10/04/2013

(K-Drama / Pilote) War of the Flowers - Cruel Palace : intrigues et jeux de pouvoir à la cour du roi In Jo

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Il manquait dans mes programmes, en ce début d'année asiatique, un de mes genres de prédilection : la fiction historique. Car rien de tel qu'un traditionnel sageuk dépaysant, relatant luttes de pouvoir et destinées tragiques, pour accompagner une semaine sériephile. Le problème de se lancer dans un tel drama tient souvent à l'investissement chronophage demandé ; il s'agit de le sélectionner avec soin, car on ne pourra pas multiplier les tentatives au long cours. Le sageuk dont je vais vous parler aujourd'hui ne déroge pas à cette réserve traditionnelle : en effet, 50 épisodes sont pour l'instant prévus.

War of the Flowers - Cruel Palace est un drama diffusé par la chaîne câblée jTBC depuis le 23 mars 2013, à raison de deux épisodes par semaine, les samedi et dimanche soirs. L'écriture a été confiée à Jung Ha Yun, scénariste d'expérience dans ce genre de fictions et à qui l'on doit un autre sageuk notable, mettant aussi en scène le destin d'une femme, diffusé sur cette même chaîne l'an dernier, Queen Insoo. Les débuts de War of the Flowers - Cruel Palace s'inscrivent dans une tradition narrative assumée, mais particulièrement efficace : en résumé, du classique devant lequel l'amateur de sageuk n'aura aucun mal à se prendre au jeu.

[La review qui suit a été rédigée après le visionnage des quatre premiers épisodes.]

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War of the Flowers - Cruel Palace se déroule durant la première moitié du XVIIe siècle, sous le règne du roi In Jo. Il s'ouvre lors de la seconde Invasion mandchoue, avec la défaite et la soumission de Joseon face à la dynastie Qing. Pour sauver ce qui peut encore l'être, In Jo est contraint de s'incliner devant Hong Taiji et d'accepter d'humiliantes conditions pour retrouver la paix. Des dizaines de milliers de ses sujets sont réduits en esclavage, tandis qu'il doit également envoyer chez leurs conquérants ses deux fils aînés, dont le prince couronné. Les temps sont ensuite très durs pour Joseon, et le roi a bien du mal à reprendre son règne. La tâche de l'humiliation subie est indélébile : c'est un roi fébrile qui se retrouve au centre de jeux de cour qui, du fait de son affaiblissement, s'intensifient.

Au coeur du palais royal, le drama va nous faire suivre l'ascension d'une jeune femme d'une rare beauté, Yam Jun (qui prendra ensuite le nom de Jo So Yong). Fille illégitime d'une concubine et d'un aristocrate, elle a toujours eu à subir des rappels constants sur son statut social peu enviable, au point de ne pouvoir envisager d'épouser celui qu'elle aime, dont la famille a un tout autre prestige. Elle va avoir l'opportunité d'être introduite dans l'entourage du roi. Son bienfaiteur, qui devient son père adoptif, voit en elle une marionnette grâce à laquelle il pourra atteindre ce monarque défiant. Yam Jun est alors projetée au coeur des intrigues létales qui se tiennent dans les coulisses du pouvoir, pour peut-être finir par s'affranchir elle-même de ses maîtres...

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War of the Flowers - Cruel Palace est un sageuk traditionnel, calibré comme tel et disposant des atouts propres à ce genre. Les luttes d'influences au sein de la cour et les destinées de chaque protagonistes se jouent le plus souvent dans des confrontations à huis clos ou autres conciliabules tenus dans l'ombre d'un bâtiment. Ce décor se prête parfaitement à une mise en scène théâtralisée où tout repose sur une écriture qui, solide, en allant à son rythme, va prendre peu à peu la mesure de l'ampleur des luttes d'influence internes à la cour. Si les dialogues ont cette invariable solennité formelle et rigide propre au genre, on reconnaît un sageuk intéressant justement à la manière dont se ressent parfaitement, derrière les échanges parfois ampoulés, le poids des enjeux et la force des ambitions. Dans cette optique, War of the Flowers - Cruel Palace dispose d'un sens du dramatique qui lui permet de conserver sa fluidité narrative, en dépit d'une lenteur calculée. De plus, le premier épisode - avec la soumission du roi In Jo - laisse entrevoir du potentiel dans un registre qui va au-delà des simples jeux de pouvoir en coulisses, en se tournant aussi vers l'affrontement ouvert et des confrontations à grande échelle.

La réussite de ces débuts tient aussi au fait que l'introduction dans l'univers du drama est rondement menée : au cours des quatre premiers épisodes, les camps en présence sont vite identifiables, ce qui permet de rentrer rapidement dans l'histoire. Les personnages de War of the Flowers - Cruel Palace ont tous leur part d'ambiguïté. Le roi In Jo, monarque suprême humilié, symbolise à lui seul cette dualité caractéristique : son statut reste le plus puissant, mais il est aussi terriblement affaibli politiquement par ses concessions. Or tout amoindrissement du pouvoir central réveille mécaniquement les ambitions des uns, la défiance et la déloyauté des autres. C'est pourquoi le cadre de la cour a matière à offrir ici des tensions d'une intensité palpable. Parmi les différents protagonistes, c'est plus particulièrement sur le destin de Yam Jun que le drama va se concentrer. L'introduction du personnage est réussie, permettant au téléspectateur de mesurer les blessures passées (ce statut de fille de concubine) et les sacrifices imposés : c'est dans ces jeunes années qu'elle va trouver la force de réussir l'ascension qui l'attend. La voir devenir à son tour quelqu'un capable de maîtriser l'art des intrigues et réussir au sein de cette cour royale si létale est une perspective très intéressante, et donne donc envie de s'investir.

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En plus d'une écriture plutôt convaincante, War of the Flowers - Cruel Palace bénéficie d'une forme soignée. La réalisation est maîtrisée, mettant en valeur les atouts des sageuk, ces fictions aux costumes chatoyants se déroulant principalement dans les couloirs d'un palais, mais dont chaque sortie en extérieur doit pouvoir dépayser et marquer. De plus, le drama peut également s'appuyer sur une riche bande-son avec des thèmes musicaux inspirés. On y retrouve dans certaines scènes une légèreté appréciable. Pour les passages où l'enjeu est plus important, le compositeur a semble-t-il apprécié le thème du générique de Game of Thrones : on y croise une ritournelle assez proche au violon qui sublime à merveille ces passages plus tendus. Visuellement, comme au niveau de son ambiance musicale, cette fiction correspond aux standards attendus d'un sageuk.

Enfin, War of the Flowers - Cruel Palace bénéficie d'un casting assez homogène dans l'ensemble. Le rôle de Yam Jun/Jo So Yong est confié à Kim Hyun Joo (Partner). A l'image de son personnage, il reste encore à l'actrice à pleinement s'affirmer et à prendre la mesure de la figure qu'elle interprète, mais ce qu'elle laisse entrevoir, notamment dans l'épisode 4, confirme qu'elle est sur la bonne voie. Le roi In Jo est incarné par Lee Duk Hwa (Comrades, Giant, History of the Salaryman). Ses deux fils envoyés en Chine le sont par Jung Sung Woon (An Angel's Choice) - Song Sun Mi (White Tower) jouant son épouse - et par Kim Joo Young (Vampire Prosecutor). Jung Sung Mo (Gye Baek) interprète quant à lui celui qui va propulser Yam Jun à la cour. On retrouve également Go Won Hee ou encore Jun Tae Soo.

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Bilan : Intrigues létales et jeux de cour sont au programme de War of the Flowers - Cruel Palace : le palais royal s'y présente en effet semblable à un vaste échiquier où chaque protagoniste va jouer, le plus habilement qu'il peut, avec ses armes, une partie qui peut certes le conduire au sommet, mais qui peut tout aussi bien signer sa perte (voire les deux). Au vu des premiers épisodes, ce drama apparaît comme un sageuk aux recettes classiques mais efficaces, avec une écriture qui maîtrise l'art de la mise en scène dramatique. Le personnage de Yam Jun a du potentiel, à condition que l'on sache la faire grandir et s'affirmer au sein de la cour. Je vais donc laisser sa chance à War of the Flowers - Cruel Palace. Avis aux amateurs du genre.


NOTE : 7/10


Une bande-annonce de la série (en VOSTA) :

30/01/2013

(K-drama / Pilote) A Wife's Credentials : un double portrait, de femme et de société, d'une authenticité rare

 

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Après un mois de janvier à teneur très japonaise, retour en Corée du Sud en ce mercredi asiatique ! La semaine dernière, je projetais de m'intéresser aux nouveautés. Malheureusement ce début d'année n'est pas particulièrement enthousiasmant dans le petit écran du Pays du Matin Calme. Plutôt que de perdre un billet et quelques heures précieuses à vous expliquer en quoi Level 7 Civil Servant est une déception à oublier, je me suis tournée vers les dramas sud-coréens de 2012 que je souhaitais rattraper. A Wife's Credentials figurait en bonne place sur cette liste (différentes reviews publiées en cours de visionnage, mais aussi celle d'Eclair il y a quelques semaines, s'étaient assurées de piquer ma curiosité). Et, incontestablement, les débuts de ce k-drama ont tout pour qu'il devienne mon premier coup de coeur de l'année.

A Wife's Credentials a été diffusé sur la chaîne câblée jTBC, du 29 février au 19 avril 2012, à raison de deux épisodes par semaine les mercredi et jeudi soirs. L'écriture a été confiée au scénariste Jung Sung Joo. La série compte 16 épisodes d'une durée d'une heure environ. On retrouve dans ce drama un naturel et une authenticité rares. Mais en plus de cette justesse, la richesse de A Wife's Credentials tient au fait que la série offre un double niveau de lecture des plus intéressants : tout en parlant de relationnel et d'humain, en dressant un beau portrait femme, elle s'arrête aussi sur la société sud-coréenne actuelle, en traitant notamment de l'enjeu représenté par l'éducation. Un drama qui interpelle donc à plus d'un titre.

[La review qui suit a été écrite après le visionnage des 4 premiers épisodes.]

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Seo Rae est une femme au foyer qui a passé ces dernières années à s'occuper de son fils Gyeol, de santé fragile, assurant son éducation. Son mari, reporter dans une chaîne de télévision, issu d'une famille aisée, avait jusque là soutenu ses efforts. Mais Gyeol va mieux et semble ne plus avoir d'excuse pour ne pas rejoindre les exigences modernes du système éducatif sud-coréen. La pression est d'autant plus forte sur le couple que la belle-famille de Seo Rae les encourage vivement à prendre les choses en main pour le futur de Gyeol. En dépit des réticences de Seo Rae, ils déménagent finalement dans un nouveau quartier, Daechi-dong, où toutes les conditions sont réunies pour lui proposer la meilleure éducation possible - et la plus intensive.

Seo Rae découvre un nouvel environnement auquelle elle doit rapidement s'adapter : la quête de réussite scolaire menée par les parents pour leur progéniture a conduit à une course à l'enseignement privé qui bat son plein à Daechi. La concurrence et la compétition y sont exacerbées. Si Seo Rae avait pu jusqu'à présent préserver Gyeol de toute cette pression, la voilà désormais contrainte d'essayer de lui faire intégrer un des plus recherchés hagwons, qui est censé ouvrir la voie vers des études et un avenir brillants. La mère de famille fait de son mieux, mais peine à assimiler tous ces codes. Un mal de dent de Gyeol la conduit dans un cabinet dentaire, où elle rencontre un dentiste dont la simplicité et la gentillesse détonne dans ce quartier qui lui semble si hostile. Lui apportant un réconfort inattendu, il éveille chez elle des sentiments qu'elle croyait ne plus jamais être améne à ressentir.

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Le premier aspect très intéressant de A Wife's Credentials est la manière dont ses débuts nous introduisent dans la société sud-coréenne d'aujourd'hui, dépeignant un système éducatif qui s'est emballé, repoussant désormais les limites de tous ses acteurs. Dans le domaine de l'enseignement, se sont en effet engagées une course effrénée à l'excellence et une compétition exacerbée auxquelles doivent sacrifier parents et progénitures pour assurer un futur qui passe nécessairement par l'admission dans une université prestigieuse, laquelle vient consacrer des études secondaires aussi brillantes qu'acharnées. Cette course à l'éducation implique des sacrifices importants, mais a aussi un prix. Suivant le lieu habité et l'établissement fréquenté, les élèves ne sont pas égaux. D'autant que la compétition a été portée à un autre niveau avec la généralisation du recours à des instituts d'éducation privés, que l'on appelle les hagwons ("Après l'école, c'est encore l'école" expliquait par exemple ce reportage datant d'il y a 3 ans dans Télérama). Les premiers épisodes de A Wife's Credentials dressent un portrait sans complaisance de la manière dont ce système s'organise et à quel point il est socialement assimilé et perpétué.

Pour mettre toutes les chances du côté de leur fils, Seo-Rae et son mari se rallient, avec un peu de retard, à cette compétition qui démarre désormais dès le plus jeune âge. Le pilote est ici hautement symbolique, puisque la première conséquence de leur décision est la nécessité de déménager. Habitant Séoul, ils franchissent le fleuve Han pour s'installer dans le quartier de Daechi-dong, qui dépend de Gangnam-gu (un nom qui, à moins que vous n'ayez séjourné sur Mars au cours de ces six derniers mois, ne peut vous être inconnu, du fait d'une chanson qui, malgré vous, trotte forcément dans un coin de votre tête). Gangnam est l'arrondissement le plus huppé de la capitale sud-coréenne. En son sein, Daechi-dong est le quartier par excellence où se matérialise cette course à l'éducation, avec la plus forte concentration de hagwons. Pour réussir l'examen d'entrée à une prestigieuse école internationale, le premier objectif que se fixe la famille est de faire en sorte que Gyeol intègre un de ces instituts les plus reconnus. Au cours des diverses péripéties qui vont aboutir à cette admission, A Wife's Credentials prend le temps d'éclairer l'implication des parents - notamment des mères (les "gangnam mothers") - dans l'éducation de leur progéniture, soulignant la pression sociale omniprésente qui s'est installée.

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Dans cet environnement ultra-concurrentiel, où règne un jeu perpétuel des apparences derrière lesquelles, souvent, une situation plus difficile se dissimule, il est logique que Seo Rae étouffe vite. Détonnant dans un quartier aux moeurs bien codifiées, elle doit aussi supporter les remarques blessantes de sa belle-famille et les reproches d'un mari qui s'est désormais totalement désolidarisé des choix qu'ils avaient pu faire pour Gyeol lorsque ce dernier était malade. A Wife's Credentials insiste sur la solitude de cette mère de famile, dont la volonté et la dévotion à son fils forcent l'admiration. S'esquisse avec substilité et pudeur un portrait de femme, touchant et attachant, très humain, auprès de laquelle le téléspectateur s'investit. Le tournant relationnel déterminant que prend le drama suite à sa rencontre avec le dentiste, Tae Oh, achève de compléter et de nuancer le personnage. Ne se réduisant pas à son rôle de mère ou d'épouse, elle s'humanise grâce à l'éveil d'émotions et de sentiments enfouis. La relation qui s'esquisse alors, oscillant entre les soudaines impulsions venant du coeur et les tiraillements de la raison, sonne très juste.

Il faut ici saluer un des grands atouts de ce drama, sur lequel toute la narration peut s'appuyer : son écriture résonne toujours avec une authenticité rare. A Wife's Credentials demeure une fiction ; et elle va user de codes narratifs classiques pour dramatiser et romancer le quotidien de Seo Rae, dans ses heurts avec les mères bien établies de Daechi comme dans son rapprochement avec Tae Oh. Mais les évènements relatés et les coïncidences sur lesquelles la série joue ne lui font jamais perdre l'aura de naturel qui caractérise l'ensemble. Plus encore, le drama a la faculté rare de mettre en scène des instants ordinaires, presque anecdotiques, en étant capable d'en faire ressortir une symbolique ou des émotions fortes. En parfait contraste avec les vexations régulières subies par Seo Rae, les passages où surgit soudain une chaleur humaine inattendue semblent chargés d'une pointe d'émerveillement, qui touche tout particulièrement le téléspectateur. La scène où Tae Oh, encore un inconnu, ramène le vélo volé de Seo Rae, est sans doute la première des scènes de ce genre qui marque durablement. Autre exemple de la palette émotionnelle à disposition du scénariste, le passage où Seo Rae rend visite à sa mère, malade qui ne le reconnaît plus, offre quelques instants profondément touchants qui serrent vraiment le coeur. En résumé, le drama trouve un équilibre à saluer : il romance certes une histoire simple, mais sans jamais paraître artificiel, n'y sacrifier la justesse des réactions et des sentiments dépeints.

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Convaincant sur le fond, A Wife's Credentials est également un drama particulièrement abouti sur la forme. Sa réalisation réussit à merveille à capturer les subtilités de certains instants, ayant compris qu'un simple geste ou un plan un peu éloigné peut être tellement plus parlant que mille mots. La caméra adopte une approche posée, subtile et assurée, qui confère une dimension supplémentaire au récit, avec une photographie également travaillée. Par ailleurs, le drama exploite aussi de manière intéressante un arrière-plan musical très riche : au sein de ce dernier, on trouve principalement des chansons occidentales, qu'il s'agisse de reprises ou d'originales, qui viennent accompagner ou impulser une tonalité vraiment intéressante à l'ensemble. Si certaines musiques accompagnent parfaitement des passages marquants, d'autres jouent à merveille sur un certain décalage. C'est ainsi que vous pourrez vous balader sur le fleuve Han au son d'une cover de "Aux Champs-Elysées", ou encore voir votre coeur s'envoler sur Yesterday Yes A Day de Jane Birkin... Pour un aperçu des chansons présentes, je vous conseille notamment cet article qui en réunit un certain nombre.

Enfin, A Wife's Credentials bénéficie d'un casting solide et homogène qui prend bien la mesure de la tonalité particulière de ce drama, et de son parti d'authenticité. Seo Rae est interprétée, avec justesse et une chaleur humaine qui sait susciter de l'empathie, par Kim Hee Ae (Snow Flower, Midas). Face à elle, Lee Sung Jae (The Lawyers of The Great Republic Korea, Rascal Sons) incarne Tae Oh, ce dentiste investi et sincèrement préoccupé par ceux qui l'entourent, qui ne reste pas non plus indifférent à Seo Rae. Lee Tae Ran (Comrades) joue la directrice du hagwon qui va prendre sous son aile Seo Rae et Gyeol - ce que Seo Rae ne découvre qu'ensuite est qu'elle est aussi la femme de Tae Oh . Et Jang Hyun Sung (Jejoongwon, Vampire prosecutor) est le mari de Seo Rae, devenu le stéréotype du sud-coréen ayant professionnellement réussi et ayant assimilé tous les codes concurrentiels de cette société aisée, entendant voir son fils perpétuer ce succès. On retrouve également Park Hyuk Kwon, Im Je Noh, Lee Jung Gil, Nam Yoon Jung, Choi Eun Kyung, Lee Han Na, Im Sung Min ou encore Nam Neung Mi.

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Bilan : Dotée d'une écriture privilégiant la justesse et l'authenticité, A Wife's Credentials est un drama sobre empreint d'un naturel rafraîchissant, sachant se montrer tour à tour sensible, poignant ou léger. S'il suit une trame très simple, il se démarque cependant par la richesse de son propos et des thèmes abordés. Tout en esquissant avec subtilité un portrait de mère de famille et de femme attachant et nuancé, la série n'en dresse pas moins en arrière-plan le tableau sans complaisance d'une société sud-coréenne engagée dans une course à l'éducation effrenée, source d'une concurrence et d'une pression sociale exacerbées. Ce récit dense bénéficie en plus d'une mise en scène à l'esthétique soignée dont une bande-son riche et diversifiée vient parfaire la tonalité.

A Wife's Credentials signe donc des débuts extrêmement prometteurs. A suivre avec attention.


NOTE : 8/10


Une bande-annonce du drama (avec une chanson de l'OST) :


Une autre bande-annonce du drama (avec une chanson de l'OST) :

21/11/2012

(K-Drama / Pilote) Can we get married ? : un drama relationnel humain, dynamique et rafraîchissant

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Il est des séries qui ne payent pas de mine a priori, dont la lecture de leur synopsis n'éveille pas d'intérêt particulier face à une histoire qui sonne déjà trop familière au téléspectateur. Prenez Can we get married ? : avec ce titre anglophone que les dramas coréens auront bientôt décliné sous toutes ses coutures (de The Man who can't get married à The Woman who still wants to marry), c'était une série qui s'annonçait dans la lignée la plus traditionnelle des fictions relationnelles, entre romance et famille. Je l'aurais sans doute écartée sans même la tester, si je n'avais pas lu plusieurs échos positifs ça et qui ont éveillé ma curiosité jusqu'alors insensible à ce drama. Au final, heureusement que ces avis étaient là.

Précisons tout de suite que les apparences ne sont pas toujours trompeuses : il est certain que Can we get married ? ne révolutionnera pas la fiction sud-coréenne sur ces sempiternels thèmes liés à l'amour. Cependant ce drama propose des débuts aussi dynamiques que rafraîchissants, avec une sobriété et une relative justesse bienvenue dans la mise en scène des sentiments. En résumé, dans le respect des traditions du petit écran du pays du Matin calme, ce fut une jolie surprise. Diffusée sur la chaîne câblée jTBC, les lundi et mardi, cette série a débuté le 29 octobre 2012. Il était donc grand temps que j'y consacre un mercredi asiatique !

[La review qui suit a été rédigée après avoir visionné les deux premiers épisodes.]

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Can we get married ? suit les destins croisés de plusieurs couples gravitant autour des deux protagonistes principaux, Jung Hoon et Hye Yoon, qui, après trois années passées à se fréquenter, décident de sauter le pas : le drama s'ouvre sur une demande en mariage de Jung Hoon qui, si elle ne se déroule pas totalement telle que planifiée (de l'éternel danger de glisser une bague dans un aliment...), rencontre la réponse affirmative et enthousiaste de Hye Yoon. Certes, la jeune femme, au caractère bien trempé, ne manque jamais d'énoncer à voix haute ses opinions, y compris sur son petit ami, mais elle n'en est pas moins très amoureuse. Il reste désormais au couple à faire le plus difficile : organiser le mariage en lui-même, et surtout rencontrer et se faire apprécier de leurs futures belle-familles respectives.

Or Deul Ja, la mère de Hye Yoon, forte tête également, a ses propres ambitions sur le mariage idéal que doivent contracter ses filles. Matérialiste et pratique, elle entend les préserver du besoin : plus qu'un mari attentionné ou gentil, l'argent est son critère déterminant. Qu'importe que sa fille aînée, mariée à un chirurgien, vive aujourd'hui une union guère épanouissante... tant que le confort apparent est là. Or Jung Hoon, son futur gendre, n'est qu'un simple employé, sans ambition démesurée, qui veut seulement vivre une vie ordinaire. Les craintes de Deul Ja se modèrent un temps lorsqu'elle apprend la condition sociale de ses parents, mais son interventionnisme ne connaît pas de frein dans la vie de sa fille. Au risque de mettre en danger le mariage même ?

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Si Can we get married ? ne se démarque pas par l'originalité des situations relatées, il faut avant tout reconnaître au drama une énergie et une recherche d'authenticité qui fait souvent mouche. A la fois classique dans ses problématiques et rafraîchissant dans le traitement qui en est proposé, il ambitionne de décliner le thème du mariage à travers différentes approches englobant toutes les conceptions, de la plus bassement matérielle à la plus fleur bleue romantique. Le repère du récit est le couple central : celui-ci renvoie évidemment à l'archétype des jeunes fiancés amoureux, qui ont les certitudes de leurs sentiments, mais encore parfois d'ultimes hésitations face à l'engagement. Reste qu'ils suivent pour le moment parfaitement cette feuille de route modèle dessinée par la société sud-coréenne.

Pour enrichir et nuancer cette problématique sentimentale, le drama introduit opportunément tout un entourage - principalement féminin autour de Hye Yoon - dont les situations sont très diverses, et surtout loin des archétypes idéalisés. Ainsi la meilleure amie de Hye Yoon est-elle enfermée depuis 5 ans dans une relation avec un playboy allergique à tout engagement : elle s'impatiente, désespère, mais doit bien se rendre compte que l'amour a ses raisons que la raison ignore. Ils peuvent bien rompre, ses sentiments n'en disparaissent pas pour autant. La soeur de Hye Yoon, mère de famille, s'est, elle, bien mariée, mais son couple ne fonctionne plus. La tension y est palpable, et apprendre l'infidélité du mari n'est pas une surprise. Quant à la tante de Hye Yoon, confidente et alliée, elle est une éternelle célibataire qui semble avoir tiré un trait sur le mariage...

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A partir de ce kaléidoscope de portraits autour de la thématique du couple, Can we get married ? séduit parce qu'il est un vrai drama relationnel au sens traditionnel, mais aussi noble du terme. C'est-à-dire qu'il trouve le juste équilibre des tonalités : il propose un récit certes romancé, émaillé de crises de nerfs et de rebondissements propres à la fiction, mais il ne tombe jamais dans des excès soap-esques vite indigestes. Ses personnages sont entiers et hauts en couleur dans le bon sens du terme. Le rôle tenu par la mère est particulièrement révélateur de ce savant dosage : elle s'oppose dans un premier temps au mariage, puis se mêle ensuite des comptes familiaux de son futur gendre... Mais si son interventionnisme embarrasse plus d'une fois sa fille, elle ne verse pas pour autant dans la caricature des belles-mères odieuses et manipulatrices complotant pour de l'argent. Elle reste crédible dans un rôle têtu, agaçant pour Hye Yoon, mais logique vis-à-vis sa propre expérience (et déception) des hommes.

Plus généralement, la fluidité avec laquelle le drama sait si bien entremêler ces cocktails amoureux tient à la qualité de son écriture, et notamment de ses dialogues. En effet, le scénariste manie l'art des joutes oratoires avec une plume acérée, qui occasionne des échanges très rapides (l'oeil du téléspectateur doit se faire vif pour lire les sous-titres !), reposant sur un vigoureux sens de la répartie assez savoureux. Dans toutes ses explosions d'émotions, de colères sitôt venues, sitôt oubliées, ou encore de soudaine expression des sentiments, le drama conserve toujours une authenticité bien réelle, et une vraie cohérence dans sa gestion des relations. Au-delà de la dramatisation nécessaire pour mettre un peu de piment dans ces histoires, un pendant relativement sobre perdure et permet de ne pas oublier que l'essentiel reste de dresser des portraits humains, qui parlent au téléspectateur : un objectif atteint !

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Sur la forme, Can we get married ? est l'antithèse des reproches que je formulais à The King of Dramas la semaine dernière. Alors que ce dernier était saturé d'effets qui finissaient par ne plus atteindre aucun but, noyés dans une bande-son que ses excès rendaient inaudible, Can we get married ? est un drama beaucoup plus posé. Si la réalisation est classique, la photographie est relativement sobre, ce qui sied bien à une fiction essayant de retranscrire avec une certaine authenticité tous ces malentendus amoureux. Cependant, c'est surtout l'utilisation faite avec justesse de la musique qui marque : sachant impulser un dynamisme opportun lors de certaines scènes, avec des instrumentaux plus ou moins rythmés, la bande-son sait aussi s'effacer quand il le faut, c'est-à-dire durant les échanges les plus importants. Il est frappant de constater combien les confrontations reposent intégralement sur les dialogues, sans musique pour tenter artificiellement de souligner le moment. La série n'a pas besoin de ces artifices, et c'est sans doute un des meilleurs compliments que l'on puisse adresser à son écriture.

Côté casting, Can we get married ? rassemble des acteurs dans l'ensemble corrects qui, sans se démarquer vraiment, ni imposer une présence notable à l'écran, savent efficacement rentrer dans leur rôle respectif. C'est particulièrement flagrant pour les deux acteurs principaux que sont Sung Joon (précisons que cet acteur bénéficie de l'affection particulière que j'éprouverais toujours pour le casting de White Christmas) et Jung So Min (Playful Kiss) : ils créent très vite une intéressante alchimie entre eux qui passe très bien à l'écran. Bien servis par des dialogues solides, ils incarnent des personnages qui leur correspondent. A leurs côtés, on retrouve notamment Kim Sung Min, Jung Ae Yun, Lee mi Sook, Sun Woo Eun Sook, Kang suk Wo, Kim Young Kwang, Hang Groo, Kim Jin Soo ou encore Choi Hwa Jung.

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Bilan : S'inscrivant dans la plus pure tradition des dramas relationnels sud-coréens, Can we get married ? se réapproprie et assume avec une maîtrise et une assurance appréciables les ressorts classiques du genre qu'il investit. Il sait se montrer rafraîchissant et efficace dans son approche, mêlant sens de la dramatisation nécessaire à la fiction et une certaine authenticité qui préserve l'humanité des portraits dépeints. Cohérent dans sa gestion des relations, il se démarque tout particulièrement par la mise en scène de ses confrontations, explosions savoureuses bien servies par de solides dialogues, qui apportent une intensité bienvenue à l'ensemble. Le potentiel est donc là, reste à Can we get married ? à bien grandir et à confirmer ces débuts.


NOTE : 7,25/10


La bande-annonce de la série :

25/01/2012

(K-Drama / Pilote) Fermentation Family : le quotidien dégustatif et humain d'un restaurant

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Retour en Corée du Sud en ce mercredi asiatique pour évoquer mes impressions sur les premiers épisodes d'une série du câble, actuellement en cours de diffusion : Fermentation Family. Plusieurs éléments avaient aiguisé ma curiosité à l'égard de ce drama : le fait qu'il soit écrit par Kim Ji Woo, à qui l'on doit justement Resurrection ou encore The Devil ; la tonalité des affiches promos qui m'intriguait ; et puis aussi, n'étant pas d'humeur à me lancer dans une comédie romantique, Fermentation Family me semblait donc proposer une alternative à tester.

Cette série est diffusée sur la chaîne jTBC depuis le 7 décembre 2011, les mercredi et jeudi soirs, et se clôturera le mois prochain. Du fait de sa présence sur le câble, son exposition reste très limitée (les audiences oscillent actuellement autour de la barre fatidique des 1% de parts de marché), si bien que je n'avais pas eu l'occasion de lire des échos sur le drama avant de me lancer. J'en ressors finalement, après trois épisodes, avec une impression globalement mitigée, même si j'y ai trouvé une chaleur humaine et dégustative qui ne m'a pas laissé indifférente.

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Fermentation Family s'intéresse au quotidien d'un restaurant coréen traditionnel et familial, Chunjin, particulièrement connu pour ses plats au kimchi. L'établissement, qui a toujours privilégié sa taille modeste et une ambiance chaleureuse pour des clients parmi lesquels on croise nombre de fidèles habitués, connaît dernièrement des difficultés financières. Tandis que le propriétaire actuel, Lee Ki Chan, refuse obstinément les offres de rachat d'une société qui se fait de plus en plus pressante, sa fille, Kang San, peu impliquée dans le devenir de cette entreprise de famille, se rêve chef d'un grand restaurant et ne revient que très rarement dans ce lieu chargé de souvenirs. Elle travaille pour un établissement en ville. C'est là-bas qu'elle croise pour la première fois Ko Ho Tae, ce dernier critiquant à voix haute un plat qu'elle a préparé.

Pourtant Ho Tae n'a rien d'un expert culinaire : c'est un homme de main de la mafia locale, même s'il a toujours gardé une certaine indépendance. C'est cet état d'esprit qui l'amène à entrer en conflit avec le nouveau chef de leur groupe, lequel se lance dans une pratique de prêts à taux usuraires que Ho Tae n'approuve pas. Le défiant ouvertement, il finit roué de coups par ses collègues... Les choses auraient pu être plus graves si Kang San n'était pas intervenue. Pressée par sa soeur de venir voir leur père pour son anniversaire, elle ramène finalement Ho Tae dans la vaste demeure familiale. Or ces lieux éveillent des souvenirs enfouis chez le gangster. Orphelin abandonné lorsqu'il avait 4 ans, le restaurant et son cadre lui sont étonnamment familiers. Y-est-il déjà venu auparavant ? Ayant besoin de faire profil bas, Ho Tae décide de travailler au restaurant en espérant éclaircir les zones d'ombre de son passé qui l'y rattachent.

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Disposant d'histoires relativement classiques et simples, Fermentation Family est avant tout une série d'ambiance : elle retient l'attention par la chaleur humaine diffuse qui en émane. Les premières scènes peuvent un instant entretenir le doute sur la tonalité réelle du drama, mais très vite, ce dernier abandonne toute explositivité artificielle pour s'épanouir dans un registre plus intimiste. Il cherche non pas tant à captiver qu'à toucher émotionnellement le téléspectateur. Le rythme de narration y est volontairement lent ; le drama verse même occasionnellement dans un contemplatif assumé par le biais de plans en extérieur ou de scènes consacrées à la préparation de la nourriture. De manière générale, le récit se réapproprie des valeurs traditionnelles en plaçant en son centre une thématique familiale, entendu au sens le plus large du terme. En effet, ce restaurant supposément célèbre apparaît très vite comme un lieu où le lien social se noue entre une poignée d'habitués et les propriétaires, mais aussi comme un asile offert à ces égarés vulnérables qui échouent devant sa porte, enfants comme adultes.

Il y a donc quelque chose de foncièrement attachant dans l'authenticité, fragile et volatile, de Fermentation Family. C'est à la fois ce qui fait la force et l'identité de ce drama, mais aussi sa limite. En effet si on s'imprègne peu à peu de son atmosphère, on ne bascule jamais dans un visionnage addictif où les épisodes s'enchaîneraient tout seul. En limitant les enjeux à un seul fil rouge (la recherche des origines du héros), auxquels se greffent le quotidien du restaurant et quelques tranches de vie, la série prend le risque d'une histoire minimaliste. Fermentation Family semble  tout miser sur l'empathie et le lien qu'elle s'estime capable de nouer avec le téléspectateur, au détriment peut-être d'une intrigue plus ambitieuse. Elle y réussit très bien à l'occasion : certaines scènes sont un régal de justesse, avec des échanges qui sonnent à la fois très justes et très touchants. Cependant l'écriture reste inégale, et les maladresses ne manquent pas. Assez paradoxalement d'ailleurs, ces dernières peuvent parfois devenir des atouts : ce côté un peu artisanal, accentué par le cadre du restaurant loin de la ville, met à nu une humanité précieuse. L'équilibre est donc précaire, mais en son coeur, il y a bel et bien une étincelle qui oscille : l'âme de la série.

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Sur la forme, Fermentation Family est un drama à l'esthétique soignée qui bénéficie d'une photographie à dominante très claire. Au-delà de quelques plans d'inspiration quasi-cinématographique, la caméra parvient à très bien mettre en valeur le décor du restaurant installé dans une vaste demeure coréenne traditionnelle. Elle réussit d'ailleurs toutes les scènes en extérieur. Elle n'a pas son pareil non plus pour vous faire saliver en filmant la nourriture. En revanche, lorsque la série s'essaye à un registre plus orienté action, comme durant la scène d'ouverture, elle perd immédiatement en crédibilité et se révèle assez peu convaincante. En résumé, Fermentation Family ne maîtrise pas tous les genres auxquels elle s'essaie, mais elle s'épanouit efficacement dans le principal, ce qui est sans doute l'essentiel. Du côté de la bande-son, c'est l'utilisation d'instrumentaux assez légers qui m'a le plus charmé. Ils contribuent à l'ambiance intimiste de la série.

Côté casting, Fermentation Family rassemble des acteurs qui me sont a priori sympathiques ; je suis donc prête à leur pardonner une tendance généralisée à un certain sur-jeu parfois pas toujours approprié dans un drama qui distille avec parcimonie des éléments comiques tout en restant globalement dans un registre dramatique. On retrouve tout d'abord, parmi les acteurs principaux, Song Il Gook (Jumong, Lobbyist, Crime Squad) qui navigue à vue entre les genres, gangster/apprenti-cuisinier/orphelin. Si ses scènes les plus réussies sont les passages les plus posés, où il sait rester sobre, il y a aussi une vraie alchimie qui s'installe avec Park Jin Hee (The Woman who still wants to marry, Giant). Leur duo fonctionne d'autant mieux que l'actrice s'approprie bien son rôle de femme forte et offre ainsi un parfait pendant. A leurs côtés, on croise également Kim Young Hoon, Kang Shin Il ou encore Choi Jae Sung.

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Bilan : Dotée d'un rythme lent et d'histoires relativement classiques, Fermentation Family aurait pu n'être qu'une énième exploration de thématiques liées à la famille, épicée par son cadre culinaire. Cependant il se dégage un charme diffus, presque désuet, que les maladresses narratives ne sauraient occulter. Il y a quelque chose de profondément touchant et humain dans ce récit qui ne laisse pas insensible. Sans être incontournable ou marquante, il s'agit d'une de ces fictions attachantes, pas clinquantes pour un sou, qui finit par faire de sa simplicité un peu artisanale un de ses atouts. Il faudra sans doute que le scénario se densifie et gagne en ambition pour que Fermentation Family puisse vraiment prétendre s'inscrire dans la durée, mais voilà une expérience dégustative et contemplative assez plaisante.


NOTE : 6/10


La bande-annonce de la série :


La chanson de l'OST (J-Cera - 이깟 사랑) :