31.07.2011

(Pilote NZ) Nothing Trivial : une dramédie adulte et attachante

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J'ai beau essayer de suivre ce que j'appelle une "sériephilie sans frontières", il y a toujours des pays envers lesquels une inclination naturelle se développe. Je ne saurais pas vous expliquer pourquoi l'Angleterre, plutôt que les États-Unis. Pourquoi la Corée du Sud, plutôt que le Japon. Ou bien, dans le cas qui nous intéresse aujourd'hui, pourquoi la Nouvelle-Zélande, plutôt que l'Australie. Mais c'est ainsi. Car visionner le pilote de Nothing Trivial n'a fait que confirmer l'affection que j'éprouve pour la télévision néo-zélandaise : de This is not my life à The Almighty Johnsons, j'y retrouve une atmosphère, un style... un confort particulier, qui me donne envie de revenir la semaine suivante.

Nothing Trivial a débuté le 20 juillet 2011 sur la chaîne Tv One. Commandée pour une saison de 13 épisodes, on retrouve une équipe familière à sa création : Rachel Lang et Gavin Strawhan. Ces scénaristes étant plus ou moins à l'origine de toutes les séries néo-zélandaises que j'ai eu l'occasion de visionner (ce qui n'est pas un nombre très élevé), je ne sais trop comment apprécier dans quelle mesure ces fictions reflètent le style d'une télévision nationale, ou de ses auteurs. Mais l'essentiel est ailleurs : même si Nothing Trivial ne révolutionnera pas son genre, c'est une dramédie adulte et attachante d'où émane une chaleur humaine particulière qui ne laisse pas indifférent.

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Essayant d'échapper aux conseils trop appuyés d'une mère envahissante qui ne fait que pointer combien sa vie sentimentale est un désastre et qu'il sera bientôt trop tard pour y remédier, Catherine se réfugie, pour lire, dans un bar où se déroule un "pub quiz" : chaque semaine, plusieurs équipes s'y affrontent sur des questions de culture générale et autres devinettes de pop-culture. Comme ils se sont installés à sa table, Catherine rencontre ce soir-là quatre autres personnes venues également s'évader de leurs soucis quotidiens, et notamment d'une vie amoureuse en ruine. Au cours de la soirée, chacun se prend peu à peu au jeu, et à l'enjeu.

Nothing Trivial, c'est donc une rencontre à un "pub quiz" qui va devenir le rendez-vous hebdomadaire, permettant à ces cinq adultes de passer du bon temps, loin des tracas du quotidien. La soirée que nous faire vivre le pilote se déroule dans une atmosphère aussi joyeusement animée, que sacrément alcoolisée, agrémentée de flashbacks qui nous introduisent l'histoire de chaque personnage, nous expliquant leurs soucis des dernières semaines et, plus généralement, comment et pourquoi, ils sont venus au "pub quiz". C'est une tranche de vie, humaine, confortable et directe, qu'ils font finalement partager avec le téléspectateur.

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Restant dans les sentiers les plus classiques de la dramédie adulte sentimentale, Nothing Trivial reprend les thèmes traditionnels du genre, avec des figures qui sont familières : de la célibataire endurcie parce que trop exigeante à celle qui semble ne jamais savoir choisir la bonne personne, en passant par celui dont le couple est en train de se défaire irrémédiablement. Pourtant, dès ce pilote, la série parvient à faire naître une empathie particulière à l'égard de ces personnages. Cela s'explique par la simplicité, mais aussi la relative sobriété, avec lesquels cette dimension relationnelle est mise en scène. Toutes ces situations renvoient une impression de proximité, le sentiment que l'on pourrait tous passer par là, et c'est ce ressenti qui fait que le téléspectateur va facilement se glisser à leurs côtés.

Pour appuyer cet aspect très humain, la série dispose en plus d'un atout particulier qui fait toute son originalité : celui de mettre en scène un "pub quiz" autour duquel vont se réunir et se lier d'amitié cinq personnes très différentes, dont le point commun principal est la douleur qu'ils partagent en songeant à l'état de leur vie sentimentale. Le cadre du bar offre une occasion de s'évader, en fuyant la solitude qui fait glisser trop facilement les introspections vers de pesants auto-apitoiements. A mesure que la soirée avance, une dynamique se crée peu à peu, dans les tensions comme dans les potentialités de liens qui s'esquissent. Chacun se prend au jeu de la compétition, finissant par dépasser ses réticences initiales pour s'unir dans un but commun : celui d'essayer de gagner. La force de la série, c'est que l'enthousiasme pour le "pub quiz" se révèle des plus contagieux. Comme intégré, le téléspectateur devient, au fil du pilote, le sixième membre, extérieur mais tout aussi impliqué émotionnellement, au sein de cette bande d'amis en gestation. C'est ainsi que l'on se surprend à sourire franchement devant l'explosion de joie qui accompagne la réussite finale à la dernière série de trois questions : la chaleur humaine de cet instant va droit au coeur. Quelque part, c'est aussi le téléspectateur qui se requinque aux côtés de ces protagonistes, et, mine de rien, ça fait sacrément du bien. 

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Sur la forme, si Nothing Trivial ne présente pas de particularité quant à sa réalisation, classique, avec des cadres généralement serrés et peu de plans larges, c'est par sa bande-son qu'elle installe son identité. Recourant naturellement à des courts morceaux musicaux, accompagnant les scènes ou servant de transition entre certains passages, elle dispose d'un accompagnement musical omni-présent, renforçant la légèreté de sa dynamique de dramédie, mais sans jamais en faire trop, ou verser dans des excès "clipesques".

Enfin, Nothing Trivial rassemble quelques têtes familières du petit écran néo-zélandais : suivant les traces d'un "buddy show", le groupe d'amis qu'elle met en scène intéragit avec un naturel appréciable. Les tensions, comme les affinités qui peuvent transparaître, sonnent justes. On retrouve réunis devant la caméra Blair Strang (Shortland Street, Go Girls), Nicole Whippy (Outrageous Fortune), Shane Cortese (Outrageous Fortune), Tandi Wright (This Is Not My Life, Shortland Street) et Debbie Newby-Ward (Shortland Street).

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Bilan : Le pilote de Nothing Trivial se termine le sourire collé aux lèvres, avec l'envie soudaine de se verser un verre de vin, tout en souhaitant très rapidement retrouver cette bande d'amis et le souffle caractéristique de la compétition du "pub quiz". Dramédie relationnelle confortable et chaleureuse, cette première introduction réussit à séduire par sa vitalité, mais aussi par l'empathie naturelle qu'elle engendre. Ce n'est pas un chef d'oeuvre, ni une fiction marquante en tant que telle, mais c'est une série qui se visionne de manière très agréable, et dont la dynamique d'ensemble fait chaud au coeur. En fait, Nothing Trivial s'apprécie pour son humanité, et c'est déjà beaucoup. Tous les téléspectateurs n'y trouveront pas leur compte, c'est certain, mais voilà bien un pilote qui a su me parler et me toucher : n'est-ce pas là l'essentiel ?


NOTE : 6,75/10


La bande-annonce de la série :

28.07.2011

(US) A la Maison Blanche (The West Wing) : Hommage personnel à une grande série

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Hier soir, j'ai ressorti un des premiers, si ce n'est le premier, coffret DVD de séries que j'ai acheté, pour une célébration un peu particulière. Car en ce mois de juillet 2011, je fête un anniversaire d'un genre à part : il y a dix ans, je suis devenue sériephile. Certes, je regardais déjà beaucoup de séries auparavant. Mais un tournant s'est produit cette année-là, une prise de conscience. Au cours de l'été 2001, le vendredi soir en deuxième partie de soirée, France 2 diffusa la première saison d'une série créée en 1999 et qui connaîtra en tout 7 saisons sur la chaîne américaine NBC : A la Maison Blanche (The West Wing).

C'est étrange comme la mémoire humaine fonctionne, car je me souviens encore distinctement de cette soirée estivale. Ou plutôt du frisson, entre vertige et jubilation, qui accompagna mon visionnage du pilote. C'était une euphorie diffuse, unique, une sensation que je n'avais jamais éprouvée jusqu'alors devant aucune série. Ce soir-là, je me suis dit que si la sériephilie pouvait procurer ce genre d'émotions, si elle savait proposer ce type de créations, alors elle méritait qu'on s'y investisse sérieusement.

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Lors du TV Meme, l'an dernier, je vous avais déjà confié qu'il n'y a pas de débat, ni d'hésitation, lorsqu'on me demande aujourd'hui quelle est ma série préférée : A la Maison Blanche s'impose comme une évidence. Elle m'a marqué plus que toute autre, et aucune fiction ne saura jamais rivaliser avec elle. Tout simplement parce qu'au-delà de ses qualités, il y a d'autres éléments purement conjoncturels qui ont installé cette série au sommet de mon panthéon personnel. A l'époque, j'avais 16 ans, une passion dévorante pour les États-Unis et une fascination pour la politique qui m'avait fait engloutir des rayonnages entiers de bibliographies de présidents américains. Un intérêt qui se faisait ressentir jusque dans les fictions : un des romans que j'ai le plus (re)lu cette année-là était Nulle part au monde, de Richard North Patterson.

Et puis, ma sériephilie même était encore en phase d'éveil et d'apprentissage, à la croisée des chemins. J'avais déjà regardé suffisamment de séries télévisées pour me construire un étalon qualitatif et une esquisse de sens critique, mais pas encore suffisamment pour être devenue cynique ou blasée. C'était une période charnière dans la construction de cette passion. La force d'A la Maison Blanche est d'avoir su parler aussi bien à mon coeur qu'à ma tête.

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A la Maison Blanche a donné ses plus belles lettres de noblesse à la fiction politique, intimidant et servant désormais autant d'inspiration que de repère à tout un genre télévisuel. La génération des Borgen n'a-t-elle pas grandie devant cette oeuvre ? Ancrée dans le réel, elle a su s'adresser et toucher le téléspectateur-citoyen. Grâce au savoir-faire de ses scénaristes-orfèvres, elle a réconcilié le plus désabusé d'entre nous avec les ressorts et rouages d'une politique politicienne qui a soudain retrouvé un sens. La série fera toujours preuve d'une pédagogie consciencieuse, mais jamais rébarbatrice, restant constamment accessible à un public pas forcément familier des institutions américaines.

Si A la Maison Blanche a tant marqué, c'est aussi parce qu'elle n'a jamais hésité à aborder de manière frontale des thématiques sociales importantes, centrales dans les démocraties occidentales modernes. Ses sujets ont toujours paru très concrets. Jamais timorée, elle ne s'est pas défaussée devant les thèmes les plus sensibles ou difficiles. Elle n'a jamais avancé cachée, ne dissimulant pas le fait que parler politique, c'est effectivement émettre des opinions, pas forcément consensuelles. La série a toujours assumé son discours. Ses personnages ont argumenté, construit des réflexions, esquissé des réponses et prôné des principes et des valeurs, sans pour autant jamais s'égarer dans un élan moralisateur. Elle a su trouver ce bon dosage, cet équilibre si volatile, entre réalisme et idéalisme, pour faire vibrer la fibre particulière qui se trouve en chacun de nous : sans s'abaisser à un plus petit dénominateur commun hypothétique, elle nous a au contraire tous élevé dans son sillage.

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A la Maison Blanche, c'est aussi un style d'écriture très reconnaissable et qui a forgé son identité. La série a été créée par Aaron Sorkin, un scénariste n'aimant rien tant que nous plonger dans l'envers du décor, comme l'illustrent ses autres séries, de Sports Night à Studio 60 on the Sunset Strip. Les quatre premières saisons portent indéniablement sa marque. Son départ bouleversera l'équilibre originel de l'oeuvre, mettant à mal ses fondations. Après une saison 5 hésitante et troublée, la plus faible des sept, la série retrouvera cependant ensuite une seconde vie, s'épanouissant dans un autre registre, au cours de ses deux dernières saisons qui complètent finalement pleinement le cycle politique et humain qu'elle nous aura fait vivre.

Ses fameuses "réunions pédestres", survoltées, hantant les couloirs de l'aile ouest resteront une des images caractéristiques à laquelle demeure associée la série, jusque dans cette parodie célèbre de Mad Tv qui les met en scène. En effet A la Maison Blanche est une série qui parle beaucoup, mais qui n'ennuie jamais. Ses dialogues admirablement ciselées, déclamés suivant un débit à donner le vertige, reflètent une maîtrise de l'écriture proprement jubilatoire pour un téléspectateur qui se laisse emporter. Alternant le sérieux mais aussi l'humour, cette série m'aura fait pleurer de tristesse, mais aussi de rire. La dureté des drames de certains épisodes trouve son pendant parfait dans la légèreté d'autres (ah, le plan secret de Josh pour lutter contre l'inflation !). S'épanouissant dans cette narration sur-dynamique, la série requiert une concentration de tous les instants pour être visionnée en version originale. Mais voyez-vous, ce sont justement les scénaristes de ce calibre, Aaron Sorkin, David E. Kelley, Amy Sherman-Palladino qui m'ont fait devenir sériephile.

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Souvent brillante par sa façon d'aborder ses sujets, A la Maison Blanche n'en a pas pour autant négligé sa dimension humaine. Si elle a pu fidéliser les téléspectateurs, c'est en partie grâce à une galerie de personnages, hauts en couleur et attachants, qui auront tous su s'imposer. Certes, tout ne fut pas toujours parfait. Mais le point fort de la série aura été de savoir générer un véritable esprit d'équipe, en installant une complémentarité et, surtout, une complicité naturelle et instinctive à l'écran au sein de ce groupe si soudé et vivant. Les relations de travail, mais aussi d'amitié, ont toujours efficacement gérées ; et si les rapports plus sentimentaux ont pu être plus hésitants, voire maladroits, la série aura su mener à terme et récompenser ses plus fervents shippers, bouclant ainsi la boucle de la plus satisfaisante des manières.

Autour de cette figure présidentielle quasi-idéale, mais pourtant très humaine et donc faillible, incarnée Jed Bartlet, A la Maison Blanche rassemble un staff, porté par une dynamique propre, que l'on prendra toujours plaisir à retrouver. Leo, Josh, Donna, C.J, Toby, Sam, Charlie... Ils ont tous eu une place. Leo fut la voix de la sagesse, C.J., un modèle de pragmatisme et de sang-froid. Josh représentera l'arrogance et la brillance des élites démocrates, tandis que le caractère de Toby restera légendaire. La pointe d'idéalisme de Sam, le bon sens de Donna, le regard neuf de Charlie, étranger à cette sphère politique, constitueront autant de portes d'entrée pour le téléspectateur, de points d'accroche dans une fiction qui aura compris qu'il ne faut jamais perdre de vue l'importance des personnages, qui sont le coeur d'une oeuvre, aussi solide que puisse être le sujet de départ.

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Par ailleurs, la force d'A la Maison Blanche a aussi été de réunir un casting cinq étoiles qui saura proposer une interprétation des plus solides, à la hauteur des scénarios. Débutant avec un groupe de rêve, composé de Martin Sheen, John Spencer (La loi de Los Angeles), Allison Janney (Mr Sunshine), Bradley Whitford (Studio 60 on the Sunset Strip, The Good Guys), Richard Schiff (Past life), Rob Lowe (Brothers & Sisters, Parks & Recreation), Janel Moloney et Dulé Hill (Psych), on y croisera dans les saisons suivantes Stockard Channing (Out of Practice), Joshua Malina (Sports Night), Jimmy Smits (La loi de Los Angeles, New York Police Blues, Cane), Kristin Chenoweth (Pushing Daisies) ou encore Alan Alda.

Mais A la Maison Blanche, ce fut aussi de très nombreuses apparitions en guest-stars de visages déjà familiers du petit écran ou qui le deviendraient plus tard : Mary-Louise Parker (Weeds), Edward James Olmos (Battlestar Galactica), Elisabeth Moss (Mad Men), Gary Cole ou encore Jorja Fox (Les Experts) et Emily Procter (Les Experts Miami).

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Enfin, et c'est aussi pour cela qu'elle est si importante : A la Maison Blanche demeure irrémédiablement attachée à ce tournant du XXIe siècle aux États-Unis. Elle n'est pas vieille, puisqu'elle a été diffusée de 1999 à 2006. Mais elle est pourtant précisément datée et conservera toujours le parfum de son époque. Tour à tour contre-utopie, puis reflet-écho de la société américaine, la fiction a su rejoindre ou croiser le fer avec la réalité, supportant les comparaisons comme peu de fictions en sont capables. Elle s'est imposée et a marqué dans un contexte particulier. Si elle sera à jamais associée à Jed Bartlet, c'est aussi parce que l'idéalisation de cette figure sera sortie grandie du contraste avec la réalité offerte par son homologue texan d'alors. Plus généralement, c'est la série qui a su proposer le didactique et pédagogique Isaac & Ismaël dans les semaines immédiates qui ont suivi le 11 septembre.

Cependant, A la Maison Blanche n'a pas été seulement un refuge utopique démocrate dans une Amérique républicaine, ou une illustration de la supposée existence de deux Amériques, elle a aussi été, jusqu'au bout, une anticipation de politique fiction aboutie et, en un sens, visionnaire. Car cette série s'est conclu avec l'accession à la présidence de Matt Santos, figure construite sur le modèle et en s'inspirant de celui qui était alors seulement sénateur de l'Illinois, un certain Barak Obama. Tous les parallèles facilement identifiables entre ces deux politiciens, le premier fictif, le second réel, les verront partager jusqu'à leur destinée, empruntant la même route qui les conduira jusqu'à la Maison Blanche. En 2006, sur NBC, Matt Santos sera élu président des Etats-Unis, dans la dernière et septième saison de la série qui tira ainsi sa révérence ; en 2008, viendra le tour de Barak Obama.

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Bilan : Brillante et inspirante, traversée par une dynamique grisante, A la Maison Blanche est une grande série. De celles qui marquent durablement non seulement le petit écran, mais aussi le genre qu'elle a investi, démontrant toute l'étendue et les possibilités offertes par la fiction politique. Pour sa représentation de la société américaine, pour son parfum d'idéalisme qui aura su redonner foi au téléspectateur-citoyen, pour tous ces instants jubilatoires qu'elle nous aura faits vivre, pour ces discours que l'on aurait tant voulus, nous aussi, applaudir, A la Maison Blanche demeure incontournable, un de ces phares du paysage téléphagique.


Je n'ai plus 16 ans. J'ai vu depuis, au cours des années qui ont suivi, des centaines, des milliers de séries... Ma consommation télévisuelle actuelle n'a plus grand chose à voir avec mes programmations d'alors à prédominance américaine NBC-ienne. Mais je vais vous confier un secret : hier soir, j'ai re-visionné le pilote d'A la Maison Blanche et une chaleur particulière a envahi mon coeur. Il y a dix ans, je suis devenue sériephile. Et j'en suis toujours fière.


NOTE : 9,5/10


Le générique de la série :

27.07.2011

(K-Drama / Pilote) Warrior Baek Dong Soo : un fusion sageuk d'action au parfum de récit initiatique

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Retour en Corée du Sud pour ce dernier mercredi asiatique de juillet ! Ce mois aura offert l'embarras du choix en terme de nouveautés en tout genre au pays du Matin Calme. Si Myung Wol the Spy est encore plus improbable et déjanté que je l'avais imaginée, quand il m'a fallu déterminer le drama du jour, cela ne vous surprendra sans doute pas, mon coeur a fatalement fini par pencher vers l'historique... Je vais donc commencer mon tour d'horizon des premières impressions sur ces nouveaux dramas avec Warrior Baek Dong Soo.

Diffusé sur SBS depuis le 4 juillet 2011, ce fusion sageuk d'action, qui nous replonge à l'époque troublée du prince Sado (cf. ma note sur Eight Days Mystery of Jeong Jo Assassination d'il y a 15 jours), se révèle plaisant à suivre, avec une histoire prenante. Certes, il ne m'a pas encore pleinement convaincue de sa dimension plus dramatico-épique, mais il a démontré un potentiel. Comme souvent dans ce genre de drama qui démarre durant l'enfance des personnages, j'ai préféré attendre le passage à l'âge adulte des héros - au cours de l'épisode 5 - avant d'en rédiger la première critique que voilà. Donc en guise de "pilote", la review qui suit a été rédigée au terme des six premiers épisodes.

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Warrior Baek Dong Soo se déroule au XVIIIe siècle, relatant le destin d'un héros qui a révolutionné les arts martiaux au sein du royaume. Dans une Corée qui a été défaite au siècle précédent par la Chine, le prince héritier Sado ambitionne de restaurer la grandeur de Joseon. En 1743, il détruit un monument symbolique, donnant ainsi des munitions à ses opposants politiques - les Norons - pour l'attaquer. Si le roi en exercice n'en est pas (encore) à aller jusqu'à porter atteinte à son propre fils, l'exécution du garde personnel de ce dernier, Baek Sa King, est ordonnée. C'est toute sa lignée jusqu'à la troisième génération qui doit être passée par le fil de l'épée. Si la mort de Sa King ne peut être empêchée, en revanche, sa femme met au monde, après une grossesse longue et difficile, un fils, Dong Soo, que le plus grand guerrier du royaume, dénommé le Sword Saint, parvient à sauver au prix d'un sacrifice personnel important.

Dong Soo vivra, mais sa naissance a laissé des séquelles physiques qui semblent irréversibles, plus prisonnier que maître de son propre corps. Il est élevé par un ami de son père, fidèle lui-aussi à la bannière du prince Sado et au groupe qu'ils avaient formé des années auparavant. Doté d'une volonté de fer, Dong Soo va cependant réussir à dépasser son handicap initial, sans jamais devenir l'adolescent rompu à l'art du combat qu'il se rêverait. Il n'en demeure pas moins fanfaron et plein de vitalité. Tout le contraire d'un autre adolescent que recueille celui qui l'a élevé, également fils d'un ami, Yeo Woon. Déjà formé aux arts martiaux, ce dernier semble être un guerrier prometteur, même s'il conserve bien des secrets. Les deux garçons sont finalement envoyés dans un camp de formation, visant à fournir au prince Sado des guerriers confirmés et de confiance.

Car le prince n'a jamais renié ses vues politiques. Il s'est fait des ennemis mortels que son sang royal n'arrêtera pas. Et ce d'autant plus qu'il est sur la trace d'un livre de guerre très convoité, censé contenir les plans d'une expédition qui pourrait justement rendre possible ses desseins politiques et militaires.

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Dans le créneau des fusion sageuk qu'il investit sans chercher à innover, il émane de Warrior Baek Dong Soo l'assurance de ces fictions qui savent qu'elles s'approprient des recettes classiques ayant fait leur preuve. Tout l'enjeu va être de bien doser chaque ingrédient. Drama résolument orienté vers l'action, comme en témoigne les premières scènes d'ouverture, c'est plus généralement tout le rythme de la narration qui fait preuve de beaucoup de dynamisme et ne souffre d'aucun temps mort. Si la série prend cependant son temps pour véritablement nous plonger dans les grands enjeux - notamment les ambitions guerrières du prince Sado -, la portée du récit n'en souffre pas : les cinq épisodes sur la genèse des conflits et sur l'adolescence des héros sont une introduction efficace, justifiée par l'éclairage et la compréhension qu'elle offre des différents personnages clés de l'histoire.

Avec de beaucoup de volontarisme, Warrior Baek Dong Soo fait tout pour impliquer le téléspectateur et ne pas le laisser indifférent. Alternant entre les passages submergés par l'émotion des divers drames qui sont vécus et les moments plus légers où un burlesque presque humoristique perce, naviguant entre une insouciance rafraîchissante et de durs rappels à la réalité, le drama couvre rapidement toute la palette d'émotions que l'on attend légitimement d'un k-drama. Cela fonctionne, et l'ensemble se suit sans déplaisir. Le seul bémol sera la relative frustration que laisse certaines scènes, ne faisant qu'effleurer un potentiel dont elles ne prennent pas pleinement la mesure. L'écriture, trop scolaire, manque parfois de subtilité, amoindrissant quelque peu les efforts des scénaristes. Mais il est probable que l'avancée du récit aidera à acquérir ce souffle supplémentaire.

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Au-delà du cocktail alléchant d'aventures historiques, c'est par sa dimension initiatique que Warrior Baek Dong Soo va fidéliser le téléspectateur. C'est son humanité qui va lui pemettre d'exploiter de manière plus profonde qu'on aurait pu le croire a priori les relations mises en scène. Si le héros est une figure classique, un jeune homme initialement trop impulsif et immature que les épreuves feront grandir, son sort va toucher le téléspectateur. Car le premier obstacle qu'il doit surmonter, ce sont les limites de son propre corps. Sa mise au monde à problème l'avait laissé presque semi-infirme... Réussir cette deuxième naissance en ne faisant que normaliser ses capacités physiques est sa première victoire. Son tempérament difficile et ses exubérances se justifient finalement parfaitement au vu des années si frustrantes et limitées qu'il a vécues, comme une sorte de sur-compensation logique.

La dimension humaine de ce drama, si elle doit encore mûrir et reste pour le moment embryonnaire sur le plan sentimental, est prometteuse dans sa façon de mettre en scène les affrontements entre les différents camps. La série prend le temps de personnaliser les confrontations et les rivalités. Elle joue sur l'idée qui consiste à reconnaître la valeur de son adversaire malgré tout ce qui peut les séparer : ainsi, le chef des Assassins et le "Sword Saint" sont ennemis, mais pour autant, une forme de respect marque leurs combats. Engagés sur une voie similaire, les rapports entre Dong Soo et Yeo Woon reflètent une ambivalence très intéressante. Au-delà de la concurrence naturelle entre les deux jeunes gens et tout qui semble déjà les séparer, il y a aussi derrière ces bravades une forme de compréhension mutuelle, un lien d'amitié qui, malgré tout, se crée. Cette part d'ambiguïté permet d'éviter l'écueil d'une mise en scène trop manichéenne et suscite aussi la curiosité quant à l'évolution des rapports entre les deux jeunes hommes. Liés malgré eux, même si tout paraît destiné à les opposer.

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Encore en phase de maturation sur le fond, Warrior Baek Dong Soo s'est en revanche imposé d'emblée sur la forme. Sans avoir les moyens de verser dans les effets (excès ?) de style de certains de ses prédécesseurs dans ce domaine de l'action historique, que cela soient les chorégraphies millimétrées de Chuno ou les éclats sanguinolants de Yaksha, ce drama fait preuve de beaucoup de maîtrise pour proposer une réalisation aboutie qui met en valeur, sans trop en faire, les scènes de combat. Sa relative sobriété n'empêche cependant pas la sére de disposer d'une très belle photographie, avec des images d'extérieur et un contraste au niveau des couleurs qui sont souvent un vrai plaisir pour les yeux. De plus, Warrior Baek Dong Soo bénéficie d'une bande-son de belle qualité, qui flirte parfois avec une tonalité tout droit issue d'un western et qui est agrémentée d'une chanson principale marquante, conférant une dimension à la fois épique et romanesque aux scènes qu'elle accompagne.

Enfin, la série dispose d'un casting où, à côté de valeurs sûres des k-dramas, les responsabilités sont confiées à un casting assez jeune qui doit trouver ses marques - même lorsque les personnages atteignent l'âge adulte. Les adolescents sont assez convaincants au cours des cinq premiers épisodes, jouant avec un aplomb et un dynamisme appréciables. On y retrouve Yeo Jin Goo en Dong Soo intenable, Park Gun Tae en Yeo Woon ténébreux, mais aussi Lee Hye In et Nam Ji Hyun. Le basculement dans l'âge adulte s'opérant sur le tard, je n'ai donc eu véritablement que le sixième épisode pour découvrir le cast qui va nous accompagner pour le reste de la série. Pour le moment, je suis assez optimiste concernant Ji Chang Wook, qui conserve l'expressivité de son personnage et devrait trouver ses marques dans la peau de ce héros encore trop spontané. En revanche, pour ces débuts, Yoo Seung Ho m'a semblé manquer de présence à l'écran. Je reste également sur la réserve concernant les lead-in féminins, ni Yoon So Yi, ni Shin Hyun Bin, ne m'ont vraiment convaincu durant leurs quelques scènes. Mais encore une fois, il faut leur donner un peu de temps. Cependant, l'enjeu est de taille pour ce drama qui repose beaucoup sur ses personnages.

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Bilan : Warrior Baek Dong Soo est un fusion sageuk d'action qui sait pleinement capitaliser sur les forces et atouts de son genre. Nous entraînant dans un tourbillon d'émotions où les drames côtoient l'insouciance de la jeunesse, et où les affrontements n'effacent pas le respect que l'on peut nourrir pour un adversaire, ce drama propose un récit rythmé et efficace, avec une dimension humaine travaillée, qui se révèle plaisant à suivre. Si on pourra sans doute lui reprocher un certain académisme qui l'empêche d'atteindre un niveau supplémentaire, le téléspectateur se laisse embarquer dans cette aventure sans arrière-pensée. Pour les amateurs du genre.


NOTE : 6,25/10


La bande-annonce de la série :


La chanson principale de l'OST :

25.07.2011

(Pilote CAN) The Yard : la cour de récré comme vous ne l'avez jamais vue

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Contrairement aux idées reçues, l'été n'a rien d'une période creuse pour le sériephile. Au contraire. Peut-être est-ce d'ailleurs une des rares périodes où, sans risquer l'overdose, on peut prendre le temps de picorer de part et d'autre pour mieux apprécier toutes ces séries qui débutent ou redémarrent avec les beaux jours. C'est ainsi qu'en quête de détente, on se décide même à reprendre le chemin de l'école... ou plutôt de la récré, pour ce qui est incontestablement un de mes coups de coeur de ces dernières semaines.

Diffusée sur HBO Canada, depuis le 8 juillet 2011, The Yard est une série canadienne que j'ai découverte grâce au prosélytisme avisé et inspiré de  LadyTeruki (qu'il faut remercier très fort). Mockumentary proche de la dramédie, il s'agit sans aucun doute d'une des séries les plus originales, rafraîchissantes et authentiques qu'il m'ait été donné de voir cette année. Je suis d'ailleurs tombée suffisamment sous le charme pour enchaîner les trois premiers épisodes, de 25 minutes environ, en une seule soirée.

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The Yard a pour cadre principal la cour de récréation d'une école primaire. Nous narrant le quotidien de ces instants de détente en extérieur à travers la caméra d'un documentariste, la série nous immerge dans un microcosme avec ses codes et règles de vie, dont les seuls protagonistes sont les élèves. Cette cour de récréation rassemble tous les archétypes que l'on peut penser y croiser : les populaires, les marginaux, les geeks, les mauvais garçons cherchant à terroriser les plus faibles... et la bande qui "règne" actuellement sur ce petit monde, les "good guys", comme le présente leur chef, Nick, sur lesquels la série s'attarde plus particulièrement.

Il faut en effet, comme dans tout milieu social, des régulateurs pour assurer la cohésion de la communauté. Ayant en  tête le bien commun de chacun, Nick prend ses responsabilités pour faire en sorte que la cour de récré reste un lieu de jeu où tout est pacifié. Il est entouré de ses deux frères, J.J., idéaliste croyant que tous les conflits peuvent se résoudre par la discussion, et Adam, gamin adorable, mais aussi de Johnny, meilleur ami persuadé d'avoir des pouvoirs magiques, et Suzi, qui règle tous les problèmes que les paroles ne peuvent solutionner. Chaque épisode les voit confrontés à une difficulté relative à une thématique particulière aux consonances plus adultes, qui met à mal le fragile équilibre de la cour de récré. Dans le premier épisode, l'enjeu est ainsi économique : les devises actuellement utilisées sont mises en danger par l'introduction d'une possible devise concurrente qui risque de bouleverser les rapports de force... Nick va-t-il réussir à empêcher l'effondrement du système économique en vigueur ?

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Choisir de ne mettre en scène que des enfants, pour une série qui s'adresse à un public plus large, était en soi un pari osé. The Yard le relève brillamment. La série réussit en effet à parfaitement prendre la mesure du style mockumentary qu'elle adopte. Proposant une forme de métaphore de la société moderne qu'elle miniaturise à l'échelle de son école primaire, elle réduit ainsi, en les simplifiant, des problématiques sociales actuelles. Pour ce faire, elle trouve le juste équilibre entre une dose nécessaire de réalisme, crédibilisant les situations, et un soupçon de décalage dans leur mise en scène, propre à la comédie. Avec beaucoup d'assurance, de façon assez décomplexée, elle n'hésite pas à aborder des thèmes ayant une résonnance particulière, comme le système économique dans le premier épisode. Elle sait aussi dépasser son seul cadre pour recourir à des codes narratifs plus pesants, empruntés à d'autres genres ; la mise en scène de la "guerre" dans l'épisode 3 en étant une illustration. Le mélange est parfois assez audacieux et peut un temps déstabiliser, mais il fonctionne étonamment à l'écran.

C'est en conservant une ambivalence constante que la série va savoir s'affirmer. Car la magie de The Yard ne s'opère pas seulement au niveau des intrigues, ce sont les dialogues qu'elle permet qui forgent son identité. Le fait de retranscrire avec des mots d'enfants tous ces enjeux apporte non seulement une fraîcheur originale et inestimable à la mise en scène, mais il permet aussi une approche et des points de vue parfois inattendus. C'est dans ce décalage entre le sérieux de certains sujets et la manière dont ils sont exposés par les protagonistes que réside le principal ressort comique d'une série drôle - elle prête souvent à sourire franchement -, qui sait aussi se montrer extrêmement touchante à l'occasion. Car les personnages s'expriment avec l'aplomb et la franchise qui caractérisent les enfants de leur âge : certaines de ces scènes - notamment les face-à-faces avec le documentariste - capturent une authenticité aussi jubilatoire, que parfois troublante. Derrière une couche de cynisme moderne inévitable, transparaît un reste d'innocence à laquelle on ne peut rester insensible et que l'on va instinctivement chérir. C'est ainsi que le téléspectateur regarde The Yard avec beaucoup de tendresse, un attachement qui se renforce au fil des épisodes et un plaisir jamais démenti tant la série sait surprendre.

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Pour accompagner la mise en scène de ce concept original, la réalisation respecte les codes du genre mockumentary : la caméra au poing, nerveuse, filme ces enfants, logiquement intenables, avec beaucoup de réactivité dans la cour de récré. Pour rythmer sa narration, The Yard a aussi la bonne idée d'insérer des parenthèses très réussies, sorte de "confessionnal", qui font office de passages explicatifs au cours desquels les personnages sont directement interrogés devant un tableau vert par le documentariste. Cela offre du recul, mais aussi une dynamique décalée aux évènements qui sont ainsi explicités. La bande-son suit le même esprit : rythmée, avec des thèmes récurrents qui collent  de la plus adéquate des façons à cette ambiance de cour de récré, elle est parfaitement maîtrisée.

Enfin, The Yard n'atteindrait pas l'équilibre et l'authenticité qu'elle acquiert sans son casting. Il faut absolument souligner et saluer tous ces jeunes acteurs, qui se révèlent d'une justesse confondante. Avec un jeu solide et sérieux qui correspond à l'aspect faux-documentaire, ils rendent en plus possible et pleinement exploitable tous les décalages comiques recherchés. On retrouve parmi eux, Quintin Colantoni (fils de Enrico, bien connu des sériephiles de Veronica Mars à Flashpoint), Keena Bastidas, Sarah Cranmer, Daniel Lupetina, Alex Cardillo (Durham County), Shemar Charles, Devan Cohen ou encore John Fleming (The Listener). A noter que la voix off du documentariste est celle de Paul Gross (Slings & Arrows, Un tandem de choc).

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Bilan : A la fois drôle et touchante, The Yard est un mockumentary qui surprend par sa fraîcheur. Semi-réaliste, elle séduit par l'authenticité de ses protagonistes, tout en profitant de son cadre de cour de récré pour offrir une métaphore étonnante de la société moderne. Sachant parfaitement jouer sur les ambivalences inhérentes à son concept, la série capitalise tant sur la diffuse innocence de protagonistes encore enfants, que sur la pointe de cynisme et le pragmatisme que nécessitent aussi bien la survie que le maintien de la paix dans ce milieu social mis en scène. Au final, c'est un cocktail assurément surprenant que propose The Yard. A découvrir ! 


NOTE : 8,5/10


La bande-annonce de la série :


Quelques courts extraits :

Cory on lunch :

 

Suzi on income :

22.07.2011

(Pilote UK) The Hour : ambiance 50s' pour une révolution de l'information sur fond de conspiration

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Si les années 50/60 ont été remises au goût du jour téléphagique avec Mad Men, l'ambiance de cette époque et les salles de travail enfumées resteront le seul parallèle tangible que l'on pourra dresser avec la nouvelle série de BBC2. Il faut d'ailleurs reconnaître à la chaîne anglaise un certain sens du timing en lançant The Hour, portant sur la révolution de l'information dans les médias à la fin des années 50, cette semaine, alors que l'Angleterre est en plein "hacking-gate".

Créée et écrite par Abi Morgan (à qui l'on doit notamment la marquante mini-série Sex Traffic), la diffusion de The Hour a débuté le 19 juillet 2011. Six épisodes ont été commandés. Avec son atmosphère soignée, son casting flamboyant et son sujet intéressant, le pilote de cette nouvelle série a laissé entrevoir un potentiel incontestable, avec un twist conspirationniste des plus intrigants. Une chose est certaine : la série a retenu mon attention.

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The Hour débute à Londres, en 1956. Freddie Lyon, journaliste aussi brillant que profondément idéaliste, étouffe dans le carcan rigide du programme auquel il participe, rédigeant des brèves sur des sujets qui tiennent plus du divertissement que de l'information. Avec une de ses plus proches amies, Bel Rowley, il caresse le rêve de révolutionner l'approche télévisuelle de l'actualité, délaissant les compte-rendus des mondanités de la haute société, pour de réelles investigations et une vraie réactivité aux évènements de ce monde. Passionné et goûtant peu aux compromis, Freddie a bien besoin du pragmatisme de Bel pour contrebalancer certaines de ses sorties, voire plaider en sa faveur lorsqu'il s'aliène les mauvaises personnes.

Les deux jeunes gens voient une chance inestimable pour leur carrière lorsque la BBC envisage la création d'une nouvelle émission d'information. Ce programme a l'ambition de moderniser la manière dont l'actualité est traitée à la télévision. Une équipe de journalistes est rassemblée. Bel a la surprise de se voir offrir le poste convoité de productrice, mais Freddie, rêvant de présenter le magazine, doit se contenter de couvrir les news nationales ; un job qu'il finit par accepter bon gré, mal gré. C'est à un nouveau venu, Hector, qu'est confié la responsabilité d'être le visage du nouveau programme. Ses connexions et son réseau social n'y sont sans doute pas étrangers.

Comment cette émission va-t-elle voir le jour ? De quelle indépendance et marge de manoeuvre disposera-t-elle ? La question va être d'autant plus sensible que Freddie se lance dans une bien troublante enquête, où se mêlent un meurtre mystérieux, l'implication surprenante des services secrets et des accusations étranges de la part d'une vieille amie. Mais la recherche de la vérité pourrait se révéler dangereuse, pas seulement professionnellement parlant.

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The Hour dispose tout d'abord des atouts de son cadre : c'est une ambiance stylisée et soignée que la série dévoile dans ce pilote qui sait parfaitement mettre en valeur ce doux parfum des 50s'. Au-delà des costumes et de l'atmosphère enfumée, c'est avec beaucoup de maîtrise que sont introduits tous les enjeux de l'époque. La question des médias retient en premier lieu notre attention, à travers les débats sur le traitement de l'actualité à la télévision. Ce média trop calibré et consensuel, qui se complaît dans des comptes-rendus mondains soporifiques, semble avoir plutôt pour fonction de rassurer les téléspectateurs que de réellement chercher à les informer. En arrière-plan, les connivences sociales et les intérêts de classe brident toute indépendance. Peut-on parler de liberté de la presse à la télévision ? Quelles sont ses limites ? La nouvelle émission de la BBC, qui focalise tant d'espoirs pour Freddie, sera-t-elle vraiment un espace où la tonalité plate et sans ambition qui prédomine dans le petit écran pourra être dépassée ? Tout autant qu'une photographie soignée d'époque, The Hour posent des thématiques relatives à la presse et à l'information qui sont intemporelles, et inhérentes à toute démocratie.

Mais la série se démarque de la simple reconstitution historique du monde des médias avec l'introduction d'une seconde ligne directrice, toute aussi intrigante : elle pose en effet les bases d'un thriller conspirationniste. BBC2 semble dernièrement particulièrement apprécier plonger ses téléspectateurs dans une paranoïa ambiante du meilleur effet. Le pilote distille tous les ingrédients classiques du genre, de l'implication des services secrets (MI-6) jusqu'à la présence d'un mystérieux tueur qui élimine "ceux qui savent" - ce qui n'est pas sans rappeler les débuts de The Shadow Line. Dans un contexte de guerre froide où il fait bon citer Ian Fleming, une interrogation aussi provocatrice que troublante va conduire la piste périlleuse sur laquelle Freddie se lance : "You think you live in a democracy ? You think this country stands for freedom of speech ? It does not." Si le pilote en reste au stade de l'exposition, dévoilant peu, il s'assure d'aiguiser la curiosité du téléspectateur, et par conséquent, sa fidélité.

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Au-delà de cocktail diversifié et dense des thématiques effleurées, le pilote de The Hour réussit particulièrement bien l'introduction de ses personnages, ou plus précisément du duo central composé de Freddie et de Bel, auquel vient s'ajouter un extérieur, Hector, dont on ne sait pas encore trop quoi penser derrière son sourire ultra-bright. L'équilibre est instantanément trouvé entre la flamboyance idéaliste et intransigeante de Freddie et le calme plus terre-à-terre de Bel. Les dialogues, aussi rythmés que riches en réparties parfois cinglantes, reflètent parfaitement la dynamique attendue du milieu des médias dans lequel la série nous immerge. Jouant sur les apparences, les personnages flirtent, s'invectivent, se fâchant et se réconciliant presqu'aussi vite. Il y a une vraie dimension humaine dans cette série ; et le pilote, ne faisant que donner les premières indications, donne envie de s'investir et d'en savoir plus sur chacun des protagonistes.

Maniant habilement les contrastes entre l'élite dirigeante, encore régie par ses codes et convenances sociales rigides et fermées, et les soubressauts d'émancipation modernisateurs incarnés de manière si enflammée par Freddie, l'épisode prend aussi le temps de dresser un bref portrait de la société londonienne de la fin des années 50. De plus, à travers Bel, c'est le statut de la femme qui est mis en scène. Si la responsabilité d'être nommée productrice est importante, elle demeure regardée de haut dans ce monde des "dirigeants" à prédominance masculine qu'elle fréquente. Par la richesse de toutes les pistes que The Hour laisse entrevoir du potentiel. Il faudra sans doute à la série gagner en homogénité pour bien maîtriser les tenants et aboutissants, et mêler tous ces ingrédients, du médiatique au conspirationniste. Cependant, les enjeux sont bien là : à la suite de parvenir à les exploiter et à faire qu'ils s'équilibrent et se complètent !

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Prometteuse sur le fond, The Hour est également très solide sur la forme, laquelle constitue toujours un point non négligeable de ces séries "d'époque". La réalisation est travaillée. L'ambiance 50s' est parfaitement portée à l'écran, avec un style soigné. La reconstitution historique en costumes, accompagnée d'une photographie enrichie, s'avère être un vrai plaisir pour les yeux du téléspectateur.

Enfin, The Hour bénéficie d'un excellent casting qui délivre une performance d'ensemble très convaincante. C'est Ben Wishaw (Criminal Justice) qui mène l'ensemble, la flamboyance de son personnage, charismatique et survolté, l'imposant comme la figure centrale de la série. Sa relation pimentée et complice avec Romola Garai (Crimson Petal and The White) ressort très bien à l'écran, l'actrice offrant un pendant plus sobre mais tout aussi déterminé. Pour compléter le trio, Dominic West (The Wire, The Devil's Whore) trouve rapidement ses marques dans un rôle plus mesuré et convenu. A leurs côtés, on retrouve des têtes très familières du petit écran britannique, comme Tim Pigott-Smith, Anna Chancellor, Anton Lesser, Juliet Stevenson, Julian Rhind-Tutt ou encore Oona Chaplin.

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Bilan : Le potentiel de The Hour réside dans sa richesse. Derrière son enjeu médiatique central qui demeure le traitement de l'information à la télévision, le pilote introduit dans le même temps un versant conspirationniste qui ajoute une dimension supplémentaire à la série. Si ces deux facettes d'une même problématique - la liberté de la presse, pilier d'une démocratie ? - devront apprendre à cohabiter de façon plus homogène par la suite, elles savent toutes deux retenir l'attention du téléspectateur. Portée par des personnages forts, bien servie par un casting cinq étoiles, The Hour s'assure donc de notre fidélité au terme de cette première heure. Il reste à la série à s'affiner et à bien prendre la mesure de son concept ambitieux pour confirmer tout ce qu'elle a laissé entrevoir dans ce pilote. A suivre !


NOTE : 8/10


La bande-annonce de la série :

20.07.2011

(J-Drama) Marks no Yama : un polar troublant dans l'ombre du Mont Kita

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Petite parenthèse japonaise en ce mercredi asiatique ! Nous n'étions plus parti au pays du Soleil Levant depuis la mi-mai, et les j-dramas commençaient à me manquer. A défaut d'avoir testé les nouveautés de la saison estivale, je solde mes comptes des programmes des derniers mois puisque je vais vous parler d'une série datant de la fin de l'année dernière : Marks no Yama. Du policier feuilletonnant que j'étais très curieuse de pouvoir enfin voir en entier (le suspense de la sortie des sous-titres ayant été à son comble durant ces six derniers mois).

Marks no Yama a été diffusée du 17 octobre au 14 novembre 2010. Après l'expérience plus que concluante de Soratobu Taiya dernièrement, je poursuis donc mon exploration des dramas courts de WOWOW. En effet, cette série ne comprend que 5 épisodes d'une heure chacun. Si je serais sans doute moins enthousiaste que ma précédente expérimentation sur cette chaîne (qui s'inscrivait dans un registre très différent), il n'en reste pas moins que Marks no Yama s'est révélée être une série riche et prenante, loin des procedural show qui prédominent dans le genre policier.

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Les tragédies de Marks no Yama trouvent leur source deux décennies avant les évènements que la série va nous faire vivre. Tout commence dans le massif des Alpes japonaises, sur les pentes du second sommet le plus haut du pays, le mont Kita. Une nuit, errant dans ces montagnes enneigées, un jeune garçon est secouru, à moitié gelé, à moitié étranglé. Le corps de sa mère est découvert un peu plus loin, décédé de ce qui semble être un suicide. Vingt ans plus tard, dans les environs, les restes d'un corps sont mis à jour, réveillant les souvenirs de ce drame plus ancien.

Parallèlement, toujours dans le présent, à Tokyo cette fois, deux meurtres particuliers se produisent à quelques jours d'intervalle. Le crâne des victimes a été défoncé avec un objet long et pointu, suivant un mode opératoire très similaire. L'inspecteur Goda, dont l'équipe est déjà en charge du premier décès, se voit signifier l'ordre par sa hiérarchie de ne pas intervenr dans la seconde affaire, où un fonctionnaire du ministère de la Justice a trouvé la mort. Des réseaux d'influence, notamment constitués par les diplômés d'une prestigieuse université, semblent vouloir étouffer l'ensemble. Mais Goda est obstiné. Or dans le même temps, une jeune journaliste, enquêtant sur des histoires de corruption, commence également à faire des recoupements dangereux pour l'élite tokyoïte.

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Le premier atout de Marks no Yama est de se distinguer du drama d'enquête suivant le schéma invariable du formula show (un épisode = une enquête). La série appartient au genre policier du feuilletonnant : les cinq épisodes forme un seul arc qui va aller en se complexifiant, des évènements a priori déconnectés dévoilant des liens inattendus tandis que le puzzle global se forme. Rythmée et efficace, la narration se suit sans temps mort, particulièrement prenante. L'ensemble retient d'autant plus notre attention en raison du parti pris, plutôt original, qui a été choisi. En effet, ce n'est pas une seule affaire, mais bien plusieurs crimes, dont certains très anciens, qui vont s'entrecroiser, sans que la police ne dispose initialement de toutes les clés pour les comprendre.

L'enjeu ne tient pas à la découverte du coupable, car la notion même de "coupable" prête ici à confusion. De manière troublante, la répartition des rôles entre victime et meurtrier apparaît interchangeable. Aussi impitoyable qu'il puisse être, 'Marks' a subi un traumatisme tellement profond que sa responsabilité même dans ses actions pose question. Loin de toute approche manichéenne, sachant faire naître des sympathies inattendues et perturbantes, le drama finit aussi par emprunter quelques codes aux thrillers de vengeance pour brouiller un peu plus les pistes. Il est dommage que la conclusion, assez expédiée, cède à des facilités et poncifs qui amoindrissent quelque peu la portée du récit mené jusqu'alors. Cependant, la tension demeure constante, pour le plus grand plaisir d'un téléspectateur happé par l'histoire.

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Au-delà de ses accents de policier à suspense, l'autre aspect que j'ai apprécié dans Marks no Yama est le portrait sans concession proposé des différentes grandes administrations. Aussi bien les codes et rivalités, voire concurrence, que le sens exacerbé d'appartenance à ces "organisations", sont vraiment bien mis en avant. Loin des partis pris plus conceptuels de certains dramas policiers qui créent des équipes "atypiques", ici, la manière dont l'enquête est conduite paraît très authentique. C'est par exemple le cas pour le fonctionnement de l'unité de police. On assiste à ses réunions quotidiennes d'état d'avancement, dans cet univers exclusivement masculin où chaque duo tente de marquer des points - 'parce que la concurrence saine permet une meilleure productivité'. Pour autant, on constate aussi que les manoeuvres internes s'effacent lorsque l'unité est confrontée à une autre organisation : la solidarité de groupe entre alors en action.

Si l'évolution de ces rapports intra et inter-administrations est un élément vraiment intéressant qui contribue à l'ambiance de la série, l'ensemble laissera cependant un regret. En effet, en arrière-plan, c'est une thématique de corruption des élites qui se dessine peu à peu. Les réseaux d'influence, composés d'une élite solidement implantée qui se protège contre tout élément perturbateur extérieur et s'auto-régule elle-même, sont spécialement mis en lumière. Les collusions qui se créent dans ces cercles, où se côtoient indistinctement tous les dirigeants de la société, yakuza, politiciens, élite économique, génèrent un système, imperméable aux critiques et aux accusations. La hiérarchie, indéboulonable quelque soit ses compromissions, réduit à néant toute initiative. Si la série aborde tous ces sujets de manière incidente, elle aurait pu aller plus avant dans l'exploitation de ce thème. Cependant, cela tient sans doute beaucoup à sa durée : cinq épisodes, c'était sans doute trop court pour dresser un tableau plus précis.

Si Marks no Yama laisse donc un petit goût d'inachevé, n'exploitant pas tout le potentiel qu'elle laisse entre-apercevoir, elle propose un polar noir intéressant, mais aussi addictif, qui se visionne d'une traite avec plaisir.

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Sur la forme, Marks no Yama dispose d'une réalisation classique, alternant les filtres (beige, bleuté, etc.), avec une dominante plutôt sombre qui sied parfaitement à l'atmosphère générale qui se dégage du drama. Pour l'accompagner, elle bénéficie d'une bande-son plus surprenante, avec un morceau de musique classique à la puissance et au rythme galvanisant. Si au début, cette invasion musicale semble exagérée, par la suite, le téléspectateur s'habitue et finit par apprécier ces notes retentissantes (dont vous avez un aperçu dans la deuxième vidéo ci-dessous). Une OST, donc pas toujours bien calibrée, mais résolument marquante !

Enfin le casting se révèle très solide. La sobriété y est pour beaucoup, même si le, certes rare, recours à certains clichés pour stigmatiser les "méchants" était dispensable... mais il faut dire que le rire démoniaque a la vie dure au pays du Soleil Levant. On retrouve dans ce drama, notamment, Kamikawa Takaya, Kora Kengo, Ishiguro Ken, Konishi Manami, Kohinata Fumiyo, Toda Naho, Osugi Ren, Suzuki Anju, Sano Shiro, Ishibashi Renji, Komoto Masahiro ou encore Hakamada Yoshihiko.

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Bilan : Polar efficace, Marks no Yama se démarque des séries policières classiques par sa construction feuilletonnante, mais aussi par sa capacité à dépasser toute lecture manichéenne. Dotée d'une intrigue solide qui retient l'attention du téléspectateur de bout en bout, son contenu est particulièrement riche. Son format de seulement cinq épisodes l'empêche sans doute d'exploiter pleinement certains aspects de son récit (notamment le portrait des élites), mais il n'affaiblit cependant pas l'enquête principale.

Un drama donc intéressant à plus d'un titre. Pour les amateurs de policier, mais pas seulement.


NOTE : 7/10


La bande-annonce de la série :

Le thème musical principal de l'OST :

17.07.2011

(Pilote AUS) Crownies : Sex, Lies & Magistrates

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Suits sur USA Network ne vous a pas pleinement convaincu ? Vous cherchez toujours un legal drama divertissant pour l'été ? Voici votre deuxième chance de la saison : en effet, ABC1 a pensé à vous avec le lancement ce jeudi 14 juillet 2011 de sa dernière nouveauté, Crownies, reprenant le surnom que l'on donne aux représentants du ministère public en Australie. Outre une promotion intensive sur le slogan "Sex, Lies & Magistrates", la chaîne a d'ailleurs vu les choses en grand puisqu'elle a commandé pas moins de 22 épisodes pour cette saison 1, une longueur plutôt rare de ce côté-ci de l'hémisphère sud.

A priori, la lecture du synopsis de Crownies me faisait beaucoup penser à la trop tôt disparue Conviction, série américaine sur une bande de jeunes substituts du procureur à laquelle je m'étais attachée. Les deux séries démarrent en effet sur un esprit très similaire, le parallèle se faisant naturellement sans doute aussi parce que leurs recettes sont très semblables. Aucune ne marquera l'histoire du legal drama, mais Crownies a-t-elle les moyens de devenir un divertissement du genre sympathique ? Ce premier double épisode (d'une durée de 1h48), qui fait office de pilote, pose des bases intéressantes, mais peut-être un peu trop quelconque pour pleinement convaincre.

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Crownies nous plonge dans le quotidien des services du bureau du procureur de Sidney, aux côtés de jeunes gens pas encore trentenaires et qui ont encore tout à prouver. Ayant délaissé les bancs de la fac de droit il y a peu, travaillant depuis seulement quelques mois dans ce milieu judiciaire, ils sont encore remplis de certitudes et de préconceptions sur le métier qu'ils ont choisi, mais leur manque d'expérience va rappeler, parfois brutalement, à ces brillants jeunes carriéristes qu'ils ont encore tout à apprendre.

Des questions pratiques, dont les réponses n'étaient pas contenues dans les bouquins qu'ils ont dû dévorer au cours de leurs études, se posent soudain à eux. Comment gérer l'empathie naturelle qu'ils peuvent éprouver face à certaines victimes ? Comment faire la part des choses et laisser leurs sentiments de côté pour raisonner froidement en juriste quand il s'agit d'évaluer le caractère plaidable ou non des cas d'espèce si divers, parfois sordides, qu'ils doivent traiter ? Car s'ils connaissent leurs textes et leurs précédents sur le bout des doigts, le passage de la théorie à la pratique, devant un juge, est aussi un moment de prise de conscience parfois douloureuse de la réalité de leur métier. C'est ainsi que la première plaidoirie fait presque office de bizutage, surtout lorsque des imprévus viennent la perturber.

C'est cette recherche d'équilibre entre une vie professionnelle envahissante et éprouvante, mais aussi une vie personnelle qui ne peut être complètement négligée, que va nous conter Crownies.

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Investissant un terrain connu, aux dynamiques judiciaires très familières pour le téléspectateur, Crownies fait preuve, dans ce pilote, de beaucoup de volontarisme pour installer son cadre, ses enjeux, mais aussi et surtout son ambiance. Parfaitement huilée, dotée de dialogues énergiques, la série alterne les thèmes sérieux et des pointes plus légères permettant d'évacuer la pression. S'imposant dans le registre de la dramédie dynamique, les affaires s'enchaînent et se chevauchent, donnant le rythme à l'épisode.

Il apparaît vite clair que nous sommes plus devant une série sur le milieu judiciaire - et son personnel -, que devant un vrai legal drama procédural. Ne s'arrêtant jamais vraiment sur tous ces cas survolés qui défilent, nos jeunes héros préparant plus souvent les dossiers qu'ils ne les plaident devant la cour, le téléspectateur n'a pas vraiment l'occasion de s'impliquer dans ces histoires, lesquelles sont plus le prétexte de connaître certains personnages, ou de les placer devant des épreuves, que le réel enjeu de l'épisode. Ce choix de narration fonctionne puisque l'ensemble se laisse suivre sans difficulté, ni déplaisir dans le registre du divertissement.

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L'âme de Crownies, ce sont ses personnages. Elle va se concentrer prioritairement sur ces cinq jeunes gens qui ont encore beaucoup à apprendre. Si le pilote évite l'écueil du "premier jour au travail" comme ils sont en place depuis plusieurs mois, c'est cependant de manière assez inégale que chacun va être introduit, avec des storylines à la solidité et à l'intérêt très variables. La série cède souvent à la facilité ; et chacun peine à se dégager des stéréotypes trop unidimensionnels dans lesquels il se retrouve rapidement confiné. C'est sans doute sur cet aspect, parce que ces protagonistes sont si importants pour le futur de la série, que Crownies laisse des regrets et devra s'affiner. 

L'optimisme doit quand même être de rigueur car, ce qui est bon signe, c'est que les passages les plus réussis restent les scènes de groupe, durant lesquelles la tonalité de dramédie décomplexe agréablement des dialogues regorgeant de réparties et de petites piques bien orientées. Ces jeunes gens ont encore tout à apprendre sur la pratique de la loi, mais aussi sur la vie : pendant un bref instant, confrontés aux mêmes doutes, ils délaissent tout instinct carriériste et individualiste pour une forme de solidarité diffuse qui ne dit pas son nom. L'effet golden generation en phase d'apprentissage humanise ainsi cette série qui en a bien besoin : la fidélisation du téléspectateur passe en effet par cet aspect.

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Sur la forme, Crownies adopte un style qui respecte parfaitement sa tonalité de dramédie : on est bien face à du divertissement calibré et maîtrisé. La réalisation est plutôt dynamique, la photographie reste très claire. Le tout est accompagné d'une bande-son très présente, où prédominent des musiques rythmées.  

Enfin, le casting, sans démériter, laisse une impression globalement mitigée. Si aucun acteur ne marque, ni ne s'impose vraiment, je pense qu'ils sont très dépendants de l'écriture de leurs personnages. C'est sans doute ce qui explique que, parmi eux, j'ai retenu et apprécié Ella Scott Lynch et Hamish Michael. A l'opposé, c'est paradoxalement avec la seule tête qui m'était familière, Todd Lasance (Cloudstreet, Rescue Special Ops) que j'ai eu le plus de difficulté. On retrouve aussi Andrea Demetriades, Indiana Evans (H2O : Just Add Water), Jeanette Cronin, Marta Dusseldorp, Lewis Fitz-Gerald, Peter Kowitz ou encore Jerome Ehlers.

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Bilan : Plus qu'un legal drama procédural, Crownies relate avant tout l'histoire de cinq jeunes gens trouvant leurs marques au bureau du procureur, cherchant à équilibrer vie professionnelle et vie personnelle. Sans ambition particulière pour exploiter le volet judiciaire au-delà d'une toile de fond servant de révélateur aux personnages, elle s'impose comme une dramédie, sans doute prévisible, mais assurément bien huilée et efficace. Un peu plus de spontanéité et une dimension humaine moins inégale seront sans doute nécessaires pour tenir la durée des 22 épisodes. Reste que pour le moment, Crownies est un divertissement rythmé qui se visionne sans déplaisir. Pourquoi pas en cette période estivale ?

NOTE : 6,25/10


La bande-annonce de la série :

14.07.2011

(Pilote US) Alphas : un divertissement policier doté de super-pouvoirs

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S'il y a bien une thématique dont j'aime beaucoup le concept en théorie, mais qui répond rarement à mes attentes une fois transposée à l'écran, ce sont les histoires mettant en scène des héros dotés de super-pouvoirs. Trop souvent déçue, mais toujours aussi curieuse, je ne me lasse pas d'expérimenter les séries abordant ce sujet. La période estivale s'y prête d'autant mieux : pendant plusieurs années, la série Les 4400 m'a occasionné bien des frustrations, pourtant je l'ai toujours retrouvée avec un plaisir jamais démenti.

C'est pourquoi je n'ai pas pu résister à l'appel de la dernière nouveauté de SyFy, Alphas, dont la diffusion a commencé ce lundi aux Etats-Unis. Certes, cette chaîne et moi sommes parties chacun de notre côté il y a de cela quelques saisons : l'époque où je regardais sans distinction quasiment toutes ses séries est depuis longtemps révolue, l'amoureuse de science-fiction/fantastique que je suis vivant une triste période de disette actuellement. Autant dire que je n'avais aucune attente particulière en lançant ce pilote. Pourtant j'ai été plutôt agréablement surprise ! Ce ne sera pas la série marquante de l'été, rien d'innovant, mais peut-être y-a-t-il un potentiel dans le registre du divertissement sympathique. 

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Alors qu'il était interrogé dans une salle close du commissariat, un témoin fédéral est abattu d'une balle en pleine tête. Comment un sniper a-t-il pu l'atteindre alors que la pièce ne dispose d'aucune fenêtre ? Le Dr Rosen est contacté pour élucider ce mystère qui semble défier les lois de la physique. S'il est tout désigné pour ce cas, c'est qu'il dispose sous ses ordres d'une équipe très particulière, composée d'individus dotés de super-pouvoirs que l'on surnomme les Alphas. Leurs capacités sont diverses : acquérir une force sur-humaine, visualiser les flux électroniques, affiner un de ses sens ou encore plier à sa volonté ses interlocuteurs.

Si toutes ces individualités ont des personnalités très différentes, elles forment une équipe complémentaire assez efficace, dont les recherches les mettent rapidement sur la piste d'un autre Alpha, capable de viser avec une précision hors du commun, Cameron Hicks. Mais ce dernier, confus, n'a aucun souvenir de l'acte qu'il a commis. Le Dr Rosen découvre qu'il a subi une manipulation mentale probablement provoquée par un Alpha. Se lançant à la recherche de ce mystérieux commanditaire, ils ne tardent pas à entrevoir les contours d'une autre organisation qu'ils croyaient dissoute, représentant une facette autrement plus dangereuse des  Alphas.

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Commençons par les choses qui fâchent : ce pilote d'Alphas est inégal. D'une durée de plus d'une heure, il a un peu de mal à tenir la distance, se révélant par moment assez poussif. L'écriture n'est pas toujours des plus habiles (versant parfois franchement dans le caricatural) ; les prises de risque demeurent minimales pour proposer un ensemble aussi calibré  que prévisible. Sans échapper à certains clichés du genre, la série mêle les codes d'un formula show policier traditionnel et la spécificité de mettre en scène des protagonistes aux capacités bien particulières. En un sens, Alphas se rapproche sans doute plus, dans ce pilote, d'une forme de cop show à la sauce SyFy que d'une ambiance de super-héros tirée des comics. On retrouve en revanche cette dernière dans l'introduction du fil rouge, puisque notre groupe découvre face à lui un adversaire à sa hauteur, avec une organisation secrète, aussi mystérieuse que dangereuse, composée d'Alphas, qui oeuvre dans l'ombre. Tous ces ingrédients n'ont rien d'innovant, mais la recette avec son arrière-goût de déjà vu fonctionne de manière globalement efficace à l'écran.

Cependant, si le pilote d'Alphas négocie honorablement une introduction basique au sein de son univers, il le doit principalement à un aspect qui m'a agréablement surprise au cours de ce pilote : la dynamique de groupe qui s'installe rapidement au sein de l'équipe. Chaque personnage entre certes dans des cases stéréotypées, mais la complémentarité d'ensemble, au-delà des différences parfois irréconciliables, s'impose. Plus intéressant encore, l'épisode semble s'intéresser sincèrement à chacun d'entre eux, et notamment à cette part de vulnérabilité qui vient invariablement contrebalancer leurs extraordinaires capacités. Ces failles, liées à leur pouvoir, mais aussi plus généralement à leurs histoires respectives, apportent leur lot d'insécurités et humanise les personnages. Le prix à payer, c'est par exemple Rachel qui affine un sens en particulier et perd les autres pendant un moment. C'est Gary, le plus connecté qui soit en visualisant les flux électroniques, mais qui demeure incapable de se connecter au monde réel, inadapté socialement. Si chacun a un rôle bien défini, la manière dont ce pilote met en scène leurs interactions laisse entrevoir un potentiel dans leur complicité, mais aussi leurs tensions, qui peut fonder un divertissement sympathique, même peut-être attachant à l'égard de certains. 

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Sur la forme, Alphas présente toutes les caractéristiques attendues d'une série de SyFy, dotée d'une réalisation efficace, à défaut de vraiment imposer une identité. Mettre en scène des personnages dotés de super-pouvoir soulève généralement un enjeu principal : la question des effets spéciaux nécessaires pour permettre la manifestation desdits pouvoirs. Dans l'ensemble, Alphas s'en sort honnêtement ; sans en imposer à l'écran, mais sans non plus décrédibiliser l'intrigue. Le téléspectateur n'a aucun mal à accepter le traitement proposé, c'est le principal.

Enfin, côté casting, je serais dans l'ensemble mitigée : cela se départage entre du solide et du plus discutable. Dans les points positifs, j'ai bien aimé la façon dont David Strathairn (Big Apple) incarne le docteur en charge de cette unité très spéciale : il joue sur une forme de détachement flegmatique qui assoit son personnage. L'autre acteur que j'ai eu beaucoup de plaisir à retrouver, c'est Ryan Cartwright (Hardware, Bones), vraiment convaincant pour interpréter ce jeune homme inadapté socialement, mais pour lequel le téléspectateur se prend instantanément d'affection aussi sûrement que ses collègues. A leurs côtés, on retrouve également Malik Yoba (Thief, Defying Gravity), Warren Christie (October Road, Happy Town), Laura Mennell, Azita Ghanizada ou encore Callum Keith Rennie (Battlestar Galactica, Shattered, The Killing).

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Bilan : Si elle n'échappe pas aux clichés du genre et à une impression de déjà vu, c'est par sa dynamique de groupe que le pilote d'Alphas laisse entrevoir un potentiel et un capital sympathie des plus honnêtes. Se construisant sur les bases d'un cop-show empruntant aux codes narratifs des super-héros, ce premier épisode, globalement prévisible, est certes inégal, parfois même maladroit. Pour autant, les dissonances et complémentarités de cette équipe très particulière permettent de s'attacher à certains de ses membres et à l'atmosphère. Et si Alphas pouvait être un divertissement sympathique pour l'été ? A suivre ?


NOTE : 6,25/10


La bande-annonce de la série :

13.07.2011

(K-Drama) Eight Days Mystery of Jeong Jo Assassination : Conspirations à la Cour à l'ombre des tragédies passées


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Alors même que s'annonce un mois de juillet très historique en Corée du Sud, après plusieurs mois à traîner sur ma liste des programmes prioritaires, je me suis enfin lancée dans Eight Days Mystery of Jeong Jo Assassination il y a une dizaine de jours. C'est donc un bilan que je vous propose en ce mercredi asiatique, avec une époque et une thématique chère aux scénaristes sud-coréens, et extrêmement familière à l'amateur de k-dramas historiques : la mort du prince Sado exécuté par son propre père et la destinée de son fils, JeongJo. C'était déjà une toile de fond du dernier drama historique évoqué sur ce blog, le très marquant Conspiracy in the court. Mais Mina rappelait récemment dans sa présentation d'un des fusion sageuk de ce mois de juillet, Warrior Baek Dong Soo, que nombre d'autres dramas l'ont évoqué de Strongest Chil Woo à Sungkyunkwan Scandal, en passant par Painter of the Wind.

Adaptation d'un roman de Won Haeng, Eight Days Mystery of Jeong Jo Assassination est une série qui a été diffusée à la fin de l'année 2007 sur la chaîne câblée CGV (elle fut même sa première fiction du genre). Elle a l'avantage de bénéficier d'un format court, puisqu'elle comporte en tout 10 épisodes d'une heure chacun. Si sa bande-son, vraiment sublime, marquera sans aucun doute durablement le téléspectateur, ce drama n'en demeure pas moins une fresque classique et prenante, proposant une minutieuse reconstitution historique des plus fascinantes.

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En 1762, Jeong Jo a assisté impuissant à la condamnation de son père, le prince héritier Sado, par son grand-père, le roi en exercice : enfermé dans une boîte, le calvaire du prince dura huit jours avant qu'il ne trépasse. Plusieurs décennies plus tard, Jeong Jo a désormais accédé au trône. A une époque troublée pour le royaume, au sein d'une cour où les tensions sont extrêmes entre les différents partis, ce roi réformateur mène une politique de modernisation qui lui attire bien des inimités. De plus, il n'a jamais oublié l'exécution de son père. Lors de son avènement, il a d'ailleurs ordonné d'importantes purges au sein des dignitaires, gagnant dans le sang de nombreux ennemis. 

Jeong Jo s'interroge toujours sur la tragédie qui a mené le prince Sado à la mort : était-il vraiment atteint de folie, comme le suggèrent certain bruits ? A-t-il été la victime d'un complot ourdi contre lui, ou n'a-t-il été qu'un simple incident collatéral de la lutte entre les partis ? Si sa mémoire sur cette époque est floue, sa mère ne partage pas sa curiosité, espérant le voir stopper dans cette quête pour la vérité. En 1795, il décide finalement d'entreprendre un voyage cérémonial en l'honneur de son père, souhaitant réhabiliter sa mémoire en se rendant sur sa tombe. C'est durant ces huit jours loin du palais que ses multiples adversaires se dévoilent : n'est-ce pas l'opportunité unique de se débarasser de ce dirigeant et de régler certains comptes de part et d'autre ?

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Eight Days Mystery of Jeong Jo Assassination gagne ses lettres de noblesse au sein des sageuk, s'inscrivant dans la tradition de ce genre pour mettre en scène une reconstitution historique rigoureuse qui ne manque assurément pas de souffle. Adoptant souvent des accents épiques exaltants, exploitant pleinement son format relativement bref pour éviter tout temps mort, ce drama fascine aussi par son sujet. Se concentrant sur les états d'âme du roi Jeong Jo, il dresse un portrait très intéressant d'un monarque toujours profondément marqué par l'exécution de son père. Ce stratège habile, qui navigue au sein d'une cour hostile, arbitre comme il peut entre raison d'état et son besoin personnel d'apporter la paix à la mémoire du prince Sado. Un jeu de dupes continuel se joue dans les couloir du palais, le drama éclairant tout particulièrement ses rapports avec sa mère. L'ensemble se révèle des plus passionants à suivre.

Outre cette immersion toute en nuances dans ces jeux de cour, le second attrait de Eight Days Mystery of Jeong Jo Assassination réside dans ces diverses conspirations se nouant dans l'ombre, chacun avançant peu à peu ses pions dans une partie d'échecs où la moindre erreur est fatale. Ayant choisi de relater l'histoire prioritairement du point de vue du monarque, les personnages secondaires bénéficient d'un développement moindre ; cependant, à travers eux, il y a une réelle volonté de retranscrire fidèlement les aspirations de la société coréenne d'alors. Chacun en représente une partie, qu'il soit englué dans des tragédies passées appelant vengeance, ou qu'il se tourne vers l'avenir pour une restauration conservatrice ou une véritable révolution vers l'égalité. C'est vun drama où la dimension humaine, qui aurait individualisé chaque personnage, s'efface derrière l'enjeu du sujet. Le téléspectateur se retrouve happé par ce tableau d'ensemble, mosaïque si détaillée, mais en revanche il s'attache moins aux personnages. Ce parti pris, plutôt original pour un k-drama, n'affecte en rien la portée d'une histoire qui tient en haleine du début à la fin.

Pour autant, aussi solide que soit sa construction narrative, il manque quelque chose à Eight Days Mystery of Jeong Jo Assassination pour franchir ce dernier palier qui aurait imposé ce drama comme incontournable. En effet, si son rythme n'est pas en cause, il n'arrive pas à générer un véritable suspense dans les moments clés. Très académique, son récit demeure trop prévisible, peinant à retranscrire une tension qui serait pourtant légitime. C'est peut-être le revers de la médaille d'avoir opté pour une fresque globale derrière laquelle les histoires personnelles ressortent moins : la théâtralisation permet de capter les grands enjeux et de donner un souffle à l'ensemble, mais certains rouages sont moins bien soignés et cèdent à la facilité.

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Solide sur le fond, Eight Days Mystery of Jeong Jo Assassination marque également les esprits grâce au soin apporté à sa forme. La réalisation, confiée à Park Jong Won, est très belle. N'hésitant pas à chercher à mettre en valeur ses décors historiques et costumes aux couleurs chatoyantes, la caméra alterne les plans serrés, mais aussi les prises de vue plus larges qui balayent de superbes reconstitutions mises en scène de façon ambitieuse. De plus, le drama bénéficie d'une grande OST qui fait vraiment basculer certains passages dans une autre dimension. Les instrumentaux et les quelques chansons récurrentes magnifient les scènes importantes, maîtrisant et rythmant comme rarement la narration et donnant parfois au téléspectateur des frissons dès les premières notes. Cette bande-son permet même d'occulter cette insuffisance de véritable tension dans le récit. En résumé, c'est un vrai plaisir que de suivre une telle série où chaque scène est orchestrée musicalement à la perfection : à savourer sans modération !

Enfin, le drama bénéficie d'un casting homogène, globalement convaincant, parfaitement emmené par un Kim Sang Joong (Dawn of the Empire, actuellement à l'affiche dans City Hunter) qui personnifie avec aplomb les dilemmes, mais aussi les convictions inébranlables, du roi Jeong Jo. Jung Ae Ri (Conspiracy in the court, Stars falling from the sky) lui donne la réplique sur un registre tout aussi assuré. A leurs côtés, on retrouve une galerie d'acteurs des plus solides, avec Park Jung Chul (My woman) en conseiller avisé et Lee Sun Ho (Tamra, the island) en ancien soldat désillusionné, mais aussi Hee Won, Kim Sung Kyum, Kim Ki Hyun, Park Chan Hwan, Lee Dae Yeon, Jang Ki Yong ou encore Park Soo Hyun.

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Bilan : Superbe sur la forme, consistant sur le fond, Eight Days Mystery of Jeong Jo Assassination contient tous les ingrédients légitimement attendus pour constituer un bon sageuk. S'il pèche par moment en raison de son style académique qui rend ses développements trop prévisibles, il nous plonge dans une reconstitution soignée et rigoureuse, très prenante, qui passionnera assurément tout amateur de ce genre historique. La mise en scène, sublimée par une bande-son parfaite, est un vrai régal à savourer et vaut vraiment le détour.


NOTE : 7/10


Le générique :


La chanson principale de l'OST (et un aperçu en images) :

09.07.2011

(Mini-série UK) Lost in Austen : un fantasme littéraire devient réalité

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Parmi les quelques rituels du vendredi soir que j'affectionne tout particulièrement se trouve notamment le plaisir de lancer un period drama anglais pour s'évader et conclure une semaine pesante. Hier, devant ma DVDthèque, j'ai finalement opté pour une mini-série atypique, mélange des genres assez savoureux et pour laquelle j'éprouve une tendresse particulière : Lost in Austen. Composée de 4 épisodes de 45 minutes chacun, elle fut diffusée sur ITV en 2008.

Dotée d'un indéniable charme, cette fiction s'adresse tout aussi naturellement au profane qu'au plus fidèle lecteur de Jane Austen, lequel y trouvera sans aucun doute une saveur particulière. Par sa fraîcheur et l'attrait naturel que cet univers familier exerce sur le téléspectateur, qu'il ait lu le livre d'origine ou vu une adaptation portée à l'écran, Lost in Austen est une de ces mini-séries agréablement dépaysante qui laisse libre court à notre imagination en proposant sa propre version de Pride & Prejudice.

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Amanda Price est une anglaise, moderne, vivant à Hammersmith. Pour tromper son quotidien et s'évader d'un job guère épanouissant et d'un petit ami avec lequel la relation est des plus distendue, elle se plonge dans son livre préféré, qu'elle connaît désormais par coeur : Orgueil & Préjugé. Rêvant de l'univers couché sur le papier par Jane Austen, de cette société galante, mais aussi de cet amour naissant et se fortifiant entre Elizabeth et Darcy, la jeune femme n'hésite pas à s'isoler toute une soirée en tête à tête avec son roman. Or un jour, qu'elle n'est pas sa surprise de tomber nez à nez, dans sa salle de bain, sur Elizabeth Bennet, en chair et en os. Un portail, dissimulé, semble faire le lien entre le monde réel du présent et le passé issu de la littérature.

Incrédule, Amanda franchit cette porte qui paraît lui ouvrir la voie vers ses rêves. Mais le passage se referme derrière elle, laissant Elizabeth à sa place dans le présent, tandis qu'Amanda se retrouve invitée par les Bennet à rester quelques jours, puisque leur autre fille s'est, croient-ils, rendue à Hammersmith (le leur). Piégée dans ce monde qu'elle connaît sur le bout des doigts, Amanda se fixe rapidement pour mission de s'assurer que toutes les rencontres à venir se déroulent fidèlement au livre d'origine dont elle s'apprête à vivre les différents évènements marquants. En effet, le lendemain matin, Mr. Bingley, nouveau voisin, rend visite à la maisonnée, les invitant à une réception chez lui. Malgré elle, Amanda sent son coeur s'emballer à cette perspective : elle s'apprête à rencontre Mr. Darcy.

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Lost in Austen est une mini-série qui entremêle les genres et les tonalités pour proposer un appel à l'évasion des plus attrayant. Une partie du charme réside d'ailleurs dans sa capacité à nous immerger aux côtés de l'héroïne dans ce cadre familier tout droit sorti de la littérature. La narration joue sur les contrastes entre les conventions sociales du début du XIXe siècle et le franc parler plus que direct d'Amanda pour délivrer une sorte de fiction moderne en costume. Le style soigne son anachronisme calculé, proposant un réel décalage lors de certaines scènes qui ne manquent pas de références et de clins d'oeil. Cette absence de rigueur convient d'ailleurs parfaitement à l'ambiance. Ce n'est pas une reconstitution, mais bien une fantaisie qui se vit et qui prend peu à peu un tournant très humain d'où vont naître plus d'émotions que l'on aurait pu imaginer.

En effet, Lost in Austen va parfaitement savoir capitaliser sur son concept : adaptation libre, elle s'offre sa propre re-écriture d'Orgueil & Préjugé. Si les protagonistes sont les mêmes, Amanda vient jouer malgré elle les troubles-fêtes tout en ayant à coeur de permettre à tous les couples "destinés" l'un à l'autre de se former. Si bien que, bientôt, ce n'est plus la version de Jane Austen, mais une voie indépendante que suit le récit. Au plaisir de retrouver ces figures connues, que nous découvrons à travers le regard chargé de préconceptions d'Amanda, se substitue ensuite la saveur tout particulière de découvrir d'autres facettes de ces personnages si emblématiques. Si Mr. Darcy se montre encore plus sec et arrogant que dans notre imaginaire de lecteur, Wickham se révèle sous un jour autrement plus sympathique. C'est d'ailleurs dans cette émancipation, consacrée dans la deuxième partie, que Lost in Austen trouve vraiment son ton juste, provoquant avec aplomb des changements importants.

D'observateur extérieur, Amanda devient peu à peu une participante incontournable de l'histoire, impliquant d'autant plus le téléspectateur dans cet Orgueil & Préjugé qui se reconstruit finalement sous ses yeux, et assumant pleinement ce statut de fantasme littéraire devenant réalité.

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Le dynamisme dont fait preuve Lost in Austen pour s'approprier avec modernité ce récit classique se ressent également sur la forme. Si la réalisation se permet quelques scènes introductives au parfum un peu irréel que l'on a l'impression de voir tout droit sorties du roman ou des fantasmes d'Amanda, dans l'ensemble, la photographie, très claire, offre des images riches en couleurs, où la dualité présent/passé joue pleinement. C'est frais, plaisant pour les yeux et agréable à suivre. Pour compléter l'ensemble, un petit thème musical récurrent prolonge cette ambiance : le but apparaît vraiment de s'approprier les protagonistes de l'oeuvre pour s'offrir avec eux une forme d'évasion.

Enfin, le casting se révèle très sympathique. Parfois versant volontairement dans une forme de sur-jeu, il reste aussi très naturel. Jemima Rooper (Hex) incarne une Amanda Price vive et pragmatique, oscillant entre ses devoirs envers l'histoire d'origine et les passions de son propre coeur. Elliot Cowan (The Fixer, Marchlands) est un Darcy aux traits aristocratiques encore plus affirmés, tandis que Tom Mison joue un Mr. Bingley qui s'égare en s'éloignant de sa destinée. Du côté des Bennet, Alex Kingston (Urgences, Marchlands) et Hugh Bonneville (Downton Abbey) jouent les parents, tandis que Morven Christie (The Sinking of the Laconia), Perdita Weeks (The Promise), Florence Hoath, Ruby Benthal (Lark Rise to Candleford) et Gemma Arterton incarnent leurs filles. Enfin, on retrouve Tom Riley (Monroe) dans le rôle de Whickham.

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Bilan : Faisant vibrer la fibre de l'imaginaire chère à toute personne connaissant l'oeuvre d'origine, Lost in Austen est une adaptation libre qui propose une immersion plaisante et attachante dans cet univers classique parmi les classiques de la littérature anglaise. Mini-série divertissante, appel détourné aux rêves, elle n'est certes pas dépourvue de quelques maladresses, mais c'est sûrement par sa simplicité qu'elle séduit. Son style direct, très franc, lui confère un charme frais par lequel le téléspectateur se laisse entraîner.


NOTE : 7/10


La bande-annonce de la série :

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