30/05/2012
[Blog] My Télé is Rich, la 500e !

Pas de mercredi asiatique aujourd'hui, mais une célébration (parce que j'aime les fêtes et les caps symboliques) et une esquisse de bilan, car voici le 500e (!) billet publié sur My Télé is Rich!.
Il faut dire que ces 500 articles ont vu la ligne éditoriale du blog considérablement évoluer, au gré des chemins tortueux de mes centres d'intérêt fluctuants. Pensez qu'on a eu l'occasion de parler de multiples séries - environ 329 - représentant en tout 22 (!) nationalités différentes (qui l'eut cru pour un blog qui devait surtout parler de petit écran... anglais). Cela donne dans les faits des critiques portant sur : 97 séries anglaises ; 82 sud-coréennes ; 61 américaines ; 37 japonaises ; 8 françaises ; 8 australiennes ; 7 danoises ; 4 canadiennes ; 3 islandaises ; 3 néo-zélandaises ; 3 suédoises ; 2 taïwanaises ; 2 italiennes ; 1 chinoise (et demie) ; 1 de Hong Kong ; 1 suisse ; 1 estonienne ; 1 portugaise/brésilienne ; 1 norvégienne ; 1 irlandaise ; 1 russe et 1 israélienne.
Ce serait très réducteur d'y voir une lubie à finalité folklorique : l'enseignement principal de tous ces visionnages au cours desquels j'ai trouvé de vraies perles dans des recoins que je n'aurais pas soupçonnés, c'est tout simplement la richesse impressionnante du petit écran. (En cela, le titre du blog était sacrément prémonitoire.)

En fait, tenir un blog, ce n'est pas juste partager une passion, c'est pour le blogueur contribuer à la nourrir, à la faire grandir et la voir se transformer au fil des découvertes et des échanges initiés (twitter joue ici un rôle important). D'une part, cette rédaction quotidienne oblige à une rigueur d'organisation qui permet de tirer le meilleur parti du temps que l'on peut consacrer au visionnage de ces fictions. D'autre part, ma passion pour les séries ne s'est jamais aussi bien portée que depuis le moment où, au fil des billets écrits et des explorations relatées, est née cette idée/quête d'une "sériephilie sans frontières". A la lassitude d'une surconsommation américaine (qui a quand même duré presque une décennie auparavant) a succédé l'excitation de la découverte de nouveaux horizons, sans délaisser pour autant les anciens - mais en opérant désormais un tri nécessaire.
Ce bol d'air frais m'a permis d'apprécier d'autres savoir-faire, d'autres cultures et d'autres styles. Il m'a aussi appris non pas le relativisme, mais l'ouverture d'esprit. Prendre du recul. Mieux comprendre la subjectivité inhérente à toute critique. Accepter que chaque téléspectateur regarde le petit écran à travers le prisme de tout un tas de facteurs qui lui sont propres et à l'importance variable, qu'il s'agisse de ses expériences téléphagiques passées, de son âge et de la génération à laquelle il appartient, de sa nationalité, de ses affinités personnelles, de son humeur du moment ou même des effets de mode (qu'on y soit allergique ou qu'on se laisse consciemment ou non entraîner par le mouvement).

De plus, ces 500 billets n'auraient pas existé sans un autre versant déterminant, qu'on ne soulignera jamais assez : la sériephilie est une passion communautaire ! Parce que le visionnage des séries s'inscrit dans le temps, leur format se prête tout particulièrement aux échanges, qu'il s'agisse de communions adoratives passionnelles ou d'émulations collectives vers de nouvelles découvertes. Chacun a la possibilité d'apporter sa pierre à l'édifice d'une culture en formation qui aspire simplement à une vraie reconnaissance méritée. Les progrès sont sur ce plan notables - y compris au cours de ces dernières années. Même si, malheureusement, les préjugés sont tenaces.
Sous la plume de certains, cette passion apparaît toujours comme un phénomène peu compréhensible et bien étrange, quand les séries ne sont pas présentées comme une sous-production d'abrutissement des masses. Le plus triste cependant, c'est qu'au sein même de la "communauté sériephile", les segmentations naissent parfois tout aussi spontanément : network contre câble, françaises contre étrangères, américaines contre européennes, occidentales contre asiatiques, etc... Je me suis plus d'une fois interrogée sur la facilité avec laquelle, en relayant avec aplomb des préconceptions caricaturales, on peut reproduire sans forcément s'en rendre compte exactement les mêmes comportements contre lesquels on s'insurgerait lorsque ce sont les séries au sens large qui sont attaquées.

Au final, ce cap des 500 billets me fait mesurer combien ce blog m'a permis de structurer une passion jamais éteinte, mais dans laquelle il faut parfois surmonter doutes et déceptions. Plus que jamais, je fonctionne par phases, avec des cycles de découvertes pré-programmés. De découvertes de pays, mais aussi d'époques : car l'historienne qui est en moi ne peut concevoir une culture uniquement fondée sur l'immédiat. Les séries ne sont pas nées au XXIe siècle et la culture qui les entoure ne doit pas s'y cantonner. Tous ces axes (je dirais presque "de recherche" - c'est une déformation professionnelle, mais elle est assez juste), je n'aurais sans doute jamais entrepris de les explorer si ce blog n'avait pas été là et si vous, chers lecteurs/twittos/podcasteurs, n'aviez pas été présents pour échanger, communiquer vos expériences et aider à bâtir cet édifice culturel.
Tout ça pour dire que, même si parfois je doute et m'interroge sur le sens de passer autant de temps sur ce blog, le plaisir est toujours là. Et c'est grâce à tout ça que je pourrais vous parler dans mon prochain article, d'un énorme coup de coeur, une vraie claque téléphagique... venue d'une série récente dont je n'aurais sans doute même pas connu l'existence s'il n'y avait pas eu ces 500 billets la précédant... et vous.
16:23 Publié dans (Blog) | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : blog |
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