12/09/2012
(K-Drama / Pilote) The Thousandth Man : variations amoureuses teintées de fantastique

Entre rush et stress de rentrée, j'ai trouvé cette semaine une échappatoire sériephile aussi parfaite qu'inattendue : un drama sud-coréen frais et touchant, testé sans véritables attentes si ce n'est la curiosité de voir une nouvelle fois décliné à l'écran le mythe fantastique et folklorique du gumiho. Ce fameux renard à neuf queues a déjà fait l'objet de nombreuses adaptations. Vous vous souvenez peut-être des plus récentes en 2010, très différentes l'une de l'autre, avec My Girlfriend is a gumiho et Gumiho : Tale of the fox's child, ou encore d'un épisode l'anthologie Hometown Legends (en 2008) ; voire (mais je ne le vous souhaite pas) de Nine-Tailed Fox (Gumiho), un de mes premiers k-drama, datant de 2004, dont la seule chose à sauver était l'entraînant générique.
The Thousandth Man propose donc une nouvelle re-écriture du mythe (dont la principale constante par-delà les variantes est, outre les charmantes neufs queues qui surgissent à l'écran pour certaines scènes, le fait de se nourrir du foie d'êtres humains). Diffusé sur MBC le vendredi soir à 22h, ce drama a débuté le 17 août 2012. L'autre point qui avait attiré ma curiosité est son format : il s'agit d'une mini-série de seulement 8 épisodes. Une durée brève qui apparaît comme une assurance qu'il y aura peu de longueurs, et qu'il n'y a pas de dilution d'intrigue à craindre. Après trois épisodes visionnés, je constate avec surprise que je me suis plus attachée à ce drama que je ne l'imaginais.

Mi Jin est, comme le furent également sa mère et sa soeur, une gumiho. Sauf que ces deux dernières sont désormais devenues des humaines, car elles ont mangé les 1000 foies d'hommes exigés pour franchir ce cap vers lequel toute existence de gumiho tend. Mi Jin en est, elle, à 999. Seulement, il ne lui reste plus que trois mois pour manger son dernier foie. Si elle est incapable de trouver ce 1000e homme, elle disparaîtra, comme si elle n'avait jamais existé. Sa famille, logiquement, s'inquiète. Mais Mi Jin refuse obstinément de revoir ses principes : elle ne prendra que le foie d'un homme qui l'aime sincèrement et acceptera en conscience ce sacrifice.
Après avoir été envoyée en voyage à l'étranger par sa mère, qui multiplie les interventions pour ramener sa fille à la raison, le drama s'ouvre sur son retour en Corée du Sud. Dans l'avion qui la ramène et rencontre d'importantes turbulences, elle croise pour la première fois Eung Suk, dont le visage lui rappelle un de ses anciens amours tragiques de l'époque de Goryeo. Ce jeune trentenaire est propriétaire d'un étrange restaurant, qui ne sert qu'une seule table, et n'accepte qu'arbitrairement les demandes de réservation, exigeant une bonne raison pour admettre un tel évènement. Sa mère souhaitant depuis longtemps pouvoir dîner dans cet endroit si sélectif, Mi Jin va être amenée à recroiser Eung Suk. Mais dans le même temps, les jours défilent et l'échéance fatale se rapproche...

Si The Thousandth Man semble tout avoir du drama relativement anecdotique, avec ses recettes narratives éprouvées, ses ficelles un peu grosses et ses raccourcis empruntés sans sourciller, il séduit progressivement par la franchise de son approche. Il émane en effet de cette série une fraîcheur et un dynamisme d'ensemble communicatif. Sur un rythme enlevé, elle enchaîne les situations improbables et/ou délirantes, assumant crânement son registre comique et tous les excès légitimes qui l'accompagnent. Elle précipite ainsi allègrement les confrontations entre ses personnages, trouvant toujours de nouveaux prétextes pour les faire se croiser. S'ils sont stéréotypés et ne font guère dans la nuance, les différents protagonistes n'en sont pas moins attachants avec leurs caractères tranchés et leurs éclats. La recherche du 1000e heureux élu pour Mi Jin suit le schéma d'un quasi formula show, puisqu'à chaque épisode, elle croise un nouveau foie homme potentiel. Certes, ces pérégrinations amoureuses, déclinant toutes les variantes envisageables des relations (l'artificiel, le désespéré, l'amour passé) et permettant au passage un petit discours sur l'Amour avec un grand A, sont de qualité inégale. Mais après un deuxième péniblement agaçant, le troisième rétablit l'équilibre avec son mélancolisme poignant.
Partie sur ces bases, The Thousandth Man aurait pu être une simple énième romcom frivole avec un twist fantastique, mais ce serait oublier la dualité de tons inhérente à son concept. Cela lui permet de gagner en ambivalence et en force émotionnelle. Capable de passer en un instant de l'absurde au sérieux, le drama sait faire preuve d'une réelle sincérité, simple et touchante, pour mettre en scène des sentiments. Très vite, assister au rapprochement progressif, hésitant, de Mi Jin et de Eung Suk devient une des raisons principales sur laquelle se construit la fidélité d'un téléspectateur chez qui cette paire fait vibrer une corde sentimentale sensible. C'est d'autant plus marquant qu'en arrière-plan, se profile une échéance plus dramatique : Mi Jin dispose de trois mois pour trouver son 1000e homme, tandis que l'état de santé entre-aperçu/suggéré de Eung Suk pose aussi question. Ces épées de Damoclès laissent entrevoir un potentiel plus poignant. On ne sait pas quel sera le tournant pris, mais cela a le mérite de faire ressortir un peu plus l'importance de chaque scène, de chaque choix, comme une sorte de carpe diem suggestif en filigrane.

La vitalité de The Thousandth Man est également très perceptible sur la forme. La réalisation, avec son lot de plans serrés, ses montages rapides et ses coupes parfois un peu abruptes, reste classique sans réelle innovation, la photographie aux couleurs chatoyantes donnant cependant le ton. C'est à travers une bande-son très riche que The Thousandth Man s'efforce de faire passer son énergie. Il faut dire que nous sommes face à un de ces dramas que je qualifie de "clip-esque" : détestant les silences, il flotte quasiment toujours en arrière-plan une chanson ou une musique entêtante qui accompagne, voire prend le pas sur la scène en cours. Le genre majoritaire à l'écoute est k-popien, mais on croise aussi quelques morceaux plus calmes (à ce sujet : si quelqu'un sait quelle était la balade un peu déchirante qui retentit dans le troisième épisode, n'hésitez pas à me laisser la référence en commentaire !). Je critique souvent ces sur-utilisations musicales, mais dans ce drama, je dois reconnaître que cela s'insère généralement bien dans la narration, et contribue au dynamisme d'ensemble.
Enfin, ce drama rassemble un casting acceptable : il est logiquement porté au sur-jeu du fait des accents de comédie, mais, avec ses excès, ils n'en demeure pas moins capable de nous faire nous attacher à ces personnages colorés ; c'est bien là le principal. C'est Kang Ye Won qui interprète Mi Jin, gumiho obstinée qui rejette l'idée de profiter d'un amour non sincère pour se sauver. Face à elle, Lee Chun Hee dispose d'un rôle sur-mesure : ombrageux au premier abord, mais on devine vite qu'il s'agit surtout de mécanismes de défense visant à éloigner les gens. Ses scènes avec Kang Ye Won fonctionnent bien. A leurs côtés, on retrouve également Jun Mi Sun, Hyo Min, Suh Kyung Suk ou encore Park Jung Hak.



Bilan : Comédie fantastique déclinant des variantes amoureuses convenues sur un rythme entraînant, The Thousandth Man se révèle être une série rafraîchissante qui sait jouer sur une ambivalence de tonalités appréciable. On s'amuse et on rit devant certaines tirades délirantes et absurdes... et puis, au détour d'une conversation, les thèmes redeviennent soudain plus sérieux et posés. Le temps s'égrène pour Mi Jin, tandis que le téléspectateur s'inquiète de la santé de Eung Suk. On se surprend à s'attacher. Le tournant mélodramatique est une potentialité maintenue en arrière-plan dont chacun semble avoir conscience. Si bien qu'on ne profite que plus intensément de ces épisodes, tout en espérant une heureuse résolution. Mais au fond qu'importe les larmes éventuelles, si il y a eu du rire et des sentiments avant. Tant que la série conserve sa fraîcheur et sa simplicité, tout ira bien.
Bref, The Thousandth Man n'a rien de révolutionnaire. Mais il réchauffe le coeur en cette rentrée automnale.
NOTE : 6,5/10
La bande-annonce du drama :
Une chanson de l'OST :
20:41 Publié dans (Séries asiatiques) | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : k-drama, mbc, the thousandth man, kang ye won, lee chun hee, jun mi sun, hyo min, suh kyung suk, park jung hak |
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29/08/2012
(K-Drama / Pilote) Arang and the Magistrate : la fantôme et le juge, un folklore fantastique à potentiel

En ce retour du mercredi asiatique après une (brève) pause forcée, restons en Corée du Sud. Tandis que Reply 1997 demeure mon coup de coeur de l'été, mais ce mois d'août a vu arriver d'autres nouveautés dont certaines ont retenu mon attention. Parmi elles, ma préférée est Arang and the Magistrate. Elle est diffusée sur MBC depuis le 15 août 2012, à raison de deux épisodes par semaine chaque mercredi et jeudi soir.
Son histoire s'inspire d'une légende du folklore sud-coréen. Mélange d'historique et de fantastique, le tout entremêlant drame et comédie, la série n'a pas suscité chez moi un coup de foudre immédiat. Mais c'est progressivement, par le soin apporté à son univers mythologique et le développement de ses intrigues, que je peux dire, après 4 épisodes, qu'elle a bel et bien piqué ma curiosité et a su me fidéliser devant mon petit écran.

Arang and the Magistrate se déroule dans une petite ville, durant l'époque de Joseon. Eun-Oh, fils d'un noble et d'une esclave, a pris la route en quête de sa mère ; c'est ainsi qu'il se retrouve à Miryang. Il dispose d'une faculté rare qu'il garde secrète : celle d'être capable de voir et de toucher les fantômes. Sur le chemin, puis dans la ville, il croise une jeune femme décédée depuis trois ans qui recherche désespérément ce qui lui est arrivé : elle ne sait plus qui elle est, se présentant sous le nom d'Arang. Pour essayer d'attirer l'attention des autorités sur son cas - et éventuellement l'élucider -, elle a pris l'habitude d'apparaître aux nouveaux magistrats nommés dans la ville, provoquant invariablement des frayeurs qui sont fatales aux respectables dignitaires.
Découvrant que Eun-Oh peut la voir et n'a aucune peur d'elle, Arang intrigue pour qu'il soit nommé magistrat à son corps défendant - le poste n'étant guère recherché au vu des récents précédents mortels. Après avoir opposé un accueil glacial à la jeune fantôme, Eun-Oh s'aperçoit qu'elle porte dans ses cheveux un binyeo identique à celui qu'il avait donné à sa mère. Arang la connaît-elle ? L'a-t-elle croisée quelque part ? Seulement, pour espérer en apprendre plus, il faut l'aider à retrouver la mémoire : découvrir qui elle est et quelles ont été les circonstances de sa mort. Eun-Oh choisit donc de rester magistrat pour le moment... Mais les actions d'Arang, et son obstination à défier les faucheurs, ont attiré l'attention des divinités, et notamment de l'Empereur de Jade qui va lui proposer un surprenant marché.

Rentrer dans l'univers de Arang and the Magistrate nécessite de lui accorder un peu de temps pour installer ses enjeux. Multi-genres par nature, le drama propose un mélange de comédie et de drame, dont les oscillations constantes peuvent de prime abord dérouter. Parfait symbole de cette difficulté, la scène où Arang raconte, sur un ton plutôt léger, comment elle a involontairement provoqué la mort des magistrats précédents, illustre le paradoxe de ces variations de tonalités, comme si les scénaristes hésitaient sur l'orientation à donner à leur série. Certains dramas s'égarent justement à cause d'une incapacité à trouver la bonne approche pour exploiter un sujet pourtant intéressant. Heureusement, cela ne semble pas être le cas de Arang and the Magistrate qui acquiert progressivement une vraie consistance au fil de ses épisodes.
Après un pilote qui, sans véritablement expliquer la situation, prend le temps de nous familiariser avec les différents protagonistes, les suivants recentrent le récit sur ses grands enjeux. L'intrigue progresse vite ; le mystère de la mort d'Arang et le tournant inattendu que prend sa quête retiennent l'attention du téléspectateur. Parallèlement, tout en donnant suffisamment d'informations pour intéresser, la série conserve aussi ses secrets, distille quelques indices nourrissant les spéculations et aiguise donc la curiosité. Les questions se bousculent. Qu'est-il vraiment arrivé à la jeune femme ? Quel est son lien avec Eun Oh, personnage qui conserve lui-aussi sa part de mystère ? A mesure que l'intrigue s'épaissit, Arang and the Magistrate se détache d'un burlesque limité pour investir une vraie dimension émotionnelle, plus propre à la tragédie, qui sait nous toucher. Les ingrédients sont rassemblés, et le potentiel est là : ne reste qu'à maintenir un souffle narratif conséquent pour emporter le téléspectateur dans le tourbillon des destinées de nos héros.

Avec ces bases de départ, Arang and the Magistrate aurait pu être une histoire, peut-être efficace, mais relativement quelconque dans les canons sud-coréens. Cependant sa véritable valeur ajoutée, qui fait une bonne partie de l'attrait de ces débuts, tient à l'univers mythologique qu'elle prend la peine de construire pierre après pierre. Rapidement en effet, s'esquisse toute une riche mythologie fantastique. Le drama introduit ses fantômes, chassés par ses sombres faucheurs, et ses shamans qui font le lien avec le monde des vivants. Tous ces intervenants multiples apparaissent comme autant de pions pour des divinités jouant le destin des hommes au cours de leurs parties de jeu de go. Le monde de l'au-delà, et plus particulièrement l'univers de l'Empereur de Jade, adopte une symbolique, résolument féérique, où, si tout n'est pas toujours parfaitement bien exécuté, les idées ne manquent pas.
Réveillant l'imaginaire, la mythologie introduit ses créatures, mais aussi ses codes à respecter. Plus les scénaristes apportent de détails aux conditions de chacun, des fantômes essayant de se nourrir aux faucheurs non immortels, l'intérêt du téléspectateur pour cet univers grandit... Je dois dire que c'est à cet aspect que je suis le plus sensible : il y a dans Arang and the Magistrate une volonté d'exploiter et de façonner un vrai fantastique qui ne sert pas de simple prétexte à l'intrigue, mais qui est au contraire pleinement intégré au "monde réel", y compris dans la reconstitution historique à laquelle donne lieu le drama. L'intrigue se nourrit de ce fantastique : tout semble orchestré par l'Empereur de Jade dont l'ambivalence intrigue. En prenant peu à peu ses marques, l'histoire légitime dans le même temps tout ce background fantastique. De cette homogénéité se dégage une véritable ambiance et une identité propre à la série.

Sur la forme, Arang and the Magistrate est un fusion sageuk soigné. Le drama profite de son registre historique pour offrir quelques belles reconstitutions en costumes aux couleurs chatoyantes. Comme souvent, la réalisation s'affine et gagne en maîtrise au fil des épisodes. L'esthétique correspond vraiment à ce que l'on peut attendre de nos jours de ce genre de série. Par ailleurs, j'ai aussi apprécié la bande-son, avec des thèmes instrumentaux qui mêlent résonnances traditionnels et un côté plus rythmé accompagnant efficacement le récit. Cela contribue à lui donner une atmosphère partculière.
Enfin, le drama réunit un casting solide. Il signe le retour de Lee Jun Ki (ou Lee Joon Gi, mais déjà que je ne m'en sors pas avec les noms des acteurs, si en plus il faut changer la romanisation de leur nom une fois que je l'ai retenue au milieu de leur carrière, je déclare forfait...) après son service militaire. Quand je pense que le dernier drama dans lequel je l'ai vu devait être Time between Dog and Wolf, il a bien changé ! Mais ça m'a fait plaisir de le retrouver, d'autant que c'est un acteur qui sait jouer sur les registres aussi bien comiques que dramatiques. Il n'a pas encore été trop sollicité, mais le duo qu'il forme avec Shin Min Ah (The Devil, My Girlfriend is a Gumiho) fonctionne très bien, les deux acteurs ayant le répondant et la présence nécessaire pour former un duo convaincant à l'écran. A leurs côtés, pour le moment, les autres restent en retrait. On retrouve notamment Yun Woo Jin, Hwang Bo Ra, Kwon Oh Joong, Han Jung Soo, Yoo Seung Ho ou encore Park Joon Gyu.



Bilan : Plus que le potentiel indéniable de son concept et son mélange des tonalités qui n'amoindrit cependant pas la force du récit - même s'il faudra surveiller ses développements à moyen terme -, Arang and the Magistrate se démarque par la richesse de l'univers qui se construit sous nos yeux. La série bâtit une vraie mythologie, le fantastique étant imbriqué dans l'histoire, et non cantonné à un simple arrière-plan distant et dépaysant. Tout n'est pas exempt de reproches : le drama a ses maladresses et des scènes parfois un peu inutiles qui génèrent quelques longueurs. Mais il séduit par son imagination, ce qui est déjà un très bon point, et donne donc envie de découvrir la suite.
NOTE : 6,75/10
Une bande-annonce du drama :
Une chanson de l'OST :
17:10 Publié dans (Séries asiatiques) | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : k-drama, arang and the magistrate, mbc, lee jun ki, shin min ah, yun woo jin, hwang bo ra, kwon oh joong, han jung soo, yoo seung ho, park jun gyu |
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25/04/2012
(K-Drama / Pilote) God of War (Soldier) : une fresque épique très prenante

Aujourd'hui, restons dans les séries actuellement diffusées en Corée du Sud, en ce mercredi asiatique, pour revenir à un genre à l'égard duquel j'ai souvent eu l'occasion de déclarer mon amour : l'historique. Parce que, vous le savez bien, rien de tel qu'un solide sageuk pour introduire un parfum d'épopée dans vos programmes sériephiles et rythmer vos semaines. Très prise depuis le début de l'année, je n'avais pas encore choisi de drama de ce type en 2012 ; le mois d'avril touchant à son terme, il était grand temps de corriger cet oubli. Mon choix s'est finalement porté sur God of War (Soldier). Et quelle belle - ou, devrais-je dire, sacrément musclée - découverte ai-je fait là !
God of War (Soldier) est un drama actuellement diffusé sur MBC, les samedi et dimanche soirs, depuis le 11 février 2012. Scénarisé par Lee Hwan Kyung (un habitué des sageuk - Emperor Wang Gun, Dawn of the Empire, Yeon Gae So Mun), et réalisé par Kim Jin Min, il est annoncé comme devant être une imposante fresque, puisque 50 épisodes sont pour le moment prévus (le tout devrait ainsi se terminer en août prochain). Ses audiences semblent depuis une dizaine d'épisodes s'être stabilisées juste au-dessus de la barre des 10%. Si 20 épisodes ont été à ce jour diffusés, ce billet du jour a été rédigé après avoir visionné - avec beaucoup d'enthousiasme ! - les cinq premiers. C'est que, voyez-vous, God of War, c'est du sageuk à poigne, au souffle indéniable, qui vous prend aux tripes comme rarement !

God of War se déroule à l'époque de Goryeo. Plus précisément, le drama s'ouvre au début du XIIIe siècle, en 1217. Même si nous sommes officiellement dans les premières années du règne du roi GoJong, le pouvoir réel est alors entre les mains de Choe Chung Heon, lequel exerce une dictature militaire maintenant difficilement un semblant d'ordre au sein d'une période troublée, notamment, par des invasions Mongoles. Dans ce contexte difficile, avec plusieurs fronts ouverts, l'insatisfaction monte au sein de certaines parties de la population. Le premier épisode s'ouvre ainsi sur une rébellion de plusieurs centaines de moines boudhistes, poussés à bout par les conditions dans lesquelles ils doivent combattre. La répression de ce mouvement est sanglante : un des deux fils de Chung Heon, Choe Hyang, y voit en effet l'occasion d'avancer ses pions pour isoler un peu plus son frère aîné, Choe Woo. Il obtiendra ainsi des aveux compromettants par tous moyens.
C'est à l'occasion de cette répression lancée contre les temples boudhistes ayant eu des membres impliqués dans la rebellion que la réalité géopolitique du pays va rattraper le jeune Kim Joon. Recueilli et élevé dans le temple, officiellement moine, son statut d'esclave de naissance réapparaît lors des vérifications d'identité opérées par les soldats les ayant arrêtés. Evitant de peu l'exécution grâce à l'intervention de la fille de Choe Woo, Song Yi, il va tomber au plus bas de la hiérarchie sociale, envoyé travailler comme esclave sur des chantiers de construction. God of War va nous relater sa lente ascension à partir de là, à commencer par la première voie qui va lui permettre de s'affranchir de ses réserves liées à son éducation boudhiste pour imposer sa valeur guerrière : un jeu létal venu de Perse, le gyeokgu.

Le premier atout de God of War tient à l'impression de maîtrise narrative qui en émane, et ce, dès ses débuts particulièrement réussis. En effet, sans temps d'exposition, le drama nous plonge immédiatement dans l'histoire présente, avec des enjeux vite précisés. Il fait ainsi un intéressant choix scénaristique : celui de ne pas opter pour la fréquente -un peu artificielle- introduction par l'enfance de ses personnages, mais de préférer au contraire nous entraîner directement dans les évènements qui bouleversent la vie de Kim Joon. La série saura ensuite saisir diverses occasions pour présenter rapidement le background de chaque personnage, passant souvent par des dialogues, mais s'autorisant aussi à bon escient deux-trois flashbacks limités. Une fois posée cette mise en situation que représente la déchéance de Kim Joon rattrapé par son rang de naissance, God of War développe une première vraie storyline d'ampleur, représentative du mélange de jeux de pouvoir et d'action ambitionné par la série, centré autour du gyeokgu. Si ce jeu est proche du polo en théorie, il apparaît rapidement comme un combat mortel et l'arène dans laquelle il se déroule devant la population et les gouvernants l'assimilerait plutôt aux jeux du cirque romains.
Ce rythme, avec ces enchaînements sans temps mort qui annoncent les arcs narratifs rythmant les longs sageuk, rend l'histoire très prenante. La narration est dense et, surtout, on retrouve dans God of War un élément caractéristique des sageuk réussis : le drama est en effet traversé par un véritable souffle épique qui emporte le téléspectateur et permet à l'histoire d'acquérir une dimension supplémentaire. Il faut dire que la série s'impose avec force dans le registre de l'action. Musclée, je dirais même violente à l'occasion, il émane de ses images une forme de brutalité - aussi bien physique, presque graphique, que psychologique, voire émotionnelle - qui saisit et touche en plein coeur le téléspectateur. Qu'il s'agisse des scènes de combat, de torture ou de simples confrontations, grâce à ses mises en scène efficaces, la série atteint un niveau d'intensité rare, capable de marquer durablement. Grâce à cette approche très directe et presque sans concession, elle parvient ainsi à littéralement happer l'audience devant son petit écran.

Outre une tonalité clairement définie, God of War va également trouver un juste équilibre entre ses différentes storylines. Le drama allie habilement - et de manière très classique - un récit à deux niveaux : d'une part, il s'intéresse à la destinée personnelle du protagoniste principal, d'autre part, il entreprend d'éclairer les enjeux de pouvoir au sein de la Cour. C'est sur le premier volet que repose l'empathie de la série : la déchéance sociale imposée à Kim Joon est cruelle, de même que sa séparation de Wol-Ah, aux côtés de laquelle il a grandi. Leurs destinées entremêlées constituent le ressort tragique central de ce début de récit ; et même si le drama a parfois tendance à en faire trop sur ce plan, manquant un peu de subtilité, il sait impliquer émotionnellement le télépectateur. Outre ce volet plus intime, la série nous propose d'assister à l'affirmation de ce jeune homme, brusquement arraché au confort du temple et propulsé dans un monde de violence où il faut tuer pour ne pas être tué. Le récit prend ici une dimension initiatique traditionnelle mais bien introduite, et l'on devine que Kim Joon devra surmonter son lot d'épreuves, dont le gyeokgu n'est qu'un premier aperçu.
Parallèlement, God of War nous plonge dans une situation géopolitique à la stabilité précaire, nous présentant un dirigeant vieillissant dont la succession commence à être envisagée, et dont les deux fils, héritiers potentiels, semblent promis à une confrontation certaine. En dépit de la complexité inhérente à ce type d'histoire - l'on met du temps à s'y retrouver au sein de la multitude des intervenants et de leurs allégeances respectives, la série parvient à rendre l'ensemble très prenant : cela tient au fait qu'elle transpose aux coulisses du pouvoir le même souffle qui l'anime pour les scènes d'action. Tout particulièrement, c'est la manière dont God of War dépeint un Choe Chung Heon vieillissant qui m'a fasciné. Alors même que ses fils anticipent la succession, il apparaît rapidement évident que le vieil homme n'est pas encore sénile, et qu'il lui reste suffisamment de facultés pour tirer bien des ficelles dans les oppositions qu'il encourage au sein de la Cour. Semblant favoriser son fils cadet, inquiet de la descendance de son aîné, il nous laisse constamment nous interroger sur le degré de connaissaance qu'il peut avoir des complots et manipulations dont la capitale bruisse. Dans ces luttes de pouvoir, God of War use ainsi efficacement de ficelles connues et ayant fait leurs preuves, démontrant un vrai sens de la mise en scène, avec des dialogues fournis qui participent à la tension ambiante.

Solide sur le fond, God of War doit également beaucoup à ses atouts formels. Si sa réalisation est d'un classicisme assumé (jusqu'à certaines parenthèses pédagogiques pour permettre au téléspectateur de bien comprendre certaines situations), elle fait preuve d'une fluidité dans la manière d'ordonnancer les scènes qui est très plaisante. Tout apparaît parfaitement maîtrisé, et la caméra sait toujours trouver sa place pour retranscrire aussi bien les conciliabules secrets de palais, que les batailles rangées et les passages d'explosion de violence. Par ailleurs, le drama est accompagné d'une bande-son attrayante qui prend pleinement la mesure du souffle épique parcourant le récit. Aussi bien du côté de certains instrumentaux récurrents (notamment celui de la troisième vidéo ci-dessous, que j'apprécie tout particulièrement) que pour les ballades plus posées, la série soigne l'emploi de ces musiques pour les faire bien coïncider avec la tonalité particulière des scènes qu'elles sont censées souligner.
Enfin, God of War bénéficie d'un casting efficace et homogène. Plutôt bien dirigés, avec des dialogues relativement consistants, ils se montrent à la hauteur de la force du récit. C'est Kim Joo Hyuk (Terroir, Lovers in Prague, Life a Flowing River) qui interprète Kim Joon. Si j'aime modérément cet acteur, j'avoue que je me suis facilement laissée prendre par son jeu globalement solide. A ses côtés, on retrouve plusieurs valeurs sûres du petit écran sud-coréen. Outre Park Sang Min (Dae Wang Sejong), c'est Jung Bo Suk qui interprète le fils aîné de Choe Chung Heon. Du côté des personnages féminins, Kim Kyun Ri (Han River Ballad, Yong Jae Golden Days) se révèle très intéressante pour jouer la fille de Choe Woo, une jeune femme qui n'a certainement pas froid aux yeux. Hong Ah Reun (Rock Rock Rock) incarne quant à elle Wol-Ah, personnage à la dimension plus tragique dont le sort la lie au héros. La galerie d'acteurs est impressionnante au vu du nombre de protagonistes, et l'ensemble se révèle convaincant. De ces premiers épisodes, je retiendrais parmi eux la performance de Joo Hyun, qui incarne avec beaucoup de charisme ce vieux dirigeant qui joue des jeux de pouvoir avec toujours beaucoup de dextérité.


Bilan : Sageuk musclé, récit particulièrement brut - violent même - et intense, God of War est parcouru de ce souffle épique caractéristique des dramas historiques réussis. Bénéficiant d'une construction narrative fluide et consciencieuse, avec des enjeux exposés de manière efficace, c'est une série qui se réapproprie pleinement un certain nombre de recettes très classiques du genre. Souvent prenante, elle captive le téléspectateur en renvoyant l'image d'une vaste et ambitieuse fresque historique. Parvenant à entremêler quête de pouvoir et épopée personnelle, ses débuts s'équilibrent bien entre les luttes au sein de la famille Choe et l'évocation de destinées plus modestes et humaines.
C'est donc un récit historique très dense, mettant en scène combats et complots, qui devrait plaire à tout amateur de sageuk ! N'hésitez donc pas !
NOTE : 7,75/10
Une bande-annonce :
Une chanson de l'OST :
Un instrumental de l'OST :
08:32 Publié dans (Séries asiatiques) | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : k-drama, mbc, god of war, soldier, kim joo hyuk, park sang min, jung bo suk, kim kyun ri, hang ah reum, joo hyun |
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28/03/2012
(K-Drama / Pilote) The King 2 Hearts : des relations pimentées sur fond de rapprochement des deux Corées

Le printemps est là ! Il ne se limite pas au ciel bleu et à ces températures tempérées. En Asie, les saisons télévisuelles suivent le rythme du climat. C'est donc l'arrivée dans les grilles de nouvelles séries. Si l'hiver m'avait assez peu emballé en Corée du Sud (hormis History of the Salaryman), les projets des grandes chaînes annoncés pour ce printemps aiguisent déjà plus ma curiosité. Sauront-ils me convaincre ? C'est une autre histoire. La semaine dernière avait lieu la première grande confrontation entre les chaînes qui lançaient toutes leurs nouveautés des mercredi et jeudi soirs. Dans cette lutte des audiences, c'est King 2 Hearts qui en est sortie vainqueur, avec plus de 16% d'audience.
Ce drama n'était pas forcément celui que j'attendais le plus, même si la seule présence de Ha Ji Won l'avait logiquement placé en haut de la pile à découvrir. Ce sera donc la première série du printemps asiatique évoquée sur ce blog. Lancée le 21 mars 2012 et diffusée sur MBC, elle est à ce jour prévue pour 20 épisodes. Si son genre (comédie, drame, romance, action ?) demeure pour le moment flou, le thème ne vous sera pas inconnu : on va encore parler de Corée du Sud, de Corée du Nord, et de mariage et d'amour, avec une approche cependant très différente de Korean Peninsula (Hanbando), ou même de Myung Wol the Spy l'an dernier. Les deux premiers épisodes n'auront pas suscité de coup de coeur, mais le drama a cependant quelques atouts...

King 2 Hearts se situe dans une réalité alternative, dans laquelle la Corée du Sud est une monarchie constitutionnelle ; les deux Corées y sont pareillement séparées, avec une histoire passée semblable à celle de la réalité. Nous sommes dans une période de détente et d'esquisse de coopération entre les deux régimes, dans l'optique de consolider la paix dans la péninsule (même si cela ne plaît pas à tout le monde, et que certains spéculateurs ont au contraire intérêt à souffler sur les braises des différences entre les deux pays). Pour marquer cette alliance, rien de tel qu'une compétition durant laquelle les sud et nord-coréens se battront au sein d'une seule équipe et sous les mêmes couleurs. Ce sera la World Officer Championship (WOC) : une épreuve internationale qui voit s'affronter des militaires issus de différents pays.
Il est prévu que le Nord et le Sud fournissent 3 soldats chacun pour constituer l'équipe de six officiers qui représentera la nation coréenne dans son ensemble. Parmi les représentants du Nord, Kim Hyang Ah, une instructrice de fer dans les forces spéciales, se laisse convaincre par son supérieur de participer à l'épreuve. Au Sud, outre deux officiers sélectionnés sur leur mérite, le roi décide de faire un geste symbolique fort : il contraint son jeune frère, Lee Jae Ha, à être le troisième représentant de la Corée du Sud. Mais Jae Ha est avant tout un héritier irresponsable et frustrant qui n'a aucun sens de l'intérêt général...

C'est après quarantes premières minutes relativement poussives que King 2 Hearts démarre véritablement. Dès le départ, un défaut récurrent du drama est perceptible : cette façon des scénaristes de céder trop souvent à la facilité et aux raccourcis. Ainsi, l'aperçu du passé du prince Jae Ha et de de son frère, puis l'introduction rapide des premiers enjeux, vont à l'essentiel, mais se déroulent de manière trop expéditive pour permettre de s'attacher en dépit de quelques scènes qui auraient mérité d'être approfondies. Une fois dans le présent, avec la situation du WOC et de cette union entre le Nord et le Sud posée, la série gagne considérablement en vitalité, se construisant sur les confrontations entre les personnages. Ce sont alors les dynamiques s'installant entre les deux protagonistes principaux qui retiennent l'attention : pimentées comme il se doit, rythmées par un sens de la répartie des plus piquants, cette relation conflictuelle saura provoquer quelques francs éclats de rire et même toucher.
Cependant, paradoxalement, si Hyang Ah et Jae Ha partagent de manière convaincante toute sorte de scènes - aussi bien comiques et excessives, que intimes et dramatiques -, leurs personnages peinent à s'imposer individuellement. Le problème vient de la tendance des scénaristes à toujours vouloir forcer et grossir leurs traits de caractère. Si l'insolence et l'inconséquence de Jae Ha sonnent vite un peu répétitives, c'est surtout Hyang Ah qui frustre le téléspectateur. Le personnage se retrouve enfermé dans une psychologie binaire, oscillant entre la femme d'action et la trentenaire célibataire désespérée : loin de lui donner la moindre épaisseur, ce manque de subtilité de l'écriture empêche toute cohérence dans sa personnalité. Tiraillée entre des postures opposées et caricaturales, Hyang Ah sonne faux ; et l'on peine donc à s'attacher à elle. Ce manque d'empathie émotionnelle reste d'ailleurs la conséquence la plus problématique de ces débuts hésitants, même si le relationnel laisse entrevoir du potentiel.
Au-delà d'une dimension humaine demandant quelques ajustements - ce que le temps lui permettra peut-être -, c'est par sa tonalité très changeante que King 2 Hearts se révèle la plus déroutante. La série entreprend en effet, au cours de ces deux premiers épisodes, de brouiller les attentes du téléspectateur, se maintenant volontairement à la croisée de genres a priori sans rapport. C'est ainsi qu'elle alterne, souvent sans la moindre transition, et parfois au cours d'un seul et même échange, les passages dramatiques et les échanges plus comiques. Plus d'une fois, la tonalité bascule de manière inattendue, passant d'un registre grave et sérieux, à un scène légère qui pourrait tout droit être issue d'une comédie romantique. De la même façon que le personnage de Ha Ji Won, le drama y perd en cohésion, car les scènes aux tonalités très différentes sont souvent trop déconnectées entre elles pour parvenir à proposer un tout homogène.
Ce parti pris des scénaristes a cependant un objectif très clair : en tentant de jouer sur tous les tableaux, King 2 Hearts essaye de parler au plus large public possible. En effet, chacun y trouve obligatoirement en partie son compte durant ces deux premières heures : le drama réussit à trouver le temps de s'adresser aussi bien à l'amateur de drama sérieux avec un arrière-plan géopolitique accrocheur qu'à celui de comédies volontairement absurdes et excessives (ne me demandez pas dans quelle catégorie se classe la M society...). Il y en a pour celui qui rêve de future romance fleur bleue, comme pour celui qui savoure les séries d'action. Cette ambition "généraliste" a cependant ses limites : à refuser de choisir, la série entretient un flou agaçant sur son orientation future : quelle est donc la logique narrative à l'oeuvre ? Ce scepticisme qui naît au fil des deux épisodes est renforcé par le fait que si les styles sont très divers, l'écriture reste malheureusement très traditionnelle : il n'y a pas d'originalité, ni d'étincelle, dans un contenu qui manque de relief - hormis durant quelques rares moments réussis (comme la confrontation du prince avec son frère pour le force à rejoindre l'équipe de la WOC) - et ne surprend quasiment jamais.

Sur la forme, King 2 Hearts dispose d'un visuel soigné, et d'importants moyens mais qui ne sont pas toujours utilisés à bon escient. La réalisation est travaillée ; la caméra sait certainement mettre en valeur ses décors et dispose d'un certain oeil pour la mise en scène. Cependant le drama donne parfois le sentiment d'en faire trop. Plus que l'esthétique, c'est la bande-son qui frise l'overdose en morceaux de musique classique : à force d'omniprésence, ils tendent à devenir très pompeux. Cela produit sur le téléspectateur l'effet inverse de ce qui est recherché : cet étalage ostentatoire agace, et réduit sa patience vis-à-vis du drama sur le fond. J'aurais donc juste une demande pour la suite : un peu de sobriété !
Enfin, King 2 Hearts bénéficie d'un casting où chacun se voit attribuer un registre dont on sait qu'il le maîtrise parfaitement. Lee Sung Ki (Shining Inheritance, My Girlfriend is a Gumiho), en héritier inconséquent, remplit sa part du contrat ; tandis que Ha Ji Won (Damo, Secret Garden) renoue avec un rôle qu'elle connaît bien, même si malheureusement écrit de façon quelque peu schizophrène, alternant sans transition entre la femme d'action endurcie et celle qui se nourrit de rêves de mariage inaccessibles. Les deux acteurs fonctionnent en tout cas efficacement ensemble, et leurs scènes communes ne manquent pas d'une certaine alchimie. A leurs côtés, on retrouve Jo Jung Suk (What's up) - qui se rappelle au bon souvenir de nos oreilles dès le deuxième épisode -, Lee Yoon Ji (Heading to the ground) et Yoon Je Moon.

Bilan : Après un début quelque peu poussif, King 2 Hearts trouve progressivement son rythme en exploitant d'intéressantes dynamiques relationnelles qui se nouent entre les personnages. Navigant volontairement à la croisée des tonalités, le drama se veut rassembleur : chaque public qui y trouvera partiellement satisfaction. Cependant, doté d'une écriture manquant singulièrement de subtilité et de nuances, cédant trop souvent à des raccourcis faciles, il peine à trouver son identité. La série semble s'égarer entre les différents genres sans réussir à convaincre pleinement dans aucun des registres auxquels elle s'essaie. A la fois trop dispersée et trop calibrée, il lui manque une direction claire.
C'est donc un drama peut-être à poursuivre pour encore quelques épisodes afin de voir comment évoluera la gestion des rapports au sein du duo principal, mais cela ne sera sans doute pas mon k-drama de la saison !
NOTE : 5,75/10
Une bande-annonce :
Une chanson de l'OST :
19:02 Publié dans (Séries asiatiques) | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : k-drama, king 2 hearts, mbc, lee seung ki, ha ji won, jo jung suk, lee yoon ji, yoon je moon |
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02/11/2011
(K-Drama) Gye Baek (première partie) : une fresque épique vers la chute de Baekje

S'il y a bien un genre de séries dans lequel ma sériephile s'épanouit tout particulièrement, ce sont les sageuk (séries historiques sud-coréennes). Cette année, par manque de temps, à l'exception de Warrior Baek Dong Soo qui versait plus dans le divertissement d'action que dans le véritable épique, je me suis surtout consacrée à des sageuk relativement courts. J'en ai volontairement laissé d'autres de côté, comme The Duo ou The Princess Man, en attendant d'avoir plus de temps. Mais l'appel était devenu trop fort en cette fin de mois d'octobre ; et l'offre trop alléchante...
A la différence de Tree With Deep Roots, mélange historique de thriller et politique, qui s'adresse à un public plus large au-delà des seuls amateurs du genre, Gye Baek est un drama conçu prioritairement pour satisfaire le public friand de ces épopées classiques aux accents souvent tragiques. Diffusé sur MBC depuis le 25 juillet 2011, il comprendra 32 épisodes et s'achèvera au cours de ce mois de novembre en Corée du Sud. Il y a dix jours, lorsque j'avais décidé de progresser plus avant dans ce drama sur les conseils de Mina, j'envisageais de faire une review classique de "pilote", c'est-à-dire, pour un sageuk, après avoir visionné les 4/5 premiers épisodes. Mais Gye Baek est, avouons-le, la raison pour laquelle j'ai terminé mes quelques jours de vacances plus fatiguée que je ne les avais commencés... Et c'est pourquoi cette review, que je n'ose plus appeler "pilote", traite en fin de compte de la première partie du drama, soit 16 épisodes.

Gye Baek se déroule au VIIe siècle, à la toute fin de la période connue sous le nom des Trois Royaumes, qui étaient composés de Silla, Baekje et Goguryeo. La péninsule coréenne s'apprête en effet à être unifiée sous la domination de Silla. Ce drama n'est pas l'histoire d'une conquête glorieuse, il apparaît au contraire comme un hommage au courage des déchus. C'est en effet la fin de Baekje qu'il entreprend de nous raconter, à travers un récit romancé de la vie du dernier grand général de ce royaume, Gye Baek. De sa naissance jusqu'à l'ultime et célèbre bataille de Hwangsanbeol, où les armées de Baekje, en sévère infériorité numérique, furent entièrement détruites, Gye Baek va nous relater les derniers soubresauts d'un royaume qui sera annihilé quelques années après cette défaite militaire capitale.
Le drama débute, avant même la naissance de son personnage principal, au milieu des troubles et de la contestation entretenue par la seconde épouse du roi contre la reine, dont le tort principal est d'être originaire de Silla. Le prince et héritier présomptif, son fils Euija, fait l'objet de tentatives d'assassinats que seule l'admirable dextérité du maître d'arme qu'est le général Mu Jin permet d'endiguer. Mais si ce n'est pas la force, cela sera le complot qui fera tomber la reine et entraînera dans sa chute son protecteur militaire et la famille de ce dernier. Au cours d'une nuit tragique de mise à exécution du plan des opposants, lesquels se cachent derrière une confrérie d'assassins du nom de Wi Je, la reine préfèrera la mort au déshonneur. Par la ruse, le prince Euija parviendra à se maintenir en vie auprès de son père, à la cour. Tandis que Mu Jin perdra sa femme, qui n'a que le temps de donner naissance à leur fils, Gye Baek.
Les inimitiés ainsi forgées dans le sang, et alors que les confrontations ultérieures provoquent d'autres drames, une quête de revanche va guider les pas de chacun... Au détriment de Baekje ?

Le premier attrait de Gye Baek réside dans le souffle épique qui traverse et porte le récit. Le qualificatif de fresque a rarement semblé aussi approprié que face à ce drama aux accents résolument héroïques et tragiques. Mêlant aux destinées personnelles de ses protagonistes le sort plus incertain de tout un royaume, la série se révèle riche en émotions. Eprouvante et poignante par moment, jubilatoire et savoureuse à d'autres instants, elle est en plus dotée d'un sens du détail appréciable, grâce auquel rien n'est jamais anodin et tout finit par se recouper. Révélatrice de cette ambiance prenante, l'ouverture du premier épisode, sur cette dernière bataille déséquilibrée dont l'issue est connue, propose des scènes qui marquent d'emblée par leur solennité et leur intensité : le téléspectateur se retrouve ainsi instantanément happé par l'histoire et ses enjeux.
De manière plus générale, il faut saluer l'équilibre, certes fragile et parfois vascillant, dont fait preuve cette première partie de Gye Baek. La série trouve le juste dosage entre les phases d'action, chorégraphiées avec sobriété mais toujours beaucoup de conviction, et le decorum figé des intrigues de cour et autres conciliabules de palais. Les affaires royales, adoptant un schéma géopolitique classique à la période des Trois Royaumes, restent très accessibles. Comme dans tout sageuk traditionnel, le scénario se construit de manière cyclique : les éléments d'une confrontation prochaine sont d'abord introduits, jouant sur une tension de plus en plus palpable, pour enfin éclater et offrir un ou deux épisodes en apothéose. Puis, s'enchaîne une brève période de transition où le renouveau des rapports de force est enregistré, avant de recommencer ensuite un nouveau cycle qui suivra le même schéma. Cela aboutit à un ensemble homogène et rythmé, sans temps mort notable, où l'intérêt du téléspectateur ne se dément jamais.

Outre son sens du rythme et de l'épique, Gye Baek doit également beaucoup à ce qui reste la grande force des k-dramas : sa dimension humaine. Elle bénéficie en effet d'une galerie de personnages forts, en mesure d'impliquer émotionnellement le téléspectateur. Il ne faut pas se laisser abuser par le titre qui renvoie la fausse idée d'un simple biopic sur ce général de Baekje. Gye Baek est en effet un véritable drama choral, comme le sont les sageuk les plus enthousiasmants. La série laisse une place à chacun de ses protagonistes, pour grandir, pour mûrir et pour nuancer leur personnalité, acquérant ainsi une réelle épaisseur. Loin d'offrir un simple récit manichéen, tout en prenant parti pour ses héros, le drama s'attache surtout à esquisser le reflet d'une humanité à la faillibilité troublante.
Manifestant un sincère intérêt pour chacun de ses protagonistes, Gye Baek s'assure une assise humaine solide. La série fait le choix d'offrir un traitement relativement égal à son duo principal, faisant du prince Euija un pendant parfait à l'impulsivité initiale de Gye Baek. Leur alliance, scellée par les tragédies des premiers épisodes, permet opportunément de dépasser le vague triangle amoureux pour se concentrer sur des enjeux autrement plus importants, touchant au sort même du Royaume. Avec beaucoup d'habileté, la série éclaire l'ambivalence des motivations de tous les protagonistes. Sous couvert de la notion polysémique d'"intérêt du royaume", tout et son contraire sont prônés et perpétrés : il est difficile de percevoir où s'achève la poursuite de quêtes très personnelles (de vengeance comme de pouvoir) et où débute la réelle préoccupation pour l'intérêt collectif. La figure de l'opposante, représentée par la reine Sa Taek Bi, incarne parfaitement tous ces paradoxes. Quant au roi, malméné au gré des rapports de force, il s'accroche avant tout au prestige de la couronne (il n'est pas sans rappeler par exemple le roi Kumwa dans Jumong). Au final, aucun personnage n'apparaît jamais unidimensionnel et c'est vraiment une des forces de l'histoire.

Aussi enthousiasmant soit-il dans ses passages les plus fastes, au cours desquels je reconnais volontiers m'être laissée grisée, Gye Baek n'est pour autant pas exempt de défauts. Sageuk de 2011 qui a pris en compte la modernisation des codes narratifs subis par le genre au cours de la dernière décennie, il n'en demeure pas moins de facture classique. Il conserve ainsi un vrai sens de la théâtralisation parfois très poussé. Si le drama fait preuve d'un savoir-faire certain dans la mise en valeur de ces passages, il a aussi tendance à vouloir trop en faire. La décharge émotionnelle causée ne masque pas les raccourcis évidents (géographiques notamment), voire les facilités parfois gênantes du récit.
Il est flagrant que les scénaristes ont souvent préféré privilégier les effets et l'intensité de certaines confrontations, au détriment de la vraisemblance de plusieurs développements. Ce parti pris narratif peut diviser et donne assurément des arguments recevables aux détracteurs de la série. C'est sans doute pour cela que Gye Baek s'adresse, à mon avis, prioritairement aux amateurs du genre. Pour s'apprécier pleinement, il suppose de se laisser emporter par un récit qui laissera difficilement insensible les amoureux de fresques épiques. Tant que le rythme d'ensemble demeurera toujours aussi constant et qu'il continuera d'accorder un tel soin à ses personnages, le téléspectateur pardonnera les errances au profit de l'envolée émotionnelle suscitée par certains passages.

Sur la forme, Gye Baek est un beau sageuk qui allie les atours chatoyants des costumes traditionnels propres à ces dramas historiques se déroulant dans les cours royales et l'approche plus sobre liée aux destinées des gens du commun. La photographie est soignée et l'esthétique du drama reste globalement un vrai plaisir pour les yeux. De plus, la série ne manque pas d'une dose d'action appréciable, bien servie par les chorégraphies de combats. Quant aux reconstitutions de batailles, les scènes d'ouverture sont d'une intensité à saluer - de quoi plonger immédiatement le téléspectateur dans l'univers de la série.
Pour autant, Gye Baek n'atteindrait pas la dimension à laquelle elle parvient sans l'atout de choix que représente sa bande-son. Une fresque épique ne saurait exister sans ces morceaux, entraînant ou mélancolique, voire déchirant, qui vont accompagner les protagonistes tout au long de leur histoire. Le drama dispose ainsi d'une palette de musiques bien fournies qui savent parfaitement accompagner les passages clés de la série.

Enfin, le dernier atout et argument de poids de Gye Baek est son casting. Gye Baek est en effet incarné par un des acteurs emblématiques de ce genre historique, Lee Seo Jin. Si dans certains rôles contemporains comme pour Freeze, il a pu me laisser quelques réserves, en revanche, il reste le premier acteur de sageuk à m'avoir marqué par la première série de ce genre que j'ai eu l'occasion d'apprécier, Damo. Certes, à ce jour, je ne fais pour l'instant que caresser le rêve de me lancer dans la fresque que représente Yi San et ses 77 épisodes. Mais même sans avoir eu pour le moment l'occasion de voir ce dernier drama, Lee Seo Jin est vraiment à sa place dans un sageuk et sait prendre la mesure des rôles qui lui sont confiés dans ce genre.
A ses côtés, on retrouve une distribution très solide : Jo Jae Hyun pour incarner un prince Euija qui joue sa survie au quotidien, passé maître dans l'art du subterfuge, la toujours majestueuse Oh Yun Soo ou encore la très sobre Song Ji Hyo. Parmi la galerie d'acteurs complétant la distribution, on croise Hyo Min, Jun Noh Min, Kim Yoo Suk, Jin Tae Hyun, Choi Jae Hwan, Jo Sang Ki, Kim Hyun Sung, Yoon Da Hoon, Ahn Kil Kang, Jung Sung Mo, Im Hyun Sik, Kim Dong Hee, Park Yoo Hwan, Go Yoon Hoo, Jang Hee Woong ou encore Cha In Pyo.

Bilan : Vaste fresque aux accents irrémédiablement tragiques, Gye Baek est un drama passionnant, parcouru d'un souffle épique exaltant qui saura sublimer certaines scènes. Navigant entre deux approches, celle des destinées individuelles et celle du sort d'un royaume, le drama peut s'appuyer sur une galerie de personnages travaillés auprès desquels le téléspectateur se sent tout particulièrement impliqué. Privilégiant parfois le ressenti émotionnel à la cohérence narrative, il n'en demeure pas moins une de ces rares séries capables de susciter un enthousiasme immodéré et exaltant, que l'amateur de sageuk chérira et savourera avec un bonheur non dissimulé.
J'attends donc la seconde partie avec impatience (et prépare déjà mes mouchoirs).
NOTE : 7/10
La bande-annonce de la série :
Le générique :
Une chanson de l'OST :
17:21 Publié dans (Séries asiatiques) | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : k-drama, mbc, gye baek, lee seo jin, jo jae hyun, oh yun soo, song ji hyo, hyo min, jun noh min, kim yoo suk, jin tae hyun, choi jae hwan, jo sang ki, kim hyun sung, yoon da hoon, ahn kil kang, jung sung mo, im hyun sik, kim dong hee, park yoo hwan, go yoon hoo, jang hee woong, cha in pyo |
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21/09/2011
(K-Drama / Pilote) Can't Lose (Can't Live With Losing) : la vie de couple dans tous ses états

Après l'escapade tokyoïte de la semaine passée, nous voici de retour en Corée du Sud en ce mercredi asiatique, pour évoquer les débuts d'un drama actuellement en cours de diffusion et que j'attendais avec une certaine curiosité, en partie en raison de son synopsis intrigant qui semblait se distinguer des ressorts classiques des rom-com sud-coréenne, mais aussi en raison de son casting (notamment avec la présence de Choi Ji Woo).
Can't Lose a débuté sur MBC le 24 août dernier. Diffusée les mercredi et jeudi soirs, elle devrait comporter 16 épisodes. A défaut d'avoir conquis le public sud-coréen, les audiences n'étant malheureusement pas vraiment au rendez-vous, ces premiers épisodes ne m'ont pas déplu. Loin de là. Ce n'est sans doute pas un drama pour lequel on aura un coup de foudre instantané, ni une comédie pétillante qui vous fera rire aux larmes, mais les relations explosives qu'il dépeint nous rallie progressivement à la cause de ce couple au bord de la rupture.

Eun Jae et Hyung Woo sont deux jeunes mariés. Ils sont tombés sous le charme l'un de l'autre dès leur première rencontre fortuite dans un stade, laquelle s'est terminée par l'échange d'un premier baiser devant un parterre de spectateurs retenant leur souffle. Complémentaires dans leurs ambitions, ils partagent en plus la même profession puisqu'ils sont tous deux avocats. Emportés par leurs sentiments, ils décident très rapidement de se marier et d'ouvrir ensemble un cabinet. Madame aspire à gagner de l'argent, Monsieur tend plutôt vers l'aide aux plus faibles et défavorisés, les deux devraient donc parfaitement s'équilibrer... En théorie du moins.
Car un an a passé, et la supposée complémentarité peine à se trouver. Au contraire, il y a de l'eau dans le gaz dans cette relation entre deux personnes peut-être trop différentes pour partager leur vie. Eun Jae a l'impression d'être la seule à faire face à ses responsabilités financières pour permettre au couple de vivre, le caractère bon samaritain de Hyung Woo n'ayant plus à ses yeux le romantisme qu'il pouvait avoir au départ. D'incompréhensions en opposition directe de caractères, les deux jeunes gens s'éloignent, perdant le fil de communication qui existait entre eux et passant désormais plus de temps à se fâcher qu'à apprécier la compagnie de l'autre. Leur mariage peut-il survivre à ces soubresauts et retrouver une seconde vitalité ?

Le premier attrait de Can't Lose, c'est d'être un drama relationnel qui tranche dans le paysage classique de la romcom sud-coréenne. En effet, ce n'est pas une rencontre qu'il va nous relater, mais le devenir d'un couple déjà marié. Battant en brêche les happy end où le mariage est présenté comme l'apogée et le parachèvement du récit, Can't Lose nous entraîne par-delà ce mythe pour s'intéresser justement à une relation sur le long terme : que se passe-t-il lors de ce fameux "après" où les caméras s'aventurent peu ? Comment préserver les sentiments, maintenir une complicité au quotidien, alors même que cette fréquentation constante amène de plus en plus à souligner les différences, les défauts de l'autre, exacerbant les points de tension au sein du couple ?
Can't Lose ne reprend pas à son compte la promesse d'horizon doré imaginée par les grands romantiques. Au contraire, c'est un drama qui n'hésite pas à globalement aborder la vie maritale sous un angle plus sombre, refusant de passer sous silence les difficultés qui surgissent irrémédiablement, et dont nos deux héros sont loin d'être les seuls représentants - une scène dans le parc illustrant cela à merveille. Comment réapprend-on à communiquer, à s'apprécier en dépit de l'addition des petites frustrations que chaque jour apporte ? Le couple principal n'est pas en quête d'un changement de partenaire, c'est un nouvel équilibre qu'il leur faut : s'il est évident que Eun Jae et Hyung Woo ont toujours des sentiments réciproques très forts l'un pour l'autre, les dissonances sautent également aux yeux.

De par son sujet, Can't Lose adopte logiquement une tonalité moins insouciante et plus mature sur les jeux de l'amour. Bénéficiant d'un rythme de narration dynamique qui ne tombe pas dans l'excès de vouloir trop en faire, le développement des intrigues apporte son lot de petits rebondissements, avec notamment une introduction des belles-mères pour le moment fort bien gérée. C'est que, de manière assez paradoxale et fort bien trouvée, chacun semble plus proche dans son caractère de la mère de l'autre (même s'il est dans la plus pure tradition sud-coréenne que la mère du marié et sa belle-fille ne puissent s'entendre). Au fil des premiers épisodes, l'approche très concrète et authentique des relations permet au téléspectateur de se sentir de plus en plus impliqué par ce qui se joue sous yeux. Elles nous entraînent en effet dans des montagnes russes émotionnelles permanentes, l'apaisement de l'un équivalent au réveil de l'agacement de l'autre, comme s'il ne leur était plus possible de s'accorder autrement qu'en étant tous deux fâchés.
Dans ces scènes, les dialogues de la série, toujours très vifs, bénéficient aussi grandement du sens de la répartie aiguisée que cultivent des protagonistes dont c'est justement la profession. La manière dont est exploité la toile de fond juridique est plutôt astucieuse : non pas pour nous plonger dans un ersatz de legal drama auquel la série n'aspire nullement, mais parce que leurs différences de conception du métier symbolisent leur opposition, tout en empiétant sur leur manière de fonctionner et de gérer ces périodes de crise. Le titre "can't lose" reflète bien tout l'enjeu : transiger, trouver une voie de conciliation, oui, mais capituler et abandonner complètement ses griefs ou ses exigences, non. Il est assez symptomatique d'ailleurs que le moyen le plus irrésistible existant au sein de leur couple est celui de communiquer par mémoire interposé : une vague argutie juridique teintée d'une volonté de compromis s'avère plus payante qu'une conversation qui part rapidement hors de contrôle. C'est bien le signe que Eun Jae et Hyung Woo doivent réapprendre à se trouver pour repartir sur des fondations apaisées, et qu'ils ont ici des torts partagés manifestes.

Sur la forme, Can't Lose est un produit parfaitement calibré. La réalisation est classique, la caméra profite des décors esthétiques, accompagnée d'une photographie qui aime les couleurs claires... A tous ces éléments s'ajoutent également quelques effets spéciaux de style, brèves hallucinations ou fantasmes d'un personnage, qui, sans abus, tombent souvent justes pour capturer l'atmosphère de l'instant : quelle belle-fille n'a pas visualisé sa belle-mère en diablotin dans un k-drama ? Par ailleurs, la bande-son est agrémenté de plusieurs chansons agréables à l'écoute, dont une, particulièrement entraînante, sied parfaitement à l'ambiance sur-dynamique et versatile qui régit les relations au sein du couple principal.
Enfin, une partie du charme de Can't Lose tient assurément à son casting, ou plus précisément à son duo qui dispose d'une alchimie indéniable à l'écran. Choi Ji Woo (Winter Sonata) incarne avec beaucoup d'énergie une femme de caractère, aussi dispersée qu'ambitieuse. Face à elle, Yoon Sang Hyun (Secret Garden) joue de manière très posée cet avocat, certes plus ordonné mais qui souhaite se consacrer, non à faire fructifier un compte en banque pour lequel il n'a aucun intérêt, mais à mettre sa connaissance du droit au service des défavorisés. A leurs côtés, gravitent des amis ou des employés, sans que le drama perde de vue que son sujet reste le couple déjà formé. On y croise Kim Jung Tae, Jo Mi Ryung, Sung Dong Il, Park Won Sook, Kim Ja Ok ou encore Joo Jin Mo.

Bilan : Déclinaison particulière du drama relationnel, Can't Lose est une série qui séduit par son sujet post-mariage, nous plongeant dans les étincelles de la mécanique complexe et volatile qu'est une vie de couple où la lune de miel est déjà terminée et où beaucoup reste à apprendre sur la vie commune. En dépit d'une dimension sentimentale qui reste pour le moment à approfondir, l'écriture à la fois consistante et homogène retient l'attention du téléspectateur, curieux de voir jusqu'où peut conduire ce cycle d'incompréhensions s'auto-nourrissant de manière si frustrante. A surveiller.
NOTE : 7/10
La bande-annonce de la série :
Une chanson de l'OST :
07:53 Publié dans (Séries asiatiques) | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : k-drama, mbc, can't live with losing, can't lose, choi ji woo, yoon sang hyun, kim jung tae, jo mi ryung, sung dong il, park won sook, kim ja ok, joo jin mo |
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06/07/2011
(K-Drama / Pilote) Heartstrings (You've fallen for me) : une parenthèse étudiante et musicale dispensable

C'est l'été, il fait (théoriquement) beau. En ce premier mercredi asiatique du mois de juillet, intéressons-nous à un de ces dramas légers qui convient à la période estivale, avec une des dernières nouveautés du petit écran sud-coréen : Heartstrings (You've fallen for me). Autant le dire sans détour, derrière ces allures de Playful Kiss musical, ce drama ne semblait a priori pas vraiment m'être destinée. D'autant que le mois de de juillet s'annonce chargé et promet a priori beaucoup de Warrior Baek Dong Soo à The Princess' Man, en passant par Myung Wol the Spy.
En attendant, soyons malgré tout curieux. Hearstrings, c'était aussi l'occasion de retrouver au moins brièvement Park Shin Hye, pour qui j'ai beaucoup d'affection. Lancé le 29 juin 2011 sur MBC, ce drama devrait comporter 16 épisodes et s'achever le 18 août prochain, diffusé tous les mercredi et jeud soirs. Reste que les deux premiers épisodes auront plutôt confirmé mes réticences vis-à-vis de cette série : un drama très dispensable, mais dont l'alchimie prendra peut-être auprès d'un certain public si le couple principal sait s'affirmer.

Heartstrings se déroule sur un campus universitaire, nous plongeant dans les différents départements de musique. Lee Kyun Won est une jeune femme étudiant les instruments traditionnels coréens, perpétuant ainsi l'oeuvre de son grand-père qui l'a élevé et poussée sur cette voie musicale particulière. Dévouée, elle s'efforce de remplir les attentes que ce dernier place en elle. Un soir, ses amies l'entraînent malgré elle à un concert d'un groupe de musique autrement plus moderne, qui fait fureur sur le campus : "The Stupid". Le chanteur et guitariste du groupe, Lee Shin, jouit d'une jolie popularité auprès des étudiantes ; mais le jeune homme, au-delà de sa passion pour la musique, se montre particulièrement froid et arrogant avec tous ceux qu'il côtoie. La seule qui semble l'atteindre est une professeure de danse.
La performance du groupe ne laisse cependant pas indifférente Kyun Won, qui embauche The Stupid pour une soirée de récolte de fonds afin de payer les frais d'hospitalisation d'une enseignante du département des instruments traditionnels. Lee Shin ne pouvant s'y rendre à temps, la tension entre lui et Kyun Won ne cesse de monter et les conduit à se poser un challenge sur la popularité de leurs genres de musique respectifs : lequel est susceptible de remporter les suffrages des autres jeunes gens du campus ? Pendant ce temps, un directeur ayant travaillé à Broadway est sollicité pour monter un important spectacle qui représentera l'université..

Heartstrings est un de ces dramas frustrant contre lequel il est paradoxalement difficile de s'énerver au vu des ambitions minimales affichées. Sans prétention aucune d'originalité, il assume pleinement le fait d'investir une recette bien connue qui a l''avantage d'avoir fait ses preuves. Il faut d'ailleurs concéder que la dynamique du duo principal, logiquement aussi peu accordé que possible de prime abord, fonctionnent relativement bien, en dépit d'une prévisibilité constante, qui donne un peu l'impression de voir rejouer des scènes auxquelles on a déjà assisté 100 fois, mais avec autrement plus d'intensité et de justesse. La seule réelle valeur ajoutée de l'ensemble tient à l'intégration de l'univers musical, l'opposition entre musique traditionnelle et moderne servant de fil rouge aux confrontations des protagonistes. Si cela sonne parfois un peu artificiel, cela a le mérite de renforcer la légitimité estivale de ce drama qui, sans être une comédie, semble finalement plutôt léger.
Cependant l'aspect high school musical ne va parvnir à réellement donner le change et à masquer les maladresses de ces deux premiers épisodes. Trop brouillon, Heartstrings souffre du syndrome des intrigues secondaires parachutées où les faux-raccords sont nombreux. Souvent déconnectées et contribuant à prêter à confusion sur la tonalité réelle du drama et sur ses enjeux, elles plombent le rythme de l'ensemble, à a fois trop longues et inintéressantes pour s'intégrer dans l'histoire. Le manque de maîtrise dans la narration est assez criant à ce niveau : soit ces passages introduisent des parenthèses trop légères (le running-gag déjà si lourd avec le bassiste et la nourriture), soit ils survolent brièvement des thématiques au potentiel beaucoup plus pesant (l'anorexie par exemple). Cela part un peu dans tous les sens sans vraiment de liant. Pour autant ce manque d'homogénité du récit ne serait pas si dommageable si le drama n'échouait pas à éveiller l'intérêt du téléspectateur pour tout cet à côté complètement dispensable.
Les limites de Heartstrings se révèlent donc assez rédhibitoires. Pour dépasser ses défauts, ses deux seuls attraits résident dans un univers musical qui semble trop semblable à une pièce artificiellement rapportée pour pouvoir à lui seul séduire et un couple où le lead-in masculin fait trop pâle figure pour que la dynamique prenne complètement.

Poussif sur le fond, Heartstrings n'est guère mieux loti sur la forme. La réalisation est acceptable, mais donne plus l'impression de subir que de conduire et maîtriser les scènes portées à l'écran. Sans doute trop classique, voire trop scolaire, pour s'affirmer. En revanche, l'univers musical s'impose sans hésitation comme l'attrait majeur de ce drama : l'alternance proposée entre musique moderne et instruments traditionnels nous offre des sonorités très différentes. Les musiques ou chansons, accrochant plutôt bien l'oreille du téléspectateur, accompagnent ainsi agréablement ces deux épisodes.
Reste que Hearstring aurait certainement eu besoin d'un casting très solide pour espérer compenser en partie ces faiblesses. Ce n'est malheureusement pas le cas. Si l'ensemble manque de naturel, la seule à s'imposer est sans surprise Park Shin Hye (You're Beautiful), qui sait capitaliser sur un charme plein de vitalité où perce une forme d'innocence rendant son personnage instantanément attachant. Face à elle, j'avais quelques inquiétudes sur le fait de confier le lead-in masculin à Jung Yong Hwa (You're Beautiful). Le couple s'avère en effet très déséquilibré à l'écran. Si l'acteur sait parfaitement s'en sortir dans la partie musicale (il fait partie du groupe C.N. Blue), il manque singulièrement de présence et reste très limité en terme d'expression émotionnelle pour le reste des scènes. Mais il faut dire que, de manière générale, l'absence de direction se ressent sur tout le casting, où chacun peine un peu à trouver sa place : on croise notamment Song Chang Ui (Life is beautiful), So Yi Hyun (Assorted Gems), Woo Ri, Kang Min Hyuk (lui-aussi membre de C.N. Blue), Lee Hyun Jin (Assorted Gems) ou encore Im Se Mi (Pure Pumpkin Flower).

Bilan : Sans ambition particulière, l'intérêt de Heartstrings tiendra principalement dans le vaste champ musical mis en scène. Si ses débuts ne manquent pas de maladresses, à la fois trop prévisibles et trop dispersés, son couple principal s'installe cependant dans une dynamique pas déplaisante, même si elle reste inégale. Mais l'ensemble peine à trouver une réelle consistance, les intrigues secondaires ne réussissant jamais à intéresser un téléspectateur déjà naturellement porté à faire quelques avances-rapides avant même la fin du deuxième épisode.
Hearstrings a sans doute pour elle de bénéficier d'une diffusion estivale, où le téléspectateur accueille plus facilement ce type de divertissement. Mais même dans ce registre sans prétention, la série demeure très dispensable. Je pense qu'elle est à réserver aux amateurs du genre ou si vous n'avez vraiment rien de mieux à faire (ce que j'ai du mal à imaginer vu les programmes chargés de ces dernières semaines et à venir !).
NOTE : 4,5/10
Un teaser :
Une chanson de l'OST :
07:42 Publié dans (Séries asiatiques) | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : k-drama, heartstrings, you've fallen for me, mbc, jung yong hwa, park shin hye, song chang ui, so yi hyun, woo ri, kang min hyuk, lee hyun jin, im se mi |
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18/05/2011
(K-Drama / Pilote) The Greatest Love (Best Love) : une comédie pétillante dans le milieu du showbizz

En ce mercredi asiatique, c'est à l'actualité des diffusions que l'on revient après quelques semaines consacrées à des bilans, en repartant s'installer en Corée du Sud (pour quelques semaines sans doute). En effet, le programme de ce mois de mai était a priori très alléchant. D'autant plus que, pour ne rien vous cacher, j'ai vécue de façon très frustrée ce début d'année 2011 en Corée du Sud, avec très peu de nouveautés ayant réussi à passer le test du visionnage du pilote (même s'il me reste encore à découvrir Manny). J'avais donc placé tous mes espoirs dans les programmes de ce mois de mai.
S'il y aurait sans doute beaucoup à dire sur mes rapports compliqués avec les rom-coms, et le caractère déterminant de leur casting... Reste que je crois pouvoir officiellement vous annoncer qu'après ce week-end, je me suis réconciliée avec le petit écran sud-coréen ! J'ai en tout cas trouvé plusieurs séries qui ont réussi à retenir mon attention. Commençons aujourd'hui par la première dans le planning de diffusion, la dernière née des soeurs Hong : The Greatest Love (a.k.a. Best Love). Diffusé sur MBC les mercredi et jeudi soir, ce drama a débuté le 4 mai 2011.

C'est dans les coulisses de l'industrie de l'entertainment sud-coréen que nous plonge The Greatest Love, avec pour protagonistes principaux, deux célébrités à des tournants très différents de leur carrière. Il y a quelques années déjà, Goo Ae Jung a fait partie des premiers girl bands à une époque où ce phénomène était encore balbutiant. Son groupe d'alors s'est depuis séparé, et sa conversion dans une carrière solo s'est malheureusement opérée sans succès. Elle vivote désormais dans des shows de seconde zone, souvent plus humiliants qu'autre chose, tandis que sa réputation a été détruite par des rumeurs et quelques scandales dont la communication a été très mal gérée. Mais sa route de star déchue croise celle d'un acteur actuellement au sommet de sa popularité, Do Go Jin. Pourtant, si en apparence tout réussit à ce dernier, arrogant et sûr de lui, son anglais catastrophique lui ferme les portes de ses rêves hollywoodiens, l'empêchant d'atteindre la consécration internationale à laquelle son ego aspire.
Suivant un enchaînement de situations improbables à la narration rondement menée, Ae Jung se retrouve associée à Do Go Jin, notamment en obtenant publiquement son aide téléphonique lors d'un jeu télévisé. Elle va ainsi attirer l'attention des responsables d'une nouvelle émission, où travaille une ex-membre de son ancien groupe, Kang Se Ri. Cette dernière et Do Go Jin jouent à un faux-semblant médiatique amoureux depuis plus d'un an, en prétendant former un couple devant les caméras. Le départ annoncé de l'acteur pour les Etats-Unis devait être l'occasion d'officialiser leur "rupture"... Mais ses projets étant tombés à l'eau, leur situation reste ainsi dans cet artificiel statu quo.
Enfin, loin de ce monde du showbizz qui sait si bien instrumentaliser les apparences, Yoon Pil Joo, un médecin qui ne cache pas son aversion pour ce milieu, rencontre par hasard Ae Jung de la manière la plus explosive et pleine de qui pro quo qui soit. Mais quand un de ses amis s'essayent à le convaincre de participer à cette nouvelle émission de télé-réalité, une sorte de bachelor où des "célébrités" se trouvent en concurrence, et qu'il découvre que Ae Jung figure dans l'émission, sa résolution de refuser faiblit...

The Greatest Love, c'est tout d'abord une réjouissante comédie, portée par un enthousiasme général transparaissant dans la narration qui s'avère particulièrement communicatif. Dotée d'un rythme extrêmement enlevé, la série démarre instantanément sans le moindre temps d'exposition. Multipliant les twists, se réjouissant des confrontations orchestrées, elle investit, avec entrain et bonne humeur, un comique de situation confinant au burlesque, tout en jouant sur un registre plus loufoque vaguement déjanté sans pour autant trop en faire. S'il faut quelques minutes pour s'adapter à cette tonalité envolée, il est difficile de ne pas se laisser happer par ce parfum, caractéristique d'un You're Beautiful un peu plus adulte, qui flotte dans ce cocktail détonnant.
Le bémol de cette installation sur-dynamisée, outre le risque de placer la barre trop haut pour maintenir ce même rythme à moyen terme, c'est que The Greatest Love se laisse emporter par le tourbillon qu'elle crée, ne prenant pas le temps d'installer proprement ses situations, ni de travailler ses personnages pour lesquels elle se contente seulement d'esquisser les grands traits de personnalités forcément un peu caricaturales. C'est un parti pris narratif qui peut se justifier parce que l'alchimie - cette formule magique qui est la marque des soeurs Hong mais dont on ne sait trop comment l'équilibre précaire se crée à l'écran - fonctionne. Le téléspectateur prend ici le train en marche sans rechigner. C'est seulement une fois le ton posé que les personnages vont pouvoir se nuancer, gagner en épaisseur, et que l'intrigue saura se dévoiler. Et c'est alors que pourra transparaître un registre pour le moment absent, mais que l'on devine à venir : le versant émotionnel inhérent à tout k-drama.

En effet, les deux premiers épisodes de The Greatest Love laissent entrevoir un potentiel bien réel en présentant une galerie haute en couleur et très bigarrée des différents protagonistes de ce drama. A première vue, nul ne doute que le cahier des charges classique apparaît rempli et que nous sommes en terrain connu, du lead-in masculin plus qu'arrogant aux triangles amoureux possibles qui s'esquissent. Mais si les personnages restent à explorer, se dessinent déjà un équilibre et des nuances en chacun qui retiennent l'intérêt du téléspectateur. Prenez l'héroïne, Ae Jung : elle a gardé un optimisme naturel et une spontanéité attachante, mais elle a déjà traversé le meilleur comme le pire de ce que peut apporter la célébrité. C'est un personnage endurci par les épreuves. Au cours des deux premiers épisodes, les scénaristes parviennent à trouver le juste équilibre entre une forme d'innocence et un côté plus vétéran, qui confère à Ae Jung une épaisseur supplémentaire. Ce qui donne espoir pour la suite concernant l'ensemble des personnages.
Enfin, il faut aussi éclairer un autre atout indiscutable de ce drama, qui saura piquer la curiosité du téléspectateur : l'immersion pop-culturelle à laquelle il nous invite. Elle se révèle être de deux sortes. Tout d'abord, elle tient à son cadre, le show-bizz, et plus précisément les coulisses de tous ces jeux improbables et autres émissions de télé-réalité qui envahissent les programmes de la télévision sud-coréenne. Si j'avais déjà exploré les dessous de la fabrication des dramas (On Air) ou du phénomène Idols (You're Beautiful), voilà donc un nouvel univers proposé ! Certes, la télévision parlant de la télévision, sur MBC, on reste dans une autodérision bercée de caricatures attendues. Mais cela a son charme. Cela fonctionne d'autant plus que c'est The Greatest Love dans son ensemble qui bénéficie, dans son écriture et sa conception, de ces références pop-culturelles. Elles permettent au récit de prendre une distance rafraîchissante avec lui-même. Comment ne pas jubiler lorsque la musique de Mission Impossible retentit au cours d'une tentative de contournement de la sécurité, ou bien lorsque l'on assiste à l'apprentissage de l'anglais par Do Go en regardant... une intervention de Colbert à la télévision US !

Sur la forme, The Greatest Love se laisse peut-être un peu prendre de vitesse par sa narration débridée et son rythme infernal. Cela fait toujours des étincelles, mais il faudra sans doute stabiliser l'ensemble à mesure que le drama gagnera en homogénéité dans l'écriture. Signalons cependant qu'on retrouve les petits effets caractéristiques chers aux soeurs Hong, avec l'incrustration des messages internet à l'écran ou d'autres petits effets spéciaux façon cartoon qui se fondent parfaitement dans l'ambiance générale de la série. Par contre, l'OST, un brin trop calibrée, ne convainc pas complètement pour le moment. Si My Girlfriend is a Gumiho avait bien des faiblesses sur le fond, il avait en revanche vraiment placé la barre très haut dans ce registre musical. La forme de The Greatest Love reste donc perfectible, mais nous n'en sommes encore qu'au début.
Enfin une des incontestables forces de ce drama réside assurément dans son casting. J'ai évoqué plus haut combien les acteurs pouvaient être déterminants dans une comédie ; vous avez ici le parfait exemple. Aussi dynamique soit elle, The Greatest Love leur doit beaucoup dans leur capacité à accrocher le téléspectateur. C'est notamment le cas pour le couple principal dont l'association fait des étincelles. J'appréciais déjà Gong Hyo Jin depuis la gourmande Pasta l'an dernier, elle est ici fidèle à elle-même. Cependant je dois avouer que c'est encore une fois Cha Seung Won (City Hall, Athena) qui m'impressionne dans un registre pourtant très comique (plus que dans City Hall). Il impose une sacrée présence à l'écran, dans un rôle pas forcément des plus accessibles car encore peu nuancé dans ces deux premiers épisodes. Pour parachever ce quatuor, on retrouve également Yoo In Na (Secret Garden), en rivale qui n'est pas encore tombée dans la caricature et, j'ose espérer au vu de certaines scènes, qu'elle évitera peut-être cet obstacle, ainsi que Yoon Kye Sang (Road Number One) en médecin trop parfait, pendant opposé aux excès du personnage de Cha Seung Won.

Bilan : Signant des débuts convaincants, The Greatest Love s'impose comme un divertissement pétillant, ciselé d'un humour omniprésent, porté par une dynamique d'ensemble excessivement rythmée, le tout saupoudré de références de culture qui apporte un petit plus à ce drama qu'on pourra qualifier de déjanté juste comme il faut. Ayant retenu sans difficulté l'attention d'un téléspectateur qui se laisse griser par cette narration aussi dense que volatile, il reste maintenant à The Greatest Love à mûrir pleinement pour trouver son équilibre, en installant son intrigue et approfondissant ses personnages. Ce drama est parti sur de bons rails... Laissez-vous entraîner par ce tourbillon enlevé, à l'alchimie indéfinissable, qui offre une parenthèse détente assurée !
NOTE : 7/10
La bande-annonce de la série :
Une des chansons de l'OST :
06:19 Publié dans (Séries asiatiques) | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : k-drama, mbc, the greatest love, best love, gong hyo jin, che seung won, yoo in na, yoon kye sang |
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