27/01/2013
(UK) The Thick of it, saison 4 : la coalition et l'opposition

Le 15 janvier 2013 a débuté sur la chaîne Gold une nouvelle version d'une des plus brillantes comédies qu'est produit le petit écran britannique, Yes Minister / Yes Prime Minister. Cette dernière constitue un incontournable, un petit bijou d'humour aux dialogues géniaux, qui démontre combien les Anglais n'ont décidément pas leur pareil pour croquer les dessous de leur vie politique. Si la série d'origine occupe une place de choix dans mon panthéon des séries humoristiques, n'y allons pas par quatre chemins : je vais tâcher d'oublier que cette version de 2013 existe. Le pilote laisse en effet un goût amer, à commencer par un casting raté qui ne fait que rappeler au téléspectateur combien le trio d'origine excellait.
Et puis il y a des codes formels qui pouvaient être légitimes en 1980, mais que l'on comprend moins dans une oeuvre de 2013. Le genre a en effet été renouvelé depuis. Plus important encore, l'Angleterre a déjà trouvé son Yes Minister de ce début de XXIe siècle : il s'appelle The Thick of It. La dernière fois que j'ai consacré un billet à cette série, créée par Armando Iannucci, c'était il y a plus de trois (!) ans, après la diffusion de la troisième saison à l'automne 2009. Elle nous est finalement revenue après cette longue absence pour une dernière saison proposée par la BBC durant l'automne 2012 (elle s'est achevée le 27 octobre). Cette quatrième saison a encore offert de sacrés moments de télévision et est venue superbement conclure une des meilleures et des plus jubilatoires comédies - toutes nationalités confondues - de ces dernières années. Il était grand temps de lui rendre un ultime hommage.

Reflétant les aléas de la vie politique anglaise, la saison 4 de The Thick Of It met en scène, après des élections, un gouvernement issu de la formation d'une coalition entre deux partis, une nécessité pour avoir la majorité nécessaire pour gouverner le pays. Une redistribution des responsabilités a donc eu lieu. Peter Mannion dirige désormais le DoSAC, le ministère des Affaires sociales et de la Citoyenneté. Il doit cependant composer avec Fergus Williams, son adjoint du fait de la coalition, avec lequel les relations sont pour le moins tendues. Parallèlement, dans l'opposition, Nicola Murray a été élue leader, essayant tant bien que mal d'apporter une opposition crédible, mais exaspérant au plus haut point Malcolm Tucker.
La construction de la saison 4 permet de suivre en parallèle les deux camps, le gouvernement et l'opposition. A un épisode consacré aux coulisses du ministère, succède le suivant qui nous entraîne dans celles de l'opposition. Cette alternance se poursuit jusqu'à ce qu'une affaire ne ramène des pratiques communes à toute la classe politique - l'orchestration et l'instrumentalisation de fuites dans les médias - sur le devant de la scène, aboutissant à des auditions devant une commission d'enquête à laquelle devront répondre tous les protagonistes.

Relatant des tranches de vie du quotidien du personnel gouvernant ou d'opposition, The Thick of it est une comédie satirique, au verbe violent, excessif, où se succèdent des répliques et des chutes souvent jubilatoires. Faisant écho ou même anticipant parfois des développements bien réels de la vie politique Anglaise, elle nous plonge sans complaisance dans le vase-clos de ce milieu où s'exercent théoriquement d'importantes responsabilités, en y dressant une suite de portraits au vitriol. Dans son récit des rapports qu'entretiennent les différents protagonistes, elle n'a pas son pareil pour éclairer le règne du cynisme et d'une hypocrise assumés, et pour souligner la manière dont les ambitions personnelles dévorent toutes velléités de projet ou de vision politique. Dressant un tableau résolument sombre des dynamiques du pouvoir, la série semble faire sien le scénario du pire (et nous laisse avec l'impression de le voir trop souvent corroborer par la réalité).
Doté d'un ton mordant et abrasif à souhait, The Thick ot it cultive dans sa mise en scène une spontanéité qui, conjuguée à un effort minimaliste d'exposition des intrigues ou des enjeux, renforce ce ressenti de prise immédiate avec le réel qu'elle renvoie. Cette saison 4 permet d'y retrouver tous ces atouts qui ont fait la réputation de la série. Sa construction en alternance, entre gouvernement et opposition, aurait pu faire craindre un certain déséquilibre, les épisodes où Malcolm fait son show demeurant les grands incontournables. Cependant, la série retrouve vite sa dynamique caractéristique, y compris au sein du DoSAC. L'impossible relation de travail entre Mannion et Williams constitue une source continuelle de micro-crises au sein du ministère ; et la présence de Teri et de Glenn, ce dernier s'offrant même le luxe d'un jubilatoire discours vérité en guise de fin, parachève parfaitement le tableau. Qu'il s'agisse donc des déchirements dans les coulisses de la coalition, ou des restructions internes à une opposition qui peine à se mettre en ordre de bataille, la saison fournit son lot d'échanges jubilatoires.
Par ailleurs, les scénaristes ont aussi pris en compte le fait qu'il s'agissait de proposer une conclusion. Après une première partie où The Thick of it poursuit une approche classique du quotidien politique, les derniers épisodes la voit cette fois se tourner vers le passé, pour revenir sur ces pratiques qu'elle s'est contentée jusqu'alors de mettre en scène. Elle se transforme en tribune : la commission d'enquête, par ses auditions, est l'occasion de pointer et de dénoncer les travers existant dans le fonctionnement de la démocratie, et plus précisément l'art de la communication, avec cette exploitation/instrumentalisation réciproque des politiciens et des journalistes. Cela va être conduire Malcolm à devoir tirer sa révérence, lui permettant d'asséner avec le cynisme qu'on lui connaît quelques vérités qui trouvent ici une résonnance particulière. Au-delà de ses propos tenus devant la commission, la série nous offre surtout une dernière confrontation avec Ollie, ersatz sans envergue du spin doctor, dans laquelle Malcolm se dévoile un peu, créature plus que créateur de ce système qui, de toute façon, perdurera sans lui. La sortie de Malcolm est parfaitement gérée : des acteurs importants du système disparaissent, mais le système lui-même se perpétue avec les successeurs qui se sont construits et ont été façonnés par ces règles.

Sur la forme, The Thick of It conserve son approche "quasi-documentaire", tournée caméra à l'épaule avec une caméra nerveuse qui tente de suivre les éclats et les gesticulations de chacun des protagonistes. Cela confère à l'ensemble ce parfum d'authenticité caractéristique, renforcé par les ponts avec la réalité qui sont opérés. La série capture ainsi des suites d'instantanés avec un montage minimaliste : cette mise en scène reste parfaite, en totale adéquation avec les ambitions du récit, mais aussi avec sa tonalité.
Quant au casting, il est également au diapason. Tout a déjà été écrit pour saluer la prestation de Peter Capaldi, qui excelle dans son interprétation de Malcolm, avec ses excès de langage, cette présence intimidant et cette vision du milieu politique où il apparaît comme un véritable stratège de guerre. S'il tend à éclipser quelque peu ses vis-à-vis dans les scènes où son personnage intervient, ce qui est naturel, il n'en faut pas moins reconnaître l'homogénité et la solidité du reste du casting qui est également très convaincant. D'ailleurs le fait que le ministère parvienne à conserver une dynamique intéressante loin de Malcolm en est bien le révélateur. Parmi les acteurs principaux de cette saison, on retrouve Chris Addison, Joanna Scanlan, James Smith, Polly Kemp, Rebecca Front, Roger Allam, Will Smith, Olivia Poulet, Vincent Franklin, Geoffrey Streatfeild, Ben Willbond et Rebecca Gethings.

Bilan : Après trois ans d'absence, The Thick of it n'a rien perdu ni de son cynisme, ni de son mordant légendaire, nous proposant une savoureuse ultime saison de celle qui restera comme une grande comédie politique satirique. Portrait désillusionné de la classe dirigeante du pays, sa mise en scène et ses répliques font d'elle une fiction, teintée d'humour noir, particulièrement jubilatoire. Si elle a parfaitement réussi sa sortie, s'adaptant au nouveau paysage politique Anglais, tout en soignant l'évolution de Malcolm, elle laisse le téléspectateur chérir un secret espoir : celui de retrouver un jour cet univers à l'occasion d'un bref special pour continuer de suivre les changements du pays (ou rêvons même d'une saison)... Cette saison 4 aura en tout cas rappelé pourquoi The Thick of it est bel et bien une série incontournable du petit écran anglais. Si elle ne conviendra pas à tous les publics, elle mérite certainement la curiosité de tout sériephile.
NOTE : 8,75/10
Une bande-annonce de la saison :
Un extrait marquant - Malcolm devant la commission d'enquête :
11:56 Publié dans (Comédies britanniques), (Séries britanniques) | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : bbc, the thick of it, peter capaldi, rebecca front, chris addison, joanna scanlan, james smith, polly kemp, roger allam, will smith, olivia poulet, vincent franklin, geoffrey streatfeild, ben willbond, rebecca gethings |
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22/09/2012
(UK) Bad Education, saison 1 : une comédie scolaire drôle et rafraîchissante

Comme vous le savez, je regarde peu de comédies. C'est donc un mini-évènement quand je tombe enfin sur une que j'apprécie. Si j'ai cessé d'essayer de tester les sitcoms américaines, je donne toujours régulièrement leur chance aux dernières nouveautés anglaises. En cette rentrée, plusieurs avaient pour cadre un milieu propice à l'humour, l'éducation : il y avait l'école primaire du point de vue des parents avec The Gates sur Sky Living, dont le pilote, sans être déplaisant, ne m'a pas convaincu de poursuivre ; et le lycée du point de vue enseignant avec Bad Education, au premier épisode autrement plus percutant.
Pourtant les comédies de BBC3 et moi, c'est surtout, il faut l'avouer, une longue histoire d'incompréhension mutuelle. Mais pour une fois, ces dernières semaines ont été celles de la réconciliation devant Bad Education. Cette dernière a débuté le 14 août 2012. Sa première saison, comptant 6 épisodes, s'est donc achevée cette semaine (le 18 septembre). La série a rencontré son public, battant même le record d'audience de la chaîne du meilleur lancement pour une comédie. Elle a d'ores et déjà été renouvelée pour une seconde saison. Pour ma part, j'ai été conquise dès le pilote, et la suite ne m'a pas déçue.

Bad Education met en scène un jeune enseignant, Alfie, aux méthodes pour le moins inclassables. Partisan du moindre effort, faisant toujours preuve d'un pragmatisme assumé et d'une irresponsabilité chronique, il enchaîne les idées farfelues et modes d'enseignement alternatifs. Rivalisant d'immaturité face à des élèves avec lesquels les réparties fusent, Alfie n'a rien de l'image que l'on se fait normalement d'un professeur. Mais, du fait de son style à part, il n'en est pas moins apprécié par la plupart de ses élèves qu'il inclut dans ses nombreuses combines, notamment pour tenter de gagner le coeur de Mrs Gulliver qu'il essaie par tous les moyens d'impressionner. Bénéficiant du soutien sans faille du directeur de l'établissement, il doit cependant se méfier de la rigide directrice adjointe qui n'adhère pas du tout à son approche "je-m'en-foutiste" revendiquée.

Bad Education est une série qui choisit d'exploiter pleinement un cadre scolaire aux contours caricaturaux assumés. Dans sa construction et dans la distribution des rôles qui s'opère, elle apparaît de premier abord extrêmement classique et donc familière. C'est assez révélateur d'ailleurs que des parallèles puissent facilement être établis avec la dernière fiction scolaire que j'ai visionnée, Rita, très différente dans sa tonalité autrement plus dramatique et posée, mais n'en partageant pas moins avec Bad Education un certain nombre de ficelles narratives caractéristiques. La série n'innove ainsi pas par l'approche de son sujet, assumant les stéréotypes rejoués, et investissant des dynamiques connues : on y retrouve pêle-mêle la figure de l'enseignant atypique, la complicité pouvant naître au sein d'une classe avec cette figure d'autorité qui n'en est pas vraiment une, l'ennemi représenté par la sous-directrice psychorigide, et même une pointe de relationnel avec les tentatives de séduction de la jolie collègue. Tous les ingrédients utilisés ont déjà été vus, mais l'atout de Bad Education est d'y apporter une touche personnelle opportune : une fraîcheur et un humour décalé qui fonctionnent.
Pour ce faire, la série bénéficie d'un rythme de narration rapide, qui ne laisse aucun temps mort, tout en sachant bien ménager les chutes qui conviennent aux imbroglio dans lesquels plonge Alfie. De manière générale, la fiction n'aime rien tant qu'explorer toutes les facettes d'un comique de situation souvent drôle, construisant de longs développements sur des qui pro quo, recherchés ou non. Elle n'hésite pas non plus à exploiter la particularité du personnage d'Alfie. Multipliant les idées saugrenues et autres plans initiés spontanément, qu'il s'agisse d'échapper à ses responsabilités ou d'attirer l'attention de Mrs Gulliver, le jeune homme semble s'employer pour prendre rebours toutes les attentes légitimes du téléspectateur face à un professeur. La dynamique avec ses élèves, qu'il n'hésite pas à instrumentaliser à ses propres fins avec une vision purement utilitariste, est assez savoureuse. Plus globalement, c'est l'ensemble des situations mises en scène, y compris au sein de l'équipe enseignante, qui font mouche par leurs excès, les tournants et chutes inattendus et autres développements absurdes occasionnés. Bad Education réussit d'autant plus son pari que ses personnages n'en restent pas moins foncièrement attachants : qu'il s'agisse d'Alfie ou de son groupe d'élèves, on se prend d'affection pour ce petit univers créé et la fidélité du téléspectateur est vite assurée.

Si Bad Education fonctionne, elle ne serait sans doute pas aussi enthousiasmante sans son casting qui répond parfaitement aux attentes, et s'approprie à merveille les différents rôles marquants que l'on retrouve dans la distribution. Jack Whitehall (Fresh Meat) est parfait dans le rôle d'Alfie, capturant le maniérisme et l'immaturité de cet enseignant qui n'en est pas moins aussi exaspérant que sympathique. Du côté enseignant, Mathew Horne (Teachers, The Catherine Tate Show, Gavin & Stacey) s'en donne aussi à coeur joie dans un rôle de directeur de l'établissement excentrique : la dynamique entre les deux amis donne d'ailleurs des scènes très réjouissantes. De même, Sarah Solemani (Him & Her) incarne comme il se doit l'enseignante compréhensive et posée ; tout l'opposé de Michelle Gomez (Green Wing) dont les excès correspondant bien à la figure ambitieuse et caricaturale de la directrice adjointe tout de noir vêtue. Du côté des élèves de la classe d'Alfie, ils sont également bien castés, contribuant à la dynamque de classe décalée dans laquelle la série s'épanouit. On y croise notamment Nikki Runeckles, Jack Bence, Kae Alexander, Ethan Lawrence, Charlie Wernham, Jack Binstead et Layton Williams.

Bilan : Comédie en milieu scolaire qui se réapproprie des ficelles très classiques, pour mieux les détourner et s'en amuser de façon décalée, Bad Education est une série rafraîchissante et amusante. De ce divertissement excessif et rythmé, on retient des personnages hauts en couleur et un sens très affuté de la répartie, le tout en parevenant à créer un cadre qui reste attachant et donne envie de revenir. Bref, une combinaison comique qui fonctionne. Vivement la saison 2 !
NOTE : 7/10
La bande-annonce de la série :
11:18 Publié dans (Comédies britanniques), (Séries britanniques) | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : bbc, bad education, jack whitehall, mathew horne, sarah solemani, michelle gomez, leila hoffman, nikki runeckles, jack bence, kae alexander, ethan lawrence, charlie wernham, jack binstead, layton williams |
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27/07/2012
(UK) Twenty Twelve, saison 2 : un savoureux mockumentary dans les coulisses de l'organisation des Jeux Olympiques de Londres

A moins de passer vos vacances dans un îlot perdu loin de tout média, vous n'avez sans doute pas pu échapper au raz-de-marée médiatique : ce soir débutent officiellement les Jeux Olympiques de Londres. Mais en vous installant devant la cérémonie d'ouverture, pourrez-vous imaginer alors les heures/mois/années de travail en amont qui ont rendu possible la tenue de cet évènement colossal ? Les Anglais ont fait mieux qu'y penser, ils ont créé une série sur le sujet : Twenty Twelve. Souvenez-vous, j'avais déjà évoqué les premiers épisodes il y a plus d'un an, un peu perplexe alors, mais intéressée par ce mockumentary dans les coulisses de cette organisation forcément compliquée.
Depuis, j'ai poursuivi mon visionnage. La série a finalement été renouvelée pour une saison 2, dont les quatre premiers épisodes ont été diffusés au printemps sur BBC2, puis les trois derniers l'ont été en ce mois de juillet 2012. La série s'est clôturée en Angleterre ce mardi soir, il y a donc trois jours. Si je l'avais débutée avec des réserves, Twenty Twelve est une série que je suis venue à apprécier avec le temps, la première saison trouvant progressivement son ton et son rythme. Et la seconde m'a semblé plus maîtrisée, plus réussie aussi dans sa façon d'exploiter des situations entre réalisme et improbabilité.

Rappelons brièvement l'objet de la série : Twenty Twelve prend la forme d'un (faux) documentaire qui nous fait suivre le quotidien du comité en charge de la préparation des Jeux Olympiques de 2012. Placée sous la direction de Ian Fletcher, est rassemblée une équipe composée de personnalités très diverses, plus ou moins efficaces et investies dans leur travail. Ils ont la responsabilité de toutes les facettes de cette organisation. En premier lieu, il s'agit de s'assurer que les Jeux Olympiques eux-mêmes se dérouleront sans le moindre accroc : le comité doit se préoccuper aussi bien du sort des différentes épreuves sportives (et du lieu où elles se tiendront), que de la gestion des athlètes et du public, ou bien encore de la vie des Londoniens (et de leurs - si problématiques - transports).
La série a l'occasion d'aborder toutes les difficultés inhérentes à de telles manifestations, s'intéressant aux questions d'infrastructure, de logique, de sécurité, mais aussi aux campagnes de communication et de sensibilisation à certaines causes qu'elles permettent. De plus, l'équipe doit également penser à l'enjeu sensible que représente l'après Jeux Olympiques : il s'agit de s'assurer que les équipements et autres constructions seront exploitables sur le long terme, et que la facture ne sera pas trop salée (objectifs pour le moins utopiques). C'est donc un quotidien rempli de casse-têtes, de défis insurmontables, de compromis discrets et de voeux pieux inévitables, qui nous est raconté... pour aller jusqu'au 24 juillet 2012. L'équipe en charge du direct a alors pris la succession, la suite... vous la connaîtrez ce soir en allumant votre télévision.

Le grand atout de Twenty Twelve réside dans l'impression de réalisme brut qu'elle renvoie. La série évolue sur le fil de la comédie, forçant un peu les traits ça et là, grossissant un brin les réactions, mais prenant toujours garde de ne pas en faire trop, restant dans une satire qui refuse l'excès de caricature. Avec un flegme tout britannique, personnifié par Ian Fletcher, elle investit ainsi un humour froid. N'imposant pas d'enchaînement de plaisanteries ou de véritables gags, elle préfère jouer plus subtilement sur le ridicule qui ressort en filigrane de certains échanges ou situations parfaitement sérieux, insistant sur ces moments de confus flottement, à la fois plein d'authenticité mais sonnant aussi surréaliste quand on en vient à penser à l'ampleur des responsabilités confiées à un tel comité. Comme chaque participant se sait filmer, il modère consciemment ou non ses réactions, cherchant (souvent vainement) à travailler son image pour la caméra. Cette extrême sobriété d'ensemble a nécessité quelques épisodes d'ajustement dans la saison 1 pour parfaire leur rythme et leur construction. Arrivé en saison 2, le problème ne se pose plus, et l'excellent double épisode d'ouverture est l'occasion de démontrer combien les scénaristes maîtrisent désormais leur tonalité comme leur format.
Au fil de ses deux saisons, Twenty Twelve a su fidéliser le téléspectateur en le familiarisant avec les personnalités bien définies de ses intervenants. Par exemple, les quelques monosyllabes répétitives d'une Siobhan bafouillante quand elle est prise au dépourvu sont devenus un de ces classiques qu'il est toujours savoureux de retrouver. La gestion, par Ian Fletcher, des égos, de la concurrence ou de l'incompétence de ses subordonnés permet d'apprécier le développement de tout un art du management et de la diplomatie qui, derrière notre écran, prête à plus d'un sourire. Parallèlement, la série retient aussi l'intérêt du téléspectateur en jouant sur la frontière entre réalisme et libertés permises par la fiction. Elle a un constant souci du détail dans toutes les situations dépeintes, concernant la communication publique, les enjeux pratiques, ou encore les solutions - parfois vraiment d'équilibriste - trouvées, qui renforce sa crédibilité. Il y a d'ailleurs eu à l'occasion de troublantes proximités entre les "crises" de la série et celles de la réalité (comme l'horloge géante). C'est donc une série qui s'est révélée capable d'exploiter pleinement son idée de départ (montrer les coulisses de l'organisation), en n'hésitant pas à aborder des issues potentiellement sensibles - comme la religion et le lieu de culte des athlètes, traités avec quelques rebondissements opportuns et un compromis savoureux dans le double épisode d'ouverture de la saison. En résumé, Twenty Twelve a réussi sa mission de mockumentary.

Sur la forme, la série se réapproprie les codes propres à son genre : une réalisation nerveuse, avec un cameraman qui suit la scène et permet de nous faire vivre au plus près cette vie des coulisses "caméra à l'épaule" (avec toutes les péripéties que peut donc vivre cet acteur à part entière, notamment lorsque certains protagonistes refusent d'être filmés). On a également quelques belles vues londoniennes qui posent bien le cadre. Et j'en suis venue à beaucoup aimer le générique d'ouverture, avec cette chanson entre insouciance et annonce d'ennuis qui colle très bien à la tonalité ambiante (cf. la 1re vidéo ci-dessous).
Enfin, Twenty Twelve bénéficie d'un solide casting, sobre et efficace pour retranscrire le parti pris des scénaristes. Dirigeant ce comité, Hugh Bonneville (Lost in Austen, Downton Abbey) est parfait dans un rôle qui oscille entre pragmatisme et diplomatie, s'efforçant de gérer, avec le sérieux exigé face à de telles responsabilités, tous ces collaborateurs aux personnalités assez particulières. A ses côtés, on retrouve Amelia Bullmore (State of Play, Ashes to Ashes), Olivia Colman (Rev., Peep Show), Vincent Franklin (The Thick of It), Jessica Hynes (Spaced, The Royle Family), Karl Theobald (Primeval) et Morven Christie (Sirens). Enfin, notons que la voix off du documentariste qui sert de narrateur et fait la transition entre certaines scènes est celle de David Tennant (Blackpool, Doctor Who).


Bilan : Mockumentary qui gagne en saveur au fil des épisodes, Twenty Twelve cultive une mise en scène volontairement réaliste, caractérisée par une rigoureuse sobriété. L'humour y est subtile, fonctionnant à froid. On a l'impression d'assister à un récit d'anecdotes, plus ou moins fictives, plus ou moins théoriques (le téléspectateur s'interrogeant parfois sur la frontière avec la réalité), qui sont l'occasion d'évoquer tous les types de questions et de problèmes soulevés par la tenue d'un tel évènement. Dans l'ensemble, cette saison 2 aura été bien maîtrisée, avec une tonalité désormais parfaitement au point.
Voilà donc une série qui mérite un investissement au-delà des premiers épisodes. En guise de programmation alternative (ou complémentaire), pour rester dans l'air du temps actuel, un rattrapage de Twenty Twelve apparaît tout indiqué pour le sériephile au cours des prochaines semaines.
NOTE : 7/10
Le générique de la série :
Une bande-annonce :
15:00 Publié dans (Comédies britanniques), (Séries britanniques) | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : bbc, twenty twelve, hugh bonneville, amelia bullmore, olivia colman, vincent franklin, jessica hynes, karl theobald, morven christie, david tennant |
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11/03/2012
(UK) Blackadder (La Vipère Noire) : une comédie historique savoureuse et incontournable

Je suis la première à reconnaître être peu versée dans les comédies. Je n'ai fondamentalement rien contre ce genre, mais elles sont peu nombreuses à me fidéliser. Actuellement, à l'exception notable de ce petit bijou qu'est The Thick of it dont j'attends avec impatience la quatrième saison, aucune ne me marque. Pourtant j'ai moi aussi mes classiques dans ce genre : quelques comédies cardinales dont les DVD sont soigneusement rangés dans ma bibliothèque. Vous connaissez mon trio sacré de l'humour en séries : Yes Minister (Yes Prime Minister) (à laquelle je voue un culte), Jeeves & Wooster et Blackadder. Un peu plus récemment, l'intégrale de A bit of Fry and Laurie est venue s'ajouter au rayonnage ; j'aurais sans doute l'occasion de vous en reparler.
Si parmi les tous premiers billets de ce blog, figurait une brève présentation de la saison 2 de Blackadder, j'ai achevé il y a quelques temps un revisionnage intégral (et dans l'ordre de diffusion) de la série, si bien que j'ai envie aujourd'hui d'y revenir plus globalement. Car au rang des comédies cultes que tout sériephile doit avoir vues une fois dans sa vie, elle occupe une des toutes premières places. Diffusée de 1983 à 1989 sur BBC1 (avec un dernier épisode spécial venu conclure le millénaire en 1999), Blackadder compte 4 saisons, pour un total de 26 épisodes. Elle a été diffusée en France, sous le titre La Vipère Noire, sur Arte, à partir de 1995. Et elle reste une série qui se savoure avec un plaisir inaltéré.

Les 4 saisons de Blackadder se déroulent chacune à une époque différente ; elles ont pour point commun de nous faire suivre les (més)aventures d'un membre de la famille des Blackadder, Edmund, à diverses périodes de l'Histoire de l'Angleterre, et dont l'ambition et l'opportunisme demeureront inchangés. Il restera toujours accompagné par un serviteur, le fidèle - plus ou moins - Baldrick, et par les descendants de ce dernier. Au fil des saisons, tandis que Blackadder ne cessera de s'abaisser dans la hiérarchie sociale, c'est sur le plan de l'évolution que Baldrick régressera inversement.
Blackadder s'apparente donc à une ré-écriture de l'Histoire anglaise s'étendant sur quatre siècles, à travers les destins des représentants de deux familles liées. La première saison se déroule à la fin du Moyen-Âge, au XVe siècle, sous le règne (fictif) de Richard IV. La seconde prend place sous Elizabeth I, dans la seconde moitié du XVIe siècle. Puis, la troisième met en scène la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle, sous George III. Enfin, la dernière se déroule dans les tranchées de la Première Guerre Mondiale, en 1917.

Blackadder est une comédie brillante, à la richesse rare, dont la force va être de savoir exploiter tous les types d'humour, tout en faisant de ses dialogues son atout principal. Dotée d'une tonalité volontairement sombre, de plus en plus désenchantée à mesure que la série progresse, on retrouve entremêlés jusqu'à l'excès un cynisme et un absurde dont le cocktail se révèle très savoureux. Car c'est par ces échanges acides, délicieusement ciselés, qui prennent place entre ses personnages, et par ces réparties cinglantes, où tous les registres de la langue anglaise sont mobilisés, que Blackadder va marquer. Chaque mot est pensé et pesé, avec des passages à la densité prenante ; la série se savourant logiquement avant tout en version originale. Si l'écriture fonctionne si bien à l'écran, elle le doit aussi aux dynamiques qui se mettent en place entre ses protagonistes. Tout en étant la figure centrale, Blackadder permet une prise de distance souvent jubilatoire face aux problèmes à surmonter. Et il va aussi savoir s'intégrer dans une galerie de personnages aux rôles identifiés (le serviteur, l'aristocrate chanceux...).
Si toutes ces caractéristiques ont permis à Blackadder de passer à la postérité, il serait faux de décrire la série comme un bloc homogène. En effet, elle a considérablement évolué au fil de ses saisons, permettant au téléspectateur d'être le témoin privilégié de la maturation, aussi fascinante que très réussie, de l'idée de départ. La première saison est ainsi celle des expérimentations, et reste sans doute la moins aboutie. Disposant d'un budget qui lui permet des scènes en extérieur, elle revisite avec excès la période médiévale, en multipliant les anachronismes. Mais elle laisse un arrière-goût d'inachevé, donnant l'impression de toujours chercher son équilibre. Même si elle propose quelques scènes très réussies, c'est celle que j'aime le moins. Puis, à partir de la saison 2, la distribution des rôles entre les personnages s'affine, de même que leurs rapports. Le duo entre Blackadder et Baldrick, tout particulièrement, réserve quelques échanges très savoureux, et les caprices de la reine Elizabeth I provoqueront plus d'un sourire.
Viennent ensuite les deux dernières saisons de Blackadder qui sont celles qui forgent véritablement la "légende" de la série. La troisième est celle de la maturité dans le domaine de la comédie : trouvant une justesse d'écriture entre tous les types d'humour et de dynamiques expérimentées au cours des saisons précédentes. On y retrouve du burlesque, du provocateur, et surtout des dialogues génialement ciselés, notamment ceux entre Blackadder et le prince régent au sujet desquels l'adjectif "culte" n'est pas galvaudé. Enfin, la quatrième saison est la plus approfondie. Elle permet à la série de prendre toute la mesure de son concept d'origine. Cette dernière s'y fait plus grinçante, et surtout moins légère, abordant des thématiques plus pesantes face à ces soldats dans les tranchées de la Grande Guerre. Blackadder exploite alors sa tonalité particulière, oscillant toujours entre cynisme et humour, pour traiter avec une justesse inattendue - mais sans se renier - de sujets qui sont normalement étrangers à la comédie. La quatrième saison est ainsi la plus aboutie ; et son résultat reste à mon sens le plus ambitieux apport de la série, démontrant par là toute sa richesse.

Sur la forme, la baisse budgétaire à la fin de la première saison se perçoit dans l'évolution des décors. Mais dans l'ensemble, cela aura peu d'influence sur la série elle-même : c'est en effet sur ses dialogues que Blackadder repose, et c'est ce qui lui permettra de s'imposer, la forme demeurant plus anecdotique (surtout lorsque l'on a à disposition un tel casting pour leur donner vie). A noter que les génériques de début et de fin changent à chaque saison ; je vous en propose une petite compilation en fin de billet, car ils sont généralement très inventifs et l'orchestration musicale, comme les mises en scène, ont contribué à forger l'aura de la série. Personnellement, je continue d'avoir un faible pour le dynamisme de celui de la première saison (cf. première vidéo ci-dessous).
Interprète du rôle titre et co-créateur de la série avec Richard Curtis, Rowan Atkinson est sans doute plus connu en France pour son rôle de Mr Bean. Pourtant Blackadder reste à mes yeux son oeuvre la plus réussie ; la plus indispensable aussi. On y retrouve évidemment son jeu d'acteur caractéristique, et toutes ses expressions familières, qui apportent une dimension supplémentaire à un personnage de Blackadder dont l'atout va rapidement devenir ce sens de la réplique qui fait mouche. A ses côtés, Tony Robinson traversera les siècles à ses côtés, offrant un pendant parfait. On croisera également Tim McInnerny, Miranda Richardson, mais aussi Hugh Laurie (dont l'interprétation du Prince régent dans la saison 3 est juste brillante) et Stephen Fry, des noms qui marqueront le comique anglais des années 80 et 90.

Bilan : Comédie culte qui n'a pas usurpé son rang mais mériterait une meilleure reconnaissance au-delà des frontières de l'Angleterre, Blackadder excelle dans le maniement d'un humour noir, cynique et provocateur. Sa force première réside dans des dialogues très bien écrits, qui vont offrir des échanges sacrément savoureux, dont beaucoup méritent d'être inscrits dans le panthéon des comédies. Rassemblant la fine fleur de l'humour anglais, cette série va nous faire assister à sa progressive maturation, pour aboutir à une saison 4 d'une richesse à saluer qui reste un bijou que tout sériephile devrait avoir dans sa DVDthèque.
Blackadder est donc un indispensable. Si vous êtes curieux, mais manquez de temps, laissez-vous au moins tenter par les saisons 3 et 4, elles le méritent vraiment ! Une arme anti-morosité toujours aussi efficace !
NOTE : 9/10
Quelques génériques :
(Saison 1)
(Saison 2)
(Saison 4)
15:58 Publié dans (Comédies britanniques), (Oldies - 50s-80s), (Séries britanniques) | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : blackadder, bbc, rowan atkinson, tony robinson, tim mcinnerny, miranda richardson, stephen fry, hugh laurie |
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23/12/2011
(UK) Rev., saison 2 : une dramédie douce-amère humaine et attachante

Un an et demi après ma review du pilote, je profite de cette période de fêtes pour revenir sur une série qui est sans doute ma dramédie préférée actuellement en cours de diffusion ; même si elle est présentée comme une comédie, je n'ose la placer complètement dans ce genre. Reste que Rev. a été une des séries les plus attachantes de cet automne. Elle mérite donc bien de faire l'objet d'un bilan.
La diffusion de la saison 2 s'est achevée ce mardi. Elle avait été associée cet automne, par BBC2, à la dernière nouveauté, ni drôle, ni convaincante, de Ricky Gervais, Life's too short. C'est un épisode spécial Noël qui est venu la conclure ce 20 décembre, venant superbement parachever une saison de 7 épisodes. Mon attachement à Rev. me confirme une chose : je ne cherche pas des comédies pour rire. Un peu à la manière de The Café, Rev. se démarque par sa capacité à être touchante tout en capturant parfaitement certaines tranches de vie.

Rev. nous plonge dans une petite paroisse de l'Est de Londres, St Saviour, au sein de laquelle officie le révérend Adam Smallbone, lequel découvre la vie citadine après avoir longtemps officié dans le monde rural. Son quotidien se partage entre ses efforts constants pour dynamiser tant bien que mal une communauté paroissiale clairsemée et sa gestion de l'école privée locale rassemblant des élèves du quartier de toutes confessions. S'il n'est guère soutenu par un supérieur direct qui apparaît souvent plus semblable à un gestionnaire déshumanisé qu'à un homme d'église, Adam peut cependant trouver du réconfort auprès de son épouse, une avocate avec un caractère bien affirmé. De plus, gravite autour du révérend une galerie de personnages hauts en couleur, un assistant ambitieux, une paroissienne sur-impliquée ou encore un sans-abris marginal.
La grande force de Rev. réside incontestablement dans son humanité. Bénéficiant d'une écriture qui fait souvent preuve d'une rare justesse, la série n'a pas son pareil pour toucher le coeur du téléspectateur, réussissant le tour de force d'émouvoir sans jamais déprimer. En effet, si sa tonalité douce-amère, souvent un peu mélancolique, se teinte de doutes désillusionnés, elle offre pourtant trente minutes de véritable réconfort, pleines d'une chaleur communicative qui ne laisse jamais insensible. Tout en se classant dans le genre des comédies cléricales affectionnées par les Anglais, Rev. reste avant tout l'histoire d'un homme ordinaire, confronté aux soucis quotidiens d'une activité professionnelle loin d'être de tout repos dans la jungle londonienne. Le fait que le personnage principal soit un prêtre apporte une dimension supplémentaire à certains questionnements existentiels qu'il se pose, mais cela ne modifie en rien l'essence et le parti pris réaliste de la série. Une proximité se crée naturellement avec Adam, et c'est un des atouts qui assure la fidélité du téléspectateur.

S'inscrivant dans la continuité directe de ce que la première avait su peu à peu construire, la saison 2 de Rev. aura été une belle réussite. Parvenant à maintenir un équilibre aussi rare que précieux dans sa tonalité d'ensemble, oscillant entre passages légers et moments plus dramatiques, la série est devenue une des dramédies les plus abouties du petit écran. Toujours très humaine, elle ne manque pas de scènes marquantes. A ce titre, l'épisode 4, se concluant sur une scène magistrale et bouleversante, d'une sobriété parfaite, restera sans doute le plus impressionnant de la saison. Il est parfaitement représentatif de ce qui fait l'essence de cette fiction : car Rev. est une oeuvre à part, de celles qui sont capables, dans un même épisode, non seulement de faire rire, mais aussi d'émouvoir aux larmes le téléspectateur. C'est dans cette continuité que s'est d'ailleurs inscrit le Christmas special, avec une construction qui reflète vraiment l'âme de la série, entre pragmatisme désenchanté et petites réussites du quotidien.
Par ailleurs, Rev. exploite pleinement son cadre londonien, l'anonymat d'une grande ville mais aussi son rythme effrené demeurent d'ailleurs des thèmes récurrents. La réalisation sait mettre en valeur le choix citadin fait au départ ; et l'esthétique globale de la série a cette neutralité sobre qui souligne bien le réalisme de l'ensemble. Enfin, il faut vraiment saluer un casting qui respecte parfaitement l'ambiance de l'histoire, conduit par un Tom Hollander (Wives and Daughters, Cambridge Spies, The Company, Desperate Romantics) très convaincant, qui sait habilement jouer sur toute la palette des émotions.

Bilan : Dramédie foncièrement attachante, souvent touchante, Rev. est une chronique de vie quotidienne, sur laquelle flotte un parfum doux-amer caractéristique. Offrant trente minutes d'un réconfort bienvenu, elle fait preuve de beaucoup inspiration pour trouver le juste équilibre dans ses tons, capable de faire rire comme d'émouvoir aux larmes le téléspectateur. Offrant ainsi un mélange plein d'humanité, c'est une série sincère et authentique qui se suit vraiment avec plaisir et mérite que l'on s'y investisse.
NOTE : 7,5/10
Le générique :
Un extrait du premier épisode de la saison 2 :
15:10 Publié dans (Comédies britanniques), (Séries britanniques) | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bbc, rev, tom hollander, olivia colman, miles jupp, simon mcburney, steve evets |
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04/12/2011
(Pilote UK) The Café : une dramédie attachante somewhere beyond the sea...

Vous le savez sans doute, la comédie n'est pas mon genre de prédilection. Plus qu'une question d'humour, le problème vient surtout de son impossibilité à me fidéliser au-delà d'une poignée d'épisodes. C'est sans doute pour cela que cette rentrée je n'ai fait aucun effort pour jeter un oeil aux dernières comédies des grands networks US : une saison qui dépasse les 10 épisodes, cela relève de l'engagement impossible pour moi. Cependant, de l'autre côté de l'Atlantique, en Angleterre, le format plus bref devient un atout. Et je me laisse même convaincre d'accompagner certaines en saison 2 - puisque je suis actuellement complètement sous le charme de Rev !
En attendant de revenir sur cette comédie de BBC2, aujourd'hui, évoquons une nouveauté lancée par Sky One le 23 novembre dernier : The Café. C'est peu dire que le précédent essai du genre tenté par cette chaîne il y a quelques semaines, Spy, ne m'avait pas emballé, mais la bande-annonce de The Café m'avait intriguée (et la review de Lady également). Une impression confirmée par le pilote (j'ai même lancé le deuxième épisode dans la foulée). Embrassant un registre plus proche de la dramédie, il émane de cette série un charme confusément attachant et désuet qui vous donne envie de vous installer confortablement devant elle et de l'accompagner vers la maturité.

Co-écrite par deux de ses acteurs principaux, Ralf Little et Michelle Terry, The Café, dont six épisodes (d'une trentaine de minutes chacun) ont pour le moment été commandés, se déroule à Weston-Super-Mare, une petite ville balnéaire dans le sud-ouest de l'Angleterre. Son action se concentre principalement dans un petit café du bord de mer, lieu de socialisation par excellence, voyant ainsi défiler une clientèle bigarrée représentative de la vie du bourg.
Ce sont trois femmes, représentantes de trois générations différentes d'une même famille, qui s'occupent du Café : Mary, la grand-mère, tricotant ou mangeant, en observe les allers et venues de chacun de sa place stratégique à côté de la fenêtre, Carol, la mère qui est la gérante du café, et Sarah qui aspire à un avenir professionnel meilleur en se rêvant écrivain. Autour d'elles gravite une galerie de personnages qui vont rythmer le quotidien de la vie dans cette bourgade esseulée tournée vers la mer.

The Café est une série d'ambiance qui séduit instinctivement dès ses premières scènes. Loin d'être une comédie cherchant à provoquer le rire, elle s'illustre plutôt dans le registre de la dramédie souvent légère, dont la tonalité se nuance au contact des épreuves de la vie qu'elle peut relater. Tout en distillant avec parcimonie des répliques où perce un humour discret, c'est une série qui sait prendre le temps d'installer son cadre et de soigner les détails de la mise en scène. Elle fait cela avec beaucoup de naturel, si bien que sa sobriété apporte une fraîcheur inattendue à un récit qui n'a pourtant rien d'original. Si elle souffre parfois d'un problème de rythme qu'il faudra corriger, la réussite de The Café réside dans cette faculté rare qu'a la série de faire en sorte que le téléspectateur se sente instantanément confortable au sein de cette bourgade qu'il découvre.
Empreinte du parfum typique de petite ville balnéaire anglaise, la série dispose ainsi d'un a priori favorable qu'elle va devoir ensuite confirmer sur le fond. Cela passe par le développement de ses personnages. Usant de stéréotypes, mais sans pour autant trop en faire, elle va s'attacher à capturer l'esprit de cette communauté qui vit avec ses codes et ses habitudes. Tandis que Sarah, jeune femme rêvant d'avenir et d'ailleurs, s'impose comme le dénominateur commun des histoires et la clé d'entrée du téléspectateur, The Café bénéficie plus généralement d'une riche galerie de personnages haut en couleurs, dont plusieurs s'imposent et se démarquent aisément au fil de la narration. La série accorde un réel soin à cette dimension humaine, ce qui la rend fort sympathique. Il lui reste à bien asseoir ces différents portraits ; mais seuls le temps et les épisodes lui permettront d'acquérir la consistance et l'épaisseur qui lui font encore défaut sur ce plan.

Sur la forme, la réalisation de The Café a été confiée Craig Cash, ce qui ne fait qu'accentuer les parallèles faits avec The Royle Family. La caméra contribue grandement à l'atmosphère de la série, exploitant à merveille le décor extérieur dont bénéficie l'histoire. Tout y est clair et bleuté ; et on ne peut rester insensible à ce charme balnéaire. C'est d'autant plus difficile que The Café s'ouvre sur une superbe reprise folk de la chanson Somewhere beyond the sea, interprétée par Kathryn Williams, qui plonge instanément le téléspectateur dans une ambiance vraiment à part, entre confort et appel du large. Cela fait rentrer le récit dans une autre dimension, presque rêveuse, nous plaçant dans les meilleures dispositions possibles pour apprécier l'épisode qui va ensuite suivre.
Enfin, The Café bénéficie d'un casting homogène, où les jeux des acteurs, avec naturel et sans excès, achèvent de convaincre le téléspectateur de s'installer devant son petit écran. Outre Michelle Terry et Ralf Little (The Royle Family), qui cumulent la double casquette d'acteurs et de scénaristes, on retrouve également à leurs côtés Ellie Haddington, June Watson, Daniel Ings (Psychoville), Phoebe Waller-Bridge, Kevin Trainor, David Troughton, Seeta Indrani, Brian Murphy, Marcia Warren, Carolin Stoltz ou encore Jack Roth.

Bilan : Dramédie au charme désuet assumé, The Café est une série instinctivement attachante. Dans la lignée de cette mélodie introductive qui résonne longtemps dans nos oreilles, elle séduit avant tout par son ambiance. Sa tonalité trouve le juste équilibre entre une part de légèreté et un versant plus nuancé où la vie se poursuit avec ses hauts et ses bas. Cherchant à mettre en scène des instantanés qu'elle veut "typiques" de cette petite bourgade balnéaire, il lui reste à développer ses personnages pour prendre la mesure du potentiel que cette galerie foncièrement attachante laisse entrevoir. En ce qui me concerne, j'ai bien envie de me laisser embarquer.
NOTE : 6,5/10
La bande-annonce de la série :
19:00 Publié dans (Comédies britanniques), (Pilotes UK) | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : the café, sky one, ellie haddington, michelle terry, june watson, ralf little, daniel ings, phoebe waller-bridge, kevin trainor, david troughton, seeta indrani, brian murphy, marcia warren, carolin stoltz, jack roth |
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24/03/2011
(Pilote UK) Twenty Twelve : dans les coulisses de l'organisation des Jeux Olympiques

Les résolutions sont faites pour ne pas être respectéees : les comédies ont à nouveau disparu de mes programmes. C'est un peu frustrant de constater qu'en dépit de mes efforts, le problème reste entier : à la différence d'un drame ou une dramédie qui saura me faire réagir, positivement ou négativement, face à sa qualité, la comédie me laisse généralement indifférente. Sitôt vue, sitôt oubliée. Et mes essais de 2011 ne se sont pas révélés décisifs pour le moment, même si, peut-être...
Prenons Friday Night Diner : c'était potentiellement sympathique, mais dès la fin du pilote, son concept seul m'ennuyait déjà. Puis, la semaine dernière, c'était au tour de Twenty Twelve de passer l'épreuve du premier visionnage. Après ma curieuse perplexité initiale, hier soir, je me suis finalement installée devant le deuxième épisode... Le ressenti diffus du premier s'est confirmé et même accentué : cette série m'intrigue. Et une comédie qui retient suffisamment mon attention pour me faire envisager... (soyons ambitieux...) le troisième épisode, cela mérite que l'on s'y arrête.

Diffusée sur BBC4 depuis le 14 mars 2011, son lancement coïncidant avec le décompte de 500 jours nous séparant de la cérémonie d'ouverture des prochains Jeux Olympiques de Londres, Twenty Twelve a commencé sur fond de polémique avec les créateurs d'une série au concept de départ très proche : The Games, imaginée pour la télévision australienne à la veille des JO de Sidney en 2000. Si vous voulez vous faire une opinion sur la controverse, des extraits d'épisodes de sa consoeur australienne sont disponibles sur YouTube, par exemple : The 100 Metres Track.
Derrière ses allures de faux documentaire aux accents satiriques, Twenty Twelve nous plonge dans les coulisses de la préparation des Jeux Olympiques prévus à Londres en 2012, au sein du comité chargé de cette - forcément complexe et propice aux crises de nerf - organisation. Dirigé par Ian Fletcher, il rassemble des personnes plus ou moins compétentes aux fonctions très spécifiques, qui occupent tous les postes à enjeu du projet : de la communication à la gestion des infrastructures, en passant par la pérennité et le sort ultérieur des infrastructures construites pour l'occasion.

Twenty Twelve est un mockumentary dans la plus pure tradition du genre. Avec sa mise en scène minimale, guidée par une voix off qui fait le lien entre des scènes parfois anecdotiques, la série va naturellement rechercher à créer une proximité avec la réalité. A partir de ce parfum d'authenticité, elle va ensuite distendre ce portrait, pour exploiter toute l'absurdité potentielle des situations dépeintes, portée par des personnages stéréotypés. Et à ce jeu de la mise en image d'un rafraîchissant ridicule flegmatique, à la sobriété déroutante, la série saura provoquer plus d'un sourire. C'est en effet lorsque ce style s'accompagne d'un comique de situation efficace que son potentiel se dévoile vraiment (l'horloge dans le premier épisode ; la gestion du retard et notamment la "crevaison" dans le deuxième épisode).
Si le pilote peinait à trouver son rythme, ne s'équilibrant que dans le dernier tiers, cela s'explique en partie par la nécessaire introduction de tous les personnages. L'épisode 2 est plus consistant, mais il confirme aussi cependant la première impression : Twenty Twelve ne parvient pas à fonctionner en roue libre, par elle-même. En effet, le temps que le problème du jour surgisse, ses dialogues manquent de punch, ou du moins de lignes corrosives qui feraient mouche et troubleraient une narration trop linéaire (on est loin de la dynamique autrement plus tranchante d'un The Thick of It par exemple). En revanche, et cela s'apprécie encore plus dans le second épisode, une fois que l'histoire est vraiment lancée, la sobriété excessive du style adopté s'avère pleinement justifiée.
Au final, même si la série gagnerait à trouver une meilleure homogénéité, elle n'en demeure pas moins non seulement plaisante, mais aussi assez jubilatoire lorsque la crise à gérer est à son apogée. Rien que pour voir la réaction des Brésiliens face à la fausse nouvelle de la crevaison (j'en souris encore), je crois que la série mérite un petit détour.

Sur la forme, Twenty Twelve respecte tous les codes du mockumentary classique. Caméra à l'épaule, la réalisation est nerveuse, le cadre changeant, donnant l'impression d'être aux côtés des différents protagonistes. Cela permet de renforcer à moindre frais cette fausse impression de réalisme. Par ailleurs, il faut aussi signaler - c'est suffisamment rare pour être souligné - l'existence d'un petit générique introductif, qui est même accompagné d'une chanson pas forcément en adéquation stricte avec le thème de la série, mais l'ensemble constitue une introduction décalée pas déplaisante.
Enfin, Twenty Twelve dispose d'un casting attrayant et solide, qui se glisse sans difficulté dans l'ambiance particulière que la série cultive. Il est emmené par un Hugh Bonneville (Lost in Austen, Downton Abbey) impeccable, aux côtés duquel on retrouve Amelia Bullmore (State of Play, Ashes to Ashes), Olivia Colman (Rev., Peep Show), Vincent Franklin (The Thick of It), Jessica Hynes (Spaced, The Royle Family) et Karl Theobald (Primeval). Enfin, c'est David Tennant (Doctor Who) qui se charge de la voix du narrateur, accentuant ainsi l'aspect documentaire de la série et servant à guider le téléspectateur.

Bilan : Mockumentary bénéficiant d'un cadre original (dans la limite de la question liée à The Games), forcément intéressant au vu des thématiques pouvant être exploitées, Twenty Twelve doit certes encore gagner en constance. Mais dans ses meilleurs moments, la série impose son style par le biais de sa mise en scène flegmatique d'un ridicule aux limites constamment repoussées. L'ensemble se révèle assez jubilatoire. En somme, si la tonalité et la sobriété peuvent dans un premier temps dérouter, on retrouve aussi dans cette série des passages où les fondamentaux du mockumentary sont à la hauteur des attentes. Un résultat qui mérite peut-être un coup d'oeil !
NOTE : 6/10
La bande-annonce de la série :
13:23 Publié dans (Comédies britanniques), (Pilotes UK) | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bbc, twenty twelve, hugh bonneville, amelia bullmore, olivia colman, vincent franklin, jessica hynes, karl theobald, david tennant |
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08/11/2010
(Pilote UK) The Trip : balade champêtre et gourmande dans le nord de l'Angleterre

Sur My Télé is Rich, on aime rien plus que voyager (du moins téléphagiquement parlant - parce qu'on est aussi pragmatiquement très attaché à sa connexion internet). Pas seulement voguer de pays en pays, mais aussi partir explorer les recoins et les charmes plus discrets des contrées qui nous sont familières. Fatigué de l'oppressant cadre citadin, vous ressentez l'appel des grandes étendues verdoyantes, de ce faux calme de la campagne dont le fond sonore est seulement rythmé par les bêllements de moutons ? Cela tombe bien, BBC2 a pensé à vous. Ou du moins a-t-elle choisi un cadre résolument champêtre pour y planter le décor de sa dernière comédie en date, dont la diffusion a débuté lundi dernier en Angleterre.
Il s'agit donc d'embarquer pour six épisodes de The Trip, une série s'inscrivant dans le registre des sim-com (les comédiens y jouent une version alternative d'eux-même, par exemple avec des traits de caractère accentué). Michael Winterbottom réunit donc devant sa caméra un duo d'acteurs qu'il connait bien pour proposer une fiction qui va finalement rejoindre la lignée et l'esprit du film A Cock and Bull Story.

Alors qu'il était dépêché par The Observer pour jouer les apprentis critiques culinaires dans une demi-douzaine de restaurants et petites auberges situés dans la région du Lake District, au nord-ouest de l'Angleterre, les plans bien ordonnés, pour mêler travail et plaisir, de Steve Coogan tombent à l'eau lorsque sa petite amie, Misha, décide soudain de le quitter pour retourner aux Etats-Unis. N'ayant jamais été un grand amateur de gastronomie et ne pouvant se résoudre à passer une semaine à voyager avec sa solitude, il se résoud à contacter Rob Brydon, le seul de ses amis potentiellement disponible pour tout quitter pendant quelques jours. La perspective de gîtes et couverts gratuits s'avérant difficile à décliner, Rob accepte de se joindre à Steve dans cette aventure culinaire et champêtre dans la campagne anglaise.
Après un bref voyage dépaysant à souhait, où le paysage de cette partie de l'Angleterre, superbement mis en valeur à l'écran, donne au téléspectateur de soudaines envies de dépaysement, sans pour autant voler la vedette à nos deux protagonistes, ce pilote va mettre en scène leur premier repas à l'auberge. Efficace, l'épisode s'attache à caractériser chacun des personnage, soulignant tant le narcissisme latent de l'un (Coogan), que l'autodérision prononcée à l'exès de l'autre (Brydon). Interpelé par l'indéfinissable impression d'une barrière d'intimité qui tombe, le téléspectateur n'éprouve aucune difficulté pour s'installer à leurs côtés, soudain inclus dans des discussions, naviguant entre pseudos private jokes volontairement lourdes et moments plus personnels, esquissant d'autres préoccupations d'avenir.
Au final, c'est en se complaisant dans ce créneau équivoque, entre vanité et authenticité, que The Trip va progressivement trouver ses marques.

A la lecture de cette présentation, vous devinez déjà que nous nous situons plus dans une série de niche, réservée aux amateurs, que dans une fiction tout public. The Trip est en effet une de ces comédies à la fois classique et post-moderne, à la croisée des genres, qu'il est difficile de cerner, ou de savoir vraiment comment prendre. En dilettante, sans avoir l'air d'y toucher, elle progresse avec un étonnant naturel. Elle ne cherche pas tant à nous faire rire, qu'à nourrir une confusion des tonalités s'attachant à l'installation d'une proximité de confort avec des protagonistes aux caractères rapidement bien marqués et installés. Les dialogues, dont la part d'improvisation véritable reste floue, cultivent avec une étrange saveur un art de la futilité qui sonnerait probablement très creux dans n'importe quel autre cadre. Pourtant, c'est dans cette désarmante banalité, aux allures vaguement désuettes, que se trouve l'identité de The Trip et sans doute une bonne part de son potentiel.
Sans véritable ligne directrice, les sujets de conversation s'enchaînent, avec une volatilité et une versatilité terriblement ordinaires, ouvrant la voie à une forme d'introspection des personnages. Entre rappels teintés d'accomplissements passés et frustrations actuelles, en passant par l'exploration de l'amitié qui unit le duo, tout sonne très juste, permettant à la série de capitaliser sur une indéniable dimension humaine. Les défauts et ambivalences de chacun, par moment à la frontière d'un pathétique éhonté, font ressortir une étonnante authenticité, un peu vaine, mais parfois presque attendrissante, comme en témoigne la dernière scène de cet appel du fin fond de la nuit, perdu au milieu de la campagne. C'est là que le registre sim-com représente une valeur ajoutée indéniable, par la pointe d'auto-dérision piquante qu'il permet ; même si cet angle a aussi ses détracteurs légitimes, tant la fin de la réalité et le début de la fiction paraissent volontairement excessivement flous par moment.
Corollaire de ce format, il suffira donc de rappeler que les rênes de The Trip ont été confiés à des acteurs confirmés, aux multiples caquettes, et habitués des comédies et autres one-man-show de l'autre côté de la Manche. Si Steve Coogan est sans doute plus connu pour son personnage d'Alan Partridge, Rob Brydon a notamment participé à certaines institutions de l'humour outre-atlantique, comme I'm sorry I haven't a clue.

Bilan : Avec son rythme lent, en rupture nette avec le côté survolé des comédies modernes, The Trip investit un registre un peu à part. Cultivant l'art des dialogues délicieusement futiles au cours desquels tout semble prétexte à une douce autodérision teintée d'une certaine mélancolie, c'est une ambiance détendue, sorte de désarmante parenthèse entre amis, qu'elle installe. De cette invitation à la balade gourmande, le téléspectateur retient un parfum inimitable d'authenticité dans les relations mises en scène, au potentiel introspectif indéniable et renforcé par la semi-improvisation des dialogues, qui met instantanément à l'aise devant notre petit écran. Bien sûr, il y aura toujours cette frontière un peu trop floue entre fiction et réalité qui pourra troubler certains. Mais si aucun fou rire n'est à prévoir, au-delà des quelques sourires suscités, il y a quelque chose de confusément plaisant et revigorant à passer une demi-heure devant The Trip.Quelque chose qui donne envie de découvrir jusqu'où le voyage nous conduira. Pourquoi pas ?
NOTE : 6,25/10
Une bande-annonce :
This Is How Michael Caine Speaks
21:40 Publié dans (Comédies britanniques), (Pilotes UK) | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : bbc, the trip, steve coogan, rob brydon, michael winterbottom |
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