30.05.2011
(UK) Doctor Who, season 6, episodes 5 & 6 : The Rebel Flesh & The Almost People

Second double épisode de cette première partie de saison 6, The Rebel Flesh et The Almost People donnent quelque peu raison à ma récente résolution d'attendre désormais un visionnage de l'intégralité de l'histoire avant d'en rédiger une review. En effet, il est assez symptomatique des défauts classiques dont souffre à l'occasion ce choix de format, c'est-à-dire une première partie un peu faible, que vient rattraper une seconde plus affirmée et dont la chute finale achève de faire oublier le reste du scénario, en le présentant a posteriori sous une toute autre perspective. L'aventure trouve soudain une justification légitime ; et le téléspectateur reste de toute façon tout à son choc de fin d'épisode, comptant frénétiquement les jours jusqu'au prochain épisode.

L'aventure débute lorsque le Tardis, voyant son voyage perturbé par une déflagration solaire, attérit précipitamment sur Terre quelques siècles dans le futur. L'île isolée que découvrent nos trois compagnons en sortant du vaisseau abrite une structure extrayant et exploitant de l'acide qu'elle transfère au continent. Si l'accueil de l'équipe travaillant sur place est aussi glacial que méfiant, le papier psychique du Docteur leur sauve une énième fois la mise, permettant de les introduire officiellement comme des météorologues envoyés en raison de la tempête solaire annoncée. Car les premières fluctuations ne sont que le signe avant-coureur d'une déferlante de radiations autrement plus intense.
Or cette exploitation utilise un procédé communément répandu à l'époque sur Terre pour contourner la dangerosité de leur métier, la moindre erreur dans la manipulation d'acide pouvant se révéler très vite fatale. Ils ont recourt à une matière particulière, désignée sous le terme de flesh, à laquelle ils transfèrent leurs personnalité et souvenirs : ces gangers agissent et courrent donc les risques à leur place. Les gangers demeurent toujours sous contrôle et sont exploités à des fins purement utilitaires, sans faire de cas de l'individu dont il recueille tous les caractères.
Seulement la tempête solaire, plus forte que prévue, va dérégler ce contrôle, les créatures s'émancipant de tout contrôle. Les humains se trouvent soudain confrontés à leurs doubles. La peur et l'instinct de survie va pousser chaque camp dans ses retranchements, mais les mystères cachés dans les gangers sont loin d'avoir révélés tous leurs secrets...

Ce double épisode investit un thème particulièrement cher à la science-fiction : est-ce que ces gangers, une fois animés et indépendants, dotés d'une personnalité, quittent le statut de simple "chose" et peuvent être considérés comme des êtres dont la vie mérite la protection ? C'est la sempiternelle problématique : à partir de quand la créature créée - ici rendue consciente - par l'homme acquiert-elle finalement une âme ? La question est d'autant plus sensible et porte à confusion qu'il s'agit de copies d'individus, avec tout ce que cela implique en terme de mémoire et de sentiments. Dans l'ensemble, le classicisme de la thématique traitée dessert quelque peu l'histoire qui peine à trouver son rythme, surtout dans le premier épisode, trop prévisible et ayant un fort arrière-goût de déjà-vu.
Cependant, il ne faut pas bouder son plaisir car ce twist du dédoublement nous procure aussi les scènes assurément les plus jubilatoires de cette heure et demie, au cours du second épisode. En effet, il a le mérite de placer dans une même pièce deux Eleven afin d'organiser le sauvetage de la situation qui devient rapidement très compliquée. Autant dire que le téléspectateur se laisse emporté par le sens de la répartie sur-vitaminé et la complémentarité fantastique des deux Time Lords. Matt Smith a dû sacrément s'amuser à tourner ces scènes, ou du moins l'enthousiasme des deux Docteurs est-il communicatif à l'écran. Leurs échanges font des étincelles et sont l'étincelle de ce deuxième épisode (avant la fin). Dynamisant automatiquement l'ensemble, c'est toute l'histoire qui gagne en homogénéité. Et cette double ration du Docteur est d'autant plus appréciable que ses compagnons ne sont pas dans leur meilleur jour dans cette aventure.

Tandis que Rory se laisse mener par le bout du nez par une jeune étourdie spontanée dont le ganger se révèle être une intransigeante qui appellera vengeance jusqu'au bout, Amy manifeste quant à elle, à l'égard de ces créatures, des préjugés et une étroitesse d'esprit inhabituels chez elle. Si son attachement affectif au Docteur se comprend ; en revanche, la froideur avec laquelle elle traite son double apparaît disproportionnée et assez glaçante. Le signe de reconnaissance constitué par les chaussures était un appel à un échange des deux Docteurs qui n'étonnera pas le téléspectateur, en revanche, le twist final, peut-être inconsciemment envisagé par chacun au fil de l'épisode, oblige à une relecture complète de l'épisode, nous laissant, une fois de plus, réduit à compter patiemment les jours jusqu'à la suite.
Car cette arrivée prétendûment non programmée sur l'île et la rencontre avec des gangers au tout début de leur émancipation ne doivent rien au hasard. Au cours d'une scène finale marquante, qui rehausse automatiquement (mais quelque peu artificiellement) l'intérêt de cette aventure d'apparence anecdotique au premier abord, Eleven dévoile une nouvelle ses talents de calculateur, mais aussi sa capacité à dissimuler ses pensées à ses deux compagnons. Il ne s'ouvre jamais complètement, ne partageant ni ses plans, ni ses inquiétudes. Certes, ici, la situation le justifiait. Pour autant, en dépit du choc de la révélation de la substitution d'Amy, il est difficile de ne pas ressentir un certain malaise à voir ainsi le Docteur se résoudre à "exécuter" un ganger, après avoir passé l'aventure à prôner la coexistence pacifique et à tenter de les sauver. La fin justifie en quelque sorte les moyens. Mais encore une fois, l'attitude d'Eleven durant cette scène éclaire une part d'ambivalence assez forte dans ce Time Lord. Certains de ses choix sont très radicaux, voire sombres : quelque soit l'image que renvoient ses débauches de pitrerie, il n'y a rien d'insousciant chez lui.

Bilan : Aventure de science-fiction à la thématique la plus classique qu'il soit, ce double épisode se révèle finalement assez paradoxal et laisse une impression ambivalente. D'une part, il souffre d'une première partie manquant de dynamisme et d'étincelle, tandis que la seconde s'avère autrement plus convaincante : était-il vraiment nécessaire d'occuper une durée de deux épisodes ? C'est discutable. D'autre part, il se conclut sur une fin qui laisse le téléspectateur sous le choc. L'histoire du jour se trouve brusquement reléguée en arrière-plan dans notre esprit qui est déjà instantanément tourné vers la suite et toutes les perspectives que cela ouvre. Une chose est sûre cette série maîtrise la gestion des twists comme peu de fiction !
NOTE : 7/10
La bande-annonce de l'épisode :
21:39 Publié dans Doctor Who | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : doctor who, bbc, matt smith, karen gillan, arthur darvill |
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28.05.2011
(US) Justified, saison 2 : le temps de la maturité

On m'a souvent dit que la saison 2 d'une série (américaine) serait celle qui révèle la vraie valeur de l'oeuvre en question. La saison 1 prend la température, cherche le juste équilibre et son identité. La saison 2 démontre - ou non - la maîtrise et la vision des scénaristes. Si ce point de vue m'apparaît discutable, il est cependant tentant d'appliquer ce schéma à une série qui, de coup de coeur personnel l'an dernier, s'est imposée ce printemps comme une incontournable du petit écran d'outre-Atlantique.
Nul doute que j'avais aimé la première saison de Justified. J'étais tombée sous le charme de ses anachronismes westerniens, de son atmosphère atypique imprégnée du Kentucky profond, de ses personnages à la dualité fascinante, de ses acteurs charismatiques... Bref, il existait certainement mille et une raisons qui avaient fait de Justified une de mes séries américaines en cours de production préférées. Cela ne signifiait pas que cette première saison avait été exempte de défauts, la narration hésitante du procedural au feuilletonnant montrait bien que les scénaristes avaient cherché leur voie. Sauf que, voyez-vous, en ce printemps 2011, Justified a acquis une autre dimension.

Grâce à sa saison 2, elle a dépassé le stade de la série appréciable, correspondant parfaitement à mes goûts et se suivant avec plaisir, pour devenir progressivement le rendez-vous téléphagique hebdomadaire que j'attendais avec le plus d'impatience chaque semaine. Elle est entrée dans le cercle de ces séries qui savent procurer de vrais instants jubilatoires que l'on va tout particulièrement chérir. Une maturation et une forme de consécration qui viennent donc récompenser l'investissement du téléspectateur.
Cette saison 2 aura dans l'ensemble suivi un schéma de construction narrative similaire à la première, mais globalement mieux maîtrisé, renvoyant l'impression rassurante que les scénaristes savaient parfaitement où ils allaient en construisant pierre par pierre les confrontations à venir. Une fois la storyline de Floride - laissée en suspens l'an dernier - rapidement clôturée, Justified ne tergiversera pas. Cette fois, les quelques stand-alones du début sont non seulement vite éclipsés par les intrigues à dominante feuilletonnante, mais surtout ces premières escarmouches vont elles-mêmes être reliées aux grands arcs narratifs et leur servir de base. Si bien que c'est sous la forme d'un tout homogène et consistant que se présente cette saison 2, dont les différents actes traduisent la rigueur des scénaristes : la montée en puissance, le climax et, enfin, une vraie conclusion qui referme le chapitre.

Tout en reprenant les ingrédients qui avaient fait le charme de la première saison, Justified ne se contente pas de rester sur ses acquis. C'est une variante qui nous est en effet proposée, explorant et redéfinissant des thématiques qui ont ce mérite de n'être jamais figées. Les rapports de force, qui régulent sous nos yeux fascinés ce Kentucky profond qui vit suivant ses propres codes, restent constamment mouvants. La famille demeure une donnée centrale du récit, démontrant qu'au-delà des déchirements internes, les liens du sang semblent toujours l'emporter. Les trafics et petits arrangements avec la loi forment aussi toujours cette nébuleuse inaccessible à qui tenterait de la décrypter de l'extérieur. Cette saison, plus encore que dans la précédente, les scénaristes, en travaillant l'ambiguïté qui lui est inhérente, auront eu à coeur de faire ressortir cette atmosphère particulière qui place la série si loin de tous ces cop-shows aseptisés.
En dépit de tous ses efforts, les pas de Raylan le reconduisent toujours inévitablement vers Harlan County. Le lien du passé ne saurait se rompre ; mieux encore, il pèse sur chacun des personnages incapables de s'en défaire, biaisant leur jugement, et renforçant l'impression que ce qui se joue n'est qu'un énième acte d'un demi-siècle de confrontations au fin fond du Kentucky. A ce jeu vain d'une émancipation impossible, c'est sur l'introduction des Bennetts que va repose la dynamique de la saison. Affrontement moins personnel et consanguin que face aux Crowder, il est cependant tout aussi intime : le contentieux est déjà lourd avec les Givens, le clash adolescent de Raylan et d'un des fils n'ayant été qu'une piqûre de rappel parmi d'autres. Sauf que Mags Bennett est bien plus qu'une simple adversaire. Pilier d'un système, elle s'impose en matriarche pragmatique, à la fois dure mais également prompte à vouloir mener à bien de secrets espoirs pour le futur de sa famille. Si elle joue sur l'ambivalence que son image peut renvoyer, son personnage, avec ses multiples facettes, place cette confrontation à un autre niveau qu'un réducteur enjeu de vendetta ou de légalité.

On retrouve à travers Mags Bennett une des forces constantes de la série : le soin tout particulier apporté à des personnages jamais interchangeables. De manière générale, tous les principaux protagonistes - voire au-delà - bénéficient de cette finesse d'écriture qui fait d'eux des figures nourries de certitudes et de paradoxes. Cette dimension humaine va se trouver encore renforcer dans cette saison 2. Non seulement les grands arcs narratifs, bien gérés, forment une seule et même histoire admirablement maîtrisée, mais, marquant la volonté de ne pas rester figée, la série apparaît placée sous le signe de l'évolution, ou du moins des tentatives, forme de quêtes existentielles un peu futiles mais inébranlables. Ainsi Boyd poursuit-il ses réflexions éthiques, recherchant un équilibre qui semble toujours se dérober. De façon plus affirmée et approfondie que précédemment, c'est toute la galerie de personnages gravitant autour de Raylan qui gagne en consistance et se complexifie.
Cependant, le marshall demeure, par l'importance de ses choix, la figure incontournable. S'il fascine toujours autant, c'est que, lui aussi, il va connaître des évolutions durant cette saison 2. Sa relation avec Winona, et la découverte de ce qu'il serait prêt à faire pour elle, bouleverse bien des certitudes sur son rapport à la loi. S'il a toujours cultivé cette indépendance, jusqu'où serait-il prêt à aller au nom des sentiments ? Quelque part, alors même qu'il commence à reparler futur, perce une pointe d'autodestruction dans l'attitude qu'il adopte, chevillée au corps (et au coeur) de façon peut-être encore plus criante. Durant toute la saison, Raylan tourne et se rapproche inexorablement de Harlan, de ces racines volontairement oubliés. Jusqu'à s'y brûler. Le season finale revêt ici une portée symbolique particulière. Si ses nerfs d'acier, comme l'assurance infaillible qu'il met en scène consciemment ou non, ne lui feront jamais défaut, il faudra par deux fois une intervention extérieure pour lui sauver la vie. Au fond, la saison poursuit le mythe inaccessible du cow boy indestructible, tout en le battant en brèche. Les derniers développements laissent entrevoir d'autres remises en cause pour la suite.

Bilan : La saison 2 de Justified aura été celle de la maturation. Parvenant à pleinement exploiter les atouts du concept fort sur lequel repose la série, les scénaristes auront aussi su ne pas se contenter de rester sur leurs acquis, faisant preuve d'une réelle ambition à saluer. Dotée cette fois d'une contruction narrative maîtrisée du début à la fin, des premières pierres jusqu'à la chute finale, la série aura réussi à proposer un feuilletonnant consistant et captivant, agrémenté de certains passages proprement jubilatoires qui marquent la récompense suprême de l'investissement du sériephile fidèle. A savourer sans modération !
NOTE : 9/10
Un teaser de cette saison 2 (sans spoiler) :
Le générique de la série :
15:05 Publié dans (Séries américaines) | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : justified, fx, timothy olyphant, nick searcy, natalie zea, joelle carter, walt goggins, jacob pitts, erica tazel |
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25.05.2011
(K-Drama / Pilote) Lie to me : comédie romantique confortable tributaire de son casting

Il y a des nouveautés que vous lancez par réflexe, parce que votre curiosité prend le dessus lorsque vous croisez un pilote tout droit sorti d'usine. Il y en a d'autres devant lesquelles vous allez vous installer en raison des chaudes recommandations des uns et des autres. Il y en a encore dont le synopsis va éveiller votre intérêt a priori. Et enfin, il y en a où un seul coup d'oeil aux noms composant le casting suffit à vous les faire cocher. Ce sont souvent des essais à double tranchant : d'une part, le concept ne paraît pas vraiment attractif ; d'autre part, vous avez très envie d'aimer...
Diffusée sur SBS depuis le 9 mai 2011, Lie to me est un peu l'incarnation printanière de ce dilemme qui se pose invariablement une ou deux fois par saison au sériephile. C'est même mon rapport aux rom-coms qu'il interroge, tant j'ai l'impression de voir les personnages presque occulter d'une certaine façon le scénario. En résumé, après ce visionnage des deux premiers épisodes, est-ce que je compte poursuivre ? Sans nul doute. Est-ce que nous sommes face à un drama qui mérite l'investissement ? Rien ne permet de l'affirmer pour le moment. Est-ce que c'est grave ? Je n'en suis pas sûre...

Lie to me nous raconte le rapprochement de deux êtres que rien ne pouvait a priori plus opposer. Hyun Ki Joon, héritier d'une puissante famille de chaebol, dirige, avec un soin du détail constant, un hôtel de luxe. Il est toujours célibataire pour la plus grande frustration de sa tante qui fait pression pour qu'il opte pour un mariage parfaitement arrangé avec une des jeunes femmes qu'elle a pu lui faire rencontrer. La question apparaît d'autant plus sensible au sein de la famille qu'il y a quelques années, Ki Joon avait failli se marier, mais un imprévu, dans lequel son jeune frère semble avoir une part de responsabilité, avait fait échouer le projet. Reste que si Ki Joon fait mine de suivre les conseils de sa tante, il ne semble pas non plus particulièrement s'inquiéter des menaces d'exhédération lancées en l'air.
Parallèlement, Gong Ah Jung est une fonctionnaire qui travaille pour le Ministère de la Culture, organisant des évènements. Peu épanouie dans sa vie professionnelle, contemplant effarée les ruines de sa vie amoureuse, la jeune femme va, à la suite d'un concours de circonstances forcément improbable mais à l'enchaînement très efficace, croiser le chemin des deux frères Hyun. Si elle sympathise avec le plus jeune, Sang Hee, de petits mensonges et de grands qui pro quos font naître la rumeur qu'elle serait mariée (en secret) avec l'aîné, Ki Joon. De ragots de salon de coiffure en chuchotements à l'hôtel, le doute se change rapidement en certitude, notamment pour l'ex-fiancé de Ah Jung, un avocat, et son ex-meilleure amie qui le lui ravit il y a quelques années.
Seulement si cet arrangement avec la réalité sauve provisoirement la fierté de Ah Jung, elle qui était confrontée au regard d'amis qui la considéraient presque perdue, c'est peu dire que Ki Joon ne l'entend pas vraiment ainsi.

Lie to me est en bien des points l'archétype de la rom-com sud-coréenne traditionnelle. C'est-à-dire qu'elle investit, avec une application et un professionnalisme certains, chacune des clauses du cahier des charges propre à ce genre. Peu d'innovation donc dans des ficelles de narration pas des plus subtiles, qui ne semblent laisser place à aucune réelle spontanéité... Suivant un rythme assuré, le scénario déroule avec une prévisibilité qui, si les deux épisodes se visionnent sans déplaisir et n'ennuient pas, n'en frustre pas moins quelque peu un téléspectateur qui serait en droit, avec une telle affiche, d'attendre des ambitions plus affirmées de la part de cette série. Et pourtant, malgré toutes les limites dont le téléspectateur est conscient, presque l'air de rien, Lie to me charme peu à peu.
Ce n'est pas un intense coup de foudre qui s'opère, mais le drama va susciter et capitaliser sur un sentiment agréable de confort diffus qui va progressivement s'installer. Avec une assurance et une tranquillité communicatives, l'histoire prend son temps, distillant et mêlant les ingrédients caractéristiques d'une recette qui a fait ses preuves : il y aura ces petits twists qui sauront tout redynamiser quand il faut, mais aussi ces confrontations si attendues orchestrées pour notre plus grand plaisir, ou encore ces passages cocasses ou improbables qui prêteront à sourire... Au fond, si les débuts de Lie to me ne marquent pas, ils parviennent à fidéliser de la plus pragmatique des manières cette partie du public qui était prédisposée à se laisser conquérir, n'est-ce pas le fondement même du format série ?

Sur la forme, Lie to me conserve un cadre à la fois soigné et posé. Sa réalisation est classique, ne s'offrant aucune réelle prise de risque, ni le moindre effet de style. Les couleurs restent dans l'ensemble dans des teintes claires, ce qui correspond à l'atmosphère que s'efforce d'investir le drama. Il manque peut-être à cet ensemble une OST qui se démarquerait. Pour le moment, si les différents morceux entendus ne dépareillent pas, ils m'ont paru un peu trop passe-partout pour retenir vraiment l'attention. Mais peut-être est-ce au fond le style général de ce drama : bien calibré, sans surprise, manquant au final de ce relief qui l'aurait démarqué des dizaines l'ayant précédé ?
Reste que Lie to me dispose d'un atout indéniable qui lui est propre et que personne ne lui enlèvera : son casting ! C'est là où toute l'efficacité de la rom-com se dévoile, et où l'on prend sans doute pleinement conscience de l'extrême subjectivité et du sentimentalisme avec lequel le téléspectateur vit bien des dramas. Parce que Lie to me reste la série qui réunit en lead-in, la pétillante Yoon Eun Hye (Coffee Prince), qui est juste merveilleuse dans ces premiers épisodes, et le non moins charmant Kang Ji Hwan (Hong Gil Dong, Capital Scandal, Coffee House), qui reste pour le moment un peu en retrait, n'ayant que peu de chose à faire. De plus, soulignons que les seconds rôles ne sont pas en reste, notamment Sung Joon (White Christmas), mais on retrouve aussi Jo Yoon Hee (Golden Fish), Hong Soo Hyun (Temptation of an angel), Ryu Seung Soo (Evasive Inquiry Agency), Oh Mii Hee, Kwon Se In, Park Ji Yoon, Kang Shin Il (President) ou encore Lee Kyung Jin.

Bilan : Démarrant tout en douceur, Lie to me se présente comme une comédie romantique à laquelle le qualificatif "classique" sied à merveille. Mais l'adjectif constitue à la fois son atout et sa faiblesse inhérente. Au-delà du déroulement trop calibré assorti d'une relative prévisibilité, le téléspectateur retiendra et appréciera cette impression diffuse de confort qui se dégage de ces premiers épisodes agréables. L'attachement aux personnages s'opère de la plus naturelle des façons grâce au charisme des acteurs, qui occultent quelque peu (mais pas complètement) les limites narratives. La recette rom-com fonctionne en capitalisant sur ce dernier aspect, c'est-à-dire notre rapport aux protagonistes.
En fait, en ce mois de mai, Lie to me apparaît un peu comme l'opposée de la sur-vitaminée The Greatest Love en terme de choix narratifs. A suivre éventuellement, mais suivant vos affinités.
NOTE : 6/10
La bande-annonce de la série :
Une des chansons de l'OST :
07:33 Publié dans (Séries asiatiques) | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : k-drama, sbs, lie to me, yoon eun hye, kang ji hwan, sung joon, jo yoon hee, hong soo hyun, ryu seung soo, oh mi hee, kwon se in, park ji yoon, kang shin il, lee kyung jin, kwon hae hyo |
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21.05.2011
(BR/FR/POR) Les Mystères de Lisbonne (Mistérios de Lisboa) : fresque romanesque envoûtante dans le Portugal du XIXe siècle

Les rapports du petit et du grand écrans sont souvent discutés. Particulièrement en France, où les deux ont longtemps été présentés artificiellement comme antinomiques. Cette semaine, Arte s'attachait à corriger ces préjugés, diffusant ces jeudi et vendredi soirs une des plus belles réconciliations qui soit. L'occasion de nous rappeler que le cinéma et la télévision sont deux formats différents, mais qui ont chacun des atouts propres à leur genre. C'est ce que Raoul Ruiz, l'esprit tourné vers ces telenovelas qu'il rêvait de réaliser, a parfaitement compris à travers ses adaptations des Mystères de Lisbonne.
Cette oeuvre est à l'origine un classique de la littérature portugaise du XIXe siècle, de l'écrivain Camilo Castelo Branco. Le cinéaste chilien l'a transposée au cinéma, dans un film sorti en fin d'année dernière, qui constitue une fresque unique d'une durée de 4 heures 30. Mais il a également réalisé une version destinée à la télévision : une mini-série, composée de six épisodes de 55 minutes chacun, que la chaîne franco-allemande proposait donc cette semaine, en VM. Si je n'ai pas vu la version cinématographique, j'ai trouvé que le rythme narratif du récit s'adaptait vraiment parfaitement au découpage par épisode permis par le passage au petit écran. Cela a été incontestablement ma découverte sériephile de la semaine.

Nous plongeant dans un tourbillon de destinées entremêlées, Les Mystères de Lisbonne dévoilent, à travers une fascinante quête identitaire, les dessous de l'aristocratie portugaise du premier XIXe siècle.
Le jeune João Pedro da Silva, âgé de 14 ans, est interne dans un pensionnat religieux. Recueilli et élevé par le responsable des lieux, le père Dinis, l'adolescent ignore tout de sa naissance et de sa véritable identité, enfant sans nom subissant les brimades de ses camarades à un âge où les question sur les origines s'éveillent. A la suite d'une violente altercation, Pedro, blessé à la tête, perd connaissance. Cette nuit-là, il reçoit la visite d'une mystérieuse femme. Si au réveil, le père Dinis et Dona Antonia, une carmélite dont il est proche, lui recommandent d'oublier tout cela, Pedro sait qu'il s'agit de la première pierre sur le chemin de la découverte de ses origines.
A partir de cet évènement qui sert de catalyseur, les récits vont peu à peu se succéder, révélations intimes de vies rarement heureuses qui ont, d'une façon ou d'une autre, influer et présider à la vie de Pedro, ce dernier restant le fil rouge - et le narrateur - de cette histoire à la fois éclatée, mais pourtant toujours si fluide. Les Mystères de Lisbonne nous entraînent ainsi dans un voyage mouvementé à travers les destinées, souvent passionnelles et tragiques, de différents protagonistes. La mini-série remonte le temps, nous conduisant au-delà du Portugal, de Venise à la France impériale napoléonienne, pour proposer une fresque d'une densité aussi fascinante qu'envoûtante.

Les Mystères de Lisbonne correspondent à une vaste fresque, tourbillonnante et captivante, dans laquelle on retrouve tant cette ambiance d'époque que ce style foisonnant caractéristique de la littérature du XIXe siècle. A la fois dense et contemplative, sans égale pour verser dans un romanesque magnifique où les sentiments les plus violents, de l'amour à la haine, s'expriment, la mini-série propose un récit aussi éclaté qu'extrêmement vivant. On y croise tous les ressorts scénaristiques propres à ce genre. Ainsi, sa dimension historique lui permet de dresser un portrait de cette société portugaise, soulignant l'hypocrisie des élites et les paradoxes du pragmatisme de chacun. Mais c'est aussi un récit d'aventures, rythmé par les choix des personnages et les passions brisées. Au final, c'est un tableau fascinant, extrêmement coloré, qui prend forme sous nos yeux, où tous les rebondissements et toutes les coïncidences se justifient comme autant de pièces d'un même puzzle, d'une même énigme identitaire qui se complète peu à peu.
En effet, le fil rouge que constituent les origines et, plus généralement, la vie de Pedro Da Silva sert de prétexte parfait pour nous entraîner dans un récit dilué, mais toujours admirablement maîtrisé, qui va prendre la forme d'une mosaïque de destinées éparses, que le sort conduira à entremêler. La construction en mini-série trouve ici toute sa justification : chaque épisode apparaît dédié à une thématique et se consacre à une destinée, semblant par certains côtés indépendant des autres, mais poursuivant toujours cette exploration d'une ligne de vie particulière et de toutes celles qui ont pu influer sur elle. Dotée d'une narration atypique, qui confine à une forme de surréalisme un peu théâtral aussi déroutant qu'envoûtant, Les Mystères de Lisbonne constitue une oeuvre à part qui happe le téléspectateur sans que ce dernier puisse s'en détacher.

C'est en raison de ce surréalisme théâtral qu'il est difficile de distinguer le fond de la forme face aux Mystères de Lisbonne. En effet, ils finissent par se confondre, faisant tous deux partie intégrante d'une narration qui suit un style qui lui est propre. La réalisation apparaît semblable à une oeuvre d'orfèvre : chaque plan est particulièrement soigné, millimétré. Rien n'est laissé au hasard dans ce qui s'apparente presque à une succession de tableaux, d'instantané où la symbolique se dispute au suggestif de manière admirablement maîtrisée. Les changements de lieux, comme l'enchaînement des scènes dans un même récit, observent une forme d'invariable continuité qui parachève l'ensemble, apportant une consistance homogène à la façon dont l'histoire est racontée.
Enfin, Les Mystères de Lisbonne bénéficient d'un casting qui parvient à très bien retranscrire cette tonalité que le réalisateur choisit d'adopter. Adriano Luz incarne ce père Dinis, figure tutélaire omniprésente dont la destinée mouvementée semble liée à celle de Pedro. Ce dernier est joué par José Afonso Pimentel. A leurs côtés, on retrouve notamment Maria João Bastos, mère absente qui aura tant subi, Ricardo Pereira, constant protecteur à la vie débridée, mais aussi Clotilde Hesme, Julien Alluquette, Léa Seydoux, Melvil Poupaud, Sofia Aparicio ou encore Malik Zidi.

Bilan : Sur fond de recherche des origines pour cet orphelin dont la mini-série narre en réalité la vie (des faits antérieurs déterminants jusqu'à la fin), Les Mystères de Lisbonne s'apparentent à une mosaïque tourbillonante de flashbacks qui vont progressivement former un tableau captivant, portrait de la société portugaise du XIXe siècle. Cette épopée romanesque nous présente ainsi des destinées entremêlées, souvent tragiques, marquées par une intensité émotionnelle constante et déterminante qui apporte une dimension supplémentaire à l'histoire.
En résumé, cette mini-série constitue une véritable expérience narrative qui se savoure comme rarement. Laissez-vous captiver. Pour les retardataires, il n'est pas trop tard... Rendez-vous sur le catch-up d'Arte !
NOTE : 9/10
La bande-annonce :
18:52 Publié dans (Séries européennes autres), (Séries françaises) | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : brésil, france, portugal, arte, les mysteres de lisbonne, mistérios de lisboa, raoul ruiz, adriano luz, josé afonso pimentel, maria joão bastos, ricardo pereira, clotilde hesme, julien alluquette, léa seydoux, melvil poupaud, sofia aparicio, malik zidi |
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20.05.2011
(UK) Doctor Who, season 6, episode 4 : The Doctor's Wife

Basé sur un scénario signé de l'écrivain britannique Neil Gaiman, ce quatrième épisode avait beaucoup fait couler d'encre, et c'est peu dire qu'il était attendu après la parenthèse à thématique pirate de la semaine dernière. L'équilibre entre aventure et mythologie allait-il être cette fois véritablement au rendez-vous ? Et bien, le téléspectateur peut être pleinement satisfait de The Doctor's Wife : il trouve le juste équilibre entre une exploration mythologique touchant à l'âme de la série et une aventure sombre et débridée qui donne du rythme à l'ensemble. De quoi réconcilier tous les publics devant le petit écran, et moi la première.

Alors que le Tardis est en plein vol dans le vide de l'espace, notre trio voit arriver une bien étrange boîte, qui s'avère être en réalité un message de détresse émanant de rien moins qu'un... Time Lord. Elle fait soudain naître comme un espoir fou, déraisonnable : et si, quelque part, un Time Lord avait survécu ? Il n'en faut évidemment pas plus pour que le Docteur mette le cap sur l'origine du signal, laquelle se trouve au-delà et par-delà l'univers connu, qu'une métaphore savonneuse ne permettra pas vraiment d'expliciter à l'esprit rationnel du téléspectateur, mais au sujet de laquelle on se formalisera peu.
Ils atterrissent sur un gros rocher du bout de l'existence, astéroïde-planétoïde non identifié, dont le décor, semblable à une décharge inter-galactique correspond parfaitement à la façon dont notre imaginaire pourrait concevoir de tels endroits. A leur arrivée, le Tardis semble soudain se vider de son énergie, toute lumière éteinte, comme privé de vie. Coincé sur place pour quelques heures au moins, notre trio rencontre les quelques habitants, tous aussi improbables, de cet astéroïde... vivant. C'est en particulier une jeune femme délurée, sautant littéralement sur le Docteur, qui retient leur attention un tantînet perplexe. D'où vient donc le message ? Est-ce un piège ou peut-on vraiment espérer trouver un Time Lord perdu dans ce cadre post-civilisationnel ?

La réussite et tout le charme de The Doctor's Wife tiennent autant à son ambition mythologique qui sert de base à son histoire, qu'à l'émotionnel finissant par l'emporter sur une aventure presque éclipsée, en intérêt comme en intensité. Le titre est d'ailleurs parfaitement révélateur. En effet, l'épisode va explorer un des fondements de la série, à la fois central, incontournable, mais pourtant à peine effleuré dans l'univers Who-ien (du moins depuis 2005) : les mystères du Tardis. Forcément, la thématique est chère au téléspectateur, sujet à la fois familier et pourtant inconnu. Si on mesure bien cette faculté qu'a le vaisseau de toujours conduire le Docteur là où ses services sont requis, mais pas forcément là où il l'aurait souhaité a priori, quelle est la dynamique qui sous-tend cette relation sans doute la plus particulière qui soit, même pour un Time Lord ?
La bonne idée de l'épisode va être de choisir la voie de la personnification de ce seul "voyageur" à avoir accompagné notre Time Lord favori depuis le départ. Le seul élément toujours stable. Le seul à avoir tout partagé, les joies comme les peines. Le seul, à la croisée du continuum espace-temps, à sans doute en savoir plus que lui, plongé dans toutes ces timelines et ces possibilités. En lui offrant un corps pour s'exprimer, une femme - hello, Sexy ! -, c'est l'occasion d'explorer plus avant les rapports qu'entretiennent le Time Lord et sa chère Tardis. C'est la possibilité, enfin, de mettre des mots sur un lien indéfinissable. Les deux peuvent échanger. Logiquement, leur complémentarité s'impose naturellement. Rarement la phrase "ils étaient faits l'un pour l'autre" aura eu autant de sens et de justesse que de voir ainsi les deux intéragir dans la situation de crise du jour.

Episode mythologique au sens noble du terme, parce qu'en évoquant le Tardis, c'est à l'âme même de la série qu'il touche, cette intrigue place logiquement le reste en retrait. Les multiples péripéties du jour resteront une toile de fond divertissante, impulsant un certain punch à l'ensemble, mais ne focalisant jamais l'attention d'un téléspectateur tout entier fasciné par cette invitée inattendue mais qu'on a pourtant déjà l'impression de connaître. Cela explique que le Docteur soit séparé de Rory et Amy. Ces derniers s'en tireront avec leur lot habituel d'émotions et d'épreuves, crapahutant plus que de raison dans les couloirs d'un Tardis hijacké, frôlant, vivant, la mort au plus près. Si l'alchimie des deux jeunes gens fonctionne toujours à merveille, disons que, pour une fois, l'enjeu demeure ailleurs.
Au fond, il y a comme une volonté grisante d'un petit retour aux sources, ou aux fondements, dans The Doctor's Wife. On y retrouve tous les ingrédients de cette magie diffuse qui fait Doctor Who - un Ood, les références au passé du Docteur. Ce cocktail prend ici parfaitement, pour satisfaire petits et grands. Et encore une fois, j'ai été impressionnée par Matt Smith, avec son entrain communicatif, son sang-froid à toute épreuve et ses maniérismes inimitables. L'acteur n'est jamais aussi étincellant que lorsque le scénario lui propose un vis-à-vis à la hauteur de son personnage, avec lequel il peut férailler en réparties piquantes. Jubilatoire.

Bilan : Trouvant le juste équilibre entre mythologie et aventure, The Doctor's Wife propose un de ces cocktails réjouissants et fascinants dont la série a le secret et qui fait toute sa magie. Par la personnification du Tardis qu'il permet, par cette découverte de motivations informulées mais que l'on a toujours perçues inconsciemment, c'est l'occasion d'éclairer des dynamiques inexplorées - mais pourtant centrales - de la série. Désormais, il ne sera plus possible de regarder un épisode sans repenser à cette rencontre, sans songer à ce qui se cache et nous échappe derrière les commandes clignotantes du tableau de bord du Docteur. Superbe !
Et puis, n'oublions pas : "The only water in the forest is a river."
NOTE : 8,5/10
La bande-annonce de l'épisode :
08:13 Publié dans Doctor Who | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : doctor who, bbc, matt smith, karen gillan, arthur darvill |
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18.05.2011
(K-Drama / Pilote) The Greatest Love (Best Love) : une comédie pétillante dans le milieu du showbizz

En ce mercredi asiatique, c'est à l'actualité des diffusions que l'on revient après quelques semaines consacrées à des bilans, en repartant s'installer en Corée du Sud (pour quelques semaines sans doute). En effet, le programme de ce mois de mai était a priori très alléchant. D'autant plus que, pour ne rien vous cacher, j'ai vécue de façon très frustrée ce début d'année 2011 en Corée du Sud, avec très peu de nouveautés ayant réussi à passer le test du visionnage du pilote (même s'il me reste encore à découvrir Manny). J'avais donc placé tous mes espoirs dans les programmes de ce mois de mai.
S'il y aurait sans doute beaucoup à dire sur mes rapports compliqués avec les rom-coms, et le caractère déterminant de leur casting... Reste que je crois pouvoir officiellement vous annoncer qu'après ce week-end, je me suis réconciliée avec le petit écran sud-coréen ! J'ai en tout cas trouvé plusieurs séries qui ont réussi à retenir mon attention. Commençons aujourd'hui par la première dans le planning de diffusion, la dernière née des soeurs Hong : The Greatest Love (a.k.a. Best Love). Diffusé sur MBC les mercredi et jeudi soir, ce drama a débuté le 4 mai 2011.

C'est dans les coulisses de l'industrie de l'entertainment sud-coréen que nous plonge The Greatest Love, avec pour protagonistes principaux, deux célébrités à des tournants très différents de leur carrière. Il y a quelques années déjà, Goo Ae Jung a fait partie des premiers girl bands à une époque où ce phénomène était encore balbutiant. Son groupe d'alors s'est depuis séparé, et sa conversion dans une carrière solo s'est malheureusement opérée sans succès. Elle vivote désormais dans des shows de seconde zone, souvent plus humiliants qu'autre chose, tandis que sa réputation a été détruite par des rumeurs et quelques scandales dont la communication a été très mal gérée. Mais sa route de star déchue croise celle d'un acteur actuellement au sommet de sa popularité, Do Go Jin. Pourtant, si en apparence tout réussit à ce dernier, arrogant et sûr de lui, son anglais catastrophique lui ferme les portes de ses rêves hollywoodiens, l'empêchant d'atteindre la consécration internationale à laquelle son ego aspire.
Suivant un enchaînement de situations improbables à la narration rondement menée, Ae Jung se retrouve associée à Do Go Jin, notamment en obtenant publiquement son aide téléphonique lors d'un jeu télévisé. Elle va ainsi attirer l'attention des responsables d'une nouvelle émission, où travaille une ex-membre de son ancien groupe, Kang Se Ri. Cette dernière et Do Go Jin jouent à un faux-semblant médiatique amoureux depuis plus d'un an, en prétendant former un couple devant les caméras. Le départ annoncé de l'acteur pour les Etats-Unis devait être l'occasion d'officialiser leur "rupture"... Mais ses projets étant tombés à l'eau, leur situation reste ainsi dans cet artificiel statu quo.
Enfin, loin de ce monde du showbizz qui sait si bien instrumentaliser les apparences, Yoon Pil Joo, un médecin qui ne cache pas son aversion pour ce milieu, rencontre par hasard Ae Jung de la manière la plus explosive et pleine de qui pro quo qui soit. Mais quand un de ses amis s'essayent à le convaincre de participer à cette nouvelle émission de télé-réalité, une sorte de bachelor où des "célébrités" se trouvent en concurrence, et qu'il découvre que Ae Jung figure dans l'émission, sa résolution de refuser faiblit...

The Greatest Love, c'est tout d'abord une réjouissante comédie, portée par un enthousiasme général transparaissant dans la narration qui s'avère particulièrement communicatif. Dotée d'un rythme extrêmement enlevé, la série démarre instantanément sans le moindre temps d'exposition. Multipliant les twists, se réjouissant des confrontations orchestrées, elle investit, avec entrain et bonne humeur, un comique de situation confinant au burlesque, tout en jouant sur un registre plus loufoque vaguement déjanté sans pour autant trop en faire. S'il faut quelques minutes pour s'adapter à cette tonalité envolée, il est difficile de ne pas se laisser happer par ce parfum, caractéristique d'un You're Beautiful un peu plus adulte, qui flotte dans ce cocktail détonnant.
Le bémol de cette installation sur-dynamisée, outre le risque de placer la barre trop haut pour maintenir ce même rythme à moyen terme, c'est que The Greatest Love se laisse emporter par le tourbillon qu'elle crée, ne prenant pas le temps d'installer proprement ses situations, ni de travailler ses personnages pour lesquels elle se contente seulement d'esquisser les grands traits de personnalités forcément un peu caricaturales. C'est un parti pris narratif qui peut se justifier parce que l'alchimie - cette formule magique qui est la marque des soeurs Hong mais dont on ne sait trop comment l'équilibre précaire se crée à l'écran - fonctionne. Le téléspectateur prend ici le train en marche sans rechigner. C'est seulement une fois le ton posé que les personnages vont pouvoir se nuancer, gagner en épaisseur, et que l'intrigue saura se dévoiler. Et c'est alors que pourra transparaître un registre pour le moment absent, mais que l'on devine à venir : le versant émotionnel inhérent à tout k-drama.

En effet, les deux premiers épisodes de The Greatest Love laissent entrevoir un potentiel bien réel en présentant une galerie haute en couleur et très bigarrée des différents protagonistes de ce drama. A première vue, nul ne doute que le cahier des charges classique apparaît rempli et que nous sommes en terrain connu, du lead-in masculin plus qu'arrogant aux triangles amoureux possibles qui s'esquissent. Mais si les personnages restent à explorer, se dessinent déjà un équilibre et des nuances en chacun qui retiennent l'intérêt du téléspectateur. Prenez l'héroïne, Ae Jung : elle a gardé un optimisme naturel et une spontanéité attachante, mais elle a déjà traversé le meilleur comme le pire de ce que peut apporter la célébrité. C'est un personnage endurci par les épreuves. Au cours des deux premiers épisodes, les scénaristes parviennent à trouver le juste équilibre entre une forme d'innocence et un côté plus vétéran, qui confère à Ae Jung une épaisseur supplémentaire. Ce qui donne espoir pour la suite concernant l'ensemble des personnages.
Enfin, il faut aussi éclairer un autre atout indiscutable de ce drama, qui saura piquer la curiosité du téléspectateur : l'immersion pop-culturelle à laquelle il nous invite. Elle se révèle être de deux sortes. Tout d'abord, elle tient à son cadre, le show-bizz, et plus précisément les coulisses de tous ces jeux improbables et autres émissions de télé-réalité qui envahissent les programmes de la télévision sud-coréenne. Si j'avais déjà exploré les dessous de la fabrication des dramas (On Air) ou du phénomène Idols (You're Beautiful), voilà donc un nouvel univers proposé ! Certes, la télévision parlant de la télévision, sur MBC, on reste dans une autodérision bercée de caricatures attendues. Mais cela a son charme. Cela fonctionne d'autant plus que c'est The Greatest Love dans son ensemble qui bénéficie, dans son écriture et sa conception, de ces références pop-culturelles. Elles permettent au récit de prendre une distance rafraîchissante avec lui-même. Comment ne pas jubiler lorsque la musique de Mission Impossible retentit au cours d'une tentative de contournement de la sécurité, ou bien lorsque l'on assiste à l'apprentissage de l'anglais par Do Go en regardant... une intervention de Colbert à la télévision US !

Sur la forme, The Greatest Love se laisse peut-être un peu prendre de vitesse par sa narration débridée et son rythme infernal. Cela fait toujours des étincelles, mais il faudra sans doute stabiliser l'ensemble à mesure que le drama gagnera en homogénéité dans l'écriture. Signalons cependant qu'on retrouve les petits effets caractéristiques chers aux soeurs Hong, avec l'incrustration des messages internet à l'écran ou d'autres petits effets spéciaux façon cartoon qui se fondent parfaitement dans l'ambiance générale de la série. Par contre, l'OST, un brin trop calibrée, ne convainc pas complètement pour le moment. Si My Girlfriend is a Gumiho avait bien des faiblesses sur le fond, il avait en revanche vraiment placé la barre très haut dans ce registre musical. La forme de The Greatest Love reste donc perfectible, mais nous n'en sommes encore qu'au début.
Enfin une des incontestables forces de ce drama réside assurément dans son casting. J'ai évoqué plus haut combien les acteurs pouvaient être déterminants dans une comédie ; vous avez ici le parfait exemple. Aussi dynamique soit elle, The Greatest Love leur doit beaucoup dans leur capacité à accrocher le téléspectateur. C'est notamment le cas pour le couple principal dont l'association fait des étincelles. J'appréciais déjà Gong Hyo Jin depuis la gourmande Pasta l'an dernier, elle est ici fidèle à elle-même. Cependant je dois avouer que c'est encore une fois Cha Seung Won (City Hall, Athena) qui m'impressionne dans un registre pourtant très comique (plus que dans City Hall). Il impose une sacrée présence à l'écran, dans un rôle pas forcément des plus accessibles car encore peu nuancé dans ces deux premiers épisodes. Pour parachever ce quatuor, on retrouve également Yoo In Na (Secret Garden), en rivale qui n'est pas encore tombée dans la caricature et, j'ose espérer au vu de certaines scènes, qu'elle évitera peut-être cet obstacle, ainsi que Yoon Kye Sang (Road Number One) en médecin trop parfait, pendant opposé aux excès du personnage de Cha Seung Won.

Bilan : Signant des débuts convaincants, The Greatest Love s'impose comme un divertissement pétillant, ciselé d'un humour omniprésent, porté par une dynamique d'ensemble excessivement rythmée, le tout saupoudré de références de culture qui apporte un petit plus à ce drama qu'on pourra qualifier de déjanté juste comme il faut. Ayant retenu sans difficulté l'attention d'un téléspectateur qui se laisse griser par cette narration aussi dense que volatile, il reste maintenant à The Greatest Love à mûrir pleinement pour trouver son équilibre, en installant son intrigue et approfondissant ses personnages. Ce drama est parti sur de bons rails... Laissez-vous entraîner par ce tourbillon enlevé, à l'alchimie indéfinissable, qui offre une parenthèse détente assurée !
NOTE : 7/10
La bande-annonce de la série :
Une des chansons de l'OST :
06:19 Publié dans (Séries asiatiques) | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : k-drama, mbc, the greatest love, best love, gong hyo jin, che seung won, yoo in na, yoon kye sang |
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15.05.2011
(IRL) Love / Hate, saison 1 : drames et loyautés en question dans le milieu des gangs

Après un mois d'avril qui fut très américain, My Télé is Rich! est reparti en voyage sur le continent européen. Si l'apprentissage du danois était au programme de jeudi dernier avec Borgen, aujourd'hui signe le retour à des fictions plus accessibles linguistiquement, puisqu'anglophones. Sauf que, non, ce n'est pas au Royaume-Uni que l'on va poser nos valises... mais en Irlande. L'an dernier, souvenez-vous, on avait commencé l'exploration de ce pays avec une co-production Father & Son, poussons donc plus avant la découverte, avec un bilan de la première saison de Love / Hate, qui nous entraîne d'ailleurs dans ce même milieu des gangs.
Autant vous rassurez tout de suite, le téléspectateur s'installant devant le pilote de cette série, loin d'être dépaysé un seul instant, sera même plutôt agréablement surpris côté casting. En effet, on retrouve en têtes d'affiche rien moins qu'Aidan Gillen, Ruth Negga et Robert Sheehan. Diffusée à l'automne 2010 sur la chaîne publique RTÉ One, cette première saison comporte en tout 4 épisodes. Une saison 2 a d'ores et déjà été commandée et est actuellement en cours de tournage.

Le pilote de Love/Hate s'ouvre sur ce qui s'annonce a priori comme un évènement à célébrer, la sortie de prison d'un jeune homme, Robbie, après une brève peine purgée. Une sortie qui coïncide avec le retour en Irlande de son frère Darren, après un départ précipité en Espagne où il a tenté de s'y faire oublier après une affaire de port d'arme illégal. Les deux jeunes gens ont hâte de se retrouver et de revoir leur cercle de proches, et tout particulièrement leur soeur, Mary. Cette dernière entretient d'ailleurs une relation avec un autre de leurs amis, Tommy, lequel en oublie de passer prendre Robbie à l'heure à sa libération.
Alors qu'il patiente à cause de ce retardataire, discutant au téléphone avec son frère, Robbie est brutalement abattu en pleine rue, dans ce qui ressemble fort à une exécution conduite par une bande rivale. Ce sont finalement ses funérailles qui vont permettre à toute la bande de se reformer, sous les directives de ce chef de gang toujours aussi ambitieux qu'est John Boy. Si Darren n'entend pas laisser ce crime impuni, d'autres pans de sa vie le rattrapent également alors qu'il retrouve son ancienne petite amie abandonnée dans la précipitation de son départ pour l'Espagne.
Sur fond de désir de vengeance au nom de Robbie, cette première saison va mêler amour et haine, rivalités entre gangs et jalousie, pour entraîner les différents protagonistes dans des confrontations où la tragédie peut frapper à tout moment.

Love/Hate s'inscrit dans un registre traditionnel, entremêlant histoires de gangs et de famille pour déboucher sur un cocktail aux accents forcément dramatiques. Par certains côtés, l'histoire peut sans doute être rapprochée d'une série comme The Black Donnellys. De trafics de drogue en port d'arme illégal, en passant par quelques passages à tabac en règle et soirées bien arrosées (voire plus), Love/Hate remplit un cahier des charges classique pour dresser un tableau attendu dans ce type de fiction. Cependant, sachant évitant les excès, la série opte pour une sobriété bienvenue. Il y a quelque chose qui sonne juste dans la façon dont les statuts de tous les personnages sont posés. Nous sommes face à des délinquants de bas étage, à l'exception notable de John Boy. Réagissant de manière impulsive, ils sont surtout habitués à vivoter sans ambition véritable. Seul petit reproche : il manque sans doute une photographie plus large du milieu des gangs pour parachever cette recherche d'un certain réalisme, les personnages semblant parfois un peu trop déconnectés de ce cercle au-delà de John Boy.
En fait, Love/Hate ne se départit jamais d'une certaine forme de romantisme dans son approche des personnages principaux, assez loin de la façon autrement plus directe (et "coup de poing") qu'avait pu proposer Father & Son. Cela n'est pas un reproche, car ce parti pris narratif permet en même temps à la série de s'imposer dans un registre très humain. Comment ne pas s'attacher quasi instantanément à ces personnages un peu écorchés qui sont ainsi mis en scène ? Avec habileté, la série cultive une intensité émotionnelle, parfois un peu naïve, mais qui ne saurait laisser insensible. Le pilote est à ce titre très réussi, de l'exécution de Robbie aux funérailles qui sont l'occasion pour chacun de se manifester et de se positionner sur cet échiquier du "milieu local" : il propose une galerie complète de toutes les relations, mais aussi de toutes les confrontations déjà en germe. Si la série aurait sans doute gagner à nuancer un peu plus quelques personnages secondaires, dont la présentation trop négative donne un petit parfum un peu manichéen par instant, les principaux gagnent cependant en profondeur au fil de cette brève saison. L'ensemble exploite donc efficacement une dimension humaine qui est un de ses atouts principaux.

Sur la forme, Love/Hate est une série qui soigne son dynamisme. Dotée d'une réalisation nerveuse, cette dernière reflète bien la tension ambiante. Appréciant les plans serrés, mettant en valeur le ressenti des personnages, les images proposent des teintes aux couleurs plutôt froides, mais classieuses. Par ailleurs, la série bénéficie également d'une bande-son tout aussi rythmée. Cela aide à renforcer la tonalité générale, même si elle cède cependant parfois à la facilité, ayant tendance à donner lieu à quelques écarts "clipesques" un peu longuets censés insister sur l'ambiance festive dans certains épisodes.
Enfin, - et c'est incontestablement un de ses arguments forts - Love/Hate bénéficie d'une galerie d'acteurs attachants qui délivrent des performances solides. Parmi les têtes familières des sériephiles, en personnage très intense, cherchant à venger la mort de son frère, il est impossible de rester insensible à Robert Sheehan, qui s'impose avec beaucoup de charme de manière convaincante dans un registre assez différent de son rôle dans Misfits. Notons aussi pour les amateurs de cette même série la présence de Ruth Negga (The Nativity, Criminal Justice, Personal Affairs). A leurs côtés, on retrouve également un Aidan Gillen (Queer as Folk, The Wire, Game of Thrones) impeccable en chef de gang ambitieux caressant ses rêves de grandeur. Parmi les autres acteurs, signalons aussi la présence de Tom Vaughan-Lawlor, Killian Scott, Ruth Bradley, Brian Gleeson ou encore Laurence Kinlan.

Bilan : Love/Hate s'exprime pleinement dans ce qui s'apparente plutôt à des tragédies humaines, mêlant de façon explosive, loyautés familiales, ambitions personnelles et sentiments flirtant parfois avec une jalousie mal contenue. Si les ficelles narratives sont classiques et que le milieu des gangsters, toile de fond opportune, reste traité de façon un peu trop superficielle pour être pleinement satisfaisante, cette saison 1 se révèle pourtant également extrêmement attachante tout en restant très prenante, fidélisant quasi instantanément le téléspectateur. Une découverte sympathique.
NOTE : 6,75/10
La bande-annonce de la série :
09:35 Publié dans (Séries européennes autres) | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : irlande, rté, love hate, robert sheehan, aidan gillen, ruth negga, tom vaughan-lawlor, killian scott, ruth bradley, brian gleeson, laurence kinlan |
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12.05.2011
(Pilote DAN) Borgen : une série politique stimulante et captivante dans les coulisses du pouvoir

Samedi dernier, j'ai enfin pu m'installer devant le pilote d'une série que je rêvais de découvrir depuis la fin de l'année dernière : Borgen. Il faut dire qu'elle arrivait sur mon écran à la suite d'un joli buzz, depuis Scénaristes en séries consacrés aux fictions scandinaves à l'automne dernier jusqu'au Fipa d'Or qu'elle a remporté fin janvier. Et puis, si vous avez pu constater que la télévision danoise a pris ses quartiers sur ce blog au cours de ces dernières semaines, il faut en plus préciser que Borgen est une série politique. Or vous savez combien je suis particulièrement attachée à ce genre.
Sa saison 1, comportant 10 épisodes d'une heure environ chacun, a été diffusée sur la chaîne publique DR1 en 2010. Succès critique et public, puisqu'elle a rassemblé en moyenne 1,5 millions de téléspectateurs danois, une saison 2 a été commandée et devrait arriver dans le courant de l'année au Danemark. Si, pour les plus impatients, un coffret DVD comportant une piste de sous-titres anglais existe, le téléspectateur français aura cependant normalement l'occasion de la découvrir, puisque la série a été achetée par Arte (qui a la bonne idée de poursuivre l'expérience danoise après Forbrydelsen) pour une diffusion normalement annoncée courant 2012.
C'est peu dire que je plaçais de très hautes attentes dans Borgen. Dans ces cas-là, le risque de la déception s'accroît... Mais c'est pourtant aussi impressionnée que charmée que j'ai fini ce premier épisode.

Le pilote de Borgen débute en pleine fièvre électorale, trois jours avant des élections législatives qui vont modifier les rapports de force au sein du paysage politique multipartite danois. Le personnage central de la fiction, Birgitte Nyborg, est la leader du parti centriste, lequel a conclu des accords avec l'opposition, menant campagne contre le Premier Ministre sortant. Mais le dirigeant de ce parti, avec qui les centristes sont théoriquement alliés le temps de cette élection, rompt soudainement et sans préavis la ligne de programme commune sur laquelle il s'était engagé à propos d'un thème très sensible, celui de l'immigration. Prise au dépourvu en y assistant en direct lors d'une interview télévisée, Birgitte Nyborg refuse de se compromettre dans les fluctuations populistes de son partenaire et décide instantanément de rompre l'alliance qui les unissait, redistribuant ainsi les cartes sur l'échiquier politique.
La prise de position de la dirigeante centriste va en réalité ouvrir trois journées qui vont considérablement bouleverser la scène politique danoise. En effet, parallèlement, à Londres, le Premier Ministre, dans une tentative mal inspirée d'éviter un scandale désagréable causé par son épouse, commet l'erreur de payer ses achats personnels avec une carte bancaire réservé aux frais publics. Par une série d'intermédiaires, les factures compromettantes arrivent entre les mains du spin doctor de Birgitte Nyborg, Kasper Juul. Si la femme politique refuse catégoriquement de s'abaisser à des pratiques aussi tendancieuses, sur la base de seules factures, le chargé de communication est plus amoral et le leader du parti d'opposition qu'il ira trouver n'aura pas la réserve de sa patronne.
C'est le soir du débat télévisé final, au cours duquel chaque candidat est censé conclure sa campagne par un discours d'intention généralement parfaitement calibré, que tout bascule. Birgitte Nyborg, persuadée que sa carrière n'a plus d'avenir en raison de ses dernières décisions, délivre un magnifique discours débridé qui est un appel au sens citoyen de chacun. Juste après, le leader de l'opposition achève de plonger la campagne dans une ambiance délétère en lançant ses accusations financières contre le Premier Ministre sortant. Le public ne lui pardonnera pas cet excès de mise en scène. Le lendemain, à la surprise générale, le parti centriste est la formation qui remporte le plus de sièges aux élections. Logiquement, c'est alors vers Birgitte Nyborg que chacun se tourne pour constituer son gouvernement.

La première réussite de Borgen est d'investir de manière très prenante et réaliste ce champ du politique sur lequel plus d'une fiction s'est échouée. Elle présente un tableau aussi stimulant que captivant des coulisses du pouvoir. D'autant que, pour nous introduire au sein de cette démocratie danoise, quoi de mieux que de la découvrir en pleine action ? Nous plonger dans les derniers jours enfiévrés d'une campagne électorale pour les législatives est une parfaite mise en bouche, les résultats venant conclure ce premier épisode. Cette approche permet de rapidement situer chacun des protagonistes, personnalisant ainsi les enjeux. Adoptant une narration rythmée qui fait pleinement ressortir la tension ambiante, la série sonne ici très juste dans sa reconstitution des dessous du pouvoir.
C'est avec une certaine fascination que l'on suit cet équilibre parfois hésitant où s'entremêlent convictions sincères sous-tendant l'engagement politique, ambitions personnelles affichées, le tout saupoudré d'un cynisme pragmatique. Borgen n'est pas manichéenne, encore moins idéaliste, mais son souci de réalisme se conjugue avec un autre souffle, caractéristique des grandes fictions politique du genre, celui qui réveille en nous une fibre particulière en parlant au téléspectateur citoyen. Le débat télévisé final constitue sur ce point le véritable déclic du pilote, révélant et imposant pleinement le personnage de Birgitte.

Cette impression d'authenticité que renvoie Borgen est accentuée par la double perspective dont ce pilote bénéficie. En effet, non seulement la série nous immerge dans le cambouis des tractations politiques de dernières minutes, des alliances de circonstances et autres rapports de force internes à ce milieu, mais elle fait également le choix de donner une place importante à la place des médias. La politique est plus que jamais devenue un jeu de communication, où les spin doctor règnent et calibrent chaque idée, chaque apparition de leur candidat, aseptisant l'ensemble selon les attentes supposées du public.
N'occultant pas cet aspect qui fait désormais partie du jeu de pouvoirs, la série nous laisse entrevoir l'envers du décor médiatique en découvrant les coulisses d'une chaîne de télévision. En nous relatant ainsi les deux versants de cette "théâtralisation du politique", Borgen se révèle particulièrement intéressante. D'autant qu'elle esquisse une problématisation plus polémique, celle des rapports entre les protagonistes des deux camps : les journalistes et les politiques. C'est un sujet trop souvent plein de non-dits. A travers le drame que vit la jeune présentatrice au cours de ce pilote, l'épisode n'échappe pas à un certain excès de dramatisation peut-être dispensable. Mais le simple fait que cette question soit abordée frontalement promet beaucoup, si la suite est du même accabit.

En plus de poser ce cadre politique, le pilote va prendre le temps de personnaliser son récit, en accordant un peu de temps à ces différents protagonistes qui vont tous, chacun à leur manière, volontairement ou non, jouer un rôle clé dans l'enchaînement d'évènements qui va porter Birgitte Nyborg au pouvoir. C'est peut-être dans cette dimension humaine que le parfum de réalisme de Borgen est le plus fort. En effet, dans ce milieu carriériste, souvent impitoyable, l'individualisme règne. Nous sommes loin de la solidarité familière, presque confortable, du staff présidentiel de The West Wing.
Dans cette série, chacun suit sa route et fait ses choix en conscience. Le fait que chaque personnage appartienne à une sphère différente renforce ce ressenti, chacun semble évoluer de manière indépendante. Accentuant cet aspect, il faut dire que le seul lien professionnel existant entre deux personnages est rompu à la fin, sans le moindre sentimentalisme déplacé ou l'ombre d'une hésitation, Birgitte refusant de transiger avec certains de ses principes. En cela, j'ai eu le sentiment que Borgen s'efforçait d'être plus en prise avec la réalité de ces milieux professionnels.

Par contraste, la série se charge cependant d'introduire un autre versant, plus personnel, qui offre un pendant parfait. Certes, vie privée et vie professionnelle sont imbriquées. Le pilote regorge d'exemples le prouvant : tandis que la chute du Premier Ministre est précipitée par sa femme, la jeune journaliste vedette entretient des rapports intimes avec différents conseillers en communication. Les relations de cette dernière vont d'ailleurs avoir des conséquences sur l'élection puisque Kasper n'aurait jamais mis la main sur les factures créant le scandale financier. Si la césure n'existe donc pas toujours, la vie personnelle offre aussi un cocon protecteur, loin de cette arène, comme l'illustre parfaitement Birgitte Nyborg.
Je dois dire que la façon dont nous est présentée son couple est une des excellentes idées de ce pilote : complices et complémentaires, Birgitte et son mari suivent jusqu'à présent un arrangement qui les place sur un plan d'égalité : chacun mène, par cycle de cinq années, sa carrière professionnelle, tandis que l'autre se consacre à leurs enfants. Philip apparaît vraiment comme un partenaire, soutenant et conseillant sa femme. Leurs échanges souvent plein de complicité et de réparties taquines et tendres font partie des scènes les plus justes et réussies. C'est une vie de famille saine, épanouie, que mène en parallèle celle qui va devenir la Premier Ministre danoise, venant donc compléter parfaitement ce portrait de dirigeante politique authentique que nous dépeint l'épisode.

Aboutie sur le fond, Borgen impressionne également sur la forme. La série bénéficie en effet d'une superbe réalisation, à l'esthétique soignée quasi-cinématographique. D'une excellente facture, la photographie est épurée, tout en sachant faire ressortir à propos les couleurs afin d'offrir des images belles, nerveuses quand il le faut, mais toujours maîtrisées. L'ensemble s'avère donc très convaincant, pour proposer un produit fini qui s'apprécie visuellement. A noter également la présence d'un générique classique, mais élégant et stylé, tout en sobriété, où l'âme des fictions politiques transparaît pleinement (pour un aperçu, il s'agit de la première vidéo à la fin de l'article).
Enfin, Borgen bénéficie d'un casting qui se révèle impeccable. Pour interpréter Birgitte Nyborg, Sidse Babett Knudsen s'impose peu à peu dans ce rôle de femme de conviction, dont le naturel et le charisme deviennent progressivement une évidence au fil de l'épisode pour être consacré lors de la (fameuse) scène du débat final. A ses côtés, soutien indéfectible autant que partenaire complice, son mari est incarné par Mikael Birkkjaer. Johan Philip Asbaek joue ce spin doctor pragmatique, qui prendra la décision déterminante de confier les preuves du scandale financier à l'opposition. Birgitte Hjort Sorensen est cette jeune journaliste ambitieuse que ces quelques jours vont secouer aussi bien sur un plan personnel que professionnel. On retrouve également Freja Riemann, Emil Poulsen, Anders Juul, Thomas Levin, Soren Malling, Lisbeth Wulff ou encore Kasper Lange.

Bilan : Fiction politique au sens noble du terme, Borgen propose un pilote stimulant, bien écrit (par instant frôlant même le brillant), superbement réalisé et magnifiquement interprété. Tandis que Brigitte conquiert peu à peu le téléspectateur, l'épisode nous plonge avec réalisme dans un monde politique individualiste, mettant particulièrement en lumière les relations des politiques et des médias, déterminantes dans cet ère où l'art de la communication prime et en vient à effacer les idées. Si l'évocation de The West Wing, référence du genre, vient naturellement à l'esprit, Borgen ne renie pas son inspiration mais sait imposer sa propre identité. Ici, son atout est peut-être aussi d'être une fiction européenne : elle trouve naturellement un écho sans doute plus proche de nous et de notre démocratie.
En conclusion, retenez bien le nom de cette série. Dès que l'occasion se présentera, n'hésitez pas un seul instant : si j'en juge par ce pilote, Borgen est une série très intéressante qui mérite assurément le détour !
NOTE : 8,75/10
EDIT : A lire désormais, mon bilan complet de la première saison de Borgen.
Le générique :
(via Ladytelephagy)
Quelques images et une présentation de la série (suivies d'interviews) :
17:14 Publié dans (Séries européennes autres) | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : danemark, dr1, borgen, arte, sidse babett knudsen, mikael birkkjaer, johan philip asbaek, birgitte hjort sorensen, freja riemann, emil poulsen, anders juul, thomas levin, soren malling, lisbeth wulff, kasper lange |
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11.05.2011
(J-Drama) Soratobu Taiya (The Flying Tire) : un thriller industriel à suspense sur fond de tableau social nuancé

C'est au Japon que nous ramène le mercredi asiatique de la semaine. Il faut dire que vous avez décidement de très bons conseils, et que je pense en plus commencer à bien cerner quels styles de séries sont susceptibles de me plaire actuellement au pays du Soleil Levant. Et s'il y a bien une thématique que les japonais semblent maîtriser, c'est bien leur approche du milieu de l'entreprise et de l'industrie. L'été dernier, le visionnage de Hagetaka avait été pour moi une vraie révélation. Depuis, avec une dimension historique supplémentaire, Karei Naru Ichizoku et Fumou Chitai m'ont aussi impressionnée. Nous restons aujourd'hui dans cette même lignée.
Soratobu Taiya (The Flying Tire) est un drama de la chaîne câblée WOWOW. Il s'agit en fait de l'adaptation d'un roman portant le même titre, de Ikeido Jun. Relativement courte, puisqu'elle est composée de seulement 5 épisodes, elle a été diffusée du 29 mars au 25 avril 2008. Sa durée ne l'empêche pas d'aborder de manière très riche mais aussi nuancée des thématiques multiples, mêlant à un thriller industriel prenant, un tableau social et une présentation des relations en entreprise des plus passionnants.

C'est sur un drame que débute Soratobu Taiya. Le frein d'un camion saute lors d'un virage apparemment anodin et vient faucher une mère et son enfant qui marchaient sur le trottoir. La femme est tuée sur le coup, le fils gardera à vie cette vision terrible de l'accident qui s'est déroulé sous ses yeux. L'enquête conduite par la police disculpe rapidement le conducteur, dont le comportement n'était pas en cause ce jour-là, respectant les limitations de vitesse et toutes les consignes de sécurité. Sur un plan plus technique, pour étudier le véhicule, les autorités se tournent vers le constructeur qui apparaît légitimement le plus compétent. Hope Motors rend un rapport accablant pour l'entreprise de transport Akamatsu qui lui a acheté le camion, estimant que l'accident est imputable à une négligence d'entretien de la part de cette dernière.
Condamné moralement et socialement sur la seule foi de ce document, Akamatsu, gérant de cette société de taille moyenne qu'il a hérité de son père, voit ses clients se désister les uns après les autres, faisant craindre très vite une banqueroute irrémédiable. Seulement, l'entrepreneur refuse de baisser les bras. Plus il y réfléchit, moins il croit au diagnostic de Hope Motors et à ses réponses fuyantes. Cherchant à découvrir la vérité autant qu'à sauver son entreprise, il va trouver du soutien dans le travail d'une jeune journaliste s'intéressant également au sujet. De plus, à l'intérieur même du groupe Hope, certains employés s'interrogent aussi sur des pratiques qui risquent de fragiliser la filiale alors qu'elle traverse déjà une période difficile ; en effet, même si tout est soigneusement cloisonné, il semble bien que soit organisée en son sein une vaste opération visant à éviter à tout prix d'ordonner le rappel de véhicules défectueux, qui aurait un coût financier très important.
Soratobu Taiya va nous proposer de suivre tous ces différents protagonistes, tandis qu'en toile de fond des intérêts et des influences contradictoires s'exercent dans ce milieu complexe de l'entreprise et de la finance.

Série très prenante, maîtrisant parfaitement son format relativement court de 5 épisodes, Soratobu Taiya va proposer une quête vers la vérité pleine de tension et de suspense. La réussite de ce drama, c'est non seulement de savoir se réapproprier certains codes narratifs du thriller, mais c'est aussi d'opter pour une sobriété bienvenue qui donne une impression de réalisme et d'authenticité lui conférant une dimension supplémentaire. Les efforts d'Akamatsu vont logiquement le conduire à se dresser contre Hope Motors. L'importance de cette société, qui appartient à un vaste conglomérat - lequel comprend même une banque -, explique que les recherches d'Akamatsu donnent parfois l'impression d'une réminiscence du face-à-face de David contre Goliath. La série va d'ailleurs s'attacher à souligner le clivage et les disparités existentes : elle démontre sans complaisance comment, selon que vous soyez puissants ou faibles, vous ne serez pas traités de la même manière, pas plus que vous n'aurez les mêmes chances de survie lorsque votre réputation ou votre santé financière sera remise en cause.
Impliquant un téléspectateur qui ne peut rester insensible à certaines injustices, la portée du drama est accrue par son exploitation d'une dimension plus humaine et sociale qui enrichit d'autant l'intrigue. En effet, Soratobu Taiya offre un tableau social détaillé et nuancé de diverses cultures d'entreprises, portrait très intéressant des modèles co-existant encore au Japon. L'archétype familial traditionnel, symbolisé par l'entreprise d'Akamatsu, fonctionne sur des bases paternalistes, étant à taille "humaine" puisqu'elle ne comporte qu'une cinquantaine d'employés. Tout repose sur le patron, y compris la survie de la société. A l'opposé, la gestion de Hope Motors n'a rien de commun : nous sommes alors face à des employés interchangeables, gérés suivant un management qui valorise les traitements préférentiels et récompenses les loyautés personnelles entre services. Pour autant, tout comme au sein d'Akamatsu Transport, il y existe également un esprit d'entreprise. L'éclairage sur la volonté de certains de changer les choses et modifier de l'intérieur ces choix discutables doit être salué, car il évite une opposition trop facile et simpliste entre deux camps...

En effet, la force de Soratobu Taiya va être de ne jamais tomber dans un portrait manichéen. Au contraire, la série s'attache à présenter toute une palette de points de vue, bénéficiant pour cela d'une vaste galerie de personnages aux situations professionnelles très différentes. On aborde ainsi l'affaire sous toutes les perspectives possibles. Si la croisade pour la vérité d'Akamatsu, qui se persuade très tôt que quelque chose cloche chez Hope Motors, se heurte aux préjugés, aux généralités aisées et à la facilité qu'il y a de croire avant tout l'entreprise qui paraît présenter le plus de garanties de par son importance, on comprend aussi - tout en souffrant à ses côtés - le scepticisme initial que ses dénégations peuvent susciter. Cependant, ce qui est encore plus intéressant, c'est la manière dont sont décrites les divergences au sein même de Hope Motors. A des questions purement éthiques se superposent une réelle préoccupation pour l'avenir de l'entreprise : ceux qui cautionnent les mensonges, comme ceux qui vont décider d'organiser des fuites à l'intention de la presse, ont paradoxalement tous à coeur un même objectif : celui de sauver leur entreprise. A ce titre, la fin offrira une résolution mesurée très réaliste.
Cette sobriété globale n'empêche pas la série d'investir une dimension émotionnelle éprouvante. Il ne faut pas oublier que c'est un drame humain qui est mis en scène. En toile de fond poignante, il y a, constante, la douleur de la famille de la victime dont le deuil ne pourra vraiment commencer que lorsque les torts de chacun auront été reconnus. Le drama a l'intelligence de la mettre en scène avec retenu. Ne s'attardant pas, il évite ainsi un pathos qui aurait alourdi un quasi sans faute sur le plan du traitement émotionnel. Car ce qui marquera sans doute également fortement le visionnage du téléspectateur, c'est la manière dont l'opprobre social s'abât sur la famille d'Akamatsu, coupable aux yeux de tous en raison d'une perquisition policière qui n'a pourtant rien donné. Cette violence insidieuse que subissent au quotidien la femme et le fils d'Akamatsu laisse ainsi un arrière-goût très amer.

Sur la forme, Soratobu Taiya est un drama très sobre. La réalisation est efficace, mais ne s'essaye à aucun effet de caméra : l'histoire prime, et la solidité du scénario permet au récit de se suffire à lui-même. Il parvient à générer par sa seule narration une tension et une émotion telles, qu'il devient inutile de trop en faire. Dans la même optique, sa bande-son demeure assez effacée, et cela n'est en rien préjudiciable à la portée de l'histoire. En résumé, le cadre classique assure l'essentiel.
Enfin, la série bénéficie d'un casting homogène des plus convaincants. S'attachant à mettre en scène tous les points de vue du drame, c'est une galerie diversifiée de personnages nuancés qui nous est dépeinte. Nakamura Toru (Kokoro) délivre une performance solide et intense, pour jouer ce chef d'entreprise à l'ancienne qui va tout tenter pour sauver sa société. Tanabe Seiichi (Hotelier) incarne avec nuance les interrogations d'un employé de ce groupe automobile, hésitant dans l'arbitrage à donner entre ses principes moraux et sa carrière personnelle. Le personnage joué par Hagiwara Masato (Full Swing), un banquier, est soumis aux mêmes interrogations, le touchant encore plus personnellement puisque c'est son futur mariage qui finit par être en jeu. Mizuno Miki (Dream) est parfaite en journaliste qui n'hésite pas à pousser son enquête jusqu'au bout. A leurs côtés, on retrouve également Mimura, Hakamada Yoshihiko, Emoto Tasuku, Komoto Masahiro, Aijima Kazuyuki, Ono Machiko, Endo Kenichi, Honjo Manami, Nishioka Tokuma ou encore Kunimura Jun.

Bilan : Soratobu Taiya est une série prenante qui surprend par son intensité et la densité des thématiques abordées. Thriller industriel à suspense, elle présente également un tableau social sans complaisance mais nuancé de diverses cultures d'entreprise, tout en offrant aussi un aperçu plus général des préconceptions qui peuvent avoir cours au sein de la société face à des accusés préjugés coupables. Finalement, elle s'impose comme une histoire poignante d'êtres humains confrontés à des choix difficiles sur fond de drame marquant.
Une série conseillée à tout un chacun, les amateurs de séries asiatiques comme les téléphages d'autres horizons, tant elle fait vibrer une corde sensible universelle à tout téléspectateur. Incontournable !
NOTE : 9/10
La bande-annonce de la série :
06:04 Publié dans (Séries asiatiques) | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : j-drama, soratobu taiya, the flying tire, wowow, nakamura toru, tanabe seiichi, hagiwara masato, mizuno miki, mimura, hakamada yoshihiko, emototasuku, komoto masahiro, aijima kazuyuki, ono machiko, endo kenichi, honjo manami, nishioka tokuma, kunimura jun |
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08.05.2011
(UK) Doctor Who, season 6, episode 3 : The Curse of the Black Spot

Après la densité d'un retour placé sous le signe d'une mythologie omniprésente, Doctor Who retrouve dans ce troisième épisode de la saison un registre plus traditionnel : celui d'un thème central (le folklore apporté par l'univers des pirates) qui donne le ton de ces quarante minutes. Pour l'occasion, la série accueille une autre guest-star de luxe, puisqu'elle a cette fois recours aux services de Hugh Bonneville, tout en barbe, avec le tricorne fièrement vissé sur la tête.
Si l'épisode se révèle très calibré, doté d'une construction linéaire plus accessible que le précédent, ce qui apporte aussi une prévisibilité supplémentaire au déroulement l'aventure du jour, l'épisode n'en demeure pas moins grandement divertissant. En résumé, il propose une parenthèse et un moment de détente assumé dans un registre beaucoup moins ambitieux que l'ouverture de la saison.

Comme nombre des aventures de Doctor Who, celle-ci est initiée par les aléas techniques du Tardis dont les instruments détectent un signal de détresse émanant d'un navire particulier. En effet, il atterrit, avec ses occupants, en plein XVIIe siècle terrien, dans la soute du bâteau d'un célèbre pirate anglais, John Avery. Si l'accueil réservé à nos trois explorateurs n'est assurément pas des plus chaleureux, les quelques membres de l'équipage encore restant ont des préoccupations autrement plus pressantes et dramatiques.
En effet, le bâteau semble poursuivi par une malédiction qui s'empare un à un de tous les marins. A la moindre blessure d'une personne se trouvant sur le navire, une créature chantante surgit de l'eau et l'attire à elle pour l'éliminer en le faisant disparaître dans un nuage de fumée. Attirée par le sang des plus petites blessures, personne ne semble en mesure de lui résister. Avec le sentiment confus qu'il manque quelque chose à l'équation, le Docteur échafaude théorie sur théorie... mais la situation se complique de plus en plus pour nos trois amis qui risquent bien de partager le sort des infortunés pirates.

Steve Thompson permet ici à la série de renouer avec les épisodes à thème. En l'occurence, c'est sous le signe des pirates que se place cette aventure maritime mouvementée. Aucune image d'Epinal ne nous est épargnée, enchaînant avec un enthousiasme évident, tous les clichés et autres scènes clés du genre, du supplice de la planche aux trésors dorés et autres pierres brillantes qui constituent la raison d'être de l'équipage, et plus particulièrement du capitaine... Rien ne manque au tableau, pas même une sirène, tandis qu'Amy aura même le privilège d'endosser un costume folklorique qui lui sied si bien. C'est un évident hommage aux fictions de genre, à commencer par Pirates des Caraïbes dont la référence pointe jusque dans le titre de l'épisode.
Si cet univers ainsi mis en scène exerce un attrait dépaysant certain, l'ensemble demeure peut-être un peu trop calibré ; tous les ingrédients étaient légitimement attendus a priori, et finalement il y a assez peu de place à une touche d'improvisation. D'ailleurs, dans sa construction même, l'épisode suit un développement assez prévisible. Le rythme nous permet certes de s'attacher aux divers rebondissements, mais on ne peut pas le cataloguer comme aventure à suspense. Même le cadre de ce bâteau sombre assailli par cette créature étrange suscite simplement une tension minimale. Juste ce qu'il faut en somme, mais loin des pics de la semaine passée.
Par conséquent, tout en poursuivant l'idée d'offrir une parenthèse plus légère, l'épisode se révèle à la fois plutôt optimiste et aussi assez simpliste dans son traitement, comme l'illustre ce happy end éclatant pour nos pirates, ou bien également l'approche de la question de la paternité pour John Avery.

Pour ce qui est de nos personnages principaux, la dynamique est cependant très bien huilée et fonctionne, avec quelques réparties parfaitement ajustées et surtout une dose de second degré, notamment pour accueillir l'enchaînement des théories éronnées du Docteur, qui est la bienvenue. Le trio a trouvé son équilibre et on prend beaucoup de plaisir à les suivre. Certes, certains ressorts narratifs semblent avoir la prédilection de tous les scénaristes qui se succèdent, la mise en danger mortel de Rory (souvent) ou d'Amy provoque des réactions toujours un peu semblable au sein du couple, mais c'est inhérent au fait de voyager à trois et l'alchimie des personnages prend aisément le pas sur le reste.
Quant au Docteur, ce début de saison 6 me conforte dans mon appréciation d'Eleven. Il y a en lui un dualisme autrement plus marqué que chez ses prédécesseurs immédiats : derrière sa jovialité apparente mise en scène, il y a une autre facette plus secrète qui donne au personnage une dimension supplémentaire. Ses excès théâtraux enjoués ne masquent plus complètement l'ambivalence du personnage ; et c'est très intrigant.
Enfin, sur le plan mythologique, aucune avancée significative n'a lieu. Le fil rouge nous est rappelé à travers quelques petites scènes qui renvoient aux grandes lignes des questions soulevées par le double épisode d'introduction : de l'hallucination d'Amy, à sa (non?)grossesse, voire, bien entendu, cette épée de Damoclès qui pèse sur le Docteur avec sa mort "future" et le secret que Rory et Amy doivent conserver, tout y est pour assurer une minimum de continuité... en attendant donc la suite.

Bilan : Distrayant dans le bon sens du terme, ce troisième épisode renoue avec le divertissement familial, moins ambitieux et plus classique, loin de l'ambition mythologique de l'entrée en matière de la saison. L'ensemble est plaisant à suivre avec une thématique des pirates traitée de manière assez calibrée, mais dont l'ambiance est bien exploitée. A défaut de réel suspense, la dynamique entre les personnages continue d'être explorée et fonctionne parfaitement. De quoi reprendre un peu son souffle après la semaine dernière !
NOTE : 7/10
La bande-annonce de l'épisode :
11:18 Publié dans Doctor Who | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : bbc, doctor who, matt smith, karen gillan, arthur darvill, hugh bonneville |
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