu véritablement que le sixième épisode pour découvrir le cast qui va nous accompagner pour le reste de la série. Pour le moment, je suis assez optimiste concernant Ji Chang Wook, qui conserve l'expressivité de son personnage et devrait trouver ses marques dans la peau de ce héros encore trop spontané. En revanche, pour ces débuts, Yoo Seung Ho m'a semblé manquer de présence à l'écran. Je reste également sur la réserve concernant les lead-in féminins, ni Yoon So Yi, ni Shin Hyun Bin, ne m'ont vraiment convaincu durant leurs quelques scènes. Mais encore une fois, il faut leur donner un peu de temps. Cependant, l'enjeu est de taille pour ce drama qui repose beaucoup sur ses personnages.

Bilan : Warrior Baek Dong Soo est un fusion sageuk d'action qui sait pleinement capitaliser sur les forces et atouts de son genre. Nous entraînant dans un tourbillon d'émotions où les drames côtoient l'insouciance de la jeunesse, et où les affrontements n'effacent pas le respect que l'on peut nourrir pour un adversaire, ce drama propose un récit rythmé et efficace, avec une dimension humaine travaillée, qui se révèle plaisant à suivre. Si on pourra sans doute lui reprocher un certain académisme qui l'empêche d'atteindre un niveau supplémentaire, le téléspectateur se laisse embarquer dans cette aventure sans arrière-pensée. Pour les amateurs du genre.
NOTE : 6,25/10
La bande-annonce de la série :
La chanson principale de l'OST :
00:15 Publié dans (Séries asiatiques) | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : k-drama, sbs, warrior baek dong soo, ji chang wook, yeo jin goo, yoo seung ho, park gun tae, yoon so yi, lee hye in, shin hyun bin, nam ji hyun, choi min soo, jun kwang ryul, park joon gyu, park won sang, lee jin ah, oh man suk, yoon ji min, park chul min, jun gook hwan, geum dan bi |
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01.06.2011
(K-Drama / Pilote) City Hunter : une adaptation libre et divertissante du célèbre manga

Non, le premier mercredi asiatique de juin ne sera pas consacré à un karaoké des génériques de notre enfance. Mais j'avoue que lorsque j'ai entendu parler de ce projet de drama pour la première fois, c'est cette musique - qui parlera forcément à toute une génération de téléspectateurs - qui a retenti dans ma tête. De la version animée édulcorée connue en France sous le nom de Nicky Larson, je n'ai que des souvenirs très confus, entre massue volante et drague permanente. Mais que nul ne s'inquiète : la version sud-coréenne de City Hunter est sans rapport direct avec l'histoire de l'oeuvre japonaise dont elle emprunte le nom, même si on y retrouve une certaine tonalité "manga" assez caractéristique.
Diffusé depuis le 25 mai 2011 sur SBS, ce drama s'inscrit dans la lignée des thrillers adoptant la thématique traditionnelle de la vengeance, oscillant entre drame et légèreté pour atteindre un juste équilibre. Les séries d'action n'étant pas le genre qui réussit le mieux à la télévision sud-coréenne ces derniers temps, je n'avais pas vraiment d'attente vis-à-vis de ce projet. Et si certaines facilités narratives ont corroboré mes craintes, je dois dire que j'ai malgré tout apprécié ces deux premiers épisodes qui, en terme d'ambiance et de personnages, parviennent à s'imposer.

City Hunter débute le 9 octobre 1983 (par un évènement s'étant réellement produit). Lors d'une visite du président sud-coréen en Birmanie, un attentat à la bombe coûte la vie à plusieurs officiels et détruit entièrement le bâtiment où il se rendait. Cinq responsables haut gradés imaginent alors immédiatement une réponse sanglante face à cette provocation nord-coréenne : l'envoi d'un commando d'élite qui exécuterait un certain nombre de dignitaires du régime de Pyongyang. La mission est confiée à deux officiers sud-coréens qui étaient présents au moment de l'attaque, Lee Jin Pyo et un ami dont la femme vient tout juste d'accoucher. Mais alors que le plan est mis à exécution en territoire nord-coréen, au sud, des pressions, notamment diplomatiques, conduisent les commanditaires à se rétracter. Pour ne pas risquer d'être découverts, ordre est donné au sous-marin envoyé sur les côtes ennemies pour récupérer le commando de les abattre à vue.
Un seul en réchappe : Lee Jin Pyo. A son ami qui se sacrifie pour lui, il jure de s'occuper de son fils encore bébé, Lee Yoon Sung, et, surtout, de les venger tous. C'est dans un camp paramilitaire reculé de Birmanie que le garçon, enlevé à sa mère tout jeune, va grandir. Lee Jin Pyo a en effet pris la tête d'un réseau de trafic de drogue. L'entrée dan l'âge adulte va s'opérer brutalement le jour où il apprend le véritable dessein de celui qui a longtemps prétendu être son père. Acceptant d'être l'instrument de la vengeance que ce dernir ourdit, le jeune homme se fabrique une autre vie au Texas. C'est en diplômé du MIT qu'il rentre en Corée du Sud, recruté comme spécialiste des réseaux de communication à la Maison Bleue. Il y retrouve une jeune femme déjà croisée, dotée d'un sacré tempérament, avec laquelle il va finir bon gré, mal gré, par former une équipe détonnante. Cependant Lee Jin Pyo est là pour lui rappeler qu'une seule chose importe : la vengeance.

S'il débute par un premier épisode excessivement musclé permettant de poser la tragédie qui va rester la toile de fond de l'histoire, City Hunter n'est pourtant pas un simple drama d'action. Il surprend agréablement par cette humanité qui émane de lui dès le deuxième épisode. La série choisit de s'assurer la fidélité du téléspectateur par ses personnages principaux qui, s'ils restent à travailler, se révèlent surtout très attachants. La dynamique fonctionne d'emblée entre un Yoon Sung, à la fois joueur et un tantinet acteur, cultivant une apparence faussement détachée, et une Na Na, au caractère trempé qui lui donne immédiatement la réplique sur un pied d'égalité. Le drama prend d'ailleurs un malin plaisir à mixer les signaux, se complaisant dans un étonnant et assez savoureux mélange des tonalités, trouvant le juste équilibre entre des confrontations adultes et une pointe d'espièglerie assumée. Il émane de ce duo, aussi complémentaire qu'improbable, une vitalité communicative, sur laquelle pèse pourtant plus d'une épée de Damoclès.
Grâce à cette dimension humaine affirmée, City Hunter évite au moins temporairement l'écueil sur lequel ont échoué tant de dramas labellés "action / thriller", quand ils font l'erreur de tout miser sur une intrigue qui, à la moindre faille, conduit l'ensemble au naufrage. Car aussi plaisante à suivre qu'elle soit, la série ne manque pas de faiblesses pénalisantes pour la crédibilité de l'histoire. Dotée d'une tendance certaine à céder à la facilité, n'hésitant pas à récourir à des ficelles narratives un peu grosses, elle témoigne aussi d'un goût prononcé pour l'art des coïncidences, le tout sans être au-dessus de quelques clichés caricaturaux tout aussi dispensables (la chute finale de l'épisode 2 étant assez représentative de ces limites un peu frustrantes). Et si l'attachement à la dynamique d'ensemble permet au téléspectateur de ne pas se formaliser, il est quand même regrettable que les scénaristes n'aient pas fait preuve de plus d'ambition sur des aspects qui seraient si facilement perfectibles.
Reste que, à partir de ces fondations narratives, où les atouts ne sont pas forcément ceux qui étaient attendus a priori, City Hunter s'impose dans le registre du divertissement d'action touche-à-tout. Le drama adopte, avec une certaine réussite, une ambiance volontairement volatile directement héritée du manga. Les enchaînements, du larmoyant dramatique à des passages plus légers où percent des accents presque burlesques, auraient pu paraître désordonnés, voire brouillons, dans n'importe quelle autre fiction. Or la série parvient à capitaliser sur une forme de spontanéité d'écriture assez indéfinissable, aussi surprenante que rafraîchissante. Pour le moment, la recette fonctionne et le téléspectateur se laisse donc embarquer sans déplaisir dans l'aventure.

Permettant d'asseoir visuellement le drama, la forme s'avère être d'excellente facture. City Hunter bénéficie d'une réalisation dynamique qui sied aux scènes d'action, sans pour autant tomber dans un excès de nervosité. De plus sa photographie soignée laisse la part belle à une teinte colorée assez chatoyante, qui est un vrai plaisir pour les yeux du téléspectateur. La bande-son est également agréable à l'écoute, notamment parce que les épisodes sont parsemés de divers brefs instrumentaux qui rythment à propos la tonalité des différentes scènes qu'ils accompagnent. Et si le coup de foudre n'a pas été instantané avec les chansons de l'OST, elles retiennent cependant favorablement l'attention du téléspectateur. Notons aussi un clin d'oeil appréciable à la source d'origine, avec un générique ambiance manga (cf. la deuxième vidéo en fin de billet).
Enfin, City Hunter bénéficie d'un casting attachant et sympathique, chacun trouvant rapidement ses marques. Si le duo formé par les deux personnages principaux est aussi attrayant, il le doit aussi aux acteurs qui partagent une sacrée alchimie à l'écran. Lee Min Ho (Boys over flower, Personal Taste) dispose ici d'un rôle vraiment fait pour lui, mi-play-boy, mi-homme d'action ; tandis que Park Min Young (Running Gu, Sungkyunkwan Scandal) apporte l'étincelle qu'il convient à la jeune femme qu'elle incarne, qui a surmonté bien des obstacles dans la vie et n'a pas l'intention se laisser marcher dessus. Les deux acteurs se donnent parfaitement la réplique pour nous offrir des confrontations ne manquant pas de piquant et auxquels on assiste avec une certaine jubilation. A leurs côtés, on pourra également compter sur le toujours solide Lee Joon Hyuk (City Hall, I am Legend), en substitut du procureur dont les enquêtes risquent de l'amener à croiser nos deux héros plus d'une fois, mais également sur Hwang Sun Hee ou encore Goo Ha Ra (du groupe KARA).

Bilan : City Hunter signe des débuts assez plaisants car divertissants au bon sens du terme, prompts à séduire le téléspectateur. Si le drama emprunte aux codes du thriller de vengeance, il est loin de se résumer à ce seul genre : sa tonalité mélange les influences et trouve le juste équilibre en introduisant une touche de légèreté et de fraîcheur. C'est d'ailleurs dans cette ambiance générale que se ressent la marque du manga d'origine, à défaut d'inspirer l'histoire qui nous est racontée. La série n'évite ni certains clichés un peu lourds, ni l'art des coïncidences exagérées, mais elle bénéficie de personnages attachants dont on a envie de suivre les aventures. Ce cocktail rythmé s'apprécie donc sans arrière-pensée, mais il faudra cependant faire attention à ces excès et à ce manque de subtilité dans l'écriture pour la suite.
NOTE : 6,5/10
La bande-annonce de la série :
L'opening :
Une chanson de l'OST :
07:14 Publié dans (Séries asiatiques) | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : k-drama, city hunter, sbs, lee min ho, park min young, lee joon hyuk, hwang sun hee, goo ha ra |
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25.05.2011
(K-Drama / Pilote) Lie to me : comédie romantique confortable tributaire de son casting

Il y a des nouveautés que vous lancez par réflexe, parce que votre curiosité prend le dessus lorsque vous croisez un pilote tout droit sorti d'usine. Il y en a d'autres devant lesquelles vous allez vous installer en raison des chaudes recommandations des uns et des autres. Il y en a encore dont le synopsis va éveiller votre intérêt a priori. Et enfin, il y en a où un seul coup d'oeil aux noms composant le casting suffit à vous les faire cocher. Ce sont souvent des essais à double tranchant : d'une part, le concept ne paraît pas vraiment attractif ; d'autre part, vous avez très envie d'aimer...
Diffusée sur SBS depuis le 9 mai 2011, Lie to me est un peu l'incarnation printanière de ce dilemme qui se pose invariablement une ou deux fois par saison au sériephile. C'est même mon rapport aux rom-coms qu'il interroge, tant j'ai l'impression de voir les personnages presque occulter d'une certaine façon le scénario. En résumé, après ce visionnage des deux premiers épisodes, est-ce que je compte poursuivre ? Sans nul doute. Est-ce que nous sommes face à un drama qui mérite l'investissement ? Rien ne permet de l'affirmer pour le moment. Est-ce que c'est grave ? Je n'en suis pas sûre...

Lie to me nous raconte le rapprochement de deux êtres que rien ne pouvait a priori plus opposer. Hyun Ki Joon, héritier d'une puissante famille de chaebol, dirige, avec un soin du détail constant, un hôtel de luxe. Il est toujours célibataire pour la plus grande frustration de sa tante qui fait pression pour qu'il opte pour un mariage parfaitement arrangé avec une des jeunes femmes qu'elle a pu lui faire rencontrer. La question apparaît d'autant plus sensible au sein de la famille qu'il y a quelques années, Ki Joon avait failli se marier, mais un imprévu, dans lequel son jeune frère semble avoir une part de responsabilité, avait fait échouer le projet. Reste que si Ki Joon fait mine de suivre les conseils de sa tante, il ne semble pas non plus particulièrement s'inquiéter des menaces d'exhédération lancées en l'air.
Parallèlement, Gong Ah Jung est une fonctionnaire qui travaille pour le Ministère de la Culture, organisant des évènements. Peu épanouie dans sa vie professionnelle, contemplant effarée les ruines de sa vie amoureuse, la jeune femme va, à la suite d'un concours de circonstances forcément improbable mais à l'enchaînement très efficace, croiser le chemin des deux frères Hyun. Si elle sympathise avec le plus jeune, Sang Hee, de petits mensonges et de grands qui pro quos font naître la rumeur qu'elle serait mariée (en secret) avec l'aîné, Ki Joon. De ragots de salon de coiffure en chuchotements à l'hôtel, le doute se change rapidement en certitude, notamment pour l'ex-fiancé de Ah Jung, un avocat, et son ex-meilleure amie qui le lui ravit il y a quelques années.
Seulement si cet arrangement avec la réalité sauve provisoirement la fierté de Ah Jung, elle qui était confrontée au regard d'amis qui la considéraient presque perdue, c'est peu dire que Ki Joon ne l'entend pas vraiment ainsi.

Lie to me est en bien des points l'archétype de la rom-com sud-coréenne traditionnelle. C'est-à-dire qu'elle investit, avec une application et un professionnalisme certains, chacune des clauses du cahier des charges propre à ce genre. Peu d'innovation donc dans des ficelles de narration pas des plus subtiles, qui ne semblent laisser place à aucune réelle spontanéité... Suivant un rythme assuré, le scénario déroule avec une prévisibilité qui, si les deux épisodes se visionnent sans déplaisir et n'ennuient pas, n'en frustre pas moins quelque peu un téléspectateur qui serait en droit, avec une telle affiche, d'attendre des ambitions plus affirmées de la part de cette série. Et pourtant, malgré toutes les limites dont le téléspectateur est conscient, presque l'air de rien, Lie to me charme peu à peu.
Ce n'est pas un intense coup de foudre qui s'opère, mais le drama va susciter et capitaliser sur un sentiment agréable de confort diffus qui va progressivement s'installer. Avec une assurance et une tranquillité communicatives, l'histoire prend son temps, distillant et mêlant les ingrédients caractéristiques d'une recette qui a fait ses preuves : il y aura ces petits twists qui sauront tout redynamiser quand il faut, mais aussi ces confrontations si attendues orchestrées pour notre plus grand plaisir, ou encore ces passages cocasses ou improbables qui prêteront à sourire... Au fond, si les débuts de Lie to me ne marquent pas, ils parviennent à fidéliser de la plus pragmatique des manières cette partie du public qui était prédisposée à se laisser conquérir, n'est-ce pas le fondement même du format série ?

Sur la forme, Lie to me conserve un cadre à la fois soigné et posé. Sa réalisation est classique, ne s'offrant aucune réelle prise de risque, ni le moindre effet de style. Les couleurs restent dans l'ensemble dans des teintes claires, ce qui correspond à l'atmosphère que s'efforce d'investir le drama. Il manque peut-être à cet ensemble une OST qui se démarquerait. Pour le moment, si les différents morceux entendus ne dépareillent pas, ils m'ont paru un peu trop passe-partout pour retenir vraiment l'attention. Mais peut-être est-ce au fond le style général de ce drama : bien calibré, sans surprise, manquant au final de ce relief qui l'aurait démarqué des dizaines l'ayant précédé ?
Reste que Lie to me dispose d'un atout indéniable qui lui est propre et que personne ne lui enlèvera : son casting ! C'est là où toute l'efficacité de la rom-com se dévoile, et où l'on prend sans doute pleinement conscience de l'extrême subjectivité et du sentimentalisme avec lequel le téléspectateur vit bien des dramas. Parce que Lie to me reste la série qui réunit en lead-in, la pétillante Yoon Eun Hye (Coffee Prince), qui est juste merveilleuse dans ces premiers épisodes, et le non moins charmant Kang Ji Hwan (Hong Gil Dong, Capital Scandal, Coffee House), qui reste pour le moment un peu en retrait, n'ayant que peu de chose à faire. De plus, soulignons que les seconds rôles ne sont pas en reste, notamment Sung Joon (White Christmas), mais on retrouve aussi Jo Yoon Hee (Golden Fish), Hong Soo Hyun (Temptation of an angel), Ryu Seung Soo (Evasive Inquiry Agency), Oh Mii Hee, Kwon Se In, Park Ji Yoon, Kang Shin Il (President) ou encore Lee Kyung Jin.

Bilan : Démarrant tout en douceur, Lie to me se présente comme une comédie romantique à laquelle le qualificatif "classique" sied à merveille. Mais l'adjectif constitue à la fois son atout et sa faiblesse inhérente. Au-delà du déroulement trop calibré assorti d'une relative prévisibilité, le téléspectateur retiendra et appréciera cette impression diffuse de confort qui se dégage de ces premiers épisodes agréables. L'attachement aux personnages s'opère de la plus naturelle des façons grâce au charisme des acteurs, qui occultent quelque peu (mais pas complètement) les limites narratives. La recette rom-com fonctionne en capitalisant sur ce dernier aspect, c'est-à-dire notre rapport aux protagonistes.
En fait, en ce mois de mai, Lie to me apparaît un peu comme l'opposée de la sur-vitaminée The Greatest Love en terme de choix narratifs. A suivre éventuellement, mais suivant vos affinités.
NOTE : 6/10
La bande-annonce de la série :
Une des chansons de l'OST :
07:33 Publié dans (Séries asiatiques) | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : k-drama, sbs, lie to me, yoon eun hye, kang ji hwan, sung joon, jo yoon hee, hong soo hyun, ryu seung soo, oh mi hee, kwon se in, park ji yoon, kang shin il, lee kyung jin, kwon hae hyo |
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