26/03/2011

[TV Meme] Day 30. Saddest character death.

Aujourd'hui marque la clôture d'une rubrique qui aura accompagné le rythme de publication de ce blog depuis l'été dernier, avec le trentième et dernier jour de ce TV Meme. J'avais reécrit les règles pour l'occasion en en faisant un rendez-vous hebdomadaire. Le bilan de l'exercice me semble positif. Cela aura été l'occasion de parler de séries plus anciennes et de remonter aux fondements d'une passion dont ce blog n'est que la dernière déclinaison. Les choix faits auront toujours plutôt représentatifs d'une façon ou d'une autre ; si bien que j'ai l'impression que les objectifs initialement fixés ont été remplis.

 

Ce TV Meme se termine sur une note triste : ces passages poignants durant lesquels des personnages, que l'on suivait parfois depuis plusieurs saisons, meurent. De manière générale, j'ai la larme facile devant le petit écran. Il suffit souvent d'une musique appropriée et de quelques plans inspirés pour me faire entamer la construction d'une pyramide de kleenex sur ma table basse. L'émotionnel intense qui se rattache à ces moments explique que leur souvenir a aussi pu se graver plus profondément dans la mémoire téléphagique. Schématiquement, on peut distinguer deux types de mort : celle qui sont intégrées dans les arcs narratifs, bouleversant les bases d'une série qui se poursuit et dont on va apprécier les conséquences ; et celle qui va conclure une histoire, c'est-à-dire la série en elle-même.

D'aussi loin que je me souvienne, la première mort à m'avoir marquée appartient à la première catégorie. C'est le moment où j'ai pris conscience de l'existence d'un pan d'imprévisibilité scénaristique que je ne soupçonnais pas : les "piliers" des fictions me semblaient auparavant destinés à être immuables... et pourtant, ce fut le personnage principal, en bien des points représentatif de la sérien qui mourut dans ce season finale. Cette première pierre larmoyante de ma sériephilie se déroula sur un ring de boxe. Nous étions dans le dernier épisode de la première saison de Hartley Coeur à Vif : il s'agissait de Nick.


Avec le temps, je n'ai jamais perdu ma sensibilité pour ces passages. La série par laquelle j'ai sans doute vécu, de la manière la plus impliquée qui soit, les morts les plus poignantes restera probablement Urgences. La mort de Lucy me laissa terriblement bouleversée, tandis que je ne peux plus écouter la chanson "Over the rainbow" sans penser à Mark Greene (le simple fait d'ailleurs de revoir cette scène provoque aujourd'hui un pincement de coeur très particulier).

La mort de Mark ("Over the rainbow") :


Ce n'est sans doute pas un hasard si l'autre série qui s'est imposée comme une évidence dans ce dernier jour est une chronique qui partage un état d'esprit similaire, une importante et centrale dimension humaine transposée au quotidien d'autres services publics : New York 911 (Third Watch). Cette dernière n'a jamais été tendre avec ses personnages ; j'aurais pu citer la mort d'Alex ou celle de Cruz, mais c'est la première qui m'a indéniablement le plus marqué. Encore une fois, elle est associée à une chanson ("Only time" d'Enya). Lorsque l'épisode en question fut diffusé, un vendredi soir sur France 2, j'ai été incapable de dormir dans les heures qui ont suivi, tellement l'ensemble m'avait remuée. Sans doute était-ce parce que tout un épisode qui y était consacré (symboliquement, comme factuellement). C'est donc celle-ci que j'ai choisi :

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Bobby Caffee
(New York 911 (Third Watch), 2.17 - Unfinished Business)


Les dernières minutes de l'épisode, avec la chanson d'Enya, "Only Time", qui retentit :

 

Enfin, même si mon choix s'est arrêté sur une mort "intégrée à la continuité de la série", je ne peux sans doute pas occulter une autre façon d'utiliser la mort de personnage : celle qui intervient pour conclure la fiction. Dans ce registre, par leur format et leur sens de la tragédie particulièrement abouti, je pense que les séries asiatiques sont en mesure de faire plus que concurrence en terme de litres de larmes versés. J'avoue que je ne recherche pas vraiment ce type de série et j'ai tendance à éviter les fictions dont le synopsis révèle les thématiques difficiles sur lesquelles l'histoire va se concentrer. Mais j'ai quand même pu apprécier ce savoir-faire dans bon nombre de dramas historiques. Si je ne devais en retenir qu'une seule, ce serait une co-production sino-coréenne, dont la résolution fut très éprouvante : il s'agit de Bicheonmu.

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Et sur ces considérations se referme ce TV Meme. J'espère qu'en dépit des libertés que j'ai pu prendre avec le concept, cette lecture hebdomadaire vous aura intéressé.

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19/03/2011

[TV Meme] Day 29. Current TV show obsession.

Après s'être replongé dans le passé la semaine dernière, pour cet avant-dernier jour du TV Meme, c'est dans le présent que nous repartons. Notons quand même que le terme "obsession" est sans doute un peu disproportionné ;  en grandissant, à mesure que l'on gagne en expérience et en recul sur les productions que l'on voit, à l'emballement des premières découvertes du temps de l'adolescence, succèdent des impressions toujours aussi passionnées, mais quand même plus nuancées.

Réfléchir à ce jour du TV Meme, ça a été l'occasion de dresser un état des lieux des séries actuellement visionnées et/ou en cours de production. Quelle est donc la fiction qui se rapproche le plus de cette fascination prenante que seule la sériephilie parvient à faire naître en moi ? Celle dont j'ai une envie irrépressible de lancer l'épisode suivant lorsque le générique de fin retentit ? Celle, surtout, qui me fait me torturer les méninges en guise de debriefing sitôt l'écran éteint ?

J'avoue n'avoir pas vraiment hésité sur ma réponse : il y a en ce moment dans mes programmes une oeuvre particulière qui s'impose en effet naturellement.

C'est une série dont j'ai commencé le visionnage de la saison 1 au début du mois de février. Elle date de 2007. J'avais raté sa diffusion française au printemps dernier sur Arte. Comme j'hésitais à attendre le remake américain prévu sur AMC le mois prochain,  BBC4 aura finalement eu la très bonne idée de la programmer pour sa soirée du samedi (avec succès) depuis le 22 janvier 2011, à raison de deux épisodes par semaine. Cela a en plus eu l'avantage de m'offrir la possibilité de la voir en VOST. Si bien qu'en dépit du logo ornant les screen-captures ci-dessous, la série du jour n'est pas anglaise, mais bien danoise : il s'agit de Forbrydelsen (The Killing).

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Qui a tué Nana Birk Larsen ? Voilà la question autour de laquelle tourne ma téléphagie depuis plusieurs semaines. Forbrydelsen, c'est un vrai polar au sens classique et noble du terme. Le genre qui vous fascine et vous obsède. Loin du préformatage des procedural show, c'est la résolution d'une seule et même affaire qui va nous occuper pendant les 20 épisodes que compte cette première saison. Multipliant les points de vue, des enquêteurs à la famille de la victime, mettant en scène les confrontations d'intérêts si divergents qui nous conduisent à nous immiscer jusque dans le jeu politique local et des élections municipales qui se profilent, Forbrydelsen est une série captivante qui se nourrit des fausses pistes sur lesquelles elle nous entraîne.

Semblable à ces polars noirs desquels on ne peut se détacher avant d'avoir lu la dernière page, elle s'inscrit dans la tradition policière de ces fictions venues du froid des pays scandinaves. D'une sobriété et d'une rigueur jamais prise en défaut, elle installe une atmosphère bien à elle, vaguement dépaysante de par son cadre géographique et culturel. Elle parvient à retranscrire une tension palpable sans jamais verser dans la moindre surenchère, distillant patiemment, et tellement efficacement, un mystère qui va croissant.

Si le format des séries feuilletonnantes leur confère logiquement une portée et un impact autrement plus important, cela faisait des années que je n'avais pas été ainsi happée devant mon petit écran pour un même fil rouge aussi intensément vécu. Actuellement, j'ai tout juste dépassé la moitié de la saison 1 ; et Forbrydelsen s'est imposée ces dernières semaines comme mon rituel téléphagique dominical. Je savoure chaque week-end ma progression dans cette histoire dont la complexification ne semble pas avoir de fin, bénéficiant d'une maîtrise narrative impressionnante (Soit dit en passant, je préviens que je ferais s'abattre le marteau de Thor sur quiconque osera laisser traîner le moindre spoiler en commentaire de ce billet).

Je vous en reparlerai plus précisément ultérieurement pour un bilan d'ensemble, une fois ce visionnage achevé. Mais si vous n'y avez pas encore goûté, n'hésitez pas une seule seconde, vous ne regretterez pas l'expérience ! (Et puis, cette série a aussi conforté mes envies d'exploration des séries scandinaves.)

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12/03/2011

[TV Meme] Day 28. First TV Obsession.

Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours apprécié le petit écran. Certes, durant les quinze premières années de ma vie, l'accès au tube cathodique (d'alors) était strictement réglementé par une rigueur parentale que seule Urgences réussit à faire fléchir un temps pour aboutir à un compromis de circonstances. Mais pour le reste, j'ai toujours usé pleinement de la poignée de plages horaires dont je disposais.

Pour trouver trace de ma première obsession télévisuelle, il faut sans doute repartir avant l'époque où je devins "sériephile". C'est-à-dire quand j'ai cessé d'être une simple téléspectatrice passive suspendue aux caprices de programmation des chaînes. C'est l'entrée dans les années 2000 qui a marqué ce tournant. Mais auparavant, j'avais déjà connu mes premiers rituels téléphagiques, sans forcément être consciente des symptômes qui transparaissaient. Etait-ce normal de stabiloter méticuleusement le programme tv dès sa réception pour identifier tous les épisodes de la semaine sur le hertzien (en désespoir de cause et parce qu'ils en avaient marre de me voir colorier leur sacro-saint Télérama, mes parents avaient fini par m'acheter un Télé Z sur lequel je pouvais m'adonner à la mise en place de toutes mes complexes stratégies de visionnage) ? Etait-ce habituel de se ruiner en achat de VHS soigneusement étiquetées pour enregistrer lesdits programmes ? Et comment, diantre, avais-je échoué dans la case destinée aux insomniaques de France 2 le jeudi soir vendredi matin très tôt ? Bref, si avant le tournant des années 2000, je n'étais sans doute pas encore "sériephile", j'étais déjà une téléspectatrice assidue et organisée.


La décennie des années 90 a été celle de l'expérimentation. De cette première époque, parmi mes coups de coeur au sujet desquels mes antiques VHS sont alors encore là pour témoigner, on retrouve surtout des séries de M6 (c'est peut-être le moment de vous parler du mauvais temps, du mistral et des problèmes de réception de certaines chaînes hertziennes), avec une certaine tendance à l'aventure et aux voyages spatio-temporels. Parmi les objets de ma vénération adolescente, il y a eu tout d'abord Code Quantum.


Puis lui a succédé un  peu plus tard, Sliders : les mondes parallèles.


Mais ma première véritable obsession téléphagique est sans doute celle qui a dû être la plus chronophage que j'ai connue jusqu'à ce jour - A la Maison Blanche devant tout juste l'égaler en temps consacré à la série en dehors du simple visionnage des épisodes. C'est bien connu l'adolescent a généralement le sens de la démesure et l'obsession têtue et facile. Il s'agit d'une série devant laquelle je m'installais lorsque je rentrais du collège. Durant cette heure bénie où je pouvais profiter de la maison pour moi toute seule. Je lui dois mon ouverture sur le web, la découverte des communautés virtuelles de fans, l'engloutissement d'un certain nombre de VHS dans des enregistrements méthodiques, des centaines d'heures passées à lire et écrire mes premières fanfictions et même mes premiers bidouillages de codes html à cette époque où les pages perso à l'esthétique discutable fleurissaient.

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Outre le fait qu'elle avait l'avantage de passer à un moment où je pouvais regarder la télévision, il est facile d'identifier les raisons qui ont fait de Highlander ma première obsession télévisuelle. On retrouve déjà dans cette série d'aventure, diffusée de 1992 à 1998 et qui est arrivée en 1993 en France, un ensemble de thématiques clairement identifiées que, des années plus tard, j'aurais approfondies et chérirai toujours autant. Qui a dit que les goûts d'adolescence ne reflétaient pas déjà certaines inclinations ?

Après tout Highlander, c'était une bonne dose d'historique servie par des flashbacks qui permettaient de mêler un présent concret et un passé plus romanesque, ponctué de reconstitutions romancées en costume plus ou moins crédibles ou improbables. C'était une pointe de fantastique et de mythologie pour construire un univers qui flirtait avec un thème que d'autres genres approfondiront, celui de l'immortalité. C'était un cocktail d'émotions et de sentiments. C'étaient des personnages qui passaient rarement inaperçus. C'était aussi une certaine simplicité narrative confortable qu'apportait le manichéisme de son héros, que les évènements et les rencontres imprévues finiront par troubler et remettre en cause, à mesure que la série grandit. C'était du divertissement pour s'évader qui sent bon les années 90, lesquelles marquent tant ses codes narratifs que sa réalisation ou encore ses tenues vestimentaires. C'était également un aller-retour du vieux au nouveau continent, de Paris à Vancouver et cette image des quais de la Seine qui y resteront à jamais associés à cette péniche. Et puis, c'était enfin :

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(Methos - saison 3, episode 16)

Au final, je crois que l'attrait de Highlander résidait justement dans toute cette diversité. Il s'agissait d'une série qui offrait une sorte de pont entre les genres, les styles (à un épisode dramatique pouvait succéder un épisode autrement plus léger), les époques et les lieux. C'est sans doute pour cet appel à l'aventure qu'elle constituait que cette fiction a pu me séduire aussi fortement. Elle avait une base qui offrait des possibilités si vastes, si bien que j'ai probablement passé plus de temps à lire des fanfictions qu'à regarder les épisodes. Son concept seul avait quelque chose d'attractif, assez fascinant, qui, encore aujourd'hui, me fait ressentir autant de la nostalgie qu'une sincère affection pour la série. C'était une autre époque, mais elle a incontestablement marqué et forgé à sa manière ma passion actuelle.

Le générique de la saison 1 :


05/03/2011

[TV Meme] Day 27. Best pilot episode.

Le pilote. C'est une première rencontre avec l'univers d'une série qui peut aussi bien n'engager en rien le futur de la fiction que sceller sa destinée. Sa fonction première est bien entendu de capter l'attention du téléspectateur pour s'assurer qu'il reviendra, mais tant de facteurs et de variables entrent en compte pour sa conception, de la prise en main progressive d'un concept non encore maîtrisée, aux évolutions que le projet peut subir ensuite, à l'épreuve de l'écriture des scénarios et des réactions du public ou des décideurs... Des pilotes se cherchant encore ont pu engendrer des séries qui sont devenues de grands classiques ; à l'inverse, la réussite du premier épisode se révèlera parfois sans lendemain.

Comment dans ces conditions parvenir à désigner le "meilleur pilote" ? Cet épisode est rarement le plus abouti d'une série, laquelle de par son format est destinée à acquérir dans la durée sa pleine dimension. Mais il est cependant celui qui peut la faire partir sur les meilleures bases possibles. Par exemple, le recentrage narratif sur la fonction présidentielle et le staff en général qui s'opéra dans A la Maison Blanche après le pilote ne remet ainsi pas en cause le fait que l'épisode est une porte d'entrée parfaite dans l'aile ouest, en dépit de l'arrivée seulement finale d'un président qui reste durant tout l'épisode une figure tutélaire absente.

C'est donc le type de jour du tv meme où il aurait été facile de citer des dizaines de références ; mais c'est finalement sur un pilote extrêmement abouti, qui, instantanément, a fait passer sa série dans une autre dimension, que j'ai arrêté mon choix. Il s'agit du premier épisode d'une fiction devenue - à juste titre - un peu mythique, celui de Twin Peaks.

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Le premier souvenir que je conserve de Twin Peaks est associé à sa musique. Cette intrigante, étonnamment envoûtante mélodie, qui rythme le générique d'ouverture. Quand j'étais adolescente, j'en avais une version longue sur une cassette audio que j'ai dû écouter des dizaines, voire même des centaines de fois, parfois en boucle. Mais l'effet demeure aussi fort qu'au premier jour : dès que les premières notes retentissent, c'est toujours comme un frisson imperceptible, doublé de cette fascination caractéristique un peu grisante, que renforcent encore plus les images même du générique.

Le pilote de Twin Peaks est un des plus aboutis qu'il m'ait été donné de voir, sans doute en partie parce que c'est la série en elle-même qui, déjà, est à part. Non seulement pour la diffuse atmosphère énigmatique s'y trouve caractérisée, mais aussi parce que c'est toute l'identité de la série qui s'installe, de l'esthétique visuel à la musique, en passant par l'introduction des personnages. Flirtant avec la frontière floue de la normalité, il offre, derrière l'enquête criminelle qui est la porte d'entrée du téléspectateur, une immersion progressive admirablement maîtrisée dans le cadre si particulier de cette ville. Le soin apporté aux détails est frappant. Le moindre cadre semble réfléchi. C'est une atmosphère aussi indéfinissable que captivante, une étrangeté inclassable que le pilote esquisse sous nos yeux. Et si mes souvenirs sont un peu flous désormais, le magnétisme mystérieux qui émane de l'ensemble demeure gravé dans ma mémoire.


Le générique envoûtant :


26/02/2011

[TV Meme] Day 26. OMG WTF season finale

La sensibilité du téléphage à ce jour du TV Meme est un des symptômes de sa passion. Elle représente la capacité des scénaristes à lui fixer un rendez-vous qu'il n'oubliera pas, celui qui aura lieu dans quelques mois pour le retour des inédits de la série. Dans la construction narrative d'une fiction dont le format lui permet de s'étendre sur plusieurs années, la gestion de ces transitions est fondamentale. Cela signifie pas que ces fins de saisons seront automatiquement des ruptures. Certaines optent pour une simple continuité à peine perturbée, laissant le téléspectateur à son confort déjà bien rodé. De manière générale, entre la sobriété d'une season finale sans à-coup et les excès de remises en cause versant dans la surenchère, je préfèrerais toujours la première.

En somme, jouer avec les nerfs du téléphage, c'est grisant. Mais attention, il existe un art du cliffhanger  pour ne pas laisser un arrière-goût désagréable d'artificialité à un téléspectateur qui n'aime pas non plus la manipulation à outrance.

 

J'ai tendance à penser qu'un cliffhanger réussi sera tout simplement un passage qui restera dans notre mémoire téléphagique. Tous n'ont pas à être "explosifs". On a aussi connu ces conclusions emportant d'innombrables questions existentielles, voire plus superficielles, qui laisseront un aspect particulier en suspens sans empêcher le téléspectateur de dormir pour les prochains mois. La vie personnelle des héros peut en susciter plus d'un. En symbolique de cet effet d'annonce facile, mais dont je garde un souvenir plein de tendresse : la demande en mariage particulière dans Lois & Clark, saison 2, avec le "who's asking Clark or Superman ?" (oui, j'étais une adolescente un tantînet fleur bleue !). Mais l'élément introduit peut être autrement plus dérangeant, comme découvrir la personne à côté de laquelle Lorelai se réveille à la fin de la saison 6 de Gilmore Girls.

Lois & Clark : Les nouvelles aventures de Superman, saison 2


Néanmoins, les cliffhangers les plus aboutis, ceux dont on se souvient encore parfaitement lorsque l'on jette un regard rétrospectif sur la série, ce seront avant tout ceux qui auront fait vasciller les bases même du récit. S'ils sont bien maîtrisés, ils peuvent être géniaux. En leur sein, deux grandes catégories se distinguent : ceux qui optent pour le suggestif, en laissant la storyline en suspens (par exemple en mettant en danger la vie d'un (ou plusieurs) personnage mais sans que l'on sache ce qu'il va lui advenir), et ceux qui provoquent le bouleversement avant la fin, pour nous abandonner devant un "to be continued" qui n'aura jamais été aussi frustrant que lorsque vous venez d'assister à une telle redistribution des cartes.


Des season finale appartenant à la première catégorie, parmi ceux qui me viennent instinctivement à l'esprit, je citerais notamment : certaines des fins de saison de Spooks (MI-5), série qui nous laissa plus d'une fois sans voix notamment lors de ses deux premières saisons ; mais également Babylon 5 (saison 3 - Za'ha'dum) ; ou encore Farscape qui en a fait une spécialité maîtrisée (saison 2 - Die Me Dichotomy ; saison 4 - Bad Timing) ; et enfin The West Wing, saison 1 : What Kind of Day Has It Been ?. Le seul que j'ai vécu pleinement (c'est-à-dire pour lequel je n'ai pas pu lancer le DVD de l'épisode suivant dans la foulée) est le dernier, c'est sans doute pourquoi il demeure emblématique dans mon esprit, tout en mettant en scène un indémodable classique : une fusillade. Plus que le contenu, ceci s'explique par les conditions (compliquées) dans lesquelles je l'ai suivi : dans l'anonymat des soirées du vendredi de l'été 2001, France 2 avait confidentiellement diffusé la saison 1. Elle ne reprit sa diffusion de la saison 2 à destination des noctambules que plusieurs années après (2005 ?). Entre temps, je vous rassure, j'avais pu me ruiner en investissant dans les coffrets DVD sortis. Il reste que c'est sans doute le season final que j'ai ressenti le plus intensément parce que j'ai été forcée de respecter ce délai théoriquement imparti entre les deux saisons. Ce qui m'amène à penser que pour qu'un cliffhanger puisse être vraiment apprécié, il faut que son visionnage respecte le rythme de diffusion pour lequel il a été conçu ; mais aussi éviter de tomber dans cette chasse aux spoilers quasi-obsessionnels pour certains. Il faut rester dans sa bulle et apprécier le récit pour ce qu'il est (une utopie à notre époque).

The West Wing, saison 1 : What Kind of Day Has It Been ?



Cependant, les fins les plus marquantes restent sans conteste celles qui ont su bouleverser vraiment les bases narratives de la série, celles qui ont remis en cause tout ce quotidien confortable dans lequel le téléspectateur avait pris ses habitudes, faisant voler en éclat toutes ses certitudes conquises après plusieurs saisons à fréquenter les personnages et la dynamique d'ensemble. Ne nous voilons pas la face : ce sont aussi les cliffhanger les plus risqués. Il est si facile de trop en faire, d'égarer la recette de la série, voire de jump-er the shark en étant ensuite incapable de rebondir à partir des nouvelles données.

Parmi ces cliffhangers les plus ambitieux, deux me viennent tout particulièrement à l'esprit. Tout d'abord, celui de la fin de la saison 2 d'Alias. Je vous l'ai déjà dit : je n'aime pas le style de J. J. Abrams ; quelque part au milieu de Ses conceptualisations mythologiques, de sa gestion d'écriture et des personnages, j'ai un jour eu une réaction épidermique de rejet que je n'ai depuis jamais surmontée. Alias fut la dernière série que j'ai, un temps (2 saisons), pu apprécier - je crois qu'elle est aussi celle qui m'a vacciné de l'illusion des fictions mythologiques. Mais j'ai beau nourrir nombre de griefs à l'encontre du scénariste, je suis la première à reconnaître que ce final de la saison 2 était... magistral ! Je m'en souviens encore comme si c'était hier : il mêlait absolument tous les ingrédients, une vraie remise à plat générale, avec du mystère, de la mythologie et des instants shipper. Je me rappelle trépignant devant ma télé en m'écriant (intérieurement) : "non, ce n'est pas possible !".

L'autre grand final de ce genre conclut aussi une saison 2, il s'agit de  Battlestar Galatica (Lay down your burden). Sur New Caprica, les colons sont désormais installés, Gaïus est président... Une illusion de presque happy end balayée et réduite à néant en un instant, par ces quelques dernières minutes qui relancent ce cycle fatal sans fin : l'arrivée des cylons.

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Pour autant, si la science-fiction offre des possibilités fascinantes pour conclure une saison, j'ai aujourd'hui opté pour un autre genre de bouleversement. Une fin plus basique mais tout aussi intense qui vient consacrer, de la plus terrible des façons, une autre spirale : un glissement hors de contrôle déjà perceptible, désormais irréversible. Il s'agit d'une mort particulière, comme un symbole, celle qui vient marquer la fin de la saison 5 de The Shield.

Ce meurtre glaçant prend au dépourvu par ses circonstances, tant par la victime que par l'identité du tueur... Elle marque véritablement la fin de l'idée même de la Strike Team, telle qu'on a pu la connaître en dépit de tous les aléas. La sentence de Vic, à la toute fin de l'épisode, où il promet une vengeance implacable nous confirme que plus rien ne pourra être comme avant. Même s'il ne le sait pas encore, la confrontation avec Shane se profile irrémédiablement à l'horizon. L'engrenage infernal lancé des années plus tôt vient soudain de s'accélérer dangereusement, le téléspectateur étant pleinement conscient que cela ne peut que mal se terminer.

The Shield, le superbe teaser de la saison 6 :



The Shield
- Entre la 5 et la 6, un webisode effectuait un lien entre les saisons :

19/02/2011

[TV Meme] Day 25. A show you plan on watching (old or new).

Par définition, voici le jour du TV Meme qui donne des sueurs froides au téléphage consciencieux. Le moment de dresser une liste de toutes ces séries si nombreuses qu'il n'a pas encore vues, mais qu'il rêve de pouvoir caser dans ses programmes surchargés et qui n'attendent au final qu'une fenêtre de temps libre pour se glisser jusqu'à son petit écran. Si le choix est compliqué, c'est un jour du TV Meme presque facile parce que ce sont des projets qui flottent toujours dans un coin de notre tête, le passionné ayant naturellement tendance à éditer et, surtout, ajouter à cette liste de nouvelles séries sur lesquelles il lit ou dont il entend parler chaque semaine. C'est un cercle vicieux inhérent à la sériephilie et qui se divise en deux grandes catégories de visionnages : les "rattrapages" et les "nouveautés".


Commençons donc par la première : toutes ces séries dont nous sommes passés à côté au moment de la diffusion, et qui depuis nous narguent et nous appellent. En début d'année, je m'étais fixée quelques résolutions utopiques pour 2011. C'est ainsi que j'avais établi un tableau de mes priorités à rattraper au cours des 12 mois à venir. J'avais plus ou moins arbitrairement sélectionné une série par pays considéré. Une série dont je n'ai jamais vu un seul épisode, mais qui a attiré mon attention, pour des raisons diverses : que ce soient par les échos que j'ai pu en avoir, la place qu'elle occupe dans le monde de la télévision, ou encore pour les noms qui y sont associés. Cela donnait le résultat suivant :

En Angleterre - Lark Rise to Candleford : Un period drama anglais que je n'ai pas vu ? Une anomalie à corriger.
En Australie - The Circuit : Un legal drama aux frontières aborigènes en faveur duquel certaines personnes ont fait tant de prosélytisme que je suis prête à m'y lancer les yeux fermés.
En Corée du Sud - Winter Sonata : Je sais que ce n'est pas mon genre de fiction (le mélodrama). Mais pour ce que cette série représente au sein des k-dramas, ainsi que pour son casting (cependant, ce sera quand j'aurais retrouvé le coeur de revoir Park Yong Ha dans mon petit écran).
Aux Etats-Unis - In Treatment : Une série dont le concept la place un peu à part et qui m'a toujours profondément intrigué.
En France - Un village français : La reconstitution de l'occupation sous la Seconde Guerre Mondiale. Le seul pitch de départ suffit à me vendre à la série. Je me demande toujours où j'étais quand la première saison a été diffusée.
Au Japon - Last Friends : On m'en a tellement parlé lorsque j'ai visionné Sunao Ni Narenakuta l'an dernier.
A Taiwan - Black & White : Ce devait être mon premier tw-drama, il va bien falloir se lancer. 

A ce jour, j'ai commencé le visionnage d'une seule de ces séries : Un village français. J'en suis actuellement à la saison 2 et je l'apprécie de plus en plus, tant pour la reconstitution proposée que pour les personnalités qui portent le récit. J'aurais sans doute l'occasion d'en reparler quand j'aurais achevé la saison 3.

Cependant, dans toute cette liste (qui se complète d'un certain nombre d'autres séries), je pense que celle dans laquelle je souhaiterais m'investir en priorité, ce serait In Treatment. Cela fait déjà quelques temps que j'ai acheté la saison 1 en DVD. Elle est encore à ce jour emballée dans son plastique d'origine. Plus qu'une question de temps libre, je crois qu'il existe des séries que l'on ne se sent prêt à regarder que si certaines conditions très particulières sont réunies. In Treatment me semble de celles-là, d'après ce que j'ai pu en lire. J'ai très envie de savoir et de prendre le temps de l'apprécier. Vivement donc... euh... Le déclic !

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A côté des rattrapages, la deuxième grande catégorie de séries pour lesquelles il va falloir faire une place dans les plannings, ce sont les nouveautés à venir. Parmi celles attendues pour 2011, voici les quelques pistes que je surveille :

En Angleterre - Silk : Un legal drama écrit par Peter Moffat avec Rupert Penry-Jones... Ai-je vraiment besoin de développer ?
En Corée du Sud - Crime Squad : Je devrais sans doute être vaccinée des tentatives de cop-shows coréens, mais je ne peux pas rester sur le seul souvenir de A man called God concernant Song Il Gook. Et les promos ont achevé d'aiguiser ma curiosité.
Aux Etats-Unis - Game of Thrones : De la fantasy. Sur HBO. Adaptant une des grandes sagas littéraires de la dernière décennie.
En France - Les Beaux Mecs : Grâce à la promo du Village, et parce que j'ai essayé de citer une série qui n'est pas historique juste pour voir si j'en étais capable.
Au Japon - Nankyoku Tairiku : Je ne suis pas assez l'actualité pour savoir ce que les prochains mois nous réserve, mais j'ai vu passer l'annonce du casting de Kimura Takuya pour ce drama prévu pour l'automne prochain
. S'il a retenu mon attention, c'est que l'histoire vraie dont cette série est tirée est celle qui fut à la base du premier film japonais que j'ai vu de ma vie (Antarctica). Je serai donc curieuse de suivre ce projet s'il voit le jour !

Parmi toutes ces séries, celle dont j'attends le plus, c'est sans doute Game of Thrones. Il y a la place de faire quelque chose de vraiment intéressant et de différent par rapport à ce que la télévision propose actuellement. Et surtout c'est une histoire qui correspond parfaitement à mes goûts. Je suis non seulement une grande lectrice de fantasy, mais aussi une grande fan des livres d'origine, donc... Je vais croiser les doigts !


Une bande-annone de Game of Thrones :


En conclusion, les esprits chagrins noteront que je me retrouve avec deux séries diffusées sur une même chaîne... Cela tend encore une fois à prouver deux choses. Tout d'abord, la promotion américaine reste celle dans laquelle je baigne le plus et qui demeure la plus influente pour attiser les curiosités, ne serait-ce que par les réseaux sociaux que je fréquente. De plus, on peut dire ce qu'on veut sur les âges d'or et autres des chaînes US, et couvrir de louanges certaines (à juste titre)... Mais mes goûts n'ont manifestement pas suivi la tendance et semblent toujours rester (bloqués?) fidèles à HBO.

12/02/2011

[TV Meme] Day 24. Best quote.

On ne le répète peut-être pas assez, mais le petit écran est un art mis au service des mots. Sa force, c'est la manière dont il exploite, comprend et appréhende leur poids. Ce n'est pas pour rien si le téléphage repèrera rapidement les noms de ses scénaristes fétiches, ces magiciens du verbe qu'il suivra avec attention. Les phrases marquantes, les séries en recèlent. C'est ce qui fait leur identité. C'est pour cela que ce jour du TV Meme apparaît si dur à trancher.

Parmi ces phrases, il y a bien sûr ces grands discours inspirés, abordant des thématiques fortes qui nous peuvent toucher sur un plan autant émotionnel qu'intellectuel. Des séries comme The West Wing, Babylon 5 ou Battlestar Galactica, par les thèmes qu'elles traitent, ont excellé dans cet exercice. Poussée à son extrême, cette logique nous conduit d'ailleurs tout droit dans les prétoires, où des legal dramas ont su offrir des monologues fascinants et inspirants, portés par l'éloquence de leurs interprètes et la justesse des plaidoiries ciselées des scénaristes, parmi lesquels le maître en la matière demeure pour moi David E. Kelley. Combien de fois me suis-je laissée entraîner et submerger par les conclusions d'Alan Shore (Boston Legal), dans une série qui su repousser à leur maximum toutes les limites de cette capacité tribunitienne du petit écran ?

A côté de ces plus longs discours, il y a toutes ces répliques cultes qui doivent tout à la personnalité de celui qui les prononce. Tous ces House-ism qui nous ont fait jubiler devant notre petit écran, nous laissant savourer les perles tranchantes des vérités  du Docteur House (House MD), resteront assurément dans la mémoire téléphagique. Et puis, il y a aussi ces phrases qui vont claquer comme un slogan, dont la brièveté et la répétition va permettre de les graver dans nos têtes. Ces quelques mots demeurent alors comme un symbole irrémédiablement associé à l'identité de la série. C'est un cri de ralliement comme aucun autre. Une série comme Doctor Who en est, par exemple, truffée du fameux "Allons-y Alonso" au dernier "Bow ties are cool" (saison 5). Parfois, la confusion avec le slogan est complète, comme dans Friday Night Lights qui continuera longtemps de faire résonner dans nos esprits son "Clear eyes. Full hearts. Can't lose". Cela peut même être extrêmement minimaliste, mais saura tout autant marquer le téléspectateur. Un petit "Nobuta power... Chunyuu !" (accompagné du petit signe de la main !) me fait toujours fondre en repensant à ma première rencontre avec Nobuta wo Produce.


Nobuta power ! Chunyuu ! (Nobuta wo produce)


Tout ça pour dire qu'il y aurait des milliers de répliques appropriées pour ce jour, qui seraient légitimes pour des dizaines de raisons différentes. Parce que c'est justement le rôle et la fonction des séries de nous marquer par ses mots.

Finalement, au milieu de ces choix multiples, celle sur laquelle je me suis arrêtée, je l'ai choisie pour sa simplicité. Parce qu'elle n'est qu'une anecdote, mais qu'elle capture un personnage et pose une ambiance. Je l'ai choisie pour ce qu'elle représente, la rencontre au cours du pilote de la série avec un personnage, véritable pivôt de la série. Je l'ai choisie pour ce sourire plein de tendresse qu'elle me procure quand je revois dans ma tête John Spencer prononcer ces mots. Voyez-y tout à la fois une pointe de nostalgie et un modeste hommage. Sans doute était-ce à ce moment-là du pilote que j'ai su que The West Wing serait pour moi une série à part.

"17 across. Yes, 17 across is wrong... You're spelling his name wrong... What's my name ? My name doesn't matter. I am just an ordinary citizen who relies on the Times crossword for stimulation. And I'm telling you that I met the man twice. And I recommended a pre-emptive Exocet missile strike against his air force, so I think I know how..."

(Leo McGarry au téléphone avec un journaliste du New York Times au sujet de l'orthographe d'un nom propre des mots croisés de l'édition du jour - The West Wing)

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"They hang up on me every time."

05/02/2011

[TV Meme] Day 23. Most Annoying Character.

Nous abordons aujourd'hui un jour qui fâche dans le TV Meme, celui dédié à ces personnages qui sont devenus, progressivement, nos bêtes noires personnelles du petit écran. Ceux dont la seule vue sur un plan de caméra nous exaspère déjà. Ceux qui nous font lever les yeux au ciel quand ils déclament leurs lignes. Ceux qui réveillent nos plus bas instincts, et pour lesquels on est proche de confectionner une poupée vaudou, ne serait-ce que pour leur remettre - si c'était possible - les idées ou le sens des priorités en place.

Personnellement, je ne suis pas une téléphage prompte à vraiment me crisper ou me braquer contre un personnage que je vais peu apprécier. Certes, beaucoup ont pu m'irriter. Mais généralement, je tombe dans une relative indifférence, qui fait que je prends peu à coeur leur comportement comme leurs dialogues. Oh, je l'avoue, il y en a quelques-uns sur lesquels j'ai tout particulièrement buté, aussi ennuyeux qu'agaçants. Notons que je prends la chose plus à coeur par proportion à mon affection pour la série concernée. Plus j'aime, plus je suis sensible.

Même si certains auront eu, au cours de leur existence télévisuelle quelques étincelles pour nuancer ce sombre portrait que mes souvenirs en gardent, me viennent notamment à l'esprit des personnages comme Logan Cale dans la saison 2 de Dark Angel. J'ai aussi entretenu des relations très chaotiques et versatiles avec les protagonistes de Battlestar Galactica, dont plusieurs ont pu me faire atteindre des sommets d'agacement (ce qui a toujours été très paradoxal pour une série que j'appréciais ; mais, justement, je pense que mon agacement était à la hauteur de mon amour pour la série) : sont spécifiquement visées notamment  Cally Henderson ou Dee Dualla. 

Mais, actuellement à la télévision, celui qui mérite amplement de remporter la catégorie est un personnage qui avait a priori tout pour me plaire - par sa nature - mais dont le comportement est tombé dans une telle caricature mièvre que peu importe une saison 3 qui épice tout ça. Pour les deux premières saisons de calvaire qu'il m'a fait subir dans True Blood, il est donc l'heureux élu sans débat possible : Bill Compton.

 

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True Blood

 


Un seul rappel pour expliquer ce choix, ce cri difforme, semi-plaintif que l'on finit par interpréter comme un appel aux instincts intérieurs les plus primitifs et violents du téléspectateur : "Sooooooooooooooooookiiiiiie" (à multiplier par 15 en une heure, puis à nouveau par 12 pour chaque épisode d'une saison, afin de bien en comprendre l'effet).

Bref, un choix logique : pour avoir réussir à me faire détester un vampire... à moi !