Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13/01/2010

(Mini-série UK) The Day of the Triffids : nouvelle adaptation d'un classique de la fiction post apocalyptique




"How did it happen ?
How did the world get swallowed up so quickly ?
It was because we had our eyes closed.
Even when we could see."


dayofthetriffids.jpg

Pour terminer l'année 2009 sur une touche optimiste, quelques jours avant la reprise de la nouvelle saison de Survivors, BBC1 proposait une mini-série à l'univers post-apocalyptique, genre qu'elle semble affectionner ces derniers temps : The Day of the Triffids. A l'origine, il s'agit d'un classique de la science-fiction catastrophe, roman publié en 1951, par John Wyndham. En 1962, cette histoire devint un film au cinéma. Puis, elle fut pour la première fois adaptée à la télévision britannique en 1981, dans une mini-série de six épisodes, déjà diffusée sur cette chaîne. Fin décembre, la BBC, poursuivant donc sa politique de remise au goût du jour des fictions catastrophes présentes sur son antenne dans les années 70/80, en a proposé une nouvelle adaptation, sur un format plus court, en deux parties d'1h30 chacune.

triffids1.jpg

Le narrateur de cette mini-série est un biologiste, Bill Masen. Il a passé toute sa vie à travailler et à étudier les Triffids, obsession familiale qui lui a été transmise par ses parents, sa mère ayant été tuée sous ses yeux par ces gigantesques plantes carnivores qui peuvent se déplacer. Seulement, en dépit du danger qu'elles pourraient en théorie représenter, les Triffids ont quelque chose de précieux à apporter à l'humanité : l'industrie peut y puiser une source d'énergie, apporter une solution au problème de l'effet de serre et au risque d'arriver à court de pétrole. Chaque pays à travers le globe a donc aménager ses fermes où sont élevées, contenues et exploitées, les Triffids. Les prophètes de mauvaises augures dont les voix s'élèvent pour souligner leur danger ne sont pas écoutés. Bill Masen en fait partie. Il travaille pour une entreprise exploitant ces plantes afin d'essayer de comprendre ce qu'elles sont et de percer le mystère des sons qu'elles émettent : ne trouve-t-on pas en elles quelque chose qui pourrait s'apparenter à de l'intelligence ?

triffids5.jpg

Le danger hypothétique présenté par les Triffids demeure tout théorique, confinées qu'elles sont dans des fermes de haute sécurité. Mais un évènement naturel sans précédent, a priori anodin, va bouleverser la donne. En effet, une explosion solaire provoque un magnifique spectacle dans le ciel terrestre, sorte de condensé plus intense des aurores boréales. Seulement, au milieu de ces belles lumières chatoyantes, un rayonnement beaucoup plus intense que celui que les humains ont l'habitude de voir, éblouit, et surtout aveugle définitivement, tous ceux qui n'avaient pas les yeux couverts à ce moment-là. Bill Masen, à l'hôpital après avoir été attaqué par un Triffids, échappe à ce sort, tout comme quelques milliers de personnes suffisamment chanceuses pour avoir été occupées à autre chose qu'à regarder le ciel à ce moment fatal.

The Day of the Triffids contient tous les ingrédients attendus d'un classique récit catastrophique, nous plongeant prioritairement dans un univers chaotique post-apocalyptique. En effet, suite à la tempête solaire, la grande majorité des humains est devenue aveugle. Ils errent dans des rues dévastées, ne pouvant s'occuper seuls d'eux-mêmes, sans l'aide des quelques personnes voyantes restantes. Le pays, la Terre entière, a été fauché par cette intense luminosité, laissant les habitants comme paralysés, là où ils se trouvaient au moment fatidique. Les institutions et les services les plus basiques ne peuvent plus fonctionner sans personnel. Tout s'arrête brusquement. Et on assiste à l'écroulement d'un pays en quelques heures. Il ne s'en relèvera pas. Car pour ajouter à la tragédie, les fermes aménagées pour accueillir les Triffids se retrouvent privées d'électricité, ne pouvant plus contenir les terribles plantes carnivores, dont personne ne mesure le danger avant qu'il ne soit bien trop tard pour s'en prémunir. Elles bénéficient d'un gibier de choix, démuni et sans défense : une entière population de non-voyants, incapable de se protéger.

triffids4.jpg

Pour que cette mini-série fonctionne pour le téléspectateur, il lui faut accepter ces bases comme un postulat de départ nécessaire. Ces dernières sont tout juste esquissées dans les premières scènes. C'est à peine si l'on comprend qui sont et à quoi servent les Triffids, quels sont les enjeux qui les entourent... Les scénaristes ont en fait choisi cette introduction minimaliste, qui peut quelque peu déstabiliser le téléspectateur logique et consciencieux, dans le but de rentrer le plus rapidement possible dans le feu de l'action. Tout s'enchaîne en effet très vite : on se retrouve projeté de l'avant à l'après catastrophe lumineuse en 10 petites minutes, montre en main. Ce manque d'exposition suscite quelques interrogations sur la cohérence d'ensemble de l'univers de départ ; mais, une fois dépassé cela, le téléspectateur se laisse prendre dans la description des conséquences du terrible flash, que nous voyons s'abattre à travers  le monde grâce aux caméras de BBC News. Puis, la mise en scène d'une Londres dévastée, où le désordre règne, est particulièrement bien réalisée.

D'ailleurs, plus généralement, le vrai point fort de The Day of the Triffids réside dans son esthétique. La mini-série bénéficie d'une belle réalisation, avec des plans larges, dotés d'une abondance de jeux de lumière très appréciable. La caméra, optant pour un style très propre, nous offre de beaux cadrages qui permettent une belle reconstitution de l'atmosphère que les scénaristes tentent de donner à la fiction.

triffids6.jpg

Mais ces atouts formels ne peuvent occulter la faiblesse structurelle dont souffre cette mini-série. En effet, il s'agit une fiction balisée jusqu'à l'extrême, manquant finalement d'une âme. Les dialogues sont très (trop?) conventionnels ; les dynamiques entre les personnages se développent sans surprise. Se reposant entièrement sur le matériel dont elle disposait au départ, elle refuse de prendre le moindre risque et se contente de suivre un scénario d'où est absente une réelle valeur ajoutée. Souffrant de quelques ruptures de rythme et de longueurs évitables, l'enchaînement des évènements demeure cependant suffisamment intense pour que l'attention du téléspectateur ne soit jamais prise en défaut.

Les amateurs éprouveront sans nul doute un certain plaisir à suivre cette fiction post-apocalyptique efficace, respectant scrupuleusement les codes scénaristiques du genre et progressant par paliers. Mais ceux, qui auraient attendu un peu plus de cette nouvelle adaptation d'une histoire déjà transcrite à l'écran, resteront sur leur faim. Sans doute le récit de départ -un grand classique écrit en 1951-, même s'il est modernisé avec des préoccupations actuelles, n'offrait-il pas les nuances et subtilités qui lui aurait permis de se démarquer de ce canevas trop traditionnel un demi-siècle plus tard.

triffids2.jpg

Reste que cette impression mitigée tient aussi en partie à son casting principal, en particulier à la figure bien terne du héros. Dougray Scott se révèle plutôt fade (surtout dans la première partie), stéréotype unidimensionnel trop prévisible qui ne suscite que l'indifférence du téléspectateur. Certes peu épaulé par l'écriture de son personnage si monolithique, il ne parvient pas à prendre la mesure de ce héros et à assumer le rôle titre qui lui est ainsi conféré. Au final, seul le dernier quart de la mini-série lui permettra de commencer à jouer sur un registre plus émotionnel qu'il aurait été avisé de découvrir plus tôt. Car le récit souffre avant tout d'un manque d'empathie flagrant, le téléspectateur ne parvenant pas à créer un lien avec les personnages clés, se contenant de suivre leurs péripéties sans s'impliquer. J'ai également beaucoup de réserves à formuler à l'égard d'Eddie Izzard, "méchant" qui finit surtout par agacer et à l'égard duquel je suis restée un peu perplexe, tant pour son personnage, que pour sa façon de l'interpréter. Finalement, si Joely Richardson tire un peu mieux son épingle du jeu, en journaliste dynamique -encore un grand classique-. heureusement surtout que Brian Cox (Dennis Masen) passe faire une petite visite appréciable en fin de parcours, permettant du même coup d'approfondir le héros.

triffids3.jpg

Bilan : Fiction post-apocalyptique, au scénario trop classique pour marquer le téléspectateur, mais suffisamment efficace pour qu'il suive jusqu'au bout cette aventure, The Day of the Triffids se révèle être avant tout une mini-série esthétique, dotée de belles images bien travaillées et d'une réalisation soignée. Sur le fond, elle ne convainc pas pleinement, peu aidée par des acteurs principaux quelques peu hésitants qui peinent à s'imposer, enfermés dans des rôles trop monolithiques pour être attachants. A ce titre, d'ailleurs, les personnages secondaires s'en tirent de manière bien plus appréciable. Globalement, le scénario de cette mini-série manque d'épaisseur et ses storylines d'une réelle dimension. C'est somme toute divertissant, plutôt efficace, mais cela laisse quelques regrets au vu du soin évident apporté à la forme.


NOTE : 4,5/10


Des previews :

(US) Big Love : Free at last (saison 4, épisode 1)

bigloves4.jpg

C'est un euphémisme d'écrire que j'attendais avec impatience cette saison 4 de Big Love. En 2009, ce drama, avec sa magistrale saison 3, constitua probablement ma série préférée de l'année. Par conséquent, j'étais curieuse/enthousiaste/excitée (avec le risque de la déception inhérent à cette forte attente) de retrouver les polygames de HBO pour de nouveaux ennuis à affronter. Une reprise qui s'est avérée très correcte, dans la continuité de la saison précédente, mais qui a commencé sur un bémol : un changement de générique à l'opportunité très discutable.

bl401d.jpg

La force, mais aussi parfois la faiblesse de Big Love, réside dans la richesse de sa vaste galerie de personnages auxquels elle ne peut pas toujours consacrer le temps d'antenne qu'ils mériteraient pour développer leurs storylines. Chaque épisode est toujours particulièrement intense, mêlant une multitude d'histoires qui ne se rejoignent pas toujours immédiatement. Si bien que le téléspectateur a généralement l'impression de voir défiler l'heure très rapidement, sans avoir le temps de souffler, restant frustré du survol de certains éléments qui auraient pu être plus approfondis. Ce premier épisode ne déroge pas à ce schéma devenu classique.

bl401a.jpg

Nous reprenons directement dans la continuité de la saison 3, pour retrouver les soucis que nous avions laissés aux Henricksons l'année passée. Roman Grant a disparu. Le téléspectateur sait qu'il est mort. Mais les personnages vont mettre du temps à l'apprendre, et l'ancien patriarche continue de causer bien des ennuis à ses ennemis d'hier. Le FBI, toujours à sa recherche, harcèle Juniper Creek, multipliant les descentes de police, mais aussi les Henrickson, se concentrant sur Nicky, qui occupe une position toujours très fragile au sein de la famille, rattrapée encore une fois par ses liens avec Juniper Creek.

C'est un appel de sa mère qui la précipite, à nouveau, dans les luttes  intestines de la communauté. Car il s'avère que si la mort de Roman Grant n'est pas encore connue, c'est en raison d'Adaleen, sa fidèle épouse, qui, ayant découvert le corps, l'a placé dans le garde-manger réfrigéré. Plus que pour préserver l'image de Roman, et sa prédiction non réalisée qu'il vivrait jusqu'à 126 ans, on devine Adaleen surtout perdue, cherchant désespérément à maintenir un artificiel statu quo, en préférant mettre en scène la disparition de son mari. Une fois informée, Nicky va cependant commettre une erreur classique, même si elle partait d'une bonne intention : traiter directement avec sa famille -ou plus précisément Alby- pour tenter d'étouffer l'affaire, sans vouloir impliquer les Henrickson, mais sans non plus les mettre au courant.

bl401f.jpg

Or Alby, avec son esprit retors, par bien des côtés si semblable à Nicky, choisit de profiter de cette opportunité pour donner quelques sueurs froides à Bill, en déménageant le corps de son père sur le chantier de son beau-frère. La "balade du cadavre de Roman Grant", comme on pourrait la nommer, à la fois pathétique et tragi-comique, allège d'une étrange façon le caractère pesant de ces storylines de nature avant tout dramatiques. Encore une fois prise en défaut, Nicky se retrouve à devoir affronter la méfiance de sa famille, mais les reproches seront pour plus tard. Il lui faudra plus d'une journée pour bien réaliser que son père est mort. La scène où elle craque dans la voiture aux côtés de Bill correspond parfaitement au personnage, une fois la prise de conscience progressivement réalisée, les nerfs lâchent devant cette situation irréaliste.

La mort de Roman Grant n'achève cependant pas les tensions entre Bill et sa belle-famille. Alby va reprendre le flambeau paternel. Les offres de paix teintées de menaces, que Bill formule sans sourciller, indiquent bien que les choses ne peuvent en rester là. Il faut dire qu'avoir réussi à causer en partie la perte de l'ancien patriarche de Juniper Creek lui a ouvert de nouveaux horizons. Il nourrit manifestement des ambitions toujours plus hautes. Mais si Alby doit faire face au gel des comptes de l'UEB, il fait surtout la rencontre de celui qui préside la commission de gestion nommée : une rencontre dans le parc, au cours de laquelle il a -entame ?- une relation avec cet homme. Les constantes manipulations qui ont régulièrement cours dans Big Love nous amèneraient presque à nous demander si cela a été plannifié, d'un côté ou de l'autre. S'il semble peu probable qu'Alby savait qui était le business man, au vu de sa réaction lorsqu'il le recroise, quid de ce dernier ?

bl401e.jpg

Si à Juniper Creek, les choses demeurent quelque peu chaotiques, c'est également le cas chez les Henrickson, qui s'apprêtent à ouvrir leur premier casino. Une source permanente de crises de nerfs qui pèse sur toute la famille. C'est à Barb qu'a échu la responsabilité de l'organisation ; tandis que Margene, aussi excitée qu'elle soit par ce lancement pour lequel elle a tant fait, souhaite toujours privilégier sa propre carrière, et préfère propulser Barb sur le devant de la scène.

Cependant, l'association avec Jerry Flute n'est pas aussi saine que Bill aurait pu l'espérer. Le harcèlement du FBI, suite à la disparition de Roman Grant, a nourri la méfiance des indiens. Les tensions avec Barb et ses aménagements "mormon friendly" apparaissent comme la simple partie émergée de l'iceberg. Pour le moment, le casino s'ouvre sur un premier soir à succès. Mais il semble évident que le partenariat tangue déjà très dangereusement. Les ambitions de Bill n'allant pas rester rassasiées par cette réalisation de projet, il est probable que cette dégradation risque de se poursuivre.

bl401c.jpg

Ces storylines déjà chargées ne permettent pas de consacrer beaucoup de temps aux autres personnages. Du côté des enfants, Cara Lynn vit désormais avec Nicky et s'apprête à effectuer sa rentrée à l'école. Un arrangement fait à l'insu de l'ex-mari, que Bill canalise pour le moment en arbitrant un compromis acceptable, mais la présence régulière de JJ, dans l'ombre de sa fille, ne peut être que génératrice de futurs ennuis. Sarah, elle, n'est qu'entre-aperçue au début, de façon à prendre de ses nouvelles et à évoquer les préparatifs de son futur mariage. Enfin, Ben joue les chanteurs dans un groupe, tout en aidant sa grand-mère dans le commerce apparemment fructueux d'oiseaux exotiques. Les affaires de Lois, justement, vont nous occuper pour quelques scènes, pleines d'humour noir, typiques de la dynamique de couple qu'elle entretient avec Franck. Entre menaces et partenariat entreprenarial, ces deux-là n'évolueront probablement jamais, jusqu'au jour où l'un des deux tuera l'autre. En attendant, ils parviennent à un fragile statu quo et signe une trêve qui sera sans doute brève.

bl401b.jpg

Bilan : Avec cet épisode, signe un retour dans la continuité très correct et très riche. Il permet de parachever les storylines pendantes de la saison précédente, la mort de Roman Grant et l'ouverture du casino. La famille n'a pas été épargnée par les secousses, mais elle semble retrouver progressivement un nouvel équilibre. Cependant, ce que je retiendrais en premier lieu de cet épisode, ce sont les dilemmes émotionnels des trois femmes, qui chacune à leur niveau, doivent gérer des situations difficiles. L'exposé de ces états d'âme est traité avec beaucoup de justesse.

Enfin, je demeure très réservé sur le nouveau générique proposé. Comment interpréter cette chute sans fin des quatre personnages, ainsi mise à l'écran ? Est-ce métaphorique ? Cela consacre-t-il les évolutions et la fragilisation de la famille dont nous avons été témoins la saison passée ? Vous trouverez un aperçu vidéo ci-dessous pour pouvoir vous faire votre propre opinion.


NOTE : 7,5/10


Le nouveau générique de Big Love :